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Mutilations genitales feminines
ActuSécurité

BI Dembélé : « J’avais 9 ans lorsque ma grand-mère a forcé ma mère à m’exciser »

by Hawa Diaby 6 février 2023
written by Hawa Diaby 4 minutes read

Le monde célèbre chaque année, le 6 février, la Journée internationale contre la mutilation génitale féminine. Malgré la promotion des droits de l’homme, la liberté pour les femmes et les filles de disposer de leur corps reste encore un idéal. Les mutilations génitales féminines constituent une pratique à la peau dure dans de nombreux pays africains, notamment au Mali, où des victimes se sont confiées au micro de l’hebdomadaire Sahel Kunafoni. 

Chaque année, dans le monde, plus de quatre millions de filles sont exposées au risque de subir l’excision. Elle est plus répandue dans 31 pays, selon le fonds des Nations unies pour la population (UNFPA). La moitié des victimes vivent en Égypte, en Éthiopie, et en Indonésie. Sur les 31 pays, 22 sont parmi les moins développés. Selon le fonds des Nations unies pour l’enfance, les mutilations génitales féminines ont été pratiquées sur plus de 200 millions de filles et de femmes en vie aujourd’hui.

Diminuer les désirs sexuels de la fille

En vue de sensibiliser les décideurs ainsi que les citoyens des dangers de cette pratique dans le monde, qui constitue d’ailleurs une violation des droits de la femme et de la jeune fille, le 6 février a été consacré Journée internationale de lutte contre la mutilation génitale féminine. Une pratique qui désigne toutes les interventions consistant à « l’ablation partielle ou totale des organes génitaux externes de la femme ou toute autre mutilation des organes génitaux féminins pratiquées pour des raisons non médicales ».

Bien que de nombreux pays aient radicalement interdit cette pratique, elle persiste encore dans certains endroits où elle représente un rituel ancien lié à des facteurs culturels, religieux et sociaux en vigueur au sein des familles et des communautés. Aminata Téra, journaliste aux Echos, explique que « la mutilation génitale féminine est toujours d’actualité, car les gens le font en cachette ». Selon elle, « cette pratique fait et continue de faire des milliers de victimes dans le monde et surtout au Mali, où la plupart des parents le font sous prétexte qu’elle diminue les désirs sexuels de la fille ».

La journaliste exhorte donc les parents à prendre « en compte les conséquences de cette pratique afin d’assurer le futur de leurs enfants », dans leur foyer conjugal.

Besoin d’une synergie d’actions

Cette année, l’UNFPA et l’UNICEF appellent la communauté internationale à associer les hommes et les garçons en vue de favoriser leur engagement en faveur de l’élimination rapide de cette pratique néfaste et faire entendre la voix des femmes et des filles. Des organisations du monde entier ont mis en place des initiatives variées pour s’engager et s’associer avec les hommes et les garçons, afin qu’ils jouent un rôle actif.

Le sociologue, Idrissa Traoré, est convaincu que « seule, la gent féminine ne peut pas lutter contre ce fléau. Il faut impérativement que la gent masculine s’y implique ». À l’avis du sociologue, cette pratique détruit la vie de plusieurs filles. Mais il déplore que malgré toutes ces conséquences, « dont nous sommes témoins, certains continuent à la pratiquer clandestinement ».

M. Traoré exhorte donc les parents à accepter la mue pour le bien-être de leur progéniture. « Nous vivons dans une société traditionnelle ou la coutume est respectée. Mais les temps changent et nous devons changer aussi et penser au futur de cette génération », a-t-il déclaré.  

Les méfaits de la mutilation génitale féminine

Les filles qui subissent des mutilations génitales féminines font face à des complications à court terme, telles que des douleurs intenses, des saignements excessifs, des infections et des difficultés à uriner. Aussi, faut-il ajouter qu’elles subissent aussi des conséquences à plus long terme pour leur santé sexuelle et reproductive et leur santé mentale. « La mutilation génitale des jeunes filles est une pratique qui est très dangereuse, surtout ceux qui la pratiquent clandestinement. Cela engendre beaucoup de problèmes comme ceux liés à la reproduction, aux maladies sexuelles, et aux déchirures profondes. Pire, la mort », explique Kadidiatou Traoré, étudiante en licence 3, journalisme et communication.

Cette pratique, qui garantit pour certain, la chasteté des filles, peut amener une fille à ne plus désirer un homme sexuellement. C’est le cas de Bi Dembélé, qui n’oubliera jamais cette journée : « J’avais 9 ans lorsque ma grand-mère a forcé ma mère à m’exciser. Lorsqu’elle a refusé, ma grand-mère m’a amené pour me faire exciser ». Et de poursuivre en expliquant : « Je pensais que tout allait bien jusqu’au jour où j’ai remarqué que je ne ressentais pas de désir pour les hommes. Lorsque je suis allé à l’hôpital, j’ai appris que c’était dû à mon excision ».

Selon ses précisions, il lui a été indiquant que durant le processus de l’excision, une grande partie de ses organes génitaux externes a subi l’ablation. Un problème qui peut à la longue conduire certaines filles à désirer les personnes ayant les mêmes sexes qu’elles.  

Hawa Diaby

6 février 2023 0 comments
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Festival sur le Niger
ActuSeko ni Donko

Ségou’art : plus d’un millier de spectateurs à la Soirée nomade

by Mohamed Camara 4 février 2023
written by Mohamed Camara 2 minutes read

Le premier concert géant, sur la grande scène du village de Festival, dénommée Soirée Nomade, a eu lieu, ce vendredi nuit, dans le cadre de la 19ème édition de Ségou’art. Abdoulaye Diarra, Hawa Maïga, le Groupe Amar de Kidal, Bassékou Kouyaté et Abdoulaye Diabaté, ont fait danser de milliers de spectateurs venus célébrer l’art dans toutes ses couleurs.

Drapé dans un boubou blanc trois pièces, Bassékou Kouyaté allait dans tous les sens dans un mouvement de va-et-vient, ses doigts magiques faisaient trembler son magique N’goni. Le son de cet instrument, entremêlé à ceux du Tamani, de la calebasse et d’autres instruments traditionnels, donnait une sonorité imposante.

La mélodie de ces instruments était accompagnée de la voix grave de Madame Kouyaté Ami Sacko. Ce mélange harmonieux perçait les flots du Joliba pour aller se réfugier dans les cœurs des amoureux de la musique malienne. Sous les sonorités du Bamanan « djourou » (rythme musical bambara), le public et les artistes chantaient en chœur.

Paix, cohésion et vivre-ensemble

« C’est toujours un plaisir pour moi de fouler la terre de Ségou pour ce grand rendez-vous international de la culture. J’adore la culture malienne, surtout la musique. C’est l’une des meilleures », a confié un hollandais amoureux du Mali.

Selon Maimouna Dembélé, une festivalière venue de Bamako, le spectacle de cette soirée témoigne l’harmonie et la cohésion qui existe entre les Maliens. Selon les précisions de cette amoureuse de la culture malienne, ce genre de spectacle a l’avantage de pousser les Maliens à se donner la main, à se réconcilier. « C’est la culture malienne qui a gagné aujourd’hui », s’est-elle réjouie.

Ibrahim Maïga, un autre festivalier, affirme de son côté que c’est le Mali qui se trouve réuni, dans toute sa diversité artistique et culturelle, à ce festival. « Du nord au sud, nous avons été émerveillés par les magnifiques sonorités maliennes. Cet événement célèbre la paix, la cohésion et le vivre-ensemble », a-t-il indiqué.

Des changements pour cette édition 19

Pour cette 19e édition de Ségou’art, beaucoup d’autochtones de Ségou se plaignent de l’endurcissement des mesures d’accès à certains endroits. « L’année dernière, tout était gratuit. Nous sommes surpris de voir que le concert et la foire sont tous payants cette année. C’est inconcevable », a réagi un homme enturbanné.

Pour certains, l’aspect payant de cette édition est lié à son caractère spécial, car selon eux, « il y’a longtemps, Ségou’art avait changé de panorama et de décor en raison des menaces sécuritaires qui planaient sur la région », explique un habitué de ce rendez-vous annuel de Ségou.

Mohamed Camara, envoyé spécial à Ségou

4 février 2023 0 comments
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Visite de stand à Ségou
ActuSeko ni Donko

Ségou’Art : les stands des exposants visités par le ministre Andogoly Guindo

by Mohamed Camara 3 février 2023
written by Mohamed Camara 2 minutes read

Le ministre de l’Artisanat, de la Culture, de l’Industrie hôtelière et du Tourisme a visité les œuvres d’art des artistes de différentes contrées, ce vendredi 3 février 2023, dans le salon d’exposition Bi Mali au village du Festival sur le Niger de Ségou.

Ces œuvres d’art sont faites par des Africains, haïtiens, américains et bien d’autres. Elles s’inspirent du quotidien des sociétés, de leurs vécus, peines et angoisses. Les artistes parlent, notamment de la vie avec sa positivité et négativité. Cette 19e édition de Ségou’Art se passe dans un contexte très particulier pour le monde de la culture, l’année post-pandémie, des crises multifonctionnelles et d’autres défis que le monde traverse actuellement.

« Je tiens d’abord à saluer, à féliciter et magnifier la Fondation Festival sur le Niger, à travers elle, Monsieur Mamou Daffé et tous ses collaborateurs. Je tiens à rendre hommage à tous les artistes d’Afrique, quelques spécialités sont-elles, quelle que soit leur forme d’expression. Mais également aux artistes du monde qui sont venus à Ségou pour magnifier la créativité africaine, l’art contemporain », a déclaré le ministre Guindo.

Selon Andogoly Guindo, tenir un évènement d’une telle envergure dans le contexte mondial, plus spécifiquement le contexte africain, et plus particulièrement celui du Mali, « est tout simplement un défi relevé, et ce défi s’appelle la résistance culturelle. C’est l’arme la plus puissante […] pour se défendre contre toutes les agressions de la nature elle-même. »

Kiwal (chasser les oiseaux dans le champ)

Sur les murs inertes, des tasses, des lance-pierres, des couteaux et des séries de photos en noir et blanc, frappant sur les tasses. Ces œuvres intitulées Kiwal, en langue peule, et littéralement traduit en français par « chasser les oiseaux du champ », sont faites par l’artiste mauritanienne Ami Sow.

Festival sur le Niger
Oeuvre d’art exposé lors du Festival sur le Niger à Ségou. Mohamed Camara/Sahel Tribune.

« Je travaille sur la question de la femme, notamment la violence basée sur le genre, celle faite aux femmes. Dans mes œuvres, je fais allusion à ces prédateurs qui empêchent les femmes à être elle-même », a expliqué Ami Sow, qui est à sa première exposition à Ségou. Elle précise que ces œuvres sont pour elle, « un cri de cœur pour effrayer, décourager et maitriser ces prédateurs. Pour moi, la femme doit avoir la parole libre pour dénoncer ces violences infernales ».

Envoyé spécial à Ségou

Mohamed Camara     

3 février 2023 0 comments
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Festival sur le Niger
ActuSeko ni Donko

Ségou’Art : les flashes sont désormais braqués sur la 19e édition

by Mohamed Camara 3 février 2023
written by Mohamed Camara 4 minutes read

La 19e édition du Festival sur le Niger, désormais dénommé Ségou Art, a été officiellement lancé, jeudi 02 février 2023 dans la cité multiséculaire des Balazans, Ségou. Cette cérémonie d’ouverture était présidée par le Chef du gouvernement de la transition malienne, Dr Choguel Kokala Maiga. Durant ce week-end la cité des Balanza brille par la richesse culturelle du Mali et d’ailleurs et les talents artistiques sont mis en avant. Avec plus de 35 000 festivaliers et 250 artistes venus de 32 pays d’Afrique et ailleurs.

La ville de Ségou est peuplée des festivaliers venus de tout horizon. La berge de Joliba (fleuve Niger) de Ségou vibre déjà aux couleurs de ce rendez-vous culturel international. Colloques, expositions, échanges sur la culture, des soirées de contes, des visites touristiques, une course de pirogues et à dos d’ânes, des festivités artistiques et des concerts géants avec des artistes de renommé international, seront les temps forts de cette manifestation culturelle, qui se tient du 31 janvier au 05 février. Une occasion pour ces nombreux acteurs et experts de la culture d’engager une fois de plus des sujets autour de la culture.

« Je vous souhaite, au nom de la population, la chaleureuse et fraternelle bienvenue dans la cité hospitalière et historique des Balazans, capitale du célèbre royaume bambara, Ségou, pour célébrer le Festival sur le Niger, mais aussi célébrer le Mali et l’Afrique, riche en diversité culturelle », a déclaré le maire de la commune urbaine de Ségou, M. Nouhoum Diarra.

Le Premier ministre, Dr Choguel Kokala Maiga, après avoir fait un long voyage sur la place importante de la culture malienne, a fait un honneur spécial sur les valeurs sacro-saintes sociétales de la ville de Ségou, dont « mâyâ, le diatiguiya et le dambé. »

Ségou’art 2023

Plus de 35 000 festivaliers et 250 artistes, acteurs culturels et professionnels de l’art, en provenance de plus de 32 pays d’Afrique et d’ailleurs, sont attendus à la 19e édition du Festival sur le Niger de Ségou.

Le Festival de cette année se tient dans un format complet, avec des activités riches et variées autour du thème « Patrimoine et créativité ». Selon Attaher Maiga, Coordinateur de Ségou’Art, ce thème vise « à nous donner les outils d’identification des éléments du patrimoine culturel immatériel, susceptibles d’orienter, d’influencer et d’amplifier la créativité. Toute chose qui participe à la création d’un futur meilleur, non seulement pour la valorisation du patrimoine, mais également au développement humain durable à travers le soutien à l’économie locale, entre autres dans le domaine de l’industrie culturelle et créative. »

Le coordinateur de Ségou’Art que le thème choisit cette année « montre la voie du changement du paradigme afin de rendre à l’Afrique la création africaine. Il s’attache à mettre les participants sur la voie de la connaissance du soi-même, des autres et du monde. »

Il s’agit, à travers ce thème de s’inspirer du travail de la Fondation Festival sur le Niger, qui a utilisé le patrimoine culturel comme gisement. Un gisement dont elle a fait la promotion avec créativité, tout en essayant de créer des opportunités de développement et de marché pour les artistes et les acteurs culturels dans le domaine des industries de créations culturelles (ICC).

Capitale culturelle du Mali

Cette édition 2023 se passe au lendemain de la première Rentrée diplomatique du Mali, qui s’est tenue au Centre culturel Korè de Ségou autour de la Diplomatie Culturelle. Ce qui fait de Ségou, la capitale culturelle du Mali, a eu à rappeler M. Attaher.

« C’est le lieu d’exhorter les plus hautes autorités à soutenir les artistes et les acteurs culturels du Mali, car nous sommes convaincus que la culture est la solution », a plaidé le Coordinateur de Ségou Art.

« Le salon d’art contemporain, comme chaque année, offre un espace de visibilité à 12 artistes émergents du Mali dans le cadre de l’exposition Bi Mali (le Mali contemporain). Cette année nous innovons avec la création de la foire locale d’art contemporain (FLAC), qui est un marché d’art local offrant l’opportunité aux jeunes artistes, des galeristes, des collectionneurs, et des amateurs d’art », précise-t-il.

Selon le programme, les activités sont mises en œuvre de manière créative et innovante, notamment la Caravane culturelle de la paix, la Foire artisanale et agricole, les spectacles de danse, de théâtre et du conte, le colloque de Ségou, Korè Faclab, le concours d’assainissement quartier propre, les ateliers de recyclage…

Mohamed Camara, envoyé spécial

3 février 2023 0 comments
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FESPACO
ActuSeko ni Donko

FESPACO : le Mali, pays invité d’honneur de l’édition 2023

by Bakary FOMBA 3 février 2023
written by Bakary FOMBA 2 minutes read

Ce jeudi 2 février 2023, lors de l’installation du Comité national d’organisation (CNO), de la 28e édition du Festival panafricain du cinéma et de la télévision de Ouagadougou (Fespaco), le Mali a été choisi par les autorités burkinabés, comme pays invité d’honneur de l’édition 2023 (Wakat Séra).

Le FESPACO est prévu du 25 février au 4 mars 2023, à Ouagadougou, au Burkina Faso. Le Mali a été désigné comme pays invité d’honneur de cette célébration 28ème édition.

Un choix qui se justifie à plusieurs titres

Selon le président du Comité national d’Organisation (CNO) de cette 28e édition, Fidèle Tamini, ce choix porté sur le Mali, se justifie à plusieurs titres. « Au regard des réalités des deux pays, de la vision du moment, le Mali était le meilleur partenaire pour être pays invité d’honneur de ce Fespaco », a-t-il expliqué. De même, « c’est un pays de cinéma, suffisamment représenté dans cette 28e édition », a-t-il ajouté.

Sur 1 142 films inscrits, au total, 170 ont été retenus en sélection officielle pour cette 28e édition, dont une dizaine de catégories, notamment celles des fictions, documentaires, séries, films d’animation, des écoles…

Cette 28e édition du plus grand festival panafricain du cinéma est dédiée aux « cinémas d’Afrique et la culture de la paix », avec comme affiche l’image de Sarraounia (la légende reine nigérienne, symbole de la résistance contre la colonisation).

Dans un monde où le climat sociopolitique reste tendu dans plusieurs pays, cette édition 2023 du Fespaco vise à réfléchir sur comment le cinéma peut contribuer à la culture de la paix, à la réconciliation entre les peuples du monde.

Pour rappel, le Fespaco est l’une des plus grandes manifestations cinématographiques du continent africain. Il organise notamment des projections cinématographiques en zones rurales. La première édition de cet évènement date de 1969. Rappelons également que le Sénégal avait été désigné comme pays invité d’honneur pour la 27e édition de cette biennale.

Bakary Fomba

3 février 2023 0 comments
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Mahamoudou Savadogo
ActuAnalyses

Mahamoudou Savadogo : « La Guinée pourrait servir d’ouverture vers la mer pour le Burkina et le Mali »

by Fousseni TOGOLA 3 février 2023
written by Fousseni TOGOLA 7 minutes read

Mahamoudou Savadogo, expert en sécurité, basé à Ouagadougou, membre de la Coalition citoyenne pour le Sahel, nous livre, dans ce premier numéro de l’hebdomadaire Sahel Kunafoni, ses analyses sur la situation socio -politico-sécuritaire du Sahel, notamment du Mali, du Burkina Faso, de la Guinée et même du Niger. Selon lui, une alliance à trois (entre le Mali, le Burkina Faso et la Guinée) se dessine. Il invite aussi à revoir la forme actuelle du panafricanisme et se prononce sur le départ des forces françaises de certains pays du sahel.

Sahel Kunafoni : quelle analyse faites-vous de la situation au Sahel, depuis les coups d’État militaires au Mali, en Guinée puis au Burkina Faso ?

Mahamoudou Savadogo : la situation sécuritaire ne s’est pas du tout améliorée dans cette région. Elle continue de se dégrader. En plus du problème sécuritaire, il y a aussi la situation socio-politique, qui est de plus en plus délétère.

Paradoxalement, on voit que du côté du Niger, qui a une relative stabilité institutionnelle, les choses sont beaucoup plus stables que les pays qui connaissent des coups d’État. On peut donc dire que les coups d’État ont contribué à dégrader la situation sécuritaire dans ces pays.

Cette dégradation, après une année de règne militaire, est très inquiétante et interpelle la communauté internationale et surtout la communauté humanitaire pour qu’elles soient plus regardantes et se penchent sur les besoins de ces populations qui sont presque abandonnées à elles-mêmes, au bon vouloir des militaires.

Le Burkina Faso a demandé le départ de la Force Sabre, la force française présente dans le pays. Comment comprenez-vous cette décision ?

Le départ de Sabre peut-être expliqué comme étant une volonté populaire. Ce gouvernement de transition, qui se base sur la volonté des populations, a décidé d’exercer cette volonté populaire.

Dès leur arrivée au pouvoir, les militaires ont décidé de ne plus tenir compte de l’aide française. Depuis le deuxième coup d’État, ils n’ont plus fait appel à l’assistance logistique française. Ce qui les a permis, pendant trois mois, d’être un peu plus indépendants vis-à-vis de la logistique française et de décider de se départir de cette aide.

Quel est le fond du problème entre les deux pays, selon vous ?

Lorsque Sabre s’installait, c’était pour des besoins individuels du président français et de son homologue burkinabè, qui voulait de cette force pour se protéger. C’est ce rôle que cette force a effectivement joué puisqu’elle a exfiltré le président du Faso au moment où il avait perdu le pouvoir.

Face à la dégradation de la situation sécuritaire, les populations, exaspérées, ont rapidement trouvé un bouc-émissaire : la présence française, notamment la force spéciale Sabre.

Il ne faut pas oublier aussi que le Burkina se tourne de plus en plus vers l’allié russe, qui met de plus en plus la pression sur la France.

C’est tous ces aspects qui auraient motivé la rupture de la coopération militaire entre le Burkina et la France. Toutefois, il faut noter que cette coopération continue, sur d’autres aspects, puisque nous avons toujours chez nous des assistants techniques français, et aussi de la coopération en termes d’instruction, qui fait que des militaires burkinabè sont toujours formés par des militaires français.  

Faut-il prévoir une alliance des trois pays (Mali, Burkina et Guinée), dans cette vaste région ?

L’alliance est en train de se dessiner lentement puisqu’on voit que les trois pays sont en lien. Ils sont en train de renforcer leur coopération. La Guinée pourrait servir d’ouverture vers la mer pour le Burkina et le Mali. L’axe Guinée-Burkina est en train de se dessiner.

Au fond, qu’est-ce qui oppose ces pays à la France ? Pourquoi est-elle prise pour cible ?

Je dirais que la France a joué une mauvaise diplomatie. Ce pays est considéré comme une rente pour accéder au pouvoir en Afrique de l’ouest et particulièrement dans ces pays.

Au moment où la France avait toujours beaucoup de crédibilité, elle était toujours en accointance avec ces chefs d’État directement plutôt qu’en accord avec les peuples africains. Ce qui a fait qu’aujourd’hui, lorsque les peuples africains ont eu l’occasion, ils n’ont pas hésité à jeter la France en pâture. C’est la France qui a exfiltré le président burkinabè. Elle a soutenu IBK (Ibrahim Boubacar Kéïta au Mali) jusqu’à la dernière minute. Elle a soutenu ces pouvoirs burkinabè et malien, malgré leur état de corruption.

Ce soutien de la France a empêché ces chefs d’État d’équiper leur pays sur le plan logistique. Ils ont cru que même s’ils ne l’équipent pas, la France serait toujours là pour couvrir leur détournement et couvrir leur mauvaise gouvernance.

C’est ce rôle qui a valu l’inimité de la France vis-à-vis des populations. C’est une erreur qu’il va falloir corriger.

Les populations de ces pays ont-elles oublié l’aide de la France ?

Il faut plutôt souligner à ce niveau une erreur de communication. L’aide de la France à ces pays n’était pas perçue par les populations comme une aide en leur endroit, mais plutôt comme une assistance directement aux présidents. Il serait mieux de revoir cet aspect.

Malgré tout, il ne faudrait pas perdre de vue que la France a permis de stopper l’avancée des groupes terroristes dans ces pays. Un geste qui avait été mis au compte de ces chefs d’État, qui avaient fait croire aux populations qu’ils avaient équipé les forces de défense comme il se doit, alors que l’argent allait ailleurs.

Comment expliquez-vous l’apparition inattendue d’Iyad Ag Ghaly, dans la région de Ménaka au Mali, à moins d’une semaine après les célébrations du 62e anniversaire de l’armée malienne et à un moment où on parle de plus en plus de « montée en puissance » de cette armée ?

Je n’ai pas trop d’informations sur cette réapparition. Mais je crois qu’Iyad est en train de chercher des alliances avec les groupes armés comme la GATIA (Groupe autodéfense touareg Imghad et alliés) et la MAA (Mouvement arabe de l’Azawad). Je crains davantage qu’il réussisse. Car cela va isoler davantage la junte malienne.

À quoi faut-il craindre de cette tendance des autorités de ces deux pays à s’orienter vers le tout militaire dans cette lutte contre le terrorisme ?

Le tout militaire ne fera qu’exacerber la crise sécuritaire. Elle ne fera que généraliser la violence au détriment des populations. Les réponses militaires ne sont pas adaptées.

Dans ces pays, nous avons des zones où règnent des exactions armées locales ; des zones où c’est l’État qui doit se remettre en cause. Dans d’autres aussi, c’est l’administration qui était absente ou doit simplement faire sa mue.

Si on apporte une réponse militaire dans un tel contexte, on ne trouvera pas la solution. Il vaut mieux analyser de façon plus approfondie les causes qui ont fait basculer dans la violence dans ces régions plutôt que d’apporter une réponse tout-sécuritaire qui n’est qu’un raccourci pour répondre à la menace terroriste.

Concrètement, pensez-vous que le panafricanisme est une solution aux problèmes socio -politico-sécuritaire de ces pays sahéliens ?

Le panafricanisme, sous cette forme, n’est pas la réponse aux problèmes que nous vivons. Le panafricanisme doit résider dans la bonne gouvernance, dans l’ouverture aux autres peuples, dans l’intérêt supérieur des populations, que doivent prôner les dirigeants.

Le panafricanisme ne doit pas se résoudre dans le déni, dans les accusations, dans la théorie du complot, en accusant tout le monde d’être responsable de ce qui nous arrive. Vu sous cette forme, il n’est pas la solution. Il faudra revoir et corriger cette conception, à temps, avant que nous ne basculions dans le désordre.

Propos recueillis et retranscrits par F. Togola pour Sahel Kunafoni

3 février 2023 0 comments
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Assimi Goïta
ActuPolitique

Mali : pour le renouveau de l’administration publique, le président Goïta fonde aussi l’espoir sur le SNJ

by Chiencoro 2 février 2023
written by Chiencoro 4 minutes read

Le 3e contingent du service national des jeunes (SNJ) a été présenté au drapeau, ce jeudi 2 février 2023. Le président de la transition, le colonel Goïta, fonde aussi de l’espoir sur ce pour le renouveau dans les administrations publiques maliennes.

Le président de la transition a lié l’acte à la parole. Au départ, beaucoup n’y croyaient pas et pensaient qu’il s’agissait de simples propos en l’air, venant d’un rêveur solitaire, qui aurait perdu les moyens de sa politique. Mais aujourd’hui, le résultat palpable est sous les yeux de tous. La 1re promotion de fonctionnaires, ayant bénéficié la formation militaire obligatoire, a été présentée ce jeudi 2 février 2023, au drapeau national, après avoir réussi avec brio leur session.

Renouveau de l’administration publique malienne

En mars 2022, le président de la transition, le colonel Assimi Goïta, avait indiqué que la formation commune de base est désormais un passage obligé pour tous les nouveaux fonctionnaires, avant qu’ils ne rejoignent leurs lieux de déploiement dans le cadre de l’administration.

Il a fallu attendre juste six (6) mois pour voir cette instruction mise en exécution par les membres du gouvernement. En août 2022, cette 3e cohorte, constituée de fonctionnaires admis à la fonction publique de l’État et des Collectivités, a pris le départ pour leur lieu de formation, à Ségou, dans le camp de Bapho.

Cette initiative du chef suprême des armées se justifie par la volonté de mettre la jeunesse au cœur du développement et surtout de la politique sécuritaire du pays. Aussi vise-t-elle le renouveau de l’administration publique malienne. Ces recrus, à qui ont été enseigné non seulement des formations physiques, mais aussi et surtout civiques sur les valeurs intrinsèques de la République, comme la loyauté, la ponctualité, la régularité, le respect, le patriotisme, impulseront une nouvelle dynamique aux administrations publiques du Mali.

Lutte contre la corruption

C’est d’ailleurs ce qu’a fait remarquer le président Goïta, à l’occasion de la cérémonie de présentation au drapeau de ces nouveaux recrus : « Je n’ai aucun doute que cette nouvelle génération de fonctionnaire saura se surpasser et impulser une nouvelle dynamique de performance dans notre administration publique ». 

Ce service militaire obligatoire fait donc partie du vaste chantier de réformes dans lequel se sont engagées les autorités maliennes à leur arrivée au pouvoir. Il est notamment en droite ligne avec l’engagement du président Goïta à lutter contre la corruption, la délinquance financière et économique, l’enrichissement illicite et l’absentéisme dans les administrations publiques. C’est pourquoi il a exhorté les recrus à « préserver les acquis de la formation militaire, qui est la discipline, la ponctualité, la rigueur et surtout la loyauté ».

« Un héros de l’Afrique » 

Le colonel Goïta fait partie d’une race rare de dirigeants en Afrique, voire au-delà, en raison de son attachement à la parole donnée. D’ailleurs le Premier ministre burkinabè en visite au Mali, du 31 janvier au 1er février 2023, a fait remarquer que le chef de l’État malien est « un héros de l’Afrique. » En effet, le chef suprême des armées maliennes, celui auquel les sages de Ségou ont octroyé le grade de Maréchal, se fait remarquer par sa vertu. Ce qui explique pourquoi, depuis son arrivée, il a réussi là où tous ses prédécesseurs ont échoué.

De la tenue des Assises nationales de la refondation jusqu’au démarrage de la mise en œuvre des recommandations de cette grande concertation des Maliens, nombreux sont ceux qui se sont arrêtés sur le trottoir pour attendre la suite. Mais bientôt la Commission de finalisation du projet de constitution mise en place débutera ses activités. Outre cela, le président Goïta, à travers la mise en œuvre d’un certain nombre de mesures phares de relance économique et de protection sociale, a prouvé aux Maliens qu’il est animé d’un véritable amour pour son pays. C’est d’ailleurs ce qui traduit son renoncement aux 2/3 de son fonds de souveraineté pour le bien-être des Maliens les plus démunis.  

Disons donc que le président Goïta est le modèle de dirigeant qu’il faut à tous les pays africains pour plus de souveraineté et par ricochet de développement.

Chiencoro Diarra

2 février 2023 0 comments
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