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Au Mali, la lutte contre la corruption gagne du terrain dans l’opinion

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Selon le Mali-Mètre 2026, la perception de la corruption a été divisée par plus de deux en cinq ans. Une évolution que les autorités de la Transition attribuent aux réformes engagées depuis 2021, et que corrobore, sur le terrain judiciaire, l’activité croissante des juridictions spécialisées.

C’est l’un des indicateurs les plus nets de la 17ᵉ édition du Mali-Mètre, l’enquête d’opinion annuelle de la Friedrich-Ebert-Stiftung (FES) menée auprès de 2 220 personnes dans le district de Bamako et dix capitales régionales : la proportion de Malien.ne.s jugeant le niveau de corruption élevé dans leur pays est passée de 81,5 % en 2022 à 36,8 % en 2026, soit une baisse de 44,7 points de pourcentage en cinq ans. Aujourd’hui, près de la moitié des personnes interrogées (49,4 % cumulés) estiment au contraire que ce niveau n’est pas, ou pas du tout, élevé.

Une trajectoire continue depuis l’arrivée de la Transition

Cette évolution coïncide avec la période d’exercice du pouvoir par les autorités de la Transition, arrivées en 2021, et avec la mise en place progressive d’un dispositif judiciaire spécialisé dans le traitement des infractions économiques et financières. Le Pôle national économique et financier, institué par la loi n° 2021-051 du 29 septembre 2021 et opérationnel depuis 2023, en constitue le principal outil. Selon les données disponibles, la structure a permis le recouvrement de plus de 263 milliards de francs CFA au titre de la seule année 2025, sur la base de 404 enquêtes ouvertes par le parquet depuis sa création.

Le mouvement se prolonge en 2026 avec la création, le 12 août dernier, d’un pôle judiciaire spécialisé dans le contentieux foncier. Un domaine qui concentre à lui seul près de 40 % des affaires portées devant les juridictions judiciaires et jusqu’à 90 % de celles examinées par les juridictions administratives, selon les chiffres communiqués par le ministère de la Justice. Ce chantier vise, selon les autorités, à réduire la dispersion des dossiers entre juridictions et à limiter les décisions contradictoires. Deux facteurs identifiés comme des vecteurs historiques de pratiques irrégulières dans la gestion du foncier.

Des domaines où la vigilance reste de mise

L’enquête de la FES ne dresse pas pour autant un satisfecit total. Parmi les personnes qui continuent de percevoir un niveau de corruption élevé, les domaines les plus fréquemment cités restent la police (36,9 %), les mairies (27,2 %), la santé (23,5 %) et la justice (19,9 %). Des secteurs qui recoupent, en creux, les priorités que se sont fixées les autorités judiciaires pour les prochaines réformes, notamment en matière de gouvernance locale et de renforcement des capacités de contrôle interne des administrations territoriales.

Une dynamique que la Transition entend consolider

Pour les autorités maliennes, cette évolution de l’opinion valide une ligne défendue depuis le début de la Transition : celle d’une lutte contre la corruption conçue comme un pilier de la refondation de l’État, au même titre que la reconquête sécuritaire du territoire. Le ministre de la Justice et des Droits de l’homme, Mamoudou Kassogué, a régulièrement présenté la multiplication des pôles judiciaires spécialisés (économique et financier, cybercriminalité, et désormais foncier) comme les instruments d’une transformation structurelle de l’appareil judiciaire, plutôt que comme de simples annonces ponctuelles. 

A.D

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