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AES : le Mali, le Burkina Faso et le Niger veulent faire de leurs frontières des pôles de sécurité et de prospérité

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Le Mali, le Burkina Faso et le Niger renforcent leur coopération autour de leurs frontières communes. Réunis à Ouagadougou pendant deux jours, les représentants des trois pays ont adopté un protocole additionnel au traité portant création de la Confédération de l’AES, consacré à la coopération transfrontalière, ainsi qu’un mécanisme de concertation entre les gouverneurs des régions frontalières. L’objectif affiché est de mieux coordonner les réponses sécuritaires, économiques, humanitaires et territoriales dans ces espaces où les populations entretiennent depuis longtemps des liens étroits.

Deux jours de travaux se sont achevés, mercredi 16 septembre, sur l’adoption de deux instruments juridiques destinés à structurer la gestion commune des zones frontalières de l’Alliance des États du Sahel (AES). Réunis à Ouagadougou, les représentants du Burkina Faso, du Mali et du Niger ont validé un protocole additionnel au traité portant création de la Confédération, consacré à la coopération transfrontalière, ainsi qu’une décision instituant un cadre de concertation entre les autorités administratives des régions frontalières des trois pays. La cérémonie de clôture a été présidée par le ministre d’État burkinabè chargé de l’Administration territoriale et de la Mobilité, Émile Zerbo, représentant le Premier ministre Rimtalba Jean Emmanuel Ouédraogo.

« Pendant deux jours, vous avez examiné et validé, avec rigueur, des instruments juridiques qui traduisent une vision commune : celle de trois peuples frères, unis par l’histoire et la géographie, résolus à faire de leurs espaces frontaliers des pôles de sécurité et de prospérité, et non plus des zones de vulnérabilité », a déclaré Émile Zerbo, citant le Premier ministre. Le second texte adopté, a-t-il précisé, « donne corps à cette coopération sur le terrain, en permettant à nos gouverneurs de dialoguer régulièrement et d’apporter des réponses coordonnées aux défis sécuritaires, humanitaires et de développement » des populations frontalières. Ce mécanisme reste toutefois soumis, pour son entrée en vigueur formelle, à l’approbation et à la signature du capitaine Ibrahim Traoré, président du Faso et président en exercice de la Confédération.

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Pendant deux jours, vous avez examiné et validé, avec rigueur, des instruments juridiques qui traduisent une vision commune : celle de trois peuples frères, unis par l’histoire et la géographie, résolus à faire de leurs espaces frontaliers des pôles de sécurité et de prospérité, et non plus des zones de vulnérabilité

Un dispositif hérité du Liptako-Gourma

Ce nouveau cadre confédéral ne part pas d’une page blanche. Il reprend et élargit, à l’échelle des trois États de l’AES, une initiative plus ancienne portée depuis 2019 par l’Autorité de développement intégré des États du Liptako-Gourma (ALG), organisation régionale créée en 2006 et régie par un traité révisé en 2017, qui avait déjà entrepris de mettre en place un cadre de concertation des gouverneurs des régions frontalières de cette zone spécifique, régulièrement présentée comme l’un des épicentres de la violence terroriste au Sahel. La nouvelle mouture confédérale en généralise le principe à l’ensemble des zones frontalières partagées par les trois pays membres de l’AES, bien au-delà du seul triangle du Liptako-Gourma.

Sur le plan opérationnel, les délégations ont validé une feuille de route 2026-2027 identifiant cinq zones transfrontalières considérées comme opérationnelles, assortie de neuf activités prioritaires programmées pour 2026 et cinq pour 2027, incluant l’élaboration de plans d’action spécifiques à chacune de ces zones. Cette feuille de route a été présentée à l’assistance par Abdoulaye Bassinga, gouverneur de la région du Kadiogo, au nom de l’Union des collectivités territoriales de l’AES, tandis que la synthèse des travaux revenait au secrétaire permanent de la Commission nationale des frontières du Burkina Faso, Fidèle Gouem. Selon les organisateurs, l’ensemble du dispositif doit à terme irriguer la coopération entre les 1 454 collectivités territoriales que comptent, cumulées, les trois pays confédérés.

Sécurité, ressources partagées et libre circulation

Les priorités thématiques retenues pour ce cadre de concertation couvrent un spectre large : sécurisation des zones frontalières, lutte contre le terrorisme et la criminalité transfrontalière, gestion concertée des ressources naturelles partagées, facilitation de la libre circulation des personnes et des biens, et développement des échanges commerciaux. Au nom de la délégation malienne, le ministre de l’Administration territoriale et de la Décentralisation, porte-parole du gouvernement, le général de brigade Issa Ousmane Coulibaly, a insisté sur la dimension humaine de cet enjeu, rappelant que « les frontières constituent des espaces de vie et d’échanges, où les communautés entretiennent depuis des siècles des relations sociales, culturelles, économiques et familiales ». Un rappel implicite que ces lignes de démarcation héritées de la colonisation ont toujours été, avant tout, des espaces de circulation plutôt que des ruptures nettes entre populations.

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les frontières constituent des espaces de vie et d’échanges, où les communautés entretiennent depuis des siècles des relations sociales, culturelles, économiques et familiales

Le chef de la délégation nigérienne, le secrétaire général du ministère de l’Intérieur, Ayouba Abdourahmane, a pour sa part appelé à une mise en œuvre « rapide et coordonnée » des textes validés, impliquant autorités administratives, services techniques, forces de défense et de sécurité, collectivités territoriales et acteurs communautaires. 

A.D

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