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Carte d'insécurité Burkina Faso
Sécurité

Burkina Faso : 27 militaires et 10 civils tués dans une attaque (communiqué)

by Sahel Tribune 6 octobre 2022
written by Sahel Tribune 1 minutes read

Le bilan de l’attaque du convoi de ravitaillement, le 26 septembre 2022, dans la localité de Gaskindé, région du Sahel burkinabè, est de 27 militaires et 10 civils tués, a indiqué l’État-major général des armées burkinabè dans un communiqué du 5 octobre 2022.

On note également 29 blessés, dont 21 militaires, 7 civils et 1 dans le rang des Volontaires pour la Défense de la Patrie (VDP), lit-on dans le même communiqué. Cet attentat a aussi occasionné la disparition de 3 personnes. Il a également entraîné des dégâts matériels importants.

Ce convoi de ravitaillement, à destination de la ville de Djibo, était escorté par le 14e régiment interarmes de l’armée burkinabè.

Malgré la multiplication des attaques, ces derniers temps, et les pertes cruelles qu’enregistre l’armée burkinabè, les Forces de défense et de sécurité du « pays des hommes intègres » semblent être plus que jamais prêtes à « poursuivre le combat pour reconquérir les zones occupées par les groupes terroristes ».

La Rédaction    

6 octobre 2022 0 comments
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Ousmane Almoudou, porte-parole de la synergie syndicale de l'éducation
Éducation

Journée mondiale des enseignants : au Mali, la Synergie appelle à « mettre les enseignants dans leur droit »

by Bakary FOMBA 5 octobre 2022
written by Bakary FOMBA 2 minutes read

À l’instar d’autres pays du monde, le Mali célèbre ce 5 octobre 2022, la Journée mondiale des Enseignants. Il s’agit notamment de commémorer l’anniversaire de l’adoption de la Recommandation d’OIT-UNESCO, concernant la condition du personnel enseignant.

Le 5 octobre de chaque année, le monde célèbre la Journée des Enseignants. Pour l’édition 2022, le thème choisi est : « La transformation de l’éducation commence avec les enseignants ». Un thème qui selon les syndicats de l’éducation signataires du 15 octobre 2016, reste « évocateur de la réalité malienne ».

« Reconsidérer la perspective d’avenir »

A l’occasion de cette commémoration, les syndicats de l’éducation signataires du 15 octobre 2016, réunis à la Maison de l’Enseignant, ont lancé un « appel pressant aux autorités afin de mettre les enseignants dans leur droit ».

Pour ces syndicalistes, cette journée reste « l’occasion de célébrer la façon dont les enseignants transforment l’éducation, mais aussi de réfléchir au soutien dont ils ont besoin pour déployer pleinement leur talent et leur vocation ». Aussi, faut-il noter, cette journée permet de « reconsidérer la perspective d’avenir de la profession au niveau mondial ».

À travers cette journée, les syndicalistes n’ont pas manqué de souligner l’importance de mettre les enseignants dans de meilleures conditions de travail. Surtout lorsque ceci permet d’améliorer la qualité de l’enseignement. « La transformation de l’éducation passe impérativement par l’enseignant, mais des enseignants mis dans les meilleures conditions de travail, mieux payés, mieux protégés, mieux sécurisés dans leurs lieux de service, bref des enseignants mis en confiance », ont-ils insisté.

Tout en exhortant les autorités maliennes à « mettre les enseignants dans leur droit », les syndicats de l’éducation signataires du 15 octobre 2016 invitent à une plus grande valorisation de cette la journée dédiée aux soldats de la craie. Toute chose qui témoignera de l’« intérêt à l’enseignant et à la fonction enseignante ».

Pour rappel, la journée mondiale des Enseignants est instituée depuis 1994. Elle est organisée conjointement par l’Organisation des Nations Unies pour l’éducation, la science et la culture (UNESCO), le Fonds des Nations Unies pour l’Enfance (UNICEF), l’Organisation internationale du Travail (OIT) et l’International de l’éducation afin de commémorer l’anniversaire de l’adoption de la Recommandation de OIT-UNESCO concernant la condition du personnel enseignant.

Bakary Fomba

5 octobre 2022 0 comments
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Meeting du M5-RFP à Bamako après le coup d'Etat du 18 août 2020.
AnalysesPolitique

Coups d’État récurrents : comment faut-il comprendre ce sort de l’Afrique ?

by Bocar Harouna Diallo 3 octobre 2022
written by Bocar Harouna Diallo 4 minutes read

L’Afrique est le seul continent au monde qui a subi et n’a cessé de subir des malheurs et conflits sanglants depuis des millénaires voire des siècles. Des conflits dus généralement à des instabilités politiques, selon Bocar Harouna Diallo. Quel triste sort pour l’Afrique ! Qu’a-t-elle fait pour mériter autant de maltraitances ?

L’Afrique a vécu l’hémorragie de la traite négrière, la colonisation et d’autres malheurs connexes. Des années 1960 à nos jours, ce continent a été le théâtre de plus de 82 coups d’État très dévastateurs entrainant ainsi l’insécurité, l’instabilité, le bafouillage des droits de l’homme, la corruption, le vol et le pillage des ressources naturelles, de la corruption et de la pauvreté extrême.

Retour à la mauvaise époque de la mauvaise gouvernance militaire

Les coups d’État en fonction de leur fréquence semblent être des virus contagieux, car un coup d’État réussi augmente considérablement la probabilité de plusieurs autres surtout dans les pays limitrophes. L’exemple de la bande sahélienne (Mali, Côte-d’Ivoire, Burkina, etc. et s’y ajoute les Guinée aussi)

La récente vague de coups d’État en Afrique subsaharienne est un signal fort voire une mauvaise nouvelle. Paradoxalement les pays les plus pauvres, mais riches en ressources naturelles (exemples Mali [deux fois], Tchad, Guinée, Soudan, Tunisie et, sans doute, Algérie et Burundi) et en transition démocratique sont les plus touchés par ce phénomène. Et la liste est encore élastique.

Mais le constant majeur est que le phénomène s’intensifie depuis 2013 et le pourcentage des pays ayant vécu ce cancer est assez représentatif.

Le continent risque donc de retourner à la mauvaise époque de la mauvaise gouvernance militaire qui sera effectivement une période d’inquiétude, de fuite des cerveaux, de récession économique. Un temps perdu économiquement.

On peut donc affirmer que l’Afrique est naturellement malheureusement et terre de conflits.

Enjeux géopolitiques et stratégiques

Ce tas de conflits au 21e siècle s’explique par divers enjeux géopolitiques, stratégiques et économiques. La course vers le développement et l’exploitation des réserves de biens naturels est un facteur majeur. L’intérêt personnel pour avoir une main mise sur plusieurs opportunités encourage les putschs.

Sans finir d’essuyer les larmes du Colonel DAMIBA, le Burkina pleure encore en recevant de plein fouet un coup de plus. Le Burkina, un pays d’une richesse énorme avec des patriotes animés de bonne foi, qui était sur le bon chemin vers l’opulence, se plonge pleinement dans le gouffre des conflits et coups d’État inutiles et répétitifs qui lui font brouiller le noir.

Les enjeux géopolitiques et stratégiques ne cessent de morceler notre Afrique qui portant aujourd’hui est considérée comme le futur du monde en matière de développement durable. Mais hélas, les diverses opinions terroristes utilisées pour décimer le monde, en particulier l’Afrique, sont l’arme fatale pour accéder aux intérêts particuliers.

À ces coups d’État, s’ajoute le syndrome de la boulimie du pouvoir par des présidents africains qui est devenue une réalité voire même une identité africaine.

Prôner une nouvelle armature territoriale cohérente

Dans certains pays africains, en particulier francophones et anglophones, les présidents par leur gourmandise des délices du pouvoir ont réussi à tripatouiller, à volonté, la constitution de leur pays juste pour rester aussi longtemps que possible aux commandes. On peut citer en exemple, le célèbre président Camerounais Paul BIYA, qui a accédé au pouvoir depuis 1982. Malgré l’âge, les contestations et les conflits entre les peuples francophones et anglophones, il parvient à diriger le pays avec une main forte. Son homologue équato-guinéen, depuis 1979 jusqu’à 2020, a considéré le pays comme sa propre maison où le père de famille n’a aucun opposant capable de changer la donne. OBAMA disait : « Quand un dirigeant essaie de changer les règles au milieu de la partie, simplement pour rester en poste, il s’expose à l’instabilité et à la discorde ».

L’Afrique doit connaitre une nouvelle ère avec de nouveaux dirigeants capables de hisser notre continent au sommet. Des dirigeants qui mettront l’homme qu’il faut à la place qu’il faut. Des dirigeants visionnaires capables de prôner une nouvelle armature territoriale cohérente et qui ont une élégance républicaine. L’Afrique en a marre des coups d’État sanglants. Notre chère Afrique mérite des hommes d’État de valeur et d’éthique qui mettent en avant les intérêts du peuple et qui respectent la république (pouvoir du peuple, par le peuple et pour le peuple).

Bocar Harouna DIALLO

3 octobre 2022 0 comments
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Des soldats ivoiriens
A la UnePolitique

« Mercenaires ivoiriens » : ballet diplomatique au Mali depuis le sommet de la Cédéao

by Bakary FOMBA 2 octobre 2022
written by Bakary FOMBA 2 minutes read

Après la conférence des chefs d’État et de gouvernement de la Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest (Cédéao), tenue à New York le 22 septembre 2022, en marge de la 77e tribune des Nations unies, l’on assiste à un véritable ballet diplomatique au Mali. Au menu des échanges, la question des « soldats » ivoiriens détenus au Mali.

Lors de son sommet en dehors des terres africaines, la Cédéao avait dénoncé le « chantage exercé par les autorités maliennes » dans l’affaire des 46 « militaires ivoiriens » et demandé la libération sans condition de ces hommes, arrêtés au Mali depuis le 10 juillet dernier. L’organisation sous-régionale avait par la même occasion annoncé l’envoi incessant d’une mission de haut niveau, composée de chefs d’État.

Le 29 septembre, les atterrissages se sont suivis à l’aéroport international Modibo Kéïta de Bamako-Senou. D’abord, le président gambien, Adama Barrow, ensuite le chef d’État du Ghana, Nana Akufo Ado qui était accompagné du médiateur de la Cédéao pour le Mali, Goodluck Jonathan. Le ministre des Affaires étrangères du Togo, Robert Dussey ainsi que le président de la commission de l’Union économique des États de l’Afrique de l’Ouest (Uemoa), Moussa Touré faisaient partie de cette délégation de haut niveau venue négocier la libération des « mercenaires » ivoiriens.

Faire face aux défis de développement   

De leur entretien avec le président malien de la transition, le colonel Assimi Goïta, rien n’a filtré. Mais au lendemain de leur visite, vendredi 30 septembre, le président de la Sierra Leone, Julius Maada Bio, a été reçu par le chef d’État malien. Après un échange d’expériences avec son homologue malien qui, selon lui, traverse la même situation qu’il a eu à traverser dans son pays, la Sierra Leone, Julius Maada Bio a également abordé l’épineuse question des 46 « mercenaires ivoiriens ».

Pour le président Sierra léonais, il faut très rapidement résoudre ce problème et faire face aux défis de développement dont le Mali et la Côte d’Ivoire font face. « Nous avons échangé [sur ce problème des militaires ivoiriens]. Nous avons [examiné] dans quelle mesure on peut résoudre cette question très rapidement », a-t-il souligné.

Au regard des difficultés que traverse le monde, il reste nécessaire de travailler ensemble afin de relever les multiples défis, a-t-il expliqué. De même, il a souhaité que le processus de transition en cours au Mali se passe dans la paix. Toute chose qui conduira à une élection transparente amenant au pouvoir un civil.

Bakary Fomba     

2 octobre 2022 0 comments
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Chute de Damiba
A la UnePolitique

Burkina Faso : retour sur le second coup d’État

by Bakary FOMBA 2 octobre 2022
written by Bakary FOMBA 4 minutes read

Le Burkina Faso a connu, vendredi 30 septembre 2022, un second coup de force, en l’espace de huit mois. Le Lieutenant-Colonel Paul Henri Sandaogo Damiba, arrivé au pouvoir par un putsch, le 24 janvier dernier, a été démis de ses fonctions par des militaires. Le capitaine Ibrahim Traoré l’évince et s’accapare du pouvoir et devient désormais le président du Mouvement patriotique pour la sauvegarde et la restauration (MPSR).

À son arrivée au pouvoir le 24 janvier dernier, le Col. Damiba avait promis de faire de la sécurité sa priorité, dans ce pays miné depuis plusieurs années par de sanglantes attaques terroristes. Mais celles-ci se sont multipliées ces derniers mois, notamment dans le nord du pays. Ce pourrissement du climat sécuritaire dans le pays semble avoir provoqué des frustrations au sein de l’armée.

« Idéal commun trahi »     

Dans une déclaration lue à la télévision nationale, les nouveaux maitres du Faso invoquent « la dégradation continue de la situation sécuritaire » dans le pays. « Nous avons décidé de prendre nos responsabilités, animés d’un seul idéal, la restauration de la sécurité et de l’intégrité de notre territoire », ont-ils indiqué. À en croire ces militaires, « notre idéal commun de départ a été trahi par notre leader en qui nous avions placé toute notre confiance ». De même, « loin de libérer les territoires occupés, les zones jadis paisibles sont passées sous contrôle terroriste », ont-ils également affirmé dans leur déclaration.

Par ailleurs, ces nouveaux éléments ont promis de convoquer « incessamment les forces vives de la Nation » afin de désigner un « nouveau président du Faso, civil ou militaire ».

Les nouveaux maîtres du Faso, issus du camp du président déchu, ont immédiatement adopté de nouvelles mesures : la suspension de la Constitution, la dissolution de la charte de la Transition, la dissolution du gouvernement, la dissolution de l’Assemblée législative de Transition, la suspension de toute activité politique et la suspension de toute activité des organisations de la société civile. Quant à la fermeture des frontières terrestres et aériennes pour compter du 30 septembre 2022 à 0 h, des exceptions ont finalement été retenues. Le couvre-feu de 21 h à 5 h du matin a également été levé.

L’indignation de la communauté internationale   

Suite à ce nouveau coup d’État dans ce pays sahélien, la communauté internationale a exprimé son indignation. La Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO), à travers un communiqué du 30 septembre, n’a pas manqué de manifester son opposition totale à « toute prise ou maintien du pouvoir par des moyens non constitutionnels ».

Tout en condamnant avec la « plus grande fermeté » cet acte, qui vient de s’opérer au Burkina Faso, l’organisation sous-régionale trouve « inopportun ce nouveau coup de force au moment où l’ordre des progrès ont été réalisés », lit-on dans ce communiqué.

Cependant, la CEDEAO « exige le respect scrupuleux du chronogramme déjà retenu avec les Autorités de la Transition pour un retour rapide à l’ordre constitutionnel au plus tard le Ier juillet 2024 ». De même, l’institution ouest-africaine « met en garde toute institution, force ou groupe de personnes qui par des actes empêcheraient le retour programmé à l’ordre constitutionnel ou contribueraient à la fragilisation de la paix et la stabilité du Burkina Faso et de la Région ».

L’Union Européenne (UE) et l’Union Africaine (UA) ont réagi à ce coup d’État, le 1er octobre 2022. Ces deux organisations ont condamné ce nouveau putsch survenu huit mois après un précédent coup d’État qui avait renversé Roch Christian Koboré. « L’Union européenne en appelle au respect des engagements pris, qui ont été à la base de l’accord trouvé avec la Cédéao le 3 juillet dernier, afin d’accompagner le Burkina Faso vers un retour à l’ordre constitutionnel au plus tard le 1er juillet 2024 », a déclaré l’UE. 

« Éviter une guerre fratricide »

Samedi 1er octobre, dans la soirée, la présidence burkinabè a attribué à Damiba un message d’appel au calme. « Peuple du Burkina Faso, les évènements tragiques que traverse notre pays en ce moment sont à l’origine de diffusion d’informations mensongères, savamment orchestrées et distillées dans le but de manipuler les populations en les instrumentalisant pour des causes étrangères et au détriment de l’intérêt supérieur de la Nation ». Le colonel Damiba dément l’information faisant croire qu’il s’était réfugié dans une base française et il exhorte le capitaine « Traoré et compagnie à revenir à la raison pour éviter une guerre fratricide dont le Burkina Faso n’a pas besoin dans ce contexte ».

Les secrétaires généraux (SG) des ministères, chargés de l’expédition des affaires courantes en « attendant la nomination d’un nouveau gouvernement », sont convoqués ce dimanche 2 octobre 2022 à la salle de conférence de Ouaga 2000 par les nouveaux militaires.

Bakary Fomba

2 octobre 2022 0 comments
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Carte d'insécurité Burkina Faso
ActuSécurité

Burkina Faso : onze militaires tués et plus de cinquante civils portés disparus (communiqué)

by Sahel Tribune 28 septembre 2022
written by Sahel Tribune 1 minutes read

Le terrorisme a encore fait des ravages dans le « pays des hommes intègres ». Le lundi 26 septembre 2022, un convoi de ravitaillement a fait l’objet d’une attaque terroriste près de la localité de Gaskindé (Province du Soum, région du Sahel), informe dans un communiqué du 27 septembre 2022, le Porte-parole du gouvernement burkinabè. Ce convoi, à destination de la ville de Djibo, était escorté par le 14e régiment interarmes, précise la même source gouvernementale.

Le bilan de cette énième attaque fait état de 11 militaires tués, de 28 blessés, dont 20 militaires, 1 dans le rang des Volontaires pour la Défense de la Patrie (VDP), et 7 civils. De même, faut-il noter, cet attentat a occasionné la disparition d’une cinquantaine de civils, causant tout de même d’énormes dégâts matériels.

Malgré la multiplication des attaques, ces dernières semaines, et les pertes cruelles qu’enregistre l’armée burkinabè, les Forces de défense et de sécurité du Faso se disent prêtes à rester « debout, unies et solidaires pour libérer » leur pays.

La Rédaction    

28 septembre 2022 0 comments
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Ballan Diakité, politologue
AnalysesExclusifPolitique

Affaires des 46 soldats ivoiriens : « L’option diplomatique demeure la plus efficace », selon le politologue Ballan Diakité (interview)

by Cheickna Coulibaly 28 septembre 2022
written by Cheickna Coulibaly 6 minutes read

La crise diplomatique entre le Mali et la Côte d’Ivoire, née le 10 juillet dernier suite à l’arrestation de 49 militaires ivoiriens, continue de susciter de nombreux commentaires de part et d’autre. Les deux pays s’attaquent continuellement à travers des communiqués officiels au point que le dialogue devient de plus en plus difficile pour la libération des soldats détenus à Bamako. Sur la question, le politologue-chercheur, M. Ballan Diakité, a livré son point de vue. C’était au cours d’une interview accordée à Saheltribune.com que nous vous proposons de lire.

Sahel Tribune : l’arrestation, le 10 juillet 2022, des 49 soldats ivoiriens à Bamako a créé une tension diplomatique entre le Mali et la Côte d’Ivoire. Quelle lecture faites-vous de cette situation ?

Ballan Diakité : l’affaire des 49 soldats ivoiriens découle d’une situation de conflit entre le Mali et certains États africains, vus comme les figures emblématiques de la CEDEAO (Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest), notamment la Côte d’Ivoire et le Sénégal. On a assisté à cette affaire parce que tout simplement du côté malien, il y avait cette idée déjà préconçue sur la Côte d’Ivoire vue comme une amie ou une complice de la France. Ce n’est pas un secret en diplomatie, l’ami de mon ennemi est vu comme mon ennemi.

La proximité de la Côte d’Ivoire avec la France ou tout simplement d’Alassane Ouattara avec Emmanuel Macron a été déterminante dans la complication de ce dossier. Sinon on aurait pu gérer cette affaire sans pour autant en faire toute une montagne.

Grâce à la médiation togolaise, trois soldates parmi les 49 ont été libérées le 3 septembre dernier. Les autorités maliennes conditionnent la libération des soldats restants à l’extradition des politiques maliens en exil en Côte d’Ivoire et poursuivis par la justice. Pensez-vous que la voie diplomatique réussira à éteindre ce feu entre ces deux pays ?

On n’a pas le choix. Il faut miser sur la voie diplomatique parce qu’on sait que le Mali est engagé dans une guerre depuis 2012 et qui ne peine à prendre fin. Une guerre contre une rébellion qui, par la suite, a été atténuée par la signature de l’Accord pour la paix et la réconciliation nationale issu du processus d’Alger. Nous savons que cette rébellion touareg n’était pas le seul facteur déterminant dans la crise malienne. Le pays fait face aussi à cette guerre contre le terrorisme.

Ces faits permettent d’expliquer pourquoi le Mali n’a pas d’autre choix que d’aller vers la voie diplomatique. Nous sommes engagés déjà sur plusieurs fronts, à travers la lutte contre le terrorisme et les groupes armés. Et nous avons d’autres problèmes nationaux comme la lutte contre la pauvreté et le chômage.

Dans une telle situation, il faut savoir bien gérer ses efforts. L’option diplomatique est donc la plus fiable et déterminante dans la gestion de cette crise diplomatique que nous avons avec la Côte d’Ivoire.

Les acteurs qui sont impliqués dans cette crise, à savoir la Côte d’Ivoire et le Mali, doivent essayer de mettre de l’eau dans leur vin, en cheminant sur la voie de la négociation ou du dialogue en vue de permettre une sortie de crise apaisée.

Au cours d’une réunion extraordinaire du Conseil national de sécurité, le mercredi 14 septembre 2022, les autorités ivoiriennes ont décidé de saisir la Commission de la Cédéao pour traiter cette situation. Que faut-il craindre finalement de cette crise ivoiro-malienne ?

La crise est de plus en plus diplomatique et je pense que c’est ce qu’il faut craindre parce que la diplomatie devrait être la solution. Mais si on voit une extrapolation de la crise, qui au départ était judiciaire, devenir diplomatique, il faut vraiment craindre des débordements. Parce qu’à la base, lorsque les 49 soldats ont été arrêtés au Mali, ils ont été mis à la disposition de la justice malienne. Ce qui est effectivement la voie la plus juste et la plus légale. En matière de justice, nous sommes engagés sur des actes communautaires qui font que le Mali et d’autres pays comme la Côte d’Ivoire, le Sénégal et les autres pays de la Cédéao sont liés par le traité à la Cour de justice de la Cédéao. Cet organe juridictionnel de la Cédéao a une mission qui transcende la compétence des juridictions nationales. Cette juridiction a une compétence supranationale qui fait que les décisions qui sont prises au niveau de cette juridiction communautaire sont censées s’appliquer de manière directe dans les différents pays membres de l’organisation.

Aujourd’hui, on peut effectivement espérer que, avec la saisine de la Cédéao, des voies juridiques peuvent être mobilisées pour permettre à la justice malienne d’être flexible sur le dossier des 49 militaires. Mais je demeure convaincu que l’option diplomatique demeure la plus efficace. Et c’est sur cette voie que les États doivent plus travailler.

Quel impact peut avoir la tension entre ces deux pays voisins, notamment sur le plan sécuritaire, économique et même social ?

Je dirais que l’impact peut être majeur sur le plan économique, surtout parce qu’on sait que le Mali est un pays enclavé et dépendant énormément de l’extérieur en termes d’importations. Nous importons plus que nous exportons. Compte tenu de notre situation géographique et de notre privation à un débouché sur la mer, nous sommes obligés de faire des transactions avec les États voisins qui nous entourent et qui ont des débouchés sur la mer, notamment la Côte d’Ivoire, le Sénégal et la Guinée.

Aujourd’hui, si la crise s’envenime, cela peut effectivement avoir un impact sur les relations commerciales entre les deux États. Mais on sait bien évidemment que le Mali n’est pas le seul qui soit dépendant de ses voisins. Les autres voisins aussi sont dépendants du Mali en termes d’exportations de bétail par exemple, et même de viande. Le Mali fournit beaucoup de viande à la Côte d’Ivoire.

Nous demeurons donc aussi un État qui a beaucoup à apporter à ses voisins. Quoi qu’il en soit, le moment est mal choisi pour les deux États de faire le choix de laisser cette tension, une crise diplomatique, entraîner des crises économiques et même de défense. L’intérêt suprême des deux États réside dans l’apaisement des relations. Entre le Mali et la Côte d’Ivoire, nous sommes liés par l’histoire. Nous sommes liés par la culture.

C’est dans l’apaisement des relations que les deux États peuvent espérer sur le développement de leurs relations.

En tant que chercheur, que recommandez-vous concrètement pour tourner cette sombre page et faire régner plus de paix dans la sous-région, en l’occurrence entre le Mali et la Côte d’Ivoire ?

Il ne faut pas rompre le dialogue. Une crise, peu importe l’intensité, tant que les calanques demeurent, on peut toujours espérer. Le plus important, c’est de ne pas rompre le dialogue, c’est de travailler en sorte que les intérêts des deux États puissent être préservés et en même temps faire en sorte que les deux États puissent justement travailler ensemble dans la préservation non seulement de leurs intérêts nationaux, mais aussi dans la préservation de l’intérêt des autres États qui les entourent. Je veux parler bien évidemment de l’intérêt communautaire qu’il ne faudrait surtout pas oublier, parce qu’entre les peuples de la CEDEAO, nous sommes les mêmes. Nous sommes des frères et des sœurs.

Propos recueillis par Cheickna Coulibaly

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