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Russie-Afrique : les régions russes veulent renforcer leur présence économique sur le continent

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Longtemps pilotée exclusivement depuis Moscou, la coopération entre la Russie et l’Afrique entre dans une nouvelle phase. À Saint-Pétersbourg, la diplomate Tatiana Dovgalenko a confirmé l’intérêt croissant des régions russes pour le continent, ouvrant la voie à une diversification des partenariats économiques, universitaires et industriels à l’approche du troisième sommet Russie-Afrique.

La coopération russo-africaine était jusqu’ici l’affaire de Moscou. Elle pourrait bientôt devenir l’affaire de Kazan, Ekaterinbourg ou Novossibirsk. C’est en substance ce qu’a laissé entendre Tatiana Dovgalenko, directrice du département du partenariat avec l’Afrique au ministère russe des Affaires étrangères, en répondant à une question d’un correspondant de l’African Initiative en marge de la XXIXe édition du Forum économique international de Saint-Pétersbourg, qui se tient du 3 au 6 juin 2026.

La diplomate a confirmé que début avril, le ministère des Affaires étrangères a réuni le Conseil des chefs des sujets de la Fédération — instance rassemblant les gouverneurs des régions russes — dans une session entièrement consacrée au continent africain. Des recommandations concrètes ont été élaborées à l’issue de cette réunion, premier signe institutionnel que la dynamique d’engagement en Afrique dépasse désormais le seul échelon fédéral. « Nous constatons que nos régions et les entreprises régionales sont disposées à s’implanter en Afrique. », a déclaré Tatiana Dovgalenko, directrice du département Afrique, au ministère russe des Affaires étrangères. 

Un intérêt diffus, sans locomotive unique

Interrogée sur les régions les plus actives dans cette dynamique, Dovgalenko a refusé d’en désigner une seule comme « leader ». La réalité est plus complexe et, à certains égards, plus prometteuse : différentes régions russes s’engagent selon des modalités distinctes. Certaines accueillent un grand nombre d’étudiants africains — axe de soft power universitaire comparable à ce que la France ou la Chine pratiquent depuis des décennies. D’autres exportent davantage de biens et de services vers les marchés africains, construisant des relations commerciales directes entre acteurs régionaux russes et partenaires africains.

Cette diversification des vecteurs d’engagement est en soi un signal fort. Elle indique que la relation russo-africaine tend à se structurer en profondeur, au-delà des accords-cadres signés entre gouvernements et des coopérations militaro-sécuritaires qui ont occupé le devant de la scène ces dernières années. Le tissu économique régional russe commence à regarder l’Afrique comme un marché d’avenir, non plus comme un simple terrain de compétition géopolitique.

Vers un troisième sommet Russie-Afrique

Tatiana Dovgalenko a également évoqué la perspective du troisième sommet Russie-Afrique, dont elle attend qu’il « donne un nouvel élan au développement des échanges entre les deux parties ». Les deux premières éditions — Sotchi en 2019 et Saint-Pétersbourg en 2023 — avaient posé les jalons d’un agenda commun ambitieux, mais dont la mise en œuvre concrète reste encore partielle. Un troisième sommet pourrait être l’occasion d’institutionnaliser davantage la dimension régionale de cette coopération.

La diplomate a d’ailleurs exprimé l’espoir qu’une session thématique dédiée aux régions russes et à leur engagement en Afrique soit organisée dans le cadre du prochain Forum économique et humanitaire Russie-Afrique. Une proposition qui traduit la volonté de structurer cet intérêt régional naissant en quelque chose de plus tangible et de plus durable.

Ce que cela signifie pour le continent

Pour les partenaires africains, cette évolution mérite attention. L’implication des régions russes dans la coopération avec l’Afrique ouvre potentiellement des perspectives nouvelles : accords commerciaux directs entre collectivités territoriales, partenariats universitaires décentralisés, implantation d’entreprises régionales russes dans des secteurs variés — agriculture, industrie légère, technologies. Cette diversification des interlocuteurs russes offrira aux États africains une marge de négociation plus large que celle que permettent les grands accords bilatéraux fédéraux.

A.D


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