La chanteuse malienne Tima Maïga s’est produite vendredi devant un public nombreux au Palais de la culture Amadou-Hampâté-Bâ de Bamako, dans le cadre des « Concerts du Palais », un programme de spectacles gratuits soutenu par la coopération suisse. Une initiative modeste dans sa forme, mais révélatrice de la stratégie plus large de réappropriation des grandes infrastructures culturelles maliennes engagée par le gouvernement de la Transition.
La grande salle du Palais de la culture Amadou-Hampâté-Bâ, construite sur la rive droite du fleuve Niger à Badalabougou, a vibré vendredi 11 septembre au rythme de la chanteuse, auteure-compositrice et musicienne Tima Maïga, dont le travail se situe, selon ses propres mots, à la croisée de la tradition mandingue et d’une expression contemporaine ouverte sur le monde. Le concert, gratuit et ouvert à tous, a rassemblé un public nombreux venu communier, selon le ministère de l’Artisanat, de la Culture, de l’Industrie hôtelière et du Tourisme, dans une atmosphère mêlant énergie, partage et émotion.
Cette soirée s’inscrit dans le cadre des « Concerts du Palais », un cycle de spectacles vivants porté par le ministère sous l’autorité de Mamou Daffé, avec l’appui financier de la coopération suisse, destiné à redonner vie à cette institution culturelle nationale créée pour stimuler la recherche et la créativité artistique, organiser des rencontres culturelles et assurer la formation des artistes et techniciens du spectacle maliens. Doté d’une salle de spectacle pouvant accueillir environ 3 300 personnes, le Palais abrite également, en temps normal, plusieurs institutions nationales telles que le Théâtre national, l’Orchestre national et le Ballet national du Mali.
Réhabiliter les lieux, pas seulement les programmer
Selon le ministère, cette programmation régulière répond à une ambition plus large que la seule organisation de spectacles ponctuels : la réhabilitation et la réappropriation des espaces culturels maliens, le soutien à la création artistique locale et le rapprochement entre l’art et les populations. Une manière, pour les autorités, de transformer des infrastructures culturelles souvent sous-exploitées en « espaces vivants, accessibles et ouverts à toutes les expressions artistiques », pour reprendre les termes du communiqué ministériel.
espaces vivants, accessibles et ouverts à toutes les expressions artistiques
Cette initiative rejoint une série d’autres chantiers engagés ces derniers mois par le même ministère en faveur de la structuration du secteur culturel malien, du cycle de conférences organisé dans ce même Palais de la culture à la biennale artistique nationale rapatriée à Tombouctou fin 2025, en passant par la création d’un corps de médiateurs culturels chargés de la transmission du patrimoine immatériel. Le choix de la gratuité pour ces concerts, rendue possible par le soutien d’un partenaire technique et financier extérieur, illustre par ailleurs une méthode de financement mixte, entre budget national et coopération internationale, de plus en plus mobilisée par les autorités maliennes pour leurs projets culturels d’envergure modeste mais réguliers.
Au-delà de la prestation artistique elle-même, saluée par le ministre Mamou Daffé et la direction du Palais, cette soirée témoigne d’une réalité simple mais essentielle pour la vie culturelle bamakoise : celle d’un grand équipement public retrouvant, l’espace d’un concert gratuit, la fréquentation populaire pour laquelle il avait été conçu.
Oumarou Fomba
