Dans un message diffusé à l’occasion de la Journée mondiale du tourisme, le ministre Mamou Daffé a appelé les Maliens à faire du tourisme interne « un acte citoyen ». Une conclusion logique pour un mois de septembre entièrement consacré, région après région, à la redécouverte du patrimoine national. Quand bien même le thème retenu cette année par l’ONU Tourisme portait, lui, sur l’intelligence artificielle.
« En cette journée dédiée au tourisme, j’invite l’ensemble des Maliennes et des Maliens à faire du tourisme interne un acte citoyen, un geste de fierté nationale et un engagement pour le Mali Kura. » C’est par cet appel que le ministre de l’Artisanat, de la Culture, de l’Industrie hôtelière et du Tourisme, Mamou Daffé, a marqué, samedi 27 septembre, la Journée mondiale du tourisme, célébrée chaque année depuis 1980 à l’initiative de l’Organisation mondiale du tourisme. Dans son message, le ministre a salué l’« administration du tourisme » et l’ensemble des acteurs de la chaîne de valeur touristique pour « leur résilience, leur professionnalisme et leur action patriotique », ainsi que les gouverneurs de région pour leur « mobilisation exemplaire » dans la célébration du Mois du tourisme.
En cette journée dédiée au tourisme, j’invite l’ensemble des Maliennes et des Maliens à faire du tourisme interne un acte citoyen, un geste de fierté nationale et un engagement pour le Mali Kura.
Un mois entier de mobilisation régionale
« En visitant nos régions, en découvrant nos patrimoines et en soutenant nos artisans et opérateurs touristiques, chaque citoyen contribue directement à la dynamisation de l’économie locale et au renforcement du patriotisme », a-t-il ajouté, rattachant cet appel à l’action gouvernementale conduite sous l’impulsion du président de la Transition, le général d’armée Assimi Goïta, à travers le programme « Les Maliens visitent le Mali », le mois de septembre consacré au tourisme, et les initiatives de valorisation des sites et festivals du pays.
En visitant nos régions, en découvrant nos patrimoines et en soutenant nos artisans et opérateurs touristiques, chaque citoyen contribue directement à la dynamisation de l’économie locale et au renforcement du patriotisme
Ce message clôt un mois particulièrement dense pour le secteur touristique malien. Depuis le 1er septembre, les régions du pays se sont succédé pour décliner localement le thème national « le tourisme interne, vecteur de promotion de l’économie locale et de renforcement du patriotisme » : conférences et visites patrimoniales à Dioïla, Mopti, Bandiagara, Ségou, Koulikoro et Sikasso, festivités à Bougouni autour du Didadi, tournée d’une douzaine de sites à Tombouctou, mobilisation à San, et même une conférence tenue à Ménaka en dépit d’un contexte sécuritaire particulièrement difficile dans cette région du nord-est. Le ministère a également profité de ce mois pour rendre hommage à plusieurs figures disparues du tourisme malien et mettre en avant des entrepreneurs du secteur, à l’image de Seydina Aliou Diallo et Thiémoko Dembélé, respectivement fondateurs du Kamankolé Palace de Kayes et du groupe Bambara à Mopti.
Le Mali est résolument tournées vers l’économie locale
Cette célébration malienne, aussi dense soit-elle, se distingue nettement de l’agenda international fixé cette année par l’ONU Tourisme. Le thème retenu à l’échelle mondiale pour l’édition 2026 de la Journée mondiale du tourisme, célébrée sous l’égide d’El Salvador, portait en effet sur l’« Agenda numérique et l’intelligence artificielle pour repenser le tourisme », loin des priorités mises en avant par le Mali cette année, résolument tournées vers l’économie locale, le patriotisme et la découverte du patrimoine national par les Maliens eux-mêmes plutôt que vers la transformation numérique du secteur.
Ce contraste n’enlève rien à la cohérence de la démarche malienne, dont l’objectif premier reste moins de suivre les grandes tendances technologiques mondiales du secteur que de reconstruire, patiemment, une culture du voyage intérieur dans un pays où le tourisme international demeure durement affecté par plus d’une décennie de crise sécuritaire.
Oumarou Fomba
