Le président de la Transition, le général d’armée Assimi Goïta, a inauguré mardi l’état-major du Bataillon autonome des forces spéciales et des centres d’aguerrissement, un complexe de 15 hectares entièrement financé sur le budget national. Plus qu’une simple infrastructure, cette cérémonie donne corps au Commandement des opérations spéciales créé par la loi voilà un peu plus d’un an, pour unifier le commandement des unités d’élite maliennes.
C’est à Sénou, en périphérie de Bamako, que le président de la Transition, chef de l’État et chef suprême des armées, le général d’armée Assimi Goïta, a présidé, mardi 15 septembre, la cérémonie d’inauguration de l’état-major du Bataillon autonome des forces spéciales et des centres d’aguerrissement (BAFS-CA). La cérémonie s’est déroulée en présence du Premier ministre, le général de division Abdoulaye Maïga, du président du Conseil national de Transition, le général de corps d’armée Malick Diaw, du ministre délégué auprès du ministre de la Défense, le général de division Oumar Diarra, ainsi que de plusieurs membres du gouvernement, présidents d’institutions et représentants du corps diplomatique.
Construit sur environ 15 hectares et entièrement financé sur le budget national, le complexe accueille désormais les activités de commandement, de coordination des opérations, de formation et d’hébergement des personnels du BAFS-CA. Le site comprend un bâtiment administratif, des bâtiments d’hébergement, un restaurant, une salle de sport, une place d’armes, des magasins et un bureau des entrées, complétés par des travaux de voirie, d’assainissement, d’alimentation en eau et de protection contre les incendies.
La matérialisation d’une réforme vieille d’un an
Cette inauguration ne surgit pas de nulle part. Elle vient donner une assise physique à une réforme structurelle décidée un peu plus d’un an plus tôt. Face aux insuffisances de coordination constatées entre les différentes unités d’élite maliennes (absence de synergie, procédures d’emploi disparates), le gouvernement avait annoncé, en juin 2025, la création d’un Commandement des opérations spéciales (COS) destiné à regrouper sous une autorité unique le BAFS-CA, la Force antiterroriste (FAT), le Groupement de reconnaissance et d’intervention (GRI) et la Force spéciale Air. Le projet de loi correspondant avait été adopté par le Conseil national de Transition lors d’une session extraordinaire en août 2025, avant d’être promulgué par le général Goïta le 20 août de la même année.
La cérémonie de Sénou a permis de rendre concrète cette architecture de commandement encore récente. Le ministre délégué à la Défense a remis les étendards aux commandants du BAFS-CA et de la Force antiterroriste, avant que le président de la Transition ne procède lui-même à la remise des insignes du COS aux commandants des deux formations, puis que le commandant du BAFS-CA ne les remette à son tour à ses opérateurs. Une projection vidéo consacrée aux missions du COS, dans sa configuration complète à quatre composantes, a clos cette séquence protocolaire.
Hommage aux tombés et pensée pour les otages
Pour le ministre délégué à la Défense, le général Oumar Diarra, cette réalisation répond à un double objectif. D’abord, il s’agit d’améliorer les conditions de vie et de travail des personnels. Ensuite, de renforcer la préparation opérationnelle des unités spécialisées. Le chef d’état-major général des armées, le général de division Élisé Jean Dao, a de son côté salué l’engagement des autorités en faveur de la modernisation de l’outil de défense, insistant sur l’importance de la formation et de l’aguerrissement pour l’efficacité durable des forces armées, avant de remettre des insignes de brevet parachutiste et plusieurs distinctions honorifiques (Croix de la valeur militaire, Mérite militaire, médaille de sauvetage, médaille du Mérite national avec effigie Lion debout) à des militaires présents.
Le général Dao a également tenu à rendre hommage à la mémoire des militaires tombés dans la lutte contre le terrorisme, exprimé ses vœux de prompt rétablissement aux blessés, et rappelé l’engagement des forces armées à poursuivre leurs efforts pour le retour des compagnons d’armes retenus en otage auprès de leurs familles. Une mention qui replace cette cérémonie, aussi solennelle soit-elle, dans la réalité d’un conflit toujours en cours sur plusieurs fronts du territoire malien.
Foula D. Massé
