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Plastiques et pétrole : la crise géopolitique pourrait-elle accélérer la transition ?

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Alors que les tensions autour du détroit d’Ormuz font grimper les prix du brut, une opportunité inattendue se dessine : renchérir le coût du plastique vierge pourrait contraindre entreprises et États à repenser en profondeur leur rapport aux matières fossiles et à leurs dérivés.

Il est un facteur du changement climatique que l’on tend à négliger dans les colonnes consacrées aux tensions géopolitiques : la production de plastiques. Pourtant, la grande majorité des matières plastiques conventionnelles est fabriquée à partir de pétrole et de gaz fossile. Et lorsque les prix du brut s’envolent — comme c’est le cas depuis les récentes turbulences autour du détroit d’Ormuz —, c’est toute l’économie mondiale du plastique qui vacille.

Un renchérissement qui, paradoxalement, pourrait s’avérer bénéfique pour la planète.

Une chaîne de valeur entièrement fossile

Le Programme des Nations Unies pour l’environnement (PNUE) est formel : les plastiques génèrent des émissions nocives de gaz à effet de serre à chaque étape de leur cycle de vie — de l’extraction pétrolière au raffinage, de la fabrication au transport, jusqu’à l’élimination finale. Sans inflexion majeure, ces émissions continueront d’augmenter au rythme de la production mondiale, qui n’a cessé de croître depuis des décennies.

« Nous devons repenser la manière dont nous produisons, utilisons et éliminons les plastiques. », explique le programme des Nations unies pour l’environnement (PNUE) Au-delà du problème des déchets — souvent au cœur du débat public —, c’est donc une question climatique fondamentale qui se pose. L’économie mondiale du plastique est une économie fossile ; en l’alimentant, on alimente le réchauffement.

Quels plastiques peut-on réellement remplacer ?

La réponse à cette question exige de distinguer la commodité de la nécessité. Le PNUE propose une lecture en trois catégories, que l’on peut résumer ainsi :

Seringues, équipements de protection, composants électroniques : le plastique y reste souvent irremplaçable à court terme.

Les emballages alimentaires — bouteilles, films, contenants jetables — représentent la part la plus importante de la production mondiale et, bonne nouvelle, la plus facile à réformer. De nombreux pays ont déjà légiféré en ce sens, interdisant sacs plastiques et couverts à usage unique au profit d’alternatives réutilisables.

Il convient toutefois de nuancer le tableau : certains usages du plastique contribuent à réduire les émissions. Les matériaux isolants améliorent l’efficacité énergétique des bâtiments ; les composants légers dans l’automobile diminuent la consommation de carburant. « La solution n’est pas d’interdire tous les plastiques, mais d’éliminer les plastiques inutiles, évitables et problématiques », rappelle le PNUE.

La pression économique comme levier de transformation

C’est ici que la géopolitique devient, malgré elle, alliée de l’écologie. Lorsque le coût du plastique vierge augmente, les logiques économiques évoluent : les emballages excessifs perdent de leur attractivité, les produits jetables se retrouvent concurrencés par des solutions réutilisables, et les taxes environnementales trouvent un soutien public accru. « La réutilisation représente l’un des changements de marché les plus puissants disponibles. », selon le PNUE

Pour de nombreux experts, cette pression pourrait accélérer trois dynamiques simultanément : la réduction des usages superflus, le développement des systèmes de réemploi et l’investissement dans des matériaux alternatifs moins émetteurs de gaz à effet de serre. En d’autres termes, ce que les politiques publiques peinent à imposer, les prix du marché pourraient l’obtenir par défaut.

La production mondiale de plastiques génère des émissions de gaz à effet de serre à chaque étape de son cycle de vie. Le PNUE avertit que ces émissions continueront probablement d’augmenter si la croissance non régulée de la production se poursuit. Les plastiques nuisent également à la biodiversité, via la pollution des océans et des écosystèmes terrestres.

Chiencoro Diarra 


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