La région de Koulikoro a accueilli le 30 septembre 2026 le lancement des concertations locales et régionales des États généraux de l’Élevage, de la Pêche et de l’Aquaculture (EGEPA). Les professionnels ont notamment évoqué l’accès à l’aliment pour bétail, à l’eau et aux équipements, ainsi que les difficultés de commercialisation et les besoins de développement de l’aquaculture.
À travers cette première étape, les autorités veulent recueillir les préoccupations exprimées directement par les professionnels. Le choix d’une approche territoriale doit permettre de mieux cerner les difficultés propres aux différentes zones de production. À Koulikoro, les participants sont ainsi appelés à partager leurs expériences, leurs besoins et leurs propositions, afin que les futures orientations prennent davantage en compte les conditions dans lesquelles les producteurs exercent leurs activités au quotidien.
Des difficultés qui freinent encore les producteurs
Dans l’élevage, plusieurs obstacles continuent de peser sur les performances des producteurs. L’accès insuffisant à l’aliment pour bétail, les difficultés liées à l’eau, le vol du cheptel et les conflits entre agriculteurs et éleveurs figurent parmi les problèmes soulevés. Ces contraintes affectent à la fois la production et la mobilité des troupeaux, tout en compliquant les conditions de travail des acteurs installés dans les différentes zones pastorales.
La commercialisation constitue également une préoccupation pour plusieurs professionnels. Les difficultés à trouver des débouchés pour le lait réduisent les possibilités de valorisation de cette production. Dans le secteur de la pêche, la raréfaction du poisson dans certains cours d’eau et les difficultés d’accès aux équipements constituent d’autres contraintes. Ces questions devront être examinées au cours des consultations afin d’identifier des réponses adaptées aux réalités des différentes filières.
La pêche et l’aquaculture à la recherche de nouveaux moyens
À Koulikoro, les professionnels de la pêche et de l’aquaculture ont notamment exprimé des besoins en équipements. Les demandes portent entre autres sur le matériel destiné aux écloseries, les équipements de pêche et les cages flottantes. Ces moyens sont considérés comme nécessaires pour renforcer les capacités de production et permettre aux acteurs de mieux exploiter les possibilités offertes par l’aquaculture et les activités halieutiques dans la région.
La question de la transformation et de l’écoulement des produits occupe également une place dans les échanges. Pour les acteurs, l’amélioration de la production ne peut être dissociée de la capacité à conserver, transformer et commercialiser les produits dans de meilleures conditions. Le développement de ces différentes étapes pourrait contribuer à accroître les revenus des producteurs et à renforcer la contribution des filières à l’économie locale.
Des consultations appelées à couvrir tout le pays
L’étape de Koulikoro constitue le début d’un processus qui doit s’étendre aux autres territoires. Les concertations régionales sont prévues dans les 19 régions administratives ainsi que dans le District de Bamako. Cette démarche doit permettre de multiplier les échanges avec les professionnels et de faire remonter une diversité de préoccupations avant la phase consacrée aux travaux nationaux.
Les contributions recueillies dans les différentes régions devront ensuite servir à alimenter les réflexions des États généraux. Pour le département de l’Élevage et de la Pêche, l’enjeu consiste désormais à passer du diagnostic aux propositions concrètes. Les EGEPA devront ainsi permettre de dégager des orientations pour améliorer durablement la production, la transformation et la commercialisation dans les secteurs de l’élevage, de la pêche et de l’aquaculture.
Ibrahim Kalifa Djitteye
