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Guinée : au moins 11 morts dans l’éboulement d’une mine d’or artisanale à Kintignan

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Un glissement de terrain survenu lundi 8 juin à Kintignan, dans le nord-est du pays, a enseveli deux camions-bennes transportant des orpailleurs. Deux jours après le drame, les secours poursuivaient leurs recherches dans des conditions difficiles — pleine saison des pluies, matériel insuffisant — avec la crainte d’un bilan bien plus lourd.

C’est un drame que les habitants de Haute-Guinée connaissent trop bien. Lundi 8 juin 2026, un violent glissement de terrain s’est produit sur le site d’orpaillage artisanal de Kintignan, dans le nord-est de la Guinée. Selon un bilan provisoire fourni par les secours et des sources locales, la catastrophe a causé la mort d’au moins onze personnes, fait plusieurs blessés et laissé un nombre indéterminé de disparus. Deux jours après les faits, les opérations de recherche se poursuivaient mercredi 10 juin, dans des conditions particulièrement difficiles.

Deux camions ensevelis, un bilan qui pourrait s’alourdir

Ce qui rend ce drame potentiellement plus grave encore, c’est la présence de deux camions-bennes au moment du glissement de terrain. L’un d’eux transportait dix-huit personnes : sept ont réussi à s’échapper avant que les tonnes de terre ne s’effondrent, quatre ont été blessées, et sept ont trouvé la mort. Le sort de l’équipage du second camion reste inconnu au moment où nous écrivons ces lignes, faisant craindre aux secouristes un bilan final beaucoup plus lourd.

Les opérations de recherche et de sauvetage sont rendues particulièrement périlleuses par les conditions météorologiques — la Guinée est en pleine saison des pluies — et par le manque criant de matériel adapté. La zone de Kintignan, enclavée dans les reliefs du nord-est du pays, est difficilement accessible, et les équipes doivent travailler à mains nues ou avec des moyens rudimentaires pour tenter de retrouver d’éventuels survivants ou d’autres victimes ensevelies sous les décombres.

L’orpaillage artisanal : une loterie mortelle

Ce type de catastrophe n’est pas exceptionnel en Haute-Guinée. La région, dotée de sous-sols riches en métaux précieux, attire depuis des décennies des travailleurs venus de toute l’Afrique de l’Ouest — Mali, Burkina Faso, Sénégal, Guinée-Bissau — qui viennent tenter leur chance dans les mines artisanales, légales ou abandonnées, espérant y trouver l’or qui transformerait leur vie.

La réalité est souvent tout autre. Ces sites sont exploités sans plans d’extraction sérieux, sans étaiement des galeries, sans équipement de sécurité digne de ce nom. Les carrières à ciel ouvert, comme celle de Kintignan, sont soumises aux aléas des pluies tropicales qui saturent les sols et fragilisent les parois des excavations. La saison des pluies — qui court de mai à octobre — est la période la plus dangereuse, mais aussi, paradoxalement, l’une des plus fréquentées : les orpailleurs profitent de l’eau pour le lavage du gravier aurifère.

« Ils ne respectent aucune règle. Les responsables du site savent que c’est dangereux, mais personne ne vient jamais vérifier. Et quand il y a un mort, tout continue comme avant. », explique une Source locale à Kintignan, citée par des médias. 

Colère et impunité : le cri des familles

Deux jours après le drame, la population de Kintignan et les familles endeuillées ne cachent pas leur colère. Ils dénoncent l’absence de contrôles sérieux sur ces sites d’extraction, le non-respect systématique des normes élémentaires de sécurité, et l’impunité dont bénéficient les exploitants en cas d’accident. Les mesures de prévention sont insuffisantes, les inspections rares, et les sanctions quasi inexistantes.

Ce n’est pas la première fois qu’un drame de ce type endeuille la Haute-Guinée. Des éboulements similaires ont déjà fait des dizaines de victimes dans la région ces dernières années, sans que les conditions d’exploitation ne changent fondamentalement. La précarité des travailleurs — dont beaucoup sont des migrants sans papiers, vivant dans une économie informelle et exposés à tous les abus — les rend particulièrement vulnérables et peu enclins à signaler les dangers aux autorités, de peur d’être chassés du site.

La Guinée est l’un des pays africains les plus riches en ressources minières — bauxite, fer, or, diamants — mais les retombées de cette richesse peinent à atteindre les populations les plus exposées à ses risques. À Kintignan comme ailleurs, l’or que ces hommes cherchent au péril de leur vie ne leur appartient déjà plus avant même qu’ils ne l’aient trouvé.

A.D


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