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Histoire de Ségou.
A la Une

De Syrie à Ségou 1 : l’incroyable voyage de Cheick Ousmane Djiré

by Sahel Tribune 22 mai 2024
written by Sahel Tribune 6 minutes read

Bienvenue dans notre série spéciale consacrée aux grandes familles historiques de Ségou, une ville emblématique du Mali. Située à 240 km de Bamako, Ségou est bien plus qu’une simple localité ; c’est un bastion de traditions, de culture et de spiritualité qui a façonné l’histoire de la région. Au cœur de cette ville, trois familles se distinguent par leur influence religieuse et spirituelle : les Djiré, les Thiero et les Tall. Dans cette série, nous explorons l’héritage de ces familles, leur rôle dans la propagation de l’islam, et leur impact durable sur la communauté de Ségou. Chaque article est dédié à l’une de ces familles, offrant un aperçu détaillé de leur histoire, de leur arrivée à Ségou, et de leur contribution à la société malienne. Plongez avec nous dans l’histoire fascinante des Djiré, Thiero et Tall, et découvrez comment leurs traditions et leurs valeurs continuent de résonner dans le Ségou d’aujourd’hui.

Ségou, située à 240 km de Bamako, est une région riche en histoire et traditions. Cette ancienne capitale de l’empire bamanan est connue pour ses familles religieuses influentes, notamment les Djiré, Thiero, et Tall, qui ont joué des rôles clés aux côtés des rois bamanan. Pour comprendre cette riche histoire, nous avons rencontré Cheick Abdallah Moustapha Djiré, historien et descendant du fondateur de Ségou-Sikoro. Les autres familles ont donné leur accord pour qu’il s’exprime aussi en leur nom.

L’arrivée des Djiré à Ségou

La famille Djiré a été fondée par Cheick Ousmane Djiré en 1697, lorsqu’il a introduit l’islam à Ségou-Sikoro, l’actuelle Ségou. Originaire de Syrie, Cheick Ousmane a quitté sa ville natale pour se consacrer au soufisme, traversant le Sahara et l’Algérie avant de s’établir à Ségou. Son installation a marqué le début de l’influence religieuse de la famille Djiré, qui a toujours été associée à la grande mosquée de Ségou.

Cheick Ousmane Djiré venait d’une famille chérifienne de Chami, l’actuelle Syrie. Lorsqu’il a senti qu’il allait être le futur héritier du trône chérifien, il a décidé de quitter sa ville avec ses disciples pour se consacrer pleinement au soufisme. Son voyage l’a mené à travers le Sahara, l’Algérie et Diré (Tombouctou), où il a passé quatre ans avant de s’établir définitivement à Ségou. Son arrivée et son installation ont marqué le début d’une nouvelle ère pour Ségou-Sikoro, l’actuelle Ségou.

Lieu où s'est installé le premier fondateur de Ségou sikoro, cheick Ousmane djiré
Le lieu où s’est installé le premier fondateur de Ségou sikoro, cheick Ousmane djiré. Fatoumata Coulibaly/ Sahel Tribune

Pour l’histoire, lorsque des personnes venues d’autres horizons demandaient à Cheick Ousmane, déjà installé sur l’actuel « Quai » du festival, d’où il venait, il répondait : « Je viens de Diré », une commune de Tombouctou. Avec le temps et la prononciation rapide, « Ousmane de Diré » devint « Cheick Ousmane Djiré ». Voilà l’origine du nom de famille « Djiré » à Ségou.

Le fondateur, Cheick Ousmane Djiré, s’était installé dans le premier quartier, appelé également « Somonosso », au bord du fleuve Niger. Ce quartier a vu s’installer diverses ethnies venues pratiquer l’islam aux côtés du Chérif Ousmane : les Djiré, Dembélé, Thiero, Sossos, Minta, Thienta, Kané, etc. 

Notre Cheick Ousmane a eu trois fils : Sory Ibrahima Djiré, Oumar Issou Djiré et Bina Daouda Djiré, qui ont tous marqué leur passage à Ségou.

L’importance des Djiré dans l’histoire de Ségou

Cheick Abdallah Moustapha Djiré nous raconte que l’ancien nom de Ségou, « Ségou Sikoro », signifie « Vieux Cheicko sous le Karité ». En effet, devant la maison de Cheick Ousmane se trouvait un tronc de karité, et les habitants de la région utilisaient cet arbre comme point de repère pour localiser le cheick. Au fil du temps, cette référence est devenue « Ségou Sikoro », puis simplement « Ségou ».

La famille Djiré a maintenu son influence en dirigeant les grandes mosquées et prières des fidèles musulmans de Ségou. Les Djiré sont reconnus pour leur rôle religieux et pour avoir aidé à faire de Ségou une ville religieuse bien avant l’arrivée des rois bamanan. Cheick Ousmane Djiré est considéré comme le fondateur de Ségou-Sikoro, et sa famille a conservé une position centrale dans la vie religieuse de la ville.

Selon Cheick Abdallah Moustapha Djiré, l’actuelle Ségou était déjà fondée avant même l’intronisation du premier roi bamanan Biton Mamary Coulibaly en 1712. Le fondateur de Ségou, Cheick Ousmane Djiré, avait établi une base religieuse solide qui a été reconnue et respectée par les rois bamanan. Cette reconnaissance mutuelle entre les rois et les familles religieuses a permis de créer une société harmonieuse où la religion et la royauté coexistaient pacifiquement.

L’héritage des Djiré

La bibliothèque des Djiré, un héritage familial, contient des manuscrits et objets précieux, y compris des écrits de Cheick Ousmane Djiré et El Hadji Oumar Tall. Ces documents sont des trésors pour la recherche culturelle et scientifique, prouvant que l’Afrique n’a pas toujours été une civilisation de l’oralité. La famille Djiré continue de jouer un rôle important à Ségou, perpétuant la tradition de leur ancêtre.

Bibliothèque des Djiré de Ségou
La bibliothèque des Djiré de Ségou. Fatoumata Coulibaly/ Sahel Tribune

Baptisée sous le nom d’Oumarou Kébir Djiré, le troisième imam de Ségou, cette bibliothèque mystique et sacrée abrite des manuscrits et des objets authentiques et précieux des Djiré. Parmi ces trésors, on trouve les manuscrits de Cheick Ousmane Djiré, la canne mystique, les bouillards et chapelets de Sory Ibrahima Djiré, ainsi que la pierre sur laquelle El Hadji Oumar Tall faisait ses ablutions. Ces objets sont non seulement des témoins de l’histoire religieuse de Ségou, mais aussi des preuves tangibles de la riche tradition écrite de la région.

Cheick Abdallah Moustapha Djiré explique que ces manuscrits traitent de nombreux domaines, notamment l’histoire, la grammaire, l’astrologie et l’alphabet en langue bamanankan. Ils constituent des documents de référence pour les études de culture africaine et la recherche scientifique. Ces manuscrits sont conservés avec soin dans la bibliothèque familiale, où ils sont dépoussiérés deux ou trois fois par an et consultés sur place pour éviter toute détérioration.

La tradition veut que ces objets ne soient pas exploités dans des lieux insalubres, touchés avec des mains souillées ou emportés hors de la bibliothèque. Cette rigueur dans la conservation et la consultation des manuscrits et objets mystiques témoigne du profond respect des Djiré pour leur héritage familial et religieux.

La famille Djiré occupe une place centrale dans l’histoire de Ségou. Leur rôle religieux et leur influence se perpétuent à travers les générations, faisant de Ségou une ville religieuse et historique. L’héritage des Djiré, matérialisé par leur bibliothèque et leurs traditions, continue de contribuer à la richesse culturelle de la région. La famille Djiré, par son engagement envers la religion et la préservation de son patrimoine, reste un pilier de la communauté de Ségou.

Fatoumata Z Coulibaly, correspondante à Ségou 

22 mai 2024 0 comments
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Abdramane Coulibaly s'exprime sur la citoyenneté et la responsabilité
A la UneAnalyses

Citoyenneté et responsabilité : les piliers du Mali Kura

by Sahel Tribune 21 mai 2024
written by Sahel Tribune 7 minutes read

Pour bâtir un Mali Kura, un avenir meilleur, chaque citoyen doit s’engager dans une citoyenneté collective et une responsabilité partagée. En adoptant des comportements nouveaux et responsables, et en investissant dans l’éducation et la solidarité, les Maliens peuvent transformer leur pays et assurer son développement socio-économique.

Rien ne peut changer autour de nous si rien ne change en nous. Vouloir le changement sans vouloir se changer soi-même est un acte de mauvaise foi. La soif du nouveau requiert un don de soi, un prix à payer. La quête d’un Mali Kura, un Mali d’un avenir meilleur, vient sans nul doute avec ses conditions. Une citoyenneté et une responsabilité collective sont indispensables pour réaliser ce Mali Kura, garantissant le développement socio -politico-économique et le développement personnel. L’application stricte de ces principes offre une chance d’espérer un renouveau pour les Maliennes et Maliens.

La citoyenneté collective implique une maîtrise conjointe de ses droits et de ses devoirs. Au Mali, certains citoyens se concentrent plus sur leurs droits que sur leurs devoirs. Pourtant, la connaissance des droits est souvent liée à l’accomplissement des devoirs. La citoyenneté collective exige une action collective et simultanée de tous les citoyens dans l’accomplissement de leurs devoirs. 

Connaitre les lois et éviter le suivisme 

La citoyenneté collective repose sur des comportements nouveaux et adaptés à la vision du Mali Kura. Il s’agit de comportements qui, tout comme ceux d’un candidat désireux de réussir à un examen, permettent d’atteindre l’objectif de transformation nationale. Il est nécessaire d’abandonner des habitudes nuisibles telles que la peur de souffrir aujourd’hui pour sourire demain, les guerres politiques, l’indiscipline routière, les mutations criminelles des enseignants vers les villes, la non-prise des vignettes des engins, et le bourrage des caniveaux pendant les périodes pluvieuses.

La lecture doit devenir également un devoir de citoyenneté. Tous les citoyens doivent apprendre à lire les lois du Mali pour éviter le suivisme aveugle. Cela permet de comprendre le fonctionnement juridique et structurel du pays et de lutter contre l’analphabétisme. La maîtrise des textes qui gouvernent le pays évitera les mauvaises interprétations et permettra aux citoyens de participer activement à la vie publique de manière éclairée. Par exemple, combien de Maliens avaient lu le projet de constitution avant le référendum ? Combien de femmes mariées connaissent le code du mariage au Mali ? Combien de travailleurs connaissent leurs droits et devoirs ? La lecture des lois fondamentales doit devenir une priorité pour tous.

L’école doit former à la citoyenneté. Il est essentiel de mettre en œuvre un système d’apprentissage des lois de base, notamment la constitution, à travers un cahier de citoyenneté pour chaque élève. Chaque semaine, l’enseignant expliquera deux ou trois articles de la constitution, permettant aux apprenants et aux enseignants de se familiariser avec la loi de base du pays. Cette approche pragmatique permettra aux futurs cadres du pays d’être bien informés et engagés dans la construction d’un Mali Kura.

Les caniveaux ne doivent pas être transformés en dépotoirs d’ordures

La responsabilité collective repose sur la philosophie de l’Ubuntu, où chaque citoyen doit assumer sa responsabilité vis-à-vis de la patrie. Cela exprime l’amour réel pour la patrie. Le Mali Kura ne peut être réalisé sans une responsabilité collective au sein des administrations publiques. Les surfacturations et le détournement des fonds publics doivent être évités. Les fonds alloués doivent être utilisés conformément à leur objectif initial. Les responsables doivent s’acquitter de leurs tâches sans enfreindre les lois, et les autorités étatiques doivent contrôler les structures sans complaisance.

Certaines personnes se battent pour le développement du Mali en théorie mais agissent contre en pratique. Pour le Mali Kura, il faut des citoyens responsables qui respectent les lois et les valeurs de la société. Les populations doivent cesser les comportements contradictoires, comme encourager la fraude ou négliger les règles de la circulation routière. Par exemple, les caniveaux ne doivent pas être transformés en dépotoirs d’ordures. Les Maliens doivent aider leurs enfants, leurs frères, leurs élèves et leurs proches à réussir honnêtement leurs examens et concours, sans recourir à la fraude. Encourager la fraude nuit aux talents et empêche tout changement positif au Mali.

Les autorités doivent également jouer un rôle clé dans la promotion de la responsabilité collective. Elles doivent contrôler les structures publiques avec rigueur et sans complaisance. Les fonds destinés au bon fonctionnement des administrations publiques ne doivent pas être détournés pour des fins personnelles. Par exemple, les fonds votés pour l’achat de documents destinés aux apprenants ou étudiants doivent être utilisés à cette fin spécifique. Il en va de même pour les hôpitaux et les structures sportives. Tout doit fonctionner dans la discipline et conformément aux lois. Lorsque les citoyens viennent pour un besoin, ils doivent être servis de manière efficace et respectueuse.

La solidarité et la coopération

Le recouvrement des impôts et des taxes par les mairies et les services des impôts doit se faire de manière transparente et honnête. Certains agents de recouvrement ne doivent pas gérer cette situation en prenant des sommes inférieures à la normale en collusion avec certaines populations. Une telle irresponsabilité collective ne permet pas d’espérer un Mali Kura. Pour un Mali émergent, il faut des autorités responsables et des populations responsables. Le nouveau Mali exige un engagement et une responsabilité des populations, ainsi qu’une union nationale forte.

La citoyenneté collective et la responsabilité collective sont essentielles pour réaliser le Mali Kura. Lorsqu’une équipe de football est dominée par une responsabilité collective, elle avance. De même, pour un Mali Kura, il faut que les dirigeants et les dirigés soient unis dans un esprit de responsabilité collective. Chaque citoyen doit assumer sa part de responsabilité dans la construction de ce nouveau Mali. C’est seulement ainsi que le Mali pourra avancer vers un avenir meilleur.

La citoyenneté collective implique également un respect mutuel et une solidarité entre les citoyens. Les Maliens doivent apprendre à travailler ensemble pour le bien commun. Cela signifie qu’ils doivent mettre de côté leurs différences politiques, ethniques et religieuses pour se concentrer sur ce qui les unit : leur désir d’un Mali Kura. La solidarité et la coopération sont essentielles pour surmonter les défis auxquels le pays est confronté et pour construire un avenir meilleur pour tous.

La responsabilité collective s’étend également à la protection de l’environnement. Les Maliens doivent prendre conscience de l’importance de préserver leur environnement pour les générations futures. Cela implique de réduire la pollution, de protéger les ressources naturelles et de promouvoir des pratiques durables. La protection de l’environnement est une responsabilité collective qui nécessite l’engagement de tous les citoyens.

Respecter les lois et les valeurs de la société

La citoyenneté collective et la responsabilité collective ne peuvent être réalisées sans une éducation de qualité. L’éducation est la clé du développement personnel et du progrès socio-économique. Les autorités doivent investir massivement dans l’éducation pour garantir que tous les enfants aient accès à une éducation de qualité. Les écoles doivent être bien équipées et les enseignants bien formés pour offrir un enseignement de qualité. L’éducation doit également inclure des programmes de citoyenneté pour inculquer aux élèves les valeurs de responsabilité et de solidarité.

Pour réaliser le Mali Kura, il faut une citoyenneté collective et une responsabilité collective. Chaque citoyen doit assumer sa part de responsabilité dans la construction de ce nouveau Mali. Les autorités doivent contrôler les structures publiques avec rigueur et sans complaisance. 

Les populations doivent cesser les comportements contradictoires et respecter les lois et les valeurs de la société. La protection de l’environnement est une responsabilité collective qui nécessite l’engagement de tous les citoyens. Enfin, une éducation de qualité est essentielle pour garantir le développement personnel et le progrès socio-économique. C’est seulement ainsi que le Mali pourra avancer vers un avenir meilleur.

Abdramane Coulibaly

21 mai 2024 0 comments
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L'Afrique des souveraineté
A la UneÉconomie

Les saisons du changement : l’Afrique tourne-t-elle la page de la suprématie occidentale ?

by Chiencoro 20 mai 2024
written by Chiencoro 3 minutes read

L’Afrique redéfinit ses alliances internationales, rompant avec les anciennes puissances coloniales comme la France et les États-Unis pour embrasser une souveraineté renouvelée et diversifiée. Ce bouleversement géopolitique, marqué par des retraits militaires et des révisions d’accords, symbolise l’émergence d’un nouvel ordre mondial centré sur le panafricanisme et l’autonomie étatique.

La valse des alliances, un phénomène historique autant qu’inéluctable, secoue aujourd’hui l’échiquier géopolitique de l’Afrique. Les récentes défections du Mali, du Burkina Faso et du Niger, qui ont renoncé à leurs accords militaires avec la France et les États-Unis, sont des symptômes indéniables d’une ère de profondes mutations. Ces nations, jadis colonisées, revendiquent aujourd’hui une souveraineté totale, dessinant les contours d’une nouvelle réalité panafricaine, où l’autarcie ne se limite pas à l’économie, mais englobe également les sphères militaire, éducative et politique.

L’intérêt national plutôt que la fidélité historique

Ces changements drastiques ne sont pas sans rappeler les cycles immuables de la nature : naissance, apogée, déclin et renaissance. L’histoire de l’influence occidentale en Afrique semble atteindre son crépuscule, marquant le début d’une nouvelle ère où la Russie, la Chine et même la République de Türkiye tentent de s’imposer comme une force montante.

Le départ précipité de la France du Mali et du Burkina Faso, ainsi que la renégociation de la coopération militaire au Gabon, symbolisent un détachement croissant vis-à-vis de l’ancien colonisateur. Le Sénégal, dans une démarche plus discrète, et le Niger, avec une rupture plus abrupte, rejettent également les vestiges d’une époque révolue pour écrire leurs propres chapitres de souveraineté.

Face à ces bouleversements, la France et les États-Unis semblent perdre pied, cherchant à se raccrocher à des bastions comme le Tchad, la Côte d’Ivoire ou le Sénégal, etc., tandis que les dirigeants africains réévaluent leurs alliances sous le prisme de l’intérêt national plutôt que de la fidélité historique.

Respecter le désir d’indépendance et d’autodétermination

Ce réalignement ne devrait surprendre personne. Comme toutes choses sous le soleil, les empires et les influences étrangères en Afrique sont destinés à suivre la loi universelle du changement. Ignorer cette dynamique serait non seulement une erreur de calcul, mais aussi une méconnaissance des leçons que l’histoire nous enseigne. La suprématie occidentale, jadis incontestée, montre des signes de fléchissement, pavant la voie à de nouveaux acteurs et à de nouvelles alliances.

En effet, si les États africains ont longtemps été perçus comme des pions sur l’échiquier mondial, ils montrent aujourd’hui une volonté ferme de mener la partie selon leurs règles. Leur quête de souveraineté est un rappel que la dignité et l’autonomie ne sont pas des cadeaux, mais des droits inhérents.

Le message est clair : il est temps pour les anciens alliés de l’Afrique, la France et les États-Unis, de comprendre et d’accepter que l’ordre mondial est en mutation. Ils doivent respecter le désir d’indépendance et d’autodétermination des nations africaines, qui refusent désormais d’être des pions sur l’échiquier international.

L’espoir d’une Afrique maîtresse de son destin s’illumine

Alors que la scène mondiale observe ces transformations, il est crucial que les anciennes puissances comprennent et acceptent ce nouveau paradigme. L’avenir de l’Afrique sera défini par ses propres citoyens, ses leaders, et non par des forces extérieures. Le vent a tourné, et avec lui, l’espoir d’une Afrique maîtresse de son destin s’illumine, promettant une ère de renaissance culturelle, économique et politique.

La transition vers ces nouvelles dynamiques de pouvoir peut être complexe et chargée d’incertitudes, mais elle est également pleine de promesses. Pour les nations africaines, c’est l’opportunité de fermer définitivement le chapitre de la dépendance et de l’interférence, et d’ouvrir celui de l’autodétermination et du renouveau.

Chiencoro Diarra 

20 mai 2024 0 comments
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Capitaine Ibrahim Traoré
Économie

Cap sur la croissance : les objectifs ambitieux du Burkina Faso

by Chiencoro 17 mai 2024
written by Chiencoro 3 minutes read

Le Président de la Transition, le Capitaine Ibrahim Traoré, a présidé le jeudi 16 mai 2024, l’hebdomadaire Conseil des ministres. À travers les décisions prises, une lueur d’espoir s’allume pour le secteur agricole du Burkina Faso, notamment avec les prévisions optimistes pour la campagne cotonnière 2024-2025.

L’agriculture est souvent perçue comme le cœur battant de notre nation, et cette session du Conseil des ministres en est une preuve éclatante. Le ministre du Commerce, Serge Gnaniodem Poda, a présenté des chiffres qui montrent une amélioration significative de la production cotonnière pour la campagne 2023-2024, avec 383 144 tonnes récoltées. Plus impressionnant encore, les rendements à l’hectare pour le coton graine conventionnel ont augmenté de 25 %, atteignant 827 kilogrammes par hectare. Cette performance est non seulement une victoire pour les producteurs, mais aussi un indicateur du potentiel immense du secteur agricole burkinabè.

L’agriculture ne peut prospérer seule

Mais l’ambition ne s’arrête pas là. Pour la campagne 2024-2025, les prévisions de production s’élèvent à 595 000 tonnes de coton graine. Pour atteindre cet objectif ambitieux, le gouvernement, démontrant un engagement inébranlable envers les agriculteurs, a alloué une subvention de 10 milliards FCFA pour l’achat des intrants. Cette mesure est plus qu’un simple soutien financier ; elle représente une reconnaissance du travail acharné de nos producteurs et un investissement dans l’avenir économique du Burkina Faso.

L’optimisme est palpable. Chaque kilo de coton récolté est une preuve de la résilience et de la détermination des agriculteurs. Ils se lèvent avant l’aube, travaillent sous le soleil brûlant et défient les aléas climatiques pour nourrir leurs familles et faire prospérer le pays. Leurs efforts sont le socle sur lequel repose notre économie. 

Cependant, l’agriculture ne peut prospérer seule. Le développement urbain et la planification sont également cruciaux. Le Conseil des ministres a adopté un décret portant sur le Référentiel de programmation urbaine du Burkina Faso. Ce document est un guide précieux pour tous ceux qui œuvrent dans l’aménagement urbain, garantissant que les équipements socio-collectifs accompagnent adéquatement les nouvelles habitations. Un urbanisme bien pensé est essentiel pour créer des villes où les habitants peuvent vivre, travailler et prospérer.

Marche vers le progrès et le développement durable

L’avenir du Burkina Faso se dessine sous des auspices prometteurs. La campagne agricole 2024-2025, soutenue par des politiques courageuses et des investissements judicieux, symbolise une nation en marche vers la prospérité. Elle incarne l’espoir et la détermination d’un peuple qui refuse de céder au découragement. En soutenant les agriculteurs et en planifiant intelligemment les villes, les autorités de la Transitionconstruisent un Burkina Faso plus fort, plus résilient et plus prospère.

Le Burkina Faso avance, porté par la force de ses agriculteurs et la sagesse de ses dirigeants. La campagne cotonnière 2024-2025 sera, sans nul doute, une étape marquante dans cette marche vers le progrès et le développement durable.

Chiencoro Diarra 

17 mai 2024 0 comments
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Ousmane Sonko, Premier ministre, forme son premier gouvernement
Actu

Ousmane Sonko : « Nous ne lâcherons pas nos frères du Sahel »

by Sahel Tribune 17 mai 2024
written by Sahel Tribune 2 minutes read

Dans un monde où la souveraineté des nations est souvent bafouée par des ingérences extérieures, Ousmane Sonko, Premier ministre sénégalais, se dresse comme un défenseur inflexible de l’autonomie et de l’intégrité de son pays. Jeudi dernier, lors d’un discours poignant, Sonko a dénoncé avec vigueur la présence militaire française au Sénégal, une relique de l’époque coloniale qui continue de peser lourdement sur la souveraineté nationale.

Sonko, connu pour ses positions tranchées contre l’hégémonie politique et économique de l’ancienne puissance coloniale, a réitéré son respect pour le peuple français, mais a fermement critiqué « l’élite gouvernante actuelle« . Il a souligné que, bien que la coopération avec d’autres gouvernements, y compris celui de Macron, soit nécessaire, elle ne devrait jamais se faire au détriment de la souveraineté sénégalaise, qu’elle soit monétaire ou sécuritaire.

« Nous devons nous interroger sur les raisons pour lesquelles l’armée française bénéficie toujours de plusieurs bases militaires dans nos pays et sur l’impact de cette présence sur notre souveraineté nationale et notre autonomie stratégique », a-t-il déclaré. Cette réflexion critique sur les bases militaires françaises à Dakar résonne comme un appel à l’émancipation et à la réappropriation de l’avenir du Sénégal.

« Nous ne lâcherons pas nos frères du Sahel »

Sonko ne s’est pas arrêté là. Il a également fustigé les doubles standards de l’Occident et de ses alliés africains vis-à-vis des États du Sahel. Depuis les putschs au Mali, au Burkina Faso et au Niger, les réactions internationales ont été sévères, parfois hypocrites. « Ceux qui aujourd’hui condamnent des régimes considérés comme militaires ou dictatoriaux sont pourtant enclins à aller dans d’autres pays qui ne sont pas démocratiques lorsque leur intérêt s’y trouve pour négocier du pétrole et du marché », a-t-il souligné avec justesse.

La position de Sonko est claire : les sanctions contre les autorités sahéliennes sont « inadmissibles« . Dans un geste de solidarité sans équivoque, il a affirmé : « Nous ne lâcherons pas nos frères du Sahel ». Cette déclaration réaffirme l’engagement du Sénégal aux côtés de ses voisins sahéliens, unis dans leur lutte pour une véritable indépendance et contre l’ingérence étrangère.

Le discours de Sonko est un cri de ralliement pour tous ceux qui croient en la capacité de l’Afrique à tracer son propre chemin, loin des influences néocoloniales. Le Sénégal, avec à sa tête un leader aussi visionnaire, montre la voie. C’est un appel à l’émancipation, à la solidarité et à la construction d’un avenir où les nations africaines peuvent enfin disposer d’elles-mêmes, en toute indépendance et avec une autonomie stratégique intacte.

Oumarou Fomba

17 mai 2024 0 comments
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Ousmane Sonko et Jean-Luc Mélenchon
Billet d'humeur

Sénégal debout : Sonko défie les puissances étrangères

by Chiencoro 17 mai 2024
written by Chiencoro 3 minutes read

Devant une foule en liesse, Ousmane Sonko, Premier ministre sénégalais, a pris la parole le 16 mai, en présence de Jean-Luc Mélenchon. Son discours, le plus long et le plus passionné depuis sa nomination, a résonné comme un puissant écho des aspirations du peuple sénégalais. À travers ses mots, c’est tout un pays qui s’est levé pour dénoncer les injustices et revendiquer sa souveraineté.

Dans l’hémicycle de l’université de Dakar, Sonko n’a pas mâché ses mots. Critiquant ouvertement l’attitude de l’Occident, de l’Europe et particulièrement de la France, il a rappelé les trois années de répression sous l’ancien président Macky Sall. Il a dénoncé le silence complice du gouvernement Macron face aux persécutions subies par son camp, affirmant avec force que cette complaisance a encouragé les violences et les arrestations massives.

« Le président Macron déclinait la nouvelle doctrine africaine de l’Élysée »

En tant que fervent défenseur du souverainisme et du panafricanisme social, Sonko a insisté sur la nécessité d’une coopération basée sur le respect mutuel. « Les relations léonines au détriment des Africains doivent cesser », a-t-il martelé, revendiquant une nouvelle ère de relations internationales où chaque nation pourrait faire valoir ses aspirations légitimes à la souveraineté.

Sonko a également critiqué la néocolonisation des relations entre l’Occident et l’Afrique. Selon lui, les belles promesses de non-ingérence et de soutien à la démocratie faites par Emmanuel Macron ne se sont pas concrétisées au Sénégal. « Nous y avons presque cru lorsque le président Macron déclinait la nouvelle doctrine africaine de l’Élysée », a-t-il dit, mais la réalité a vite dissipé ces espoirs.

Revenant sur ses engagements contre l’emprise française en Afrique, Sonko a réitéré que son opposition n’était pas dirigée contre le peuple français, mais contre l’élite gouvernante actuelle. Il a souligné la nécessité de revoir les accords de défense et de remettre en question la présence militaire française au Sénégal, tout en affirmant la volonté de son pays de disposer pleinement de lui-même.

« Les velléités extérieures de nous imposer des modes de vie »

Dans une critique acerbe des doubles standards occidentaux, Sonko a dénoncé l’hypocrisie des puissances étrangères qui condamnent certains régimes tout en soutenant d’autres lorsqu’ils servent leurs intérêts. Il a fustigé les sanctions contre les autorités de transition du Sahel, affirmant que le Sénégal ne lâcherait pas ses frères de cette région.

Abordant un sujet délicat, Sonko a prévenu les Occidentaux que leur activisme en faveur des minorités sexuelles pourrait engendrer des tensions. Au Sénégal, où l’homosexualité est largement réprimée, il a demandé le respect des spécificités culturelles locales. « Les velléités extérieures de nous imposer des modes de vie et de pensée contraires à nos valeurs risquent de constituer un nouveau casus belli », a-t-il averti.

Sonko a aussi dénoncé ce qu’il perçoit comme une stigmatisation de la religion musulmane par la France, rappelant que les Sénégalais devaient s’adapter aux lois françaises, tout en soulignant les différences culturelles profondes entre les deux pays.

Ce discours marque un tournant dans la politique sénégalaise et africaine. Sonko, en s’élevant contre les ingérences et en défendant une vision panafricaine, incarne les espoirs de nombreux Africains pour un avenir plus souverain et respectueux des identités locales. Le Sénégal, sous sa direction, semble prêt à écrire une nouvelle page de son histoire, une page où la voix de son peuple est entendue et respectée.

Chiencoro Diarrra

17 mai 2024 0 comments
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Dr Bréma Ely Dicko
A la UneOpinion

Dr Bréma Ely Dicko sur le DIM : « Le volume et la portée des recommandations sont considérables »

by Bakary FOMBA 17 mai 2024
written by Bakary FOMBA 8 minutes read

Le Dialogue inter-Maliens pour la paix et la réconciliation, initié par le président de la transition, le 31 décembre 2023, s’est achevé avec la remise du rapport final le 13 mai 2024, marquant un tournant dans la quête de stabilité et d’unité au Mali. Dr Brema Ely Dicko, chercheur à l’Université des Lettres et des Sciences Humaines (ULSH) de Bamako et participant au dialogue, nous détaille les objectifs et les aspirations profondes de ce dialogue crucial pour l’avenir du pays, révélant les espoirs et les défis d’une nation en reconstruction.

Sahel Kunafoni : Pouvez-vous nous expliquer les principaux objectifs du Dialogue inter-Maliens pour la paix et la réconciliation que vous avez récemment conclu ?

Brema Ely Dicko : L’objectif principal du Dialogue inter-Maliens était de contribuer à la restauration de la paix, à la cohésion sociale et à renforcer le vivre ensemble dans toutes les régions du Mali. Cette initiative visait à réunir toutes les parties maliennes pour discuter et trouver des solutions aux défis persistants auxquels notre pays est confronté, notamment les tensions intercommunautaires et la violence. Il s’agissait d’un effort pour bâtir des ponts entre différentes communautés et d’assurer que chaque voix malienne puisse contribuer à la trajectoire future du pays dans un esprit d’unité et de compréhension mutuelle.

Comment ces objectifs reflètent-ils les aspirations du peuple malien dans le contexte actuel ?

Les aspirations des Maliens sont principalement la lutte contre la corruption. Ils aspirent à un État qui garantit un accès aux services sociaux de base, à un État capable de lutter contre l’insécurité, le terrorisme, de résoudre les conflits intra-communautaires, et de combattre l’esclavage par ascendance, notamment dans la région de Kayes. Toutes ces préoccupations ont été discutées lors du dialogue. Chaque commune, basée sur cinq fiches thématiques, a abordé ses propres problèmes et formulé ses recommandations. Il en va de même pour les régions. Ainsi, les objectifs du dialogue coïncident avec les attentes des populations.

Quelles mesures ont été prises pour garantir un processus véritablement inclusif ?

La question de l’inclusivité ne signifie pas nécessairement que tous les intéressés vont s’asseoir à la même table. Nous avons pris diverses initiatives pour rendre le dialogue aussi inclusif que possible. 

Premièrement, dans l’organisation même du Comité de pilotage. En observant sa composition, vous trouvez des représentants des jeunes, des femmes, de certains partis politiques, et des associations culturelles comme Jina Dogon, Tabital Pulaku, Irganda, Soninké, Bomu, entre autres.

Il y a également des représentants des institutions, des ministères, des retraités, d’anciens ministres, de députés et de membres du CNT. Des universitaires, des associations de femmes, de jeunesse, et des représentants religieux, y compris de l’Église Catholique, de l’Église Protestante et du Haut Conseil Islamique, sont aussi inclus. Les personnes vivant avec un handicap étaient également représentées. Le comité était donc un groupe composite qui englobait les membres de tous les groupes ethniques du Mali, reflétant véritablement la diversité de la société malienne.

Le second aspect est que le Comité de pilotage a créé différentes plateformes permettant aux Maliens de poser des questions et de contribuer, où qu’ils soient. Par ailleurs, nous avons organisé des rencontres avec tous les représentants des corps professionnels au Mali, qu’il s’agisse de jeunes, de femmes, ou d’organisations syndicales. Des visites ont également été effectuées aux domiciles des anciens chefs d’État et des rencontres ont été organisées avec les anciens premiers ministres.

Même si certains leaders, actuellement sous mandat d’arrêt international, sont en fuite dans certains pays voisins, ils auraient pu participer en déléguant des personnes au niveau des communes et des régions, ou au moins en envoyant leurs contributions par internet.

D’autre part, nous avons également facilité la participation des déplacés internes, des réfugiés et des Maliens de l’étranger. De ce point de vue, la diversité ethnique, de profils et d’autres caractéristiques des participants venant de divers horizons est remarquable.

Quelle analyse faites-vous des recommandations principales qui ont émergé des débats, notamment celles concernant la prolongation de la transition et la candidature du colonel Goïta ?

Ce sont des participants qui ont demandé cela. Je ne leur ai pas demandé la motivation qui a fait qu’ils l’ont demandée. Je respecte leur point de vue. Il appartient aux six colonels d’accepter cette recommandation. Cela ne m’engage pas.

Comment ces recommandations vont-elles influencer le futur politique et social du Mali ?

À mon avis, le volume et la portée des recommandations sont considérables. Le document de synthèse seul contient au moins 300 recommandations. Elles touchent à plusieurs domaines cruciaux comme la gouvernance, la lutte contre la corruption, l’amélioration de l’accès aux services sociaux de base, l’amélioration des relations entre administrateurs et administrés, le recrutement et la formation des forces armées, et l’amélioration de la collaboration entre les citoyens et les forces armées maliennes (FAMa). Elles abordent également la nécessité de créer un cadre unique de dialogue avec la diaspora malienne, de valoriser nos ressources naturelles, d’établir une raffinerie d’or et de promouvoir un développement durable.

Ces recommandations, si elles sont mises en œuvre efficacement, pourraient significativement revitaliser l’économie malienne, rapprocher les citoyens des administrateurs et assurer une gestion de l’État plus juste et efficace. En somme, elles pourraient contribuer à une amélioration tangible de l’atmosphère sociale au Mali, en réduisant les frustrations et en renforçant la cohésion nationale.

Quelles sont les stratégies envisagées pour lutter contre les milices d’autodéfense et renforcer les capacités des autorités locales dans la gestion des conflits ?

La problématique des milices d’autodéfense au Mali est abordée avec une résolution claire dans le cadre du Dialogue inter-Maliens. Une des recommandations principales est la dissolution de toutes les milices et groupes d’autodéfense présents sur le territoire. Cette mesure concerne aussi bien les divers acteurs et mouvements armés qui ont participé au processus de paix et qui sont intégrés dans des structures telles que la Plateforme signataire de l’accord de paix, que ceux regroupés au sein de la Coordination des mouvements de l’Azawad.

En outre, il pourrait être envisagé de présenter des projets de loi spécifiques au Conseil national de la transition. Ces projets de loi visent à formaliser les décisions prises et à assurer leur mise en œuvre effective. Le Conseil national de la transition examinera ces projets et procédera aux auditions nécessaires pour leur adoption. Ces mesures législatives seront essentielles pour renforcer les capacités des autorités locales dans la gestion des conflits et pour assurer une paix durable sur le territoire malien.

Quels mécanismes seront mis en place pour suivre la mise en œuvre des recommandations du Dialogue ?

Pour le suivi de la mise en œuvre des recommandations issues du Dialogue inter-Maliens, aucun mécanisme spécifique n’est encore défini. Cela reste sous la responsabilité du Président de la transition, qui a initialement instauré un Comité de pilotage pour mener le dialogue sans interférence extérieure. Il pourrait demander en Conseil des ministres que chaque ministère concerné prenne en charge l’application des recommandations relevant de ses attributions. Cette approche assurerait que les différentes composantes du gouvernement travaillent de manière coordonnée pour concrétiser les objectifs du dialogue, alignées sur les besoins et les prérogatives spécifiques de chaque ministère.

Quelles sont les prochaines étapes pour le Mali à la suite de ce dialogue ?

Les prochaines étapes pour le Mali, suite à ce dialogue, pourrait débuter par une session du Conseil de ministres où pourrait être présentées les recommandations les plus significatives issues du dialogue. Suite à cette présentation, une discussion approfondie pourrait avoir lieu pour déterminer les actions spécifiques à entreprendre au sein de chaque ministère concerné. Cette démarche vise à assurer que chaque segment du gouvernement est impliqué et responsable de la mise en œuvre des mesures suggérées, en adéquation avec leur domaine d’expertise et de compétence.

Comment voyez-vous l’avenir du Mali dans le contexte des décisions prises lors de ce dialogue ?

L’avenir du Mali, dans le contexte des décisions prises lors du récent dialogue, est marqué par une série d’initiatives stratégiques qui pourraient redéfinir la trajectoire du pays vers la stabilité et la paix. Tout d’abord, l’instauration d’un dialogue doctrinal avec les groupes terroristes est prévue, nécessitant la formation d’un comité d’érudits pour en établir les fondements. Cet effort vise à ouvrir des canaux de communication avec des figures clés telles que Amadou Kouffa et Iyad Ag Ghaly.

Par ailleurs, il est essentiel de renforcer les liens avec tous les mouvements armés à travers des mesures de confiance et des négociations directes, en particulier avec les leaders de la Coordination des mouvements de l’Azawad (CMA). Ces dialogues pourraient jouer un rôle crucial dans la diminution des tensions et la promotion de la cohésion nationale.

Enfin, la situation politique à Bamako pourrait également connaître une évolution significative par la levée de la suspension des activités des partis politiques et la revitalisation du calendrier électoral. Ces mesures, couplées à des concertations étendues entre les autorités de transition, la classe politique et la société civile, contribueront à apaiser le climat politique et à encourager une participation plus large dans le processus démocratique.

Ces étapes, si correctement mises en œuvre, devraient contribuer à un climat plus stable et pacifique au Mali, permettant au pays de surmonter les défis actuels et de progresser vers un avenir prometteur.

Propos recueillis et retranscrits par Bakary Fomba

17 mai 2024 0 comments
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