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Choguel Kokalla Maïga
Politique

Mali : après la présentation du PAG, la crainte d’une prolongation de la Transition

by Chiencoro 2 août 2021
written by Chiencoro 2 minutes read

Au Mali, après la présentation du Plan d’action du gouvernement (PAG) devant le Conseil national de Transition, des partis politiques expriment de nouveau leur crainte d’une éventuelle prolongation de la Transition.

Au Conseil national de Transition (CNT), ce vendredi 30 juillet 2021, le Premier ministre Choguel Kokalla Maïga a présenté son Plan d’action de son gouvernement. Ce Plan d’action du gouvernement (PAG) est structuré autour de quatre axes prioritaires.

Il s’agit : le renforcement de la sécurité sur l’ensemble du territoire national, les réformes politiques et institutionnelles, l’organisation des élections générales, la promotion de la bonne gouvernance et l’adoption d’un pacte de stabilité. Tout cela pour un coût estimatif de 250 milliards 63 millions de francs CFA.

La présentation de ce PAG, devant être mis en œuvre durant les huit (8) mois restants de la Transition, donne la chair de poule à des partis politiques. Dans l’entendement de certains hommes politiques maliens, le plan présenté par le Premier ministre prouve à suffisance une volonté de prolongation de la Transition au-delà du délai accordé. La crainte d’un sevrage prolongé s’empare de ces partis.

 «Une volonté cachée de prolonger la transition »?

Sidi Elmoctar Kounta, du Parena, estime que le chef de gouvernement, dans son discours, n’a fait aucune proposition concrète. Et emploierait des subterfuges pour annoncer la prolongation de la transition. « On ne lui demande pas de régler tous les problèmes du Mali en six mois. Vouloir organiser des Assises de la refondation, ce n’est en réalité que pour acter qu’il faudra prolonger la transition », déclare-t-il à nos confrères de RFI.

La même crainte est exprimée par Amidou Issoufi Maïga, membre du bureau national du Rassemblement pour le Mali (RPM). « Toutes les actions qui sont programmées, ce sont des actions sur le long terme. Par exemple, quand il parle du retour des déplacés, ça, ce n’est pas pour demain. Cela veut dire que derrière le programme présenté, il y a une volonté cachée de prolonger la transition », a-t-il laissé entendre sur les ondes de RFI, ce dimanche 1er août.

Bien avant la présentation du PAG, des ténors de partis politiques ont tenu, le 26 juillet dernier, une conférence de presse à Bamako pour inviter les autorités de la transition au respect du délai imparti.

Fousseni Togola

2 août 2021 2 comments
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Des réfugiés ivoiriens
Sécurité

Mali-Côte d’Ivoire : le HCR annonce le rapatriement de 50 réfugiés ivoiriens

by Bakary FOMBA 31 juillet 2021
written by Bakary FOMBA 2 minutes read

Dans sa deuxième opération de rapatriement volontaire, le bureau Mali du Haut Commissariat pour les Réfugiés (HCR) annonce le retour de 50 ivoiriens sur leur sol.

Sikasso, troisième région administrative du Mali, située au sud du pays, à la frontière avec la Côte d’Ivoire, est devenue, depuis plus d’une décennie, une terre d’asile pour des Ivoiriens.

Aujourd’hui, l’espoir de retourner au bercail, auprès de leurs proches et retrouver leurs repères, demeure vif chez ces réfugiés.

Reconstruire leur existence

« Mes enfants sont nés ici et j’aurais aimé qu’ils aient les mêmes souvenirs d’enfance d’une Côte d’Ivoire paisible, comme dans mon enfance », souhaite Bénie, mère de deux enfants, prête à rejoindre ses proches. Ces proches qu’elle n’a pas vu depuis des années, rapporte le HCR dans un communiqué du 30 juillet 2021.

Bénie se dit « exciter » à l’idée que ses enfants « verront leurs grands-parents et cousins pour la première fois en chair et en os, et non à travers les réseaux sociaux virtuels ».

Comme Bénie, nombreux sont ces réfugiés qui rêvent de fouler, de nouveau, le sol de leur patrie. Pour faciliter la concrétisation de ce rêve, le HCR et ses partenaires s’y emploient. Ce retour de réfugiés ivoiriens relève du processus de « rapatriement volontaire ». Des « solutions durables pour les réfugiés, leur permettant de reconstruire leur existence ».

Ce rapatriement librement consenti est le fruit d’un Accord tripartite entre le Mali, la Côte d’Ivoire et le HCR, en 2012. Un accord qui met à « disposition une plateforme pour échanger sur les conditions et l’encadrement du rapatriement volontaire de ces réfugiés, dont la plupart est arrivée à la suite de la crise
dans leur pays en 2002, et 2010-2011
 ».

163 000 Maliens réfugiés

Depuis des années, le HCR œuvre pour le retour de ces réfugiés ivoiriens. En 2019, 250 réfugiés ont été rapatriés dans leur pays. En 2020, le processus a connu une interruption à cause de la pandémie de la Covid-19. En 2021, le HCR est à la deuxième opération. « Malgré ces efforts, plus de 500 Ivoiriens sont encore réfugiés au Mali, notamment avec de nouvelles arrivées en 2020 », souligne l’agence Onusienne.

En dépit des conflits, des chocs climatiques et de l’insécurité alimentaire, depuis des années, le Mali reste toujours une terre d’accueil. Ce pays accueille plus de 48 500 réfugiés de diverses nationalités, selon le HCR.

Des Maliens sont également réfugiés dans d’autres pays. En raison de la crise de 2012, « des centaines de milliers de Maliens ont trouvé refuge dans des pays voisins », notamment le Burkina Faso, le Niger et la Mauritanie. Grâce aux efforts du HCR et ses partenaires, 85 000 réfugiés maliens sont retournés au bercail. Malgré tout, 163 000 vivent toujours dans des pays d’accueil, selon le HCR.

Bakary Fomba

31 juillet 2021 0 comments
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Choguel Kokalla Maïga
Politique

Transition au Mali : après Moctar Ouane, nouveau Plan d’action gouvernemental devant le CNT

by Chiencoro 31 juillet 2021
written by Chiencoro 3 minutes read

Devant le Conseil national de Transition (CNT), le Premier ministre Choguel Kokalla Maïga a présenté, ce vendredi 30 juillet, son Plan d’action gouvernemental (PAG).

« Le Mali, notre patrie, est semblable à un grand corps malade nécessitant une thérapie de choc », a indiqué le Premier ministre malien Choguel Kokalla Maïga, lors de la présentation du Plan d’action gouvernemental devant le CNT. Pour sa survie, le Mali a besoin de la sécurité, de la justice et de la refondation.

Ces besoins restent adossés aux quatre axes prioritaires du PAG : le renforcement de la sécurité sur l’ensemble du territoire national, les réformes politiques et institutionnelles, l’organisation des élections générales, la promotion de la bonne gouvernance et l’adoption d’un pacte de stabilité. Un Plan d’action dont le coût de sa mise en œuvre est estimée à deux mille cinquante milliards soixante-trois millions de francs (2 050 063 000 000 F) FCFA.

Requinquer les FAMas

Ce n’est pas pour rien que la sécurité occupe la première place dans le PAG du gouvernement de transition. Depuis 2012, voire des décennies, les Maliens aspirent à la paix, à la quiétude, au vivre ensemble ainsi qu’à la cohésion sociale. « Cette aspiration est mise à rude épreuve par le terrorisme, l’insécurité et toutes les formes de menaces contre l’existence humaine », a fait remarquer le Premier ministre de transition. Et de rassurer que « la lutte contre le terrorisme et l’insécurité sera poursuivie avec détermination ».

Dans cette dynamique, le gouvernement de transition prend le taureau par les cornes. Les forces de défense et de sécurité seront suffisamment outillées en moyens humains et matériels. L’augmentation de leur effectif, la modernisation de leurs équipements ainsi que des infrastructures, l’amélioration des processus de recrutement, de la formation, de l’entrainement aussi bien que de l’aguerrissement, seront au cœur des actions du gouvernement Choguel Kokalla Maïga, pour le retour de la sécurité. Le processus de Désarmement, Démobilisation et de Réinsertion (DDR) se poursuivra également.

L’objectif du Premier ministre est de créer un véritable « maillage sécuritaire, qui permettra le retour de l’Administration et des services sociaux de base dans les zones affectées ». Une des recommandations fortes du sommet des chefs d’État du G5 Sahel à N’Djamena, au Tchad, en février 2021.

Révision de l’Accord pour la paix

Ce combat contre le terrorisme et l’insécurité passe également par l’« appropriation collective et le renforcement » du caractère inclusif de l’Accord pour la paix et la réconciliation national issu du processus d’Alger. Pour une « mise en œuvre intelligente » de ce document,  « seront retenues les conditions politiques et sociales du consensus nécessaire à la relecture de certaines de ses dispositions que la pratique et le temps rendent inéluctables ».

Cette mise en œuvre de l’Accord pour la paix, notamment sa relecture, est une question qui divise les Maliens. Des organisations de la diaspora malienne de France ont marché à Paris, samedi 27 février 2021, contre l’application de cet Accord d’Alger. Estimant que son application, en l’état, constitue un « danger » pour le Mali, la Coalition des organisations sédentaires Songhoy, réunie au sein du Collectif « Songhoy Chaawara Batoo » avait déjà préconisé une relecture.

Au cours des Journées d’information sur l’Accord pour la paix, initiées par le Conseil national de transition (CNT), en mi-juillet 2021, un membre de cet organe législatif, représentant de la Coordination des mouvements de l’Azawad (CMA), a indiqué sans langue de bois. La non-application de cet Accord ne fera que replonger le Mali dans la situation d’avant 2015. Date de la signature de ce document entre le Mali et les mouvements signataires. 

Les débats sur le Plan d’action gouvernemental sont annoncés pour le lundi 2 août 2021. Le Premier ministre de transition, Choguel Kakalla Maïga rassure que le délai requis pour la transition sera respecté.

Fousseni Togola 

31 juillet 2021 1 comment
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Mayssa Ben Mrad Lycee Pilote Hammam Lif
Politique

[Humeur] Le récit des trois victoires salvatrices pour la Tunisie

by Sahel Tribune 30 juillet 2021
written by Sahel Tribune 3 minutes read

Âgée de 15 ans, lauréate du lycée Pilote de Tunis, Mayssa Ben Mrad nous fait le récit des trois victoires salvatrices pour son pays, la Tunisie. Humeur.

La journée avait démarré très bien. Une journée exceptionnelle qui marquera à jamais l’histoire de la Tunisie et qui restera gravée dans la mémoire de l’honorable peuple tunisien. Une journée qui ne manquera ni de surprises ni de rebondissements. Les Tunisiens ont eu droit à toutes sortes d’émotions fortes, de l’aube jusqu’à très tard le soir. Ils ont eu la grande chance et l’immense honneur de vivre ce jour de la fête de la république. Un moment historique, inoubliable, unique et mémorable.

« Personne ne s’attendait à de telles victoires »

À l’aube, l’excellente nouvelle circulait déjà sur tous les réseaux sociaux. Le nageur tunisien, Ayoub Hafnaoui venait de remporter haut la main la magnifique médaille d’or aux JO de Tokyo 2021, en nage libre 400m. Cette victoire fait de lui un champion olympique, qui vient écrire l’histoire du sport tunisien et plus précisément de la natation.

Le peuple tunisien qui avait dormi, la veille, sur la médaille d’argent grâce à l’exploit du taekwondoïste, Khalil Jendoubi, se réveille sur cette deuxième victoire.

Le 25 juillet 2021 s’annonçait déjà assez mouvementer. Depuis quelques semaines, des manifestations se préparaient aux quatre coins de la Tunisie, du nord au sud, contre le parti d’« Ennahda » et contre le chef du gouvernement « Hichem Mechichi ». Mais personne ne s’attendait à de tels événements aussi extraordinaires les uns que les autres. Personne ne s’attendait à de telles victoires.

Un sentiment de fierté et de joie flottait dans l’air. Mais, cette joie n’a pas réussi à dissiper la colère du peuple. Plus tard dans la matinée, des milliers de manifestants sont sortis de leurs foyers, malgré l’extrême chaleur, sous un soleil flambant, pour exprimer leur désarroi et leur immense colère contre les dirigeants. Des autorités qui n’ont pas pris leurs responsabilités à bras le corps et qui ont laissé des gens périr, sans aucun scrupule, sans aucune pitié, non seulement à cause du manque remarquable de vaccins, mais aussi de la pauvreté. On pouvait ressentir une légère brise de révolution et de rébellion qui nous caressait. Le changement était primordial.

Grâce à notre cher président « Kais Said »

Les Tunisiens n’allaient pas se laisser faire aussi facilement. Ils n’allaient pas rester les bras croisés, à les regarder ne rien faire alors que des familles faisaient leurs deuils et baignaient dans le chagrin et la mélancolie. On pouvait ressentir des tensions partout dans le pays. Mais, cela n’a pas duré longtemps.

La colère cède vite la place au bonheur. L’allégresse refit rapidement surface et revint encore plus forte que jamais. Grâce à notre cher président « Kais Said », qui offrait au peuple tout ce dont il désirait et souhaitait, depuis bien longtemps. Il exauça ses vœux en limogeant « Hichem Mechichi », en arrêtant toutes les fonctions du parlement, pour une certaine durée.

Le bonheur régnait en maître aux quatre coins de la Tunisie. Tout le monde est sorti pour fêter et savourer le goût de cette troisième victoire, malgré le couvre-feu instauré en raison de la Covid-19. Les klaxons et les cris de joie fusaient dans toutes les rues, toutes les avenues, toutes les villes, tous les gouvernorats. Des feux d’artifice furent lancés. Le drapeau tunisien fut brandi fièrement. Les visages avaient été ornés d’un joli sourire plein de significations.

Les Tunisiens ont pu partager des moments de joie, de pur bonheur, de fierté, de réjouissance. Ils se sont sentis encore plus unis et plus que jamais solidaires.

Mayssa Ben Mrad

30 juillet 2021 0 comments
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Des représentants de la classe politique malienne lors d'une rencontre mardi.
Politique

Mali : l’appel des partis politiques pour une « transition réussie »

by Bakary FOMBA 30 juillet 2021
written by Bakary FOMBA 2 minutes read

Des responsables de partis et regroupements de partis politiques maliens ont signé une déclaration commune, lundi 26 juillet 2021, pour une transition réussie.

Pour une plus grande inclusivité dans la conduite des affaires publiques et la réussite de la transition en cours, des leaders de partis et regroupements de partis politiques du Mali ont, dans une déclaration commune, le 26 juillet dernier, réitéré leur disponibilité à accompagner les nouvelles autorités transitoires.

Élections

Ces leaders estiment que la sortie durable de crise au Mali va au-delà de la seule période de la transition. Ils estiment que le prochain pouvoir, issu des élections générales de fin de transition, devra impérativement travailler dans un esprit de rassemblement et d’inclusivité. Ce pouvoir de l’après-transition devra conduire des réformes profondes pour une meilleure gestion du pays.

Cette rencontre des partis politiques maliens a été également une occasion d’exhorter les autorités de la transition au « respect scrupuleux » de la période de la transition ainsi que la date retenue pour les prochaines élections générales (présidentielles et législatives), du 27 février 2022. Ils les invitent ainsi à la publication d’un chronogramme détaillé des tâches conduisant à la tenue de ces échéances électorales. Ce n’est pas tout.

Ni coalition ni alliance

Ces représentants des partis politiques, faisant comprendre que leur souci reste la réussite de la transition, invitent le peuple malien et les partenaires du Mali à les accompagner dans cette dynamique. Ils décident de mettre en place un mécanisme de suivi de leur déclaration.

Cette sortie de ces ténors des partis politiques, juste après le soutien exprimé par le Chérif de Nioro, M’Bouillé Haidara, aux autorités de la transition, a défrayé la chronique nationale et internationale. Beaucoup ont traduit cette déclaration comme une tentative de déstabilisation des nouvelles autorités de la transition. Mais, selon Moussa Mara, ancien Premier ministre sous IBK et porte-parole de ce rassemblement des partis politiques, leur objectif est d’« aider les autorités de la transition à se focaliser sur l’essentiel en vue de sortir de cette période par le haut, dans leur intérêt, et surtout dans celui du Mali ».

A en croire l’ex-président du parti Yéléma — le changement, « ces partis, qui représentent plus de 70 % des députés élus lors des dernières législatives et plus de 80 % des élus locaux du pays, n’ont créé ni coalition ni alliance électorale quelconque et ne sont encore moins opposés à qui que ce soit ». Selon ses déclarations, « leur seule préoccupation est de contribuer à une transition réussie ».

Bakary Fomba

30 juillet 2021 4 comments
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Le meeting des enseignants au Palais des sports de Bamako, jeudi 29 juillet 2021
ÉducationOpinion

Mali. Article 39 des enseignants : éviter de faire durer les problèmes

by Chiencoro 29 juillet 2021
written by Chiencoro 4 minutes read

L’école malienne marche de nouveau sur une pente savonneuse. Les dirigeants ont pris l’habitude de faire durer les problèmes, pour se sauver la peau. Les enseignants donnent l’air d’avoir horreur du double langage

Signée par Col. Assimi Goïta, président intérimaire, l’Ordonnance fixant « [la] grille indiciaire unifiée des personnels relevant des statuts des fonctionnaires de l’État, des collectivités territoriales, des statuts autonomes et des militaires » a été la goutte d’eau qui a débordé la vase. Cette Ordonnance qui « abroge toutes dispositions antérieures contraires », en son article 4, devient la croix et la bannière entre les autorités de la transition et les syndicats de l’éducation signataires du 15 octobre 2016.

Toujours temporiser sans résoudre

La synergie syndicale de l’éducation veillerait, comme à la prunelle de ses yeux, sur l’article 39 de son statut. Elle estime que cette ordonnance signe la « mort » de cet article, qui octroie pourtant des privilèges aux personnels enseignants du Mali.

Pour manifester leur cri de cœur et réclamer une application stricte de l’article 39 de la Loi N° 2018-007 du 16 janvier 2018, les syndicats de l’éducation ont décidé de boycotter tous les examens de fin d’année et de prendre en otage les notes de toutes les évaluations précédemment faites. Dans la même dynamique, ils se « réservent le droit d’observer une grève de 12 jours, soit 288 heures allant du lundi 09 au jeudi 12 août, du lundi 16 au mercredi 18 août et du lundi 23 au vendredi 27 août 2021 inclus ».

Comment faut-il comprendre toutes ces réactions autour de l’article 39 du statut du personnel enseignant de l’enseignement secondaire, de l’enseignement fondamental et de l’éducation préscolaire et spéciale ? Rien d’autre. Sauf que les combines ont des racines douces, mais des fruits amers. Elles ne permettent que de temporiser des problèmes avant leur explosion prochaine.

À analyser l’adoption de ce statut des enseignants, par le régime déchu d’Ibrahim Boubacar Keïta (IBK), en 2018, il est possible de comprendre qu’il s’agissait juste d’un moyen astucieux de se sauver la peau. « On tend de plus en plus vers un bac UEMOA. On nous demande d’avoir les mêmes compétences que nos collègues de cette zone, de donner les mêmes résultats qu’eux. Alors, pourquoi ne pas nous mettre dans les mêmes conditions qu’eux aussi ? », s’est demandé Ousmane Almoudou, porte-parole de la synergie des syndicats de l’éducation, dans une interview accordée à Sahel tribune, en mai 2020.

Meilleure sortie de crise

Face à cette revendication des enseignants maliens d’être mis dans les mêmes conditions de vie et de travail que leurs collègues de la zone UEMOA, le régime IBK s’est juste trouvé une porte de sortie. « Lors des négociations ayant conduit à ce statut, nous avons demandé à ce que nos salaires soient alignés à ceux de nos collègues de l’UEMOA. C’est ainsi que le gouvernement a décidé de nous accorder ce statut », a précisé le porte-parole de la synergie syndicale de l’éducation au cours de la même interview.

Il est important que les dirigeants maliens comprennent que l’on ne résout pas des problèmes par des invectives. Comme une blessure sur laquelle on applique juste des calmants et jamais des traitements appropriés et qui rechutera toujours, en choisissant de temporiser les problèmes, on augmente leur durée de vie.

Depuis 2016, l’école malienne est paralysée par la même crise qui peine à être résolue, en raison de la « mauvaise foi » qui anime les autorités en charge de la gestion de la crise en question.

Les autorités transitoires ont alors du pain sur la planche. Car si l’on arrive à tenir les examens de fin d’année sans les enseignants, l’année scolaire 2021-2022 risque de subir le même sort que celle de 2019-2020. Il convient donc de ne pas prendre ce problème à la légère. Cette fois-ci, il serait judicieux d’éviter les combines.

Fousseni Togola


Cet article a été initialement publié sur le site de Maliweb.

29 juillet 2021 1 comment
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Ousmane Almoudou, porte-parole de la synergie syndicale de l'éducation
Éducation

École malienne : la synergie syndicale des enseignants toujours sur la défensive

by Bakary FOMBA 29 juillet 2021
written by Bakary FOMBA 3 minutes read

Après rétention des notes, boycott des évaluations anticipées et de fin d’année, une grève de 288 heures (12 jours) est annoncée par les syndicats des enseignants toujours sur la défensive pour l’article 39. École malienne.

En Conseil des ministres, le 30 juin dernier, les nouvelles autorités de la transition, ont adopté un projet de loi portant l’unification des grilles indiciaires des fonctionnaires du Mali. Cette adoption a été suivie par l’Ordonnance du 16 juillet 2021 fixant « La grille indiciaire unifiée des personnels relevant des statuts des fonctionnaires de l’État, des collectivités territoriales, des statuts autonomes et des militaires ».

Article 39 menacé

Cette Ordonnance du président de la transition, qui « abroge toutes dispositions antérieures contraires », selon l’article 4 de ladite ordonnance, a finalement attisé le feu. Ces décisions des autorités de la transition ont créé la panique chez les enseignants, qui estiment qu’il s’agit d’une menace contre leur article 39, qui leur octroie pourtant des privilèges.

« Toute majoration des rémunérations des fonctionnaires relevant du Statut général s’applique de plein droit au personnel enseignant de l’Enseignement secondaire, de l’Enseignement fondamental et de l’Éducation préscolaire et spéciale », lit-on dansl’article 39 du statut du personnel enseignant.

Selon les précisions de la synergie syndicale de l’éducation, « l’article 39 a pour objets de répondre à une demande d’harmonisation des salaires des enseignants maliens avec ceux de la sous-région, d’apaiser le climat social et d’éviter que les enseignants ne se mettent en grève chaque fois qu’il y a une augmentation sur le statut général. Il vise aussi à rendre la fonction enseignante plus attrayante. »

Des cris de cœur

Suite à ces agissements des nouvelles autorités maliennes, que des enseignants n’hésitent pas à qualifier de « mauvaise foi », les syndicats de l’éducation ont décidé d’aller à une vitesse supérieure.

Dans leur lettre circulaire du 26 juillet 2021, la synergie syndicale a invité ses militants à « retenir toutes les notes », à « boycotter les épreuves anticipées » ainsi que « tous les examens de fin d’année ». Elle exige, à cet effet, « l’application immédiate de l’article 39 de la Loi N° 2018-007 du 16 janvier 2018, portant Statut du personnel enseignant de l’Enseignement secondaire, de l’Enseignement fondamental et de l’Éducation préscolaire et spéciale. »

Ce collectif des syndicats des enseignants projette également d’observer une grève de 12 jours, soit 288 heures, allant du lundi 9 au jeudi 12 août. Du lundi 16 au mercredi 18 août et du lundi 23 au vendredi 27 août 2021 inclus, si toutefois l’article 39 de leur statut n’est pas pleinement appliqué.

Des « décisions responsables » 

Les syndicats de l’éducation signataires du 15 octobre 2016 ont tenu, mardi 27 juillet 2021, sur l’ensemble du territoire national, des assemblées générales. Ces rencontres d’information ont été l’occasion d’informer les acteurs de la société civile et les partenaires de l’école malienne sur des problèmes réels du secteur de l’éducation dans leur pays.

La synergie a publié un document de communication dans lequel elle prévient l’opinion publique nationale et internationale des risques que court l’année scolaire si des « décisions responsables » ne sont pas prises par les autorités de la transition.

Les syndicats de l’éducation prévoient, ce jeudi 29 juillet 2021, des meetings nationaux, dans les différentes localités. Au cours de ces rencontres, précisent-ils, ils dévoileront leurs analyses sur la question de la grille unifiée, la nécessité d’appliquer coute que coute l’article 39. Pourtant, lors de sa rencontre avec le parlement des enfants, le 26 juillet dernier, le Premier ministre Choguel Kokalla Maïga a donné l’assurance que l’article 39 n’est pas abrogé. Il reste à se demander : à quand le salut de l’école malienne ?

Bakary Fomba

29 juillet 2021 1 comment
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