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Mali : 23 équipes en lice pour la sixième Super Coupe Assimi Goïta

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Vingt-trois équipes représentant les 19 régions du Mali, le district de Bamako et trois institutions de la République s’affronteront à partir de vendredi dans la sixième édition de la Super Coupe Assimi Goïta, tournoi de football amateur né en 2021 et devenu, au fil des ans, l’un des rendez-vous sportifs les plus suivis du pays. Derrière la compétition, une mise en scène assumée de l’unité nationale portée par les autorités de la Transition.

Le tournoi porte le nom du chef de l’État, et son calendrier rythme désormais chaque rentrée sportive malienne. La sixième édition de la Super Coupe du Général d’armée Assimi Goïta, président de la Transition, débutera vendredi pour s’achever le 12 septembre, a annoncé le président de la commission d’organisation, le commissaire colonel Cheick Mamadou Chérif Tounkara, lors d’une conférence de presse tenue au Palais des Pionniers de Magnambougou, à Bamako, selon les informations de l’Agence malienne de presse et de publicité (AMAP).

Vingt-trois équipes prendront part à la compétition : dix-neuf représentant l’intérieur du pays, auxquelles s’ajoutent les formations du district de Bamako, de la présidence de la République, du gouvernement et du Conseil national de la Transition (CNT). Réparties en quatre poules, elles se disputeront les huit places qualificatives pour les quarts de finale, seuls les deux premiers de chaque groupe poursuivant l’aventure.

D’un tournoi de casernement à une compétition nationale

La Super Coupe Assimi Goïta est née dans un tout autre format. Sa première édition s’était achevée le 31 octobre 2021 au stade Mamadou Konaté par la victoire, aux tirs au but, de l’équipe de Kati face à celle de la commune V du district de Bamako. Conçue à l’origine comme un tournoi de mobilisation de la jeunesse autour des valeurs de paix et d’unité nationale, la compétition n’a cessé de s’élargir depuis : douze équipes en 2022, ouverture progressive aux ligues régionales les années suivantes, puis, en 2025, une première historique avec la participation de l’ensemble des dix-neuf régions du pays aux côtés des trois institutions de la République. La région de Koulikoro, victorieuse en 2024 puis en 2025, en défendra le titre lors de cette sixième édition.

Cette montée en puissance s’accompagne d’une mise en scène de plus en plus soignée : cérémonies d’ouverture avec défilé des équipes, tirages au sort organisés en présence de hauts responsables de l’État, finale disputée devant les plus hautes autorités du pays, jusqu’à la livraison spectaculaire des ballons de la finale 2025 parachutés par les forces armées maliennes. Un habillage qui confère à ce tournoi de football amateur une visibilité largement supérieure à celle d’une compétition sportive de ce niveau.

Un instrument revendiqué de cohésion sociale

Les organisateurs ne s’en cachent pas. Au-delà du terrain, la Super Coupe Assimi Goïta est présentée comme un outil politique de cohésion nationale, explicitement rattaché à la « vision de refondation de l’État » portée par les autorités de la Transition. Le président de la commission d’organisation a rappelé que l’événement vise à favoriser le brassage culturel entre jeunes de toutes les régions, du nord au sud en passant par le centre du pays, et à offrir une vitrine pour la détection de nouveaux talents sportifs. Un discours constant depuis la création du tournoi, où le football est mobilisé comme vecteur d’unité dans un pays confronté depuis plusieurs années à une crise sécuritaire multiforme.

Ce lien étroit entre l’identité du chef de l’État et l’événement sportif n’est pas propre au Mali. Plusieurs pays de la région ont développé des compétitions similaires portant le nom de leur dirigeant, généralement destinées à ancrer, par le sport, une image de rassemblement autour du pouvoir en place. Au Mali, la longévité de la Super Coupe Assimi Goïta, entrée en six ans dans ce que les officiels décrivent comme les annales du sport national, illustre la place que les autorités de la Transition accordent à ce type d’événement dans leur communication publique, aux côtés des grands chantiers d’infrastructures et des réformes institutionnelles.

Un hommage aux artisans du tournoi

Avant l’ouverture de la conférence de presse, une minute de silence a été observée en mémoire de deux figures associées à l’histoire de la compétition : le journaliste Sery Diarra, ancien président de la sous-commission de la communication de l’organisation, et Ichaka Bagayoko, dit « Buruchaka », entraîneur de l’équipe de Kati lors de sa victoire en 2021. Un rappel du caractère désormais installé de cette compétition, dont le coup d’envoi de la sixième édition sera donné vendredi, avant une finale prévue le 12 septembre.

Oumarou Fomba

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