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Changement climatique : pourquoi l’homme reste son propre prédateur

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Une méditation, dans le sillage de Hobbes, sur le paradoxe d’une espèce qui se protège d’elle-même, détruit ce qui la fait vivre, et avance vers l’avenir à la lueur d’un savoir qui ressemble, bien souvent, à un non-savoir.

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« L’homme est un loup pour l’homme », affirmait Thomas Hobbes. Rien, dans le monde actuel, ne semble lui donner tort.

L’homme, un danger immanent 

L’homme est aussi un danger pour son environnement. Ce cadre de vie qu’il habite, il le détruit pour satisfaire ses propres besoins. C’est là toute la part sadique de la condition humaine. Il se bat pour préserver une chose dont il est lui-même le principal prédateur. Le combat de l’humanité contre le changement climatique n’est, en somme, qu’un combat de l’homme contre lui-même, puisque ce dérèglement est très largement le produit de ses propres activités.

D’ailleurs, la quasi-totalité de nos institutions ne sont-elles pas, au fond, des dispositifs de protection de l’homme contre l’homme ? Des lois qui régissent le fonctionnement de la société à la création des forces de l’ordre, en passant par les centres de détention, rien de tout cela ne nous protège d’une autre espèce : tout nous protège de nous-mêmes. Hobbes lui-même en tirait la preuve du quotidien le plus banal : que l’on songe à l’opinion que chacun a de ses semblables lorsqu’il voyage armé, verrouille sa porte en sortant ou en se couchant, ou ferme ses coffres à clef. Ce simple réflexe dit assez que l’homme ne se sent pas en sécurité auprès des siens. Il est ainsi à la fois un danger pour lui-même, pour les autres, et pour la nature qui l’entoure.

Assumer notre responsabilité, individuelle autant que collective

Mais qu’est-ce qui nous garantit que les mesures adoptées aujourd’hui pour lutter contre la détérioration de notre environnement n’auront pas, demain, des effets tout aussi néfastes sur cet environnement et sur la vie humaine ? Nous avançons convaincus de notre savoir, alors que nous en ignorons peut-être l’essentiel.

Nous sommes tous ce Newton ramassant des coquillages au bord de l’océan, sans voir l’immensité qui s’étend devant lui. Nous voguons dans un océan d’ignorance où notre savoir ressemble, bien souvent, à un non-savoir. L’avenir nous demeure incertain, parce qu’il est par nature imprévisible.

Dans ces conditions, la sagesse commande la prudence : veiller aux répercussions de nos actes, et assumer notre responsabilité, individuelle autant que collective, pour préserver non seulement l’environnement et notre cadre de vie, mais aussi les autres êtres vivants et les générations qui nous suivront.

F. Togola