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JO 2030 : Edgar Grospiron démissionne sur fond de crise de gouvernance

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À moins de quatre ans des Jeux olympiques et paralympiques d’hiver 2030 dans les Alpes françaises, Edgar Grospiron quitte la présidence du comité d’organisation. Son départ intervient après plusieurs mois de tensions, une succession de départs à des postes clés et des désaccords persistants sur la gouvernance du projet.

Edgar Grospiron n’ira pas jusqu’au bout de l’aventure. Le président du comité d’organisation des Jeux olympiques et paralympiques d’hiver 2030 dans les Alpes françaises (Cojop) a annoncé jeudi 10 septembre sa démission, après plusieurs mois de tensions au sein de la gouvernance. Nommé à la tête de l’organisation il y a plus d’un an et demi, l’ancien champion olympique de ski de bosses laisse une structure fragilisée par une succession de départs et de désaccords internes.

Dans un communiqué, le Cojop présente cette démission comme une « transition choisie, organisée et assumée », destinée à permettre au projet d’entrer rapidement dans sa phase opérationnelle. Une assemblée générale doit se réunir lundi afin d’organiser l’intérim, dans l’attente de la nomination d’un nouveau président.

Grospiron, lui, assume un départ intervenant après plusieurs mois de tensions. Sur LinkedIn, il explique que « les conditions ne sont plus réunies » pour poursuivre son mandat. Sans présenter son départ comme un abandon, l’ancien skieur estime avoir atteint le moment où « il devenait plus juste de passer la main que de s’y accrocher ».

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Une gouvernance minée par les départs

La crise ne date pas de jeudi. Elle s’est installée progressivement au fil des derniers mois, avec plusieurs départs à des postes clés du comité d’organisation.

En décembre, la directrice des opérations Anne Murac avait quitté ses fonctions. Quelques mois plus tard, c’était au tour de Cyril Linette, numéro deux du Cojop, de partir, invoquant des « désaccords insurmontables » avec Edgar Grospiron.

Entre-temps, une mission d’inspection générale avait été lancée et un ancien responsable de Paris 2024 avait formulé des recommandations. L’ex-préfet Michel Cadot avait ensuite assuré un intérim avant que Vincent Roberti ne soit nommé directeur général.

Ces différentes tentatives n’auront donc pas suffi à apaiser durablement les tensions au sommet de l’organisation.

Paris 2024, un modèle qui divise

Derrière les difficultés managériales se joue également une bataille d’influences. La volonté de certains responsables parisiens de s’appuyer sur l’expérience de Paris 2024 a suscité des crispations chez plusieurs acteurs locaux des territoires de montagne.

La gouvernance du Cojop s’est ainsi retrouvée au croisement d’enjeux politiques, territoriaux et managériaux. La gestion d’Edgar Grospiron a également été contestée par certains de ses détracteurs, qui lui reprochaient notamment de prendre des décisions sans suffisamment écouter ses interlocuteurs.

Un audit consacré au climat social a par ailleurs été réalisé auprès de la centaine de salariés du comité. Ses conclusions sont attendues cette semaine.

Les succès de l’été n’auront pas suffi

Le départ de Grospiron intervient alors même que le projet avait enregistré plusieurs signaux positifs au cours de l’été.

Les emblèmes des Jeux ont été dévoilés en juin à Briançon, tandis qu’EDF est devenu le premier sponsor premium du comité d’organisation. Ces annonces n’auront toutefois pas permis de dissiper les tensions qui traversaient la gouvernance.

Le Comité international olympique (CIO), de son côté, a pris acte de la démission. L’instance a salué le travail accompli par Edgar Grospiron, estimant qu’il avait posé des « bases solides » pour la suite du projet.

Le CIO assure également que « les fondamentaux économiques du projet sont solides » et met en avant l’existence d’un « plan directeur des sites robuste ».

Reste désormais à savoir si le départ du président permettra de tourner la page de la crise de gouvernance. À moins de quatre ans des Jeux des Alpes françaises, le Cojop doit rapidement stabiliser son équipe dirigeante et remettre l’organisation sur les rails.

Sahel Tribune 

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