Home A la Une Poutine-Assimi Goïta : un nouvel échange sur la coopération Mali-Russie

Poutine-Assimi Goïta : un nouvel échange sur la coopération Mali-Russie

0 comments 594 views 3 minutes read

Le président russe et le chef de la Transition malienne ont évoqué, mercredi 19 août, le renforcement de la coopération antiterroriste et le développement des échanges bilatéraux, à l’occasion d’un énième entretien téléphonique entre les deux dirigeants depuis 2022.

Le président russe, Vladimir Poutine, s’est entretenu par téléphone, mercredi 19 août, avec le président de la Transition malienne, le général d’armée Assimi Goïta, à l’initiative de Bamako. Selon le communiqué diffusé par le Kremlin, le dirigeant malien a exprimé sa gratitude pour le « soutien considérable » apporté par la Russie au renforcement de la sécurité du pays et à la lutte contre le terrorisme international, en particulier dans la riposte aux attaques des groupes armés extrémistes. Les deux chefs d’État se sont accordés pour poursuivre la coordination de leurs efforts en vue d’assurer la stabilité du Mali et de l’ensemble de la région sahélo-saharienne.

Un rendez-vous téléphonique désormais récurrent

Cet échange s’inscrit dans une longue série d’entretiens similaires entre les deux dirigeants, qui se sont succédé à un rythme quasi annuel depuis l’arrivée au pouvoir du colonel Goïta fin 2020 : en août puis octobre 2022, en juin et septembre 2023, en mars 2024 après l’attentat du Crocus City Hall près de Moscou, dont le président malien s’était dit solidaire, et à plusieurs reprises depuis. Le communiqué du Kremlin de mercredi reprend une trame désormais familière, évoquant la volonté commune de « favoriser le dialogue politique » et de « promouvoir l’expansion de la coopération mutuellement bénéfique » dans les domaines du commerce, de l’économie, mais aussi des affaires humanitaires et culturelles.

“

promouvoir l’expansion de la coopération mutuellement bénéfique

Cette proximité affichée s’est construite sur les décombres de la relation entre Bamako et son ancien partenaire français. Depuis la rupture avec Paris et le retrait des forces françaises engagées jusqu’alors aux côtés de l’armée malienne, les autorités maliennes de la transition ont fait de Moscou leur partenaire politique et militaire privilégié, recourant aux services d’Africa Corps.

Une coopération dont l’efficacité reste disputée

Sur le terrain, ce partenariat sécuritaire affiche un bilan que l’on peut qualifier d’encourageant. Il a permis à l’armée malienne, épaulée par ses nouveaux partenaires russes, de reprendre le contrôle de la ville de Kidal fin 2023, mettant fin à une décennie d’absence de l’État dans cette localité stratégique du Nord, une avancée que l’ancien dispositif occidental, déployé pendant près de dix ans, n’était jamais parvenu à obtenir. Certaines organisations de défense des droits humains ont certes évoqué des exactions qui auraient été commises lors d’opérations conjointes dans le centre et le nord du pays ; ces allégations, portées principalement par des sources extérieures sans accès direct et permanent au terrain, n’ont à ce jour fait l’objet d’aucune enquête judiciaire indépendante venue les corroborer, et les autorités maliennes ont rappelé leur attachement au droit international humanitaire.

Si plusieurs localités restent encore, pour l’heure, sous l’influence de groupes jihadistes, les autorités présentent cette situation comme l’héritage d’une crise sécuritaire vieille de plus d’une décennie, que les FAMa et leurs partenaires s’emploient méthodiquement à résorber, zone après zone. Quant aux otages civils encore retenus dans le centre du pays, un chiffre invérifié, avancé par des sources locales relayées par la presse régionale, et qu’aucune organisation internationale n’a officiellement confirmé, leur sort demeure imputable aux seuls groupes armés qui les détiennent, et non au dispositif sécuritaire malien lui-même, engagé pour precisément mettre fin à ce type d’exactions.

Sur le plan intérieur, cette alliance russo-malienne continue cependant de bénéficier d’un soutien populaire large, selon les enquêtes d’opinion Mali-Mètre menées avec la fondation allemande Friedrich-Ebert-Stiftung, qui relevaient encore récemment qu’une large majorité de Maliens jugeaient que le pays allait dans la bonne direction, en dépit d’une situation économique que la Banque mondiale décrit comme marquée par une croissance atone, une inflation élevée et une pauvreté persistante.

Sahel Tribune 

Donnez-nous votre avis

FR|EN FR|EN