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Camions de marchandises maliens au Sénégal
Actu

Exportation des céréales : une amende de 12 millions versés au trésor public du Mali

by Mohamed Camara 18 février 2023
written by Mohamed Camara 2 minutes read

Le gouvernement malien avait pris un arrêté interministériel le 06 décembre 2021 pour suspendre l’exportation de la graine de coton, du tourteau de coton, du mil, du sorgho, du maïs et du riz local. Une décision dont la mise en application a commencé en décembre. Deux chargements de céréales, violant cette décision gouvernementale, ont été arrêtés courant ce mois de février à Kéniéba. Ils ont versé une amende de 12 millions au trésor public.

Un arrêté interministériel, cosigné par les ministères de l’Économie et des Finances et celui de l’Industrie et du Commerce, déjà en application, interdit l’exportation de certaines céréales sur le territoire malien. À savoir, la graine de coton, du tourteau de coton, du mil, du sorgho, du maïs et du riz local. Ces céréales ne franchiront plus les frontières du pays. Cette mesure est surveillée à la loupe par les autorités.

« Nous te punirons selon la loi en vigueur »

« Nous avons été contactés par nos supérieures de Kayes que des camions chargés de céréales sont stationnés à Dandougou (un village dans la commune de Dabia, cercle de Kéniéba). Après des contrôles minutieux, nous avons constaté qu’ils n’étaient pas en droit d’exporter les céréales qu’ils avaient à leurs possessions » explique Cheick Mohamed Sissoko, chef de service local de Kéniéba. Selon M. Sissoko, les permis dont ils disposaient ne leur permettaient même pas de faire rentrer les céréales dans le cercle de Kéniéba.

Tous les deux camions interceptés, en violation flagrante de la loi mise en place par les autorités, ont été amendés chacun. « Chacun des deux camions a payé une amende de 6 millions. Ce qui fait en total 12 millions d’amendes récupérées et versées dans le trésor public. C’est cela notre travail. Nous interpellons toujours les chauffeurs des camions chargés, ceux qui sont en bon état partent sans problème. Mais si vous n’êtes pas en règle, nous te punirons selon la loi en vigueur », rassure M. Sissoko.    

Mohamed Camara    

18 février 2023 0 comments
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SItuation de l'insécurité dans le Sahel
ActuSécurité

Crise sécuritaire : les pays côtiers de plus en plus menacés par les violences terroristes

by Chiencoro 17 février 2023
written by Chiencoro 3 minutes read

Dans une infographie, publiée le 10 février 2023, le Centre d’études stratégiques de l’Afrique constate une augmentation de près de 50 % des décès liés à la violence des « islamistes militants » en Afrique. L’année écoulée s’est distinguée par l’extension de la violence djihadiste vers les pays côtiers d’Afrique.

Sur les douze (12) derniers mois, les violences djihadistes se sont accrues en Afrique. Avec 22 % d’augmentation, l’année 2022 a été une année particulièrement meurtrière avec 6 859 incidents attribués aux groupes djihadistes évoluant dans ce continent. Ces violences ont essentiellement eu lieu au Sahel, en Somalie, dans le bassin du Lac Tchad, au Mozambique et en Afrique du Nord.

« 40 % de toute l’activité des groupes islamistes militants »

Avec 77 % d’incidents, le Sahel et la Somalie sont les deux zones les touchées par les violences d’hommes armés, en 2022, selon le Centre d’études stratégiques de l’Afrique. Sur un total de 19 109 décès, 74 % ont eu lié dans ces deux régions, qui enregistrent une augmentation de 48 % par rapport à 2021.  

Le Sahel, à lui seul, a enregistré 7 899 décès attribués aux groupes islamistes en 2022, soit une augmentation de 63 % des décès. Selon les experts du centre d’études stratégique de l’Afrique, cette augmentation coïncide « avec la prise de pouvoir en août 2020 » au Mali. Un coup d’État justifié comme réponse à la menace sécuritaire. « Or, au lieu de diminuer, la tendance de la violence n’a fait que s’accélérer », déplore-t-on tout en indiquant que « 40 % de toute l’activité des groupes islamistes militants, plus que toute autre région d’Afrique, se produit maintenant au Sahel ».

Durant l’année écoulée, le Burkina Faso aussi a connu une augmentation de 69 % des décès, atteignant 3 600 morts imputables aux islamistes militants. Pourtant, le Niger, qui n’a pas enregistré de coup d’État durant l’année écoulée, connait aussi une augmentation de 43 % d’évènements violents.

Les civils, principales cibles

« La coalition Jama’at Nusrat al Islam wal Muslimin(JNIM), notamment le Front de libération du Macina (FLM), Ansaroul Islam et Ansar Dine, sont liés à environ 77 % de la violence militante et à 67 % des décès au Sahel. L’État islamique au Grand Sahara (EIGS) est responsable du reste », précise cette Infographie. On estime que l’arrivée du groupe Wagner dans ce théâtre a aggravé la violence contre les civils au Sahel.

 « Ce pic dans les décès liés aux militants islamistes s’est caractérisé par une augmentation de 68 % des décès de civils et de violence à distance (cette dernière visant souvent les civils) », déplore le Centre d’études stratégiques de l’Afrique, qui souligne que l’ouest du sahel (Burkina Faso, Mali et ouest du Niger) a enregistré 2 737 incidents djihadistes. Cette région a ainsi subi, l’année dernière, « la plus importante augmentation d’évènements violents impliquant des islamistes violents de toute la région d’Afrique ». 

La particularité de l’année écoulée a été l’extension de la crise sécuritaire vers les pays côtiers. « Ces derniers sont ainsi passés de 5 à 37 au Bénin et de 1 à 17 au Togo », précise l’infographie des experts du Centre d’étude stratégique de l’Afrique.

C.D

17 février 2023 0 comments
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Ousmane Sonko
ActuPolitique

Sénégal : Ousmane Sonko arrêté puis ramené chez lui

by Mohamed Camara 16 février 2023
written by Mohamed Camara 1 minutes read

Ce jeudi 16 février 2023, après le renvoi du procès de diffamation et injures publiques, opposant le président du Pastef au ministre du Tourisme sénégalais, Mame Mbaye Niang, au 16 mars, une tension s’est éclatée entre les partisans de Sonko et les forces de l’ordre.

Au cours de cette manifestation, le convoi de l’opposant au régime de Macky Sall a été bloqué par les forces de l’ordre, qui ont cassé les vitres de son véhicule avant de le sortir de forces afin de l’embarquer dans un autre véhicule pour le déposer chez lui, à Cité Keur Gorgui.

Selon les témoignages des Dakarois, un important déploiement de la gendarmerie a été constaté dans le quartier Cité Keur Gorgui où est domicilié Ousmane Sonko.

Mohamed Camara

16 février 2023 0 comments
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Saint-Valentin
ActuOpinion

Saint-Valentin : au Mali, d’une simple tradition des cadeaux à la rupture amoureuse

by Hawa Diaby 14 février 2023
written by Hawa Diaby 4 minutes read

La Saint-Valentin est une fête où les amoureux s’offrent des cadeaux en guise de témoignage de leur affection l’un pour l’autre. Le plus souvent certains tombent dans l’extravagance en exigeant des présents au-delà des revenus de leur conjoint. Ce qui entraine la rupture de beaucoup de couples.  

Chaque année, nous assistons au même scénario à l’approche du 14 février. Des fleurs, peluches, chocolats bondent les marchés et boutiques de Bamako. Considéré comme la fête des amoureux, ce jour où les couples s’échangent des mots doux et des cadeaux comme preuves d’amour ainsi que des roses rouges, emblèmes de la passion, le 14 février est un jour spécial pour les amoureux et toutes les personnes qui s’aiment.

Alors qu’il était incarcéré et attendait son exécution, le saint patron des amoureux, un prêtre romain, serait tombé sous le charme de la fille de son geôlier et aurait échangé avec elle des mots d’amour signés « ton valentin ». En raison de cette origine chrétienne, la célébration de cette journée suscite des débats, notamment dans des communautés musulmanes. Malgré tout, le 14 février est célébré aussi bien par la couche juvénile que des adultes.

Raffermir les liens

Bien que n’étant pas d’origine musulmane, tous les humains doivent embrasser la théorie qui fonde cette journée, c’est-à-dire renforcer les liens d’amour entre les gens, explique Abdoulaye Seydou Fofana, commerçant grossiste à Bamako.

Safiatou Coulibaly, étudiante en Master 2 management d’entreprise dans une université chinoise, explique que jadis l’on pensait que cette journée était uniquement réservée aux couples. Mais de nos jours, beaucoup ont compris qu’il s’agit d’une occasion pour prouver son amour aux personnes que l’on aime. « Je pense que la Saint-Valentin est fêtée pour permettre aux gens de montrer leur amour les uns aux autres », a-t-elle affirmé tout en précisant que cette journée est généralement très attendue par les Maliens, surtout la couche juvénile.

En effet, Abdoulaye Fofana, commerçant grossiste à Bamako, précise que les jeunes ne sont plus les seuls à célébrer cette journée. Des couples mariés profitent aussi de l’occasion. « À chaque 14 février, j’offre des cadeaux à ma femme ainsi qu’à ma mère, car elles méritent mon affection ainsi que mon respect », raconte M. Fofana.

Quant à Bintou Cissé, tiktokeuse malienne, en couple avec son copain depuis 4 ans, c’est devenu pour leur couple de s’offrir des cadeaux le jour de la Saint-Valentin. Elle estime qu’il s’agit d’une occasion de prouver à son compagnon combien elle l’aime. La tiktokeuse indique que ces petits présents renforcent les liens d’amour.

Des cadeaux à la rupture

Toutefois, il convient de noter que cette fête a été détournée de son objectif premier : célébrer l’amour. De nos jours, elle montre plus le côté mercantile qu’amour. Chacun veut avoir le plus beau cadeau. Du coup, la concurrence, la jalousie, la rupture reflètent le 14 février. Tel est l’avis de Fatoumata Sissoko, propriétaire de Fatou Shop (boutique de vente d’habits) à Bamako. « De nos jours, cette fête a perdu tout son sens de romantisme, d’affection. Car la plupart la fêtent pour se vanter de leurs cadeaux et du prix qu’ils ont couté », déplore-t-elle. Selon ses explications, « Chacun se donne à fond pour être celui ou celle qui offre les plus beaux cadeaux. Certains sont même capables de payer à des sommes exorbitantes leurs cadeaux ».

Tout en s’éclatant de rire, Fatoumata reste sûr que malgré cette période de cherté de la vie, certains vont se démener pour offrir en cadeau un iPhone 14, qui est à la mode. Cette extravagance entraine la rupture de certains couples, explique Afouchatou Coulibaly, étudiante en Master 2, management d’entreprise dans une université chinoise.

La célébration de la Saint-Valentin est interdite ou menacée dans certains pays, surtout en Iran où des associations de commerçants interdisent expressément la vente des ballons rouges en forme de cœur, en février, explique Youssouf Haidara, Bijoutier à Bamako, qui pense que les musulmans ne doivent pas célébrer le Saint Valentin. « La Saint-Valentin n’est pas pour les musulmans. C’est une fête pour les chrétiens. Même si le Mali est un pays laïc, je pense que les musulmans ne doivent pas célébrer cette fête », indique M. Haïdara.

Hawa Diaby

14 février 2023 0 comments
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Mali et Russie
ActuAnalyses

Coopération bilatérale : entre le Mali et la Russie, l’horizon s’éclaircit !

by Fousseni TOGOLA 13 février 2023
written by Fousseni TOGOLA 4 minutes read

Dans le cadre du renforcement de la coopération entre le Mali et la Russie, les deux pays scrutent d’autres horizons en dehors du domaine strictement militaire. Sergueï Lavrov était au Mali, mardi 7 février 2023, pour parler de coopération et surtout de l’historicité des relations entre son pays et le Mali.

Le ministre russe des Affaires étrangères, Sergueï Lavrov, est arrivé au Mali, tôt le mardi 7 février 2023, pour une visite d’amitié et de travail. Cette visite, première du genre, « d’un ministre des Affaires étrangères russe dans notre pays […] s’inscrit en droite ligne du choix politique opéré par le Gouvernement de la Transition d’élargir et de diversifier les partenariats stratégiques, conformément aux principes clés guidant désormais l’action publique au Mali ».

« Partenaire fiable, sincère et historique »

Les autorités maliennes ont défini trois principes clés devant désormais les guider dans toutes les prises de décision. Il s’agit entre autres du respect de la souveraineté du Mali, du respect des choix stratégiques et du choix des partenaires opérés par le Mali et de la prise en compte des intérêts vitaux du peuple malien dans les prises de décision. Fidèles à ces principes, les autorités maliennes ont été conduites à une diversification de leurs partenaires et à la rupture des relations diplomatiques avec certains anciens partenaires, dont les principes de coopération semblaient trop asphyxiants pour le Mali.

La Russie, jugée partenaire fiable, sincère et historique, est celle vers qui les autorités maliennes de la transition se sont vite tournées, avec comme priorité la restauration de la sécurité dans le pays. Depuis 2012, ce pays d’Afrique de l’Ouest est en proie à une crise sécuritaire, qui ne cessait de s’étendre sur tout le pays, telle une épidémie. Ce nouveau partenariat avec la Russie a permis aux autorités maliennes de rapidement équiper les forces armées de défense et de sécurité.

Visite de Lavrov

Les Maliens, la communauté régionale et internationale a été témoin de la réception à l’aéroport international président Modibo Kéïta de Bamako-Sénou de plusieurs lots d’équipements, notamment des avions de combat, de transport, des drones de combats et de surveillance aérienne, etc.  Ce qui fait qu’aujourd’hui, le Mali a le contrôle de son espace aérien, se réjouissait le colonel Assimi Kéïta, à l’occasion des présentations de vœux du Nouvel An 2023.

Cette visite de Lavrov, selon le ministère malien des Affaires étrangères et de la Coopération internationale, matérialise la volonté ferme du président Goïta et de son homologue russe, Vladimir Poutine « d’impulser une nouvelle dynamique aux relations d’amitié et de coopération bilatérale, avec un accent particulier sur le renforcement du partenariat dans les domaines prioritaires, notamment de la défense et de la sécurité ainsi que de la coopération économique, commerciale et culturelle ». Il s’agit donc pour les deux pays de « renouveler l’engagement mutuel de consolider le partenariat stratégique en faveur de la paix, de la sécurité et du développement ».

« La Russie a toujours été avec nous »

Au cours de cette visite au Mali, Sergueï Lavrov a confié à la presse, après avoir été reçu par le président malien de la transition, que la Russie ne ménagera aucun effort, au sein de l’ONU, pour promouvoir le principe de la parité souveraine des États et lutter contre les approches colonialistes. Il rassure que Moscou continuera à livrer «des équipements, des munitions, des armements» et à former des officiers maliens afin de leur permettre  de défendre «efficacement» le pays contre la menace terroriste.

Depuis la crise ukrainienne, la Russie se trouve dans une opération séduction en Afrique, où on constate de plus en plus une forte demande des populations des pays en proie à l’insécurité demandée la Fédération de Russie comme alliée au détriment des partenaires traditionnels, notamment la France. En Centrafrique aussi bien qu’au Mali et au Burkina Faso, la Russie de Vladimir Poutine étend son emprise.  

Depuis janvier 2023, c’est la deuxième fois que M. Lavrov effectue une tournée en Afrique en six mois. Ce continent est aujourd’hui, terrain d’une âpre concurrence économique et politique entre les grandes puissances.

Mais entre le Mali et la Russie, c’est une histoire de longue date, pour reprendre Abdoulaye Diop, ministre malien des Affaires étrangères. «Chaque fois que le Mali a été dans des situations difficiles depuis notre indépendance, la Russie a toujours été avec nous», a déclaré M. Diop, lors de négociations à Moscou.

F.T

13 février 2023 0 comments
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Mobilisation au monument de l'indépendance
Actu

[Tribune] Souveraineté : le peuple malien refuse d’être « cédéaonisé » et « uemoanisé »

by Sahel Tribune 11 février 2023
written by Sahel Tribune 3 minutes read

Le 14 janvier 2022, à travers une manifestation historique, le peuple malien a refusé d’être « cédéaonisé » et « uemoanisé ».

En réaction aux sanctions « illégales, illégitimes et inhumaines », imposées au Mali à l’issue du double sommet de la Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest (Cédéao) et de l’Union économique et monétaire ouest africaine (Uemoa), le 9 janvier 2022, le peuple malien s’est massivement mobilisé le 14 janvier pour protester contre ces mesures draconiennes.

Noyau du bouleversement géopolitique en Afrique

Le néologisme « cédéaoniser » se traduit par piétiner dans le sens d’imposer ses penchants à l’autre, ou de l’utiliser comme moyen pour arriver à ses fins. Ainsi, « cédéaoniser » un individu, c’est l’obliger de prendre une décision contre ses propres intérêts. Ce nouveau concept est le fruit de la tension géopolitique qui a eu lieu et qui continue entre le Mali et la Cédéao, face aux sanctions des États membres de cette institution, excepté la Guinée Conakry en janvier 2022. De l’autre côté, nous avons le néologisme « uemoaniser », inspiré des sanctions économiques au Mali par l’Uemoa se traduisant par punir économiquement et/ou financièrement quelqu’un, une communauté, un État.

Le vendredi 14 janvier 2022 est venu accroître le volume des jours historiques du Mali. C’est désormais la nouvelle journée historique de l’unité retrouvée au Mali. Car c’est le jour pendant lequel le peuple malien a montré au monde entier qu’il est libre et indépendant, par ricochet « Un Peuple — Un But — Une Foi ».

Le peuple malien devient donc le noyau du bouleversement géopolitique en Afrique, sans oublier que les vagues d’un tel séisme peuvent impacter les habitants d’autres airs géographiques.

Victime de la politique de la « Françafrique à la Mafiafrique »

Il est clair comme l’eau de roche que le peuple africain aspire à une existence digne de ce nom dans le monde. Il a été, d’une part, victime de la politique de la « Françafrique à la Mafiafrique », comme le dira François-Xavier Verschave, et, d’autre part, victime de la mauvaise foi de certains de ses dirigeants microbes et vendeurs d’illusions. La plupart de ces dirigeants microbes sont tombés dans la doxomimétique à telle enseigne que certains pays africains sont devenus des départements de l’ancien colonisateur.

Une espèce d’école pour les autres

Par ailleurs, le peuple malien fut admiré par les uns et les autres dans la mesure où il a agi en communauté politique au sens arendtien de l’expression. Et dans ce sillage, il est devenu une espèce d’école pour les autres. Donc à travers ce mouvement national du 14 janvier 2022, il convient de retenir que l’union sacrée des peuples d’Afrique est l’une des solutions pour la reconquête de la dignité du continent à travers des prises de décisions correspondant aux aspirations des populations. C’est dans ce sens qu’il faut comprendre les récentes rencontres entre les ministres des Affaires étrangères du Mali, de la Guinée Conakry et du Burkina Faso, le 09 février 2023.

Prioriser le bien-être des populations africaines

Aux chefs d’État de la Cédéao et de l’Uemoa, il faut prioriser le bien-être des populations africaines, en adoptant le pari de Blaise Pascal, c’est-à-dire le partenariat gagnant-gagnant lors de la prise des décisions. Face à un peuple uni, il faut dégonfler. Ne badinez jamais avec l’union profonde d’un peuple, au risque de le périr.

À nous Maliens, nous avons en commun le Mali. Une des manières de respecter ce pays est le travail licite. En ce moment capital des étapes de l’histoire de notre pays, nous devons travailler dur dans les théories et dans les faits, en acceptant de changer nos comportements au profit de l’intérêt supérieur du Mali. Sans changement de comportements des dirigeants et des dirigés, ce serait le « Mythe de Sisyphe ».

Abdramane Coulibaly

11 février 2023 0 comments
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Moussa Mara president Yelema
ActuOpinion

[Exclusif] Moussa Mara : « Nous devons tous nous employer à ce que la transition réussisse »

by Fousseni TOGOLA 11 février 2023
written by Fousseni TOGOLA 5 minutes read

L’ex-Premier ministre, Moussa Mara, fondateur du parti « Yéléma, le changement », a accepté d’accorder une interview à l’hebdomadaire Sahel Kunafoni. Dans cet entretien, il est question de gouvernance, de réformes politiques et institutionnelles, de sécurité ainsi que de la relation entre le Mali et ses voisins. M. Mara ne voit pas de problème dans le fédéralisme. Mais il faut des préalables. Il estime aussi que l’avenir de la MINUSMA n’est clair de nos jours.  

Sahel Kunafoni : cela fait plus d’une année que le Mali est gouverné par un régime de transition. Quelle lecture faites-vous de la situation socio -politico-sécuritaire de ce pays du Sahel ?

Moussa Mara : une situation complexe qui a débuté par une rébellion en 2012 ayant causé une instabilité institutionnelle dans un cadre où la médiocrité de la gouvernance avait profondément affaibli l’État et les Institutions. Aujourd’hui, elle est encore plus difficile avec la donne terroriste qui revêt également des aspects insurrectionnels contre l’action des pouvoirs publics avec des impacts significatifs sur la cohésion sociale du pays. Autrement dit le Mali fait face à des crises socio politiques et sécuritaires multiformes et liées les unes aux autres.

Depuis le renouvellement de son mandat en juin 2022, la MINUSMA rencontre des résistances. Quel avenir pour la force onusienne au Mali ?       

La MINUSMA est un instrument de la communauté internationale pour aider le Mali dans la direction qu’il s’est choisie en 2015 en vue de mettre fin à la rébellion et stabiliser le pays sur le plan socio politique. Son sort dépend de ce fait d’abord du Mali et de ses autorités. Que voulons-nous exactement ? Comment voyons-nous la résolution de la crise de rébellion au Nord ? Comment voulons-nous que la communauté internationale nous aide dans cette direction ? La réponse à ces questions n’est pas claire aujourd’hui. À partir de là l’avenir de la MINUSMA ne sera pas clair non plus.

En Afrique de l’Ouest, notamment dans les trois pays (Mali-Guinée-Burkina Faso), qui vivent sous des régimes de transition, on parle de plus en plus de fédéralisme. Serions-nous face au retour des vieux démons des années d’indépendance ?

De quel démon parlez-vous exactement ? Le fédéralisme n’est ni un démon ni un mot tabou. Tous les pays africains souhaitent la réalisation des États unis d’Afrique et le Mali a déjà prévu cela dans sa Constitution, la Guinée également. La difficulté d’évoquer ce sujet en ce moment dans ces trois pays est due au fait que les pouvoirs de transition n’ont pas le temps qu’il faut pour mener ce type de projet. Ce n’est d’ailleurs pas leur vocation. Si vous regardez dans les chartes de transition de chacun des trois pays, vous ne verrez pas dedans que la réalisation de la fédération figure parmi les objectifs.

De toutes les façons, dans le contexte actuel de ces pays africains, que peut apporter ce fédéralisme, si l’on y réussissait ?

L’unité est toujours mieux que la singularité, y compris à l’intérieur de nos pays. Mais il faut être rigoureux quand on veut mener un dossier de ce type. En ce qui concerne le partenariat avec le Burkina Faso par exemple, je me rappelle que le Mali a déjà engagé avec ce pays en 2019 un programme ambitieux de collaboration économique entre la ville de Sikasso et celle de Bobo en y associant d’ailleurs Korogo en Côte d’Ivoire. Qu’est devenu ce projet ? Il faut peut-être commencer par réaliser des actions concrètes de ce type, permettre à nos populations de toucher du doigt les réalités de la coopération avant d’engager des chantiers majeurs comme le fédéralisme entre les deux États.

Au Mali, en vue de créer une réserve opérationnelle concernant la défense du territoire, les autorités transitoires ont instauré le service militaire obligatoire pour tout admis au concours de la fonction publique de l’État et des Collectivités, à travers le SNJ. Quelle pourrait être la portée d’une telle initiative ?

Je suis généralement réservé sur les questions d’armée de masse, d’armée de réserve au moment où nos forces armées elles-mêmes manquent d’effectifs, de formations et d’équipements. Moi je préfère des armées aguerries, professionnelles, équipées à suffisances et opérationnelles. On devrait orienter nos moyens sur cela et penser aux types de menaces auxquelles nous faisons ou nous serons susceptibles de faire face. Ces menaces ne nécessitent pas des armées de masse avec des réserves civiles, mais des troupes très aguerries, capables de s’adapter à différentes situations, des forces spéciales précises et mobiles…

En déplacement au Mali, la semaine dernière, le Premier ministre burkinabè a déclaré que le président malien de la transition est un « héros de l’Afrique ». Le Mali serait-il en train de retrouver sa renommée des années d’indépendance ?

Ce serait tant mieux si les décideurs maliens sont soutenus et pris en exemple en dehors du Mali. Cela est un motif légitime de fierté.

Depuis l’arrivée des autorités actuelle au pouvoir, quel bilan retenir en matière de refondation et de réformes politiques et institutionnelles ?

Il est tôt pour faire un bilan. Nous devons tous nous employer à ce que la transition réussisse et donc que tous les chantiers de la transition soient menés à bien. Il y a quelques réalisations qui sont à mettre en lumière : la rédaction en cours du texte constitutionnel après la publication d’un premier jet, l’adoption du code électoral, le travail sur la dépolitisation de l’administration, quelques initiatives en matière de lutte contre la corruption même si des efforts sont à poursuivre, l’entrée en fonction de l’autorité indépendante de gestion des élections même si des retards importants existent sur le chronogramme.

On peut mieux faire, nous devons tous nous employer à cela.

Des rumeurs circulent sur une possible candidature du Colonel Goïta aux prochaines élections présidentielles. Pensez-vous que cela puisse être possible ?

Tout est possible en politique, mais nous sommes encore loin de ces moments. Selon les textes de la transition, cela n’est pas envisageable que je sache. Pour l’instant, nous devons surtout travailler tous ensemble à ce que les tâches de la transition soient menées à bien. C’est cela l’intérêt du pays.

Propos recueillis par F. Togola

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