Situation politique au Mali : les ex-députés n’ont pas encore dit leur dernier mot !

Situation politique au Mali : les ex-députés n’ont pas encore dit leur dernier mot !
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Les ex-députés de l’Assemblée nationale ont tenu un point de presse, lundi 14 septembre 2020, à l’hôtel Salam de Bamako. Ils réclament le rétablissement de leur institution et exigent la libération des personnalités enlevées lors du renversement du régime IBK.

Les députés démis de leurs fonctions, suite à la dissolution de l’Assemblée nationale par l’ex-président Ibrahim Boubacar Kéïta, ne sont pas prêts à digérer leur démission forcée. À travers un point de presse, lundi 14 septembre 2020, les présidents des différents groupes parlementaires de la 6e législature ont fait part de leurs préoccupations. Ils ont manifesté leur mécontentement face à la dissolution de cette institution. Une dissolution qu’ils considèrent comme anticonstitutionnelle. Ces ex-députés demandent le leur rétablissement à leur fonction de député.

Ils rappellent que l’article 36 de la Constitution précise : « Dans tous les cas d’empêchement, il ne peut être fait application des articles 38, 41,42 et 50 de la constitution. »

Pour l’assurance d’une continuité constitutionnelle consensuelle et de l’État, ils invitent les chefs d’États et de gouvernement de la Cédéao et les membres du Comité national pour le salut du peuple (CNSP) au rétablissement de l’Assemblée nationale. Ces ex-députés rappellent également qu’après le coup d’État de 2012, l’accord entre la Cédéao et le CNRDRE a permis d’annuler la dissolution de l’Assemblée nationale et a permis aux députés de cette époque de mener une diplomatie parlementaire sans précédent. Ce qui a également abouti à la levée de toutes les sanctions contre le pays au bénéfice du peuple malien, ont-ils indiqué.

Les ex-députés ont saisi également cette occasion pour exprimer toute leur crainte quant à l’avenir du Mali sur le plan diplomatique : « Sans le parlement des élus, le Mali ne sera plus représenté dans les instances régionales, sous-régionales et internationales », soulignent-ils.

Parlant de la nouvelle Charte de la transition validée le 12 septembre 2020 par les forces vives de la nation malienne, ces députés estiment que « le Conseil National de la transition proposé dans la charte de la transition ne peut en aucun cas remplacer l’Assemblée Nationale sur le plan sous-régional, régional et international. » A les en croire, « seuls les députés élus au nom du peuple peuvent se saisir du dossier des sanctions contre le Mali et du vote d’une loi d’amnistie en faveur des acteurs des évènements du 18 août 2020. »

Cependant, les députés démis de leurs fonctions souhaitent l’adoption d’un Accord politique et social par l’ensemble des forces politiques et sociales du pays.

Pour la réhabilitation de cette institution, ils décident de tout mettre en œuvre, y compris la voie judiciaire nationale, sous-régionale et internationale afin d’y réussir.

Au terme de ce point de presse, ces ex-députés ont demandé au CNSP la libération sans délai de Moussa Timbiné, ex-président de l’Assemblée nationale ; de Dr Boubou Cissé, ex-Premier ministre ; et de tous les autres détenus.

Bakary Fomba, stagiaire

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