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Inondations : le Mali déclare « l’état de catastrophe national »

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Les inondations au Mali continuent de faire des ravages, touchant plus de 47 000 personnes à travers 17 régions. Le Président de la transition a instruit de déclarer « l’état de catastrophe national ». Le ministre de l’Economie et des Finances devra mobiliser 4 milliards de FCFA pour faire face aux conséquences des inondations.

Les inondations, cette réalité que l’on relègue souvent au second plan jusqu’à ce qu’elle frappe à nos portes, sont devenues un fléau récurrent pour le Mali. Le Conseil des ministres extraordinaire, réuni le vendredi 23 aout 2024, présidé par le Colonel Assimi Goïta, a révélé une situation alarmante : 122 cas d’inondations ont été enregistrés dans 17 régions et le district de Bamako depuis le début de la saison des pluies, affectant plus de 47 000 personnes. Ce sont des chiffres qui interpellent et qui, malheureusement, ne surprennent plus. Ils révèlent une vulnérabilité structurelle profonde, non seulement face aux forces de la nature, mais aussi face à nos propres lacunes en matière de préparation et de gestion des risques.

Activation du Centre de Coordination et de Gestion des Crises et catastrophes

Chaque année, les pluies tant attendues commencent par apporter l’espoir aux agriculteurs et aux populations rurales qui voient en elles la promesse de bonnes récoltes et de terres fertiles. Pourtant, très vite, cet espoir se transforme en désespoir lorsque les précipitations excessives débordent les rivières, inondent les plaines, et transforment les rues des villes en torrents impétueux. Des maisons s’effondrent, des vies sont emportées, et des milliers de personnes se retrouvent sans abri, forcées de chercher refuge dans des conditions précaires.

Cette année encore, le bilan est tragique : 30 décès, dont 12 à Ségou et 6 à Gao, des centaines de blessés et des milliers de personnes sinistrées. Le district de Bamako à lui seul a enregistré 29 cas d’inondations, causant la mort de 5 personnes et blessant 84 autres. Les images de ces catastrophes, bien que choquantes, sont devenues trop familières, révélant une fois de plus l’insuffisance de nos infrastructures et de nos systèmes de drainage pour faire face à des phénomènes climatiques de plus en plus intenses.

Face à cette situation désastreuse, le gouvernement a réagi en activant le Centre de Coordination et de Gestion des Crises et catastrophes dès le mois de mai, et en mobilisant 4 milliards de francs CFA pour soutenir les sinistrés. Des vivres ont été distribués, des abris ont été mis en place, et des efforts ont été faits pour sensibiliser la population aux dangers des inondations. Pourtant, malgré ces efforts, on a l’impression que le pays reste sur la défensive, réagissant aux catastrophes plutôt que de les anticiper et de les prévenir efficacement.

Une situation complexe 

Il est évident que des mesures telles que le curage des caniveaux, l’interdiction de construction dans les zones inondables, et le recensement des constructions illégales sont cruciales. Cependant, ces actions, bien qu’essentielles, semblent chaque année être prises en réaction à des événements tragiques, plutôt que dans une véritable démarche préventive. Ce qui manque, c’est une vision à long terme, une planification urbaine rigoureuse et une politique de gestion des risques qui ne se contente pas de colmater les brèches, mais qui cherche à construire une véritable résilience face aux aléas climatiques.

Le Président de la Transition a déclaré « l’état de catastrophe national ». Une telle mesure est évidemment nécessaire compte tenu de l’ampleur des dégâts, mais elle soulève une question plus fondamentale : combien de temps encore allons-nous considérer ces événements comme des catastrophes exceptionnelles ? Les inondations sont devenues une triste normalité au Mali, et il est urgent de revoir notre approche pour ne pas continuer à subir ces drames année après année.

Le problème des inondations au Mali est complexe, lié à une multitude de facteurs allant de la croissance démographique rapide, à l’urbanisation anarchique, en passant par le changement climatique. Ce dernier, avec l’intensification des phénomènes météorologiques extrêmes, ne fait qu’aggraver une situation déjà précaire. Mais il ne doit pas être un prétexte pour l’inaction ou la fatalité. Au contraire, il doit être un signal d’alarme qui nous pousse à repenser nos méthodes de construction, de gestion des ressources en eau, et d’aménagement du territoire.

Protéger les citoyens et leur offrir un avenir plus sûr et plus résilient

Nous devons passer d’une gestion de crise à une gestion proactive des risques. Cela implique non seulement des investissements dans les infrastructures, mais aussi une sensibilisation continue des populations, une réforme des politiques d’urbanisation, et une meilleure coordination entre les différentes parties prenantes. Il s’agit de bâtir un avenir où chaque saison des pluies ne sera plus synonyme de deuil et de destruction, mais de renouveau et de croissance.

En définitive, les inondations que vivent les Maliens chaque année ne sont pas seulement le résultat des intempéries, mais aussi le reflet de leur incapacité à s’adapter et à anticiper. S’ils ne changent pas de cap, ils continueront à répéter les mêmes erreurs, avec des conséquences toujours plus graves. Il est temps que le Mali prenne à bras-le-corps ce défi et mette en place une stratégie globale et durable pour protéger ses citoyens et leur offrir un avenir plus sûr et plus résilient.

Pour rappel, ces initiatives des autorités maliennes intervient au lendemain de la visite du président de la transition au centre de coordination et de gestion des crises et catastrophes.

Oumarou Fomba 

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