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Les uniformes et le mariage
ActuTaabolow ani Tabiaw

Bamako : le ramadan, les uniformes, les mariages et les tensions

by Hawa Diaby 12 mars 2023
written by Hawa Diaby 2 minutes read

À l’approche du ramadan, les cérémonies de mariage vont crescendo à Bamako. Ces cérémonies sont généralement des occasions de rencontre et de grandes dépenses pour les femmes, qui font généralement des uniformes.  La couture de ces habits à cette veille de ramadan ne va pas sans tension.

À quelques jours du ramadan, communément appelé « sounkalo », les ateliers de couture sont pleins à craquer. Envahis par les commandes, nombreux sont les couturiers qui dorment très peu afin de pouvoir honorer les différents rendez-vous. Débordés par les commandes, certains tailleurs activent le mode silencieux de leurs téléphones afin d’éviter les clients dont ils n’ont pas pu honorer le rendez-vous.

Course au revenu

Vieux Traoré est un tailleur à kalaban-coro. Son atelier se trouve près des policiers. Celui-ci pense qu’avoir plus de clients est une opportunité à saisir. « À cette veille de ramadan, nous sommes vraiment très occupés. La plupart des mariages se font durant cette période. Le plus dur est que les clientes arrivent toujours à la dernière minute », explique-t-il tout en déplorant que malgré tout, chacun veuille obtenir ses habits avant la date butoir.

M. Traoré reconnait que les couturiers ne peuvent pas s’empêcher d’accepter toujours de nouvelles commandes. Car chacun veut avoir toujours plus d’argent.  Ce comportement n’est pas celui d’Assétou Dembélé, couturière et propriétaire de l’atelier «  I PARII ». Cet atelier refuse de recevoir à partir d’un délai. « Je me garde de prendre les habits quinze jours avant la livraison afin d’éviter tout désagrément », a-t-elle précisé.

Les clients fautifs

Les femmes, principales victimes de ces faux rendez-vous des tailleurs, ont pourtant leur mot à dire. Selon Salimata Mohamed Kanté, « Certains tailleurs, même s’ils confectionnent les habits à temps, ont du mal à respecter les rendez-vous de leurs clients », explique-t-elle. Selon ses précisions, les couturiers doivent se réserver le droit de refuser à recevoir des habits quand ils savent qu’ils ne pourront pas être dans le temps.

Par peur de ces rendez-vous ratés des tailleurs, Mariam préférait aller s’assoir et attendre son habit à l’atelier. « Je m’assurais toujours d’avoir mes habits à l’heure. Pour ce faire, je partais m’asseoir chaque fois que j’avais le temps pour surveiller mon tailleur afin de m’assurer qu’il confectionne mes habits ».

Les femmes ne sont pas les seules victimes. Les hommes aussi en font souvent partie. Toutefois, Mohamed Kouyaté, griot, obtient toujours ses habits à temps voulu. « Sincèrement je n’ai jamais eu de problème avec mon tailleur, car il est mon seul couturier. Je lui amène néanmoins mes habits toujours en avance. Ce qui lui donne le temps de bien les coudre et les terminer dans mon délai », explique-t-il.

Hawa Diaby

12 mars 2023 0 comments
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Têtes d'animaux
ActuTaabolow ani Tabiaw

Bamako : sur le chemin des têtes, pattes ou queues d’animaux

by Mohamed Camara 11 mars 2023
written by Mohamed Camara 3 minutes read

Elles sont quotidiennement consommées au Mali. Les têtes, pattes ou queues d’animaux, de l’abattoir en passant par les nettoyeurs, passent plusieurs mains avant de se retrouver dans les assiettes des consommateurs.

Il est presque 6 h du matin. Ousmane Diarra, après sa prière matinale, prend sa moto et se dirige vers l’abattoir du quartier Sans-Fil, un faubourg bamakois. De ce grand abattoir, qui sert en viande presque tous les bouchers des grands marchés locaux de la capitale, s’approvisionne Ousmane en têtes, pattes et queues d’animaux.

Recalé du Bac

« Je m’approvisionne dans cet abattoir depuis bientôt une décennie. Le marché des têtes, pattes et queues de mouton ou de bœufs est très rentable. Mais aujourd’hui nous connaissons des difficultés liées au prix », raconte Ousmane, un chevillard.

Au marché de Moribabougou, il emploie aujourd’hui trois jeunes pour le nettoyage des têtes, pattes et queues des animaux, avant de les vendre. Ces pièces d’animaux sont mises dans de l’eau bouillante, une fois arrivée de l’abattoir, pendant quelques minutes.  « L’eau bouillante facilite le rasement des poils. Après nous enlevons toutes les choses susceptibles d’être enlevées pour bien les entasser à l’appréciation de nos clients », explique un jeune employé d’Ousmane.

Un d’entre eux, qui a son diplôme de Baccalauréat en poche, indique exercer ce métier depuis qu’il faisait son DEF (la classe de 9e année). « Après le baccalauréat, les va-et-vient pour l’inscription à l’université m’ont découragé. J’ai donc continué avec ce métier que je connais depuis des années », a-t-il précisé. Aujourd’hui, il ambitionne ouvrir son propre commerce de pièces d’animaux malgré la cherté du marché.

« Ils sont très chers actuellement. J’ai l’habitude de les toucher. Des pattes de bœufs vont jusqu’à 4000 f aujourd’hui. Pourtant nous sommes dans un pays qui a le plus grand cheptel dans la sous-région », indique une cliente qui achète ces pièces pour les vendre à côté de la galette.

La crise sécuritaire

Selon Ousmane, cette augmentation du prix ne vient pas des bouchers. « Depuis la crise dans la partie septentrionale et du centre, qui sont les foyers d’approvisionnement en bétail, nous ne cessons de rencontrer des difficultés du prix », a-t-il expliqué.

Un client sortant de sa voiture, salue Ousmane et son équipe en examinant les pièces entassées sur une longue table. Ce jeune boucher précise que c’est l’un de ses meilleurs clients depuis deux ans. « Presque chaque semaine, il vient acheter chez moi trois à quatre fois », reconnait-il. « J’aime bien manger les pièces d’animaux (bœufs ou moutons). C’est une nourriture que j’aime partager en famille », explique M. Fofana, client d’Ousmane.

Aminata Doumbia achète deux pattes de bœufs et deux queues pour sa famille. Une fois à la maison, elle nettoie à son tour les pièces achetées. Ensuite elle les coupe en quelques gros morceaux avant de les mettre dans la marmite. « Ces pièces sont très difficiles à cuire. Il est maintenant 18 h, je vais les mettre dans la marmite et mettre dessus de l’eau. Après trois à quatre heures, je mettrai les condiments et légumes qu’il faut », explique-t-elle.

D’après elle, après avoir mis les condiments et légumes sur les pièces dans la marmite, « le matin nous viendrons trouver qu’elles sont complètement cuites et nous les mettrons dans l’assiette accompagnée de pains ou de galettes, chacun y va à son goût ».

Mohamed Camara

11 mars 2023 0 comments
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ActuPolitique

Mali : le CDM invite le peuple à resserrer les rangs et à barrer la route aux « désœuvrés de grand chemin »

by Mohamed Camara 11 mars 2023
written by Mohamed Camara 3 minutes read

Le Collectif pour la défense des militaires, a condamné, dans un communiqué, « les propos mensongers » de Cheick Mohamed Chérif Koné. Le Collectif invite le peuple malien à « barrer la route » aux « désœuvrés de grand chemin ».

Le gouvernement malien de la transition a reporté, vendredi dernier, à une date ultérieure le référendum constitutionnel. Un report qu’il justifie par la nécessité de procéder à certains réglages indispensables à la tenue de ce scrutin.

Ce report a lieu alors que les contestations se poursuivent autour du projet de constitution, remis au chef de l’État le 27 février 2023.  Selon le Collectif pour la défense des militaires, ces contestations ne sont que des tentatives de déstabilisation des autorités maliennes. Il revient donc au peuple malien de « resserrer les rangs en continuant de barrer la route à ces désœuvrés de grand chemin dans leur mission insensée de Sabotage de la Transition ».

« Violation flagrante de l’éthique et la déontologie »

Dans son communiqué du 6 mars dernier, le CDM rassure néanmoins qu’il « veillera au grain contre toute tentative de Sabotage de cette Transition qui est aujourd’hui considérée par l’ensemble des panafricanistes comme une chance, un Don de dieu pour l’émancipation de toute I’Afrique ». Le Collectif invite donc les Maliens à la « Défense de la Patırie [qui] est un devoir pour tout Citoyen ».

Dans une note écrite publiée, mercredi 8 mars dernier, le CDM a condamné les propos tenus par Cheick Mohamed Chérif Koné, « lors d’une rencontre avec un leader religieux ».

« En effet, ce magistrat de profession reconverti en Homme politique de circonstance s’adonne ouvertement à des activités politiques depuis quelque temps en violation flagrante de l’éthique et la déontologie et au mépris des textes régissant la magistrature », fustige le communiqué du CDM.

Le magistrat a affirmé que les militaires ont arrêté des personnes qui se sont opposées « au projet de constitution dont certaines seraient décédées en prison ». En outre, toujours selon le communiqué, il a également laissé entendre que les militaires, notamment Colonel Assimi Goïta, veulent faire une nouvelle constitution pour se maintenir au pouvoir.

Le Collectif pour la défense des militaires rappelle dans son long communiqué que les réformes constitutionnelles en cours sont « une recommandation des Assises nationales de la Refondation (ANR) », que la nécessité de ces réformes prévaut depuis les régimes des feux présidents Amadou Toumani Touré, et Ibrahim Boubacar Keita. « Qu’en plus, le Colonel Assimi Goïta ne s’est jamais prononcé sur son avenir politique ».

« Maintenir l’ordre public et la sécurité de l’État »

« Dès lors, ces allégations infondées, irresponsables, indignes et clairement malveillantes démontrent à suffisance les desseins malsains de leur auteur dont l’objectif n’est autre que de créer la haine entre les Maliens et provoquer des troubles graves à l’ordre public », charge le CDM qui avait déjà dénoncé ce genre de pratique dans son communiqué du 6 mars 2023 : « Un Magistrat ne saurait s’arroger le droit, en Violation des Principes fondamentaux de la Corporation, de porter la Casquette du Syndicat et du Politicien d’autant plus qu’il ne peut être arbitre et joueur à la fois ».

Le CDM dit attendre néanmoins que le magistrat en question prouve ses propos devant l’opinion nationale et internationale. Le collectif exhorte le ministre en charge de la justice et les acteurs de la justice pour faire respecter les textes régissant la profession de magistrat.

À cet égard, le CDM dans sa note, « salue le communiqué du SYLIMA en date du 6 mars 2023 qui condamne l’entrée dans l’arène politique de certains magistrats et se désolidarise de ces pratiques de nature à décrédibiliser la magistrature ».

Le CDM demande « aux autorités compétentes de prendre toutes les dispositions légales nécessaires pour maintenir l’ordre public et la sécurité de l’État. »

Mohamed Camara

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Abdoulaye Maïga, Premier ministre par intérim
Actu

Référendum : le gouvernement malien annonce un « léger report »

by Sahel Tribune 10 mars 2023
written by Sahel Tribune 1 minutes read

Initialement prévu pour le 19 mars prochain, le référendum connaitra un « léger report », a informé le gouvernement de transition, ce vendredi 10 mars 2023. Les autorités maliennes justifient ce report par la « ferme volonté » d’appliquer les recommandations des Assises nationales de la Refondation (ANR), notamment « la pleine opérationnalisation de l’Autorité Indépendante de Gestion des Élections (AIGE) ».

Pour l’opérationnalisation effective de cette autorité, il doit être procédé à l’installation de ses coordinations décentralisées, dans les 19 régions administratives du Mali et le district de Bamako. Aussi, avant la tenue du référendum, les autorités maliennes de la transition entendent obtenir plus d’inclusivité autour du projet de constitution, remis au président de la transition, le 27 février. Pour ce faire, elles procéderont à sa vulgarisation, qui pourrait passer par la traduction du projet dans diverses langues nationales du pays.

« La nouvelle date du référendum sera fixée, après concertation avec l’Autorité indépendante de Gestion des Élections et l’ensemble des acteurs du processus électoral », a rassuré le gouvernement dans son communiqué. Il réitère également son engagement pour un retour rapide à l’ordre constitutionnel, après avoir mené les réformes nécessaires.

La rédaction

10 mars 2023 0 comments
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naufrage
ActuSécurité

Naufrage en Tunisie : quatorze migrants subsahariens morts noyés

by Hawa Diaby 10 mars 2023
written by Hawa Diaby 2 minutes read

Des migrants subsahariens sont morts noyés, d’autres secourus au large de la Tunisie, suite au naufrage du bateau qui les transportait, dans la nuit du 8 au 9 mars 2023. Les causes exactes du drame n’étaient pas encore déterminées.

Quatorze migrants de pays d’Afrique subsaharienne sont morts noyés et cinquante-quatre autres ont été secourus à la suite du naufrage de leur embarcation au large de la Tunisie, dans la nuit de mercredi à jeudi, ont annoncé les garde-côtes tunisiens, le jeudi dernier. Ce drame a lieu au moment où les ressortissants de ces pays subissent des violences inouïes et cherchent à quitter le pays à la suite des propos du président Kais Saied, à l’endroit des migrants. Des propos jugés par des ONG comme « raciste et haineux ».

Le président tunisien Kais Saied avait affirmé, le 21 février, que la présence en Tunisie de « hordes » d’immigrés clandestins provenant d’Afrique subsaharienne était source de « violence et de crimes » et relevait d’une « entreprise criminelle » visant à « changer la composition démographique » du pays.

La « légalité tunisienne concernant les étrangers »

Ce pays compte plus de 21 000 ressortissants de pays d’Afrique subsaharienne. Ces migrants occupent une place importante dans l’économie et le développement de ce pays ainsi que celui de l’Italie, qui est composé de plus de 32 000 migrants, dont 18 000 Tunisiens, arrivés clandestinement en provenance de la Tunisie en 2022, selon le Figaro de France.

Beaucoup de migrants subsahariens tentent de retourner en urgence dans leur pays d’origine. Certains pays de la région, comme le Mali et la Côte d’Ivoire, ont commencé à rapatrier leurs ressortissants. Près de 300 Maliens et Ivoiriens ont rejoint, le 4 mars dernier, leurs pays, après avoir été rapatriés en avion de Tunisie pour fuir des agressions et des manifestations d’hostilité.

Afin de calmer les esprits après ses propos, Kais Saied a affirmé, mercredi, que les Africains présents en Tunisie sont des « Frères ». C’était lors d’une entrevue avec le président de la Guinée-Bissau, selon une vidéo diffusée par la présidence tunisienne. Selon ses précisions, l’objectif de son discours était de faire respecter la « légalité tunisienne concernant les étrangers ».

Il estime que son discours a été mal interprété en vue de nuire à la Tunisie. Il reste toutefois convaincu que « cette situation concernant les Africains ne peut être interprétée par les langues malveillantes, comme ils l’ont fait ces derniers jours, comme du racisme ».

Hawa Diaby

10 mars 2023 0 comments
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Kais Saeid
ActuSécurité

Tunisie : propos « racistes », enquête indépendante et demande d’excuse

by Chiencoro 10 mars 2023
written by Chiencoro 4 minutes read

Des organisations de défense des droits humains condamnent les propos du président tunisien, se mobilisent et appellent à l’ouverture d’une enquête indépendante en Tunisie sur la flambée de violence. Elles estiment que les migrants subsahariens méritent des excuses bien que le mal ait déjà été fait.

Arrestations et détentions arbitraires, agressions, expulsions de leur logement, licenciement abusif, tel est le sort des migrants subsahariens depuis les propos du président tunisien, le 21 février 2023. Cette flambée de violence risque d’être particulièrement difficile et dangereuse pour les migrants les plus vulnérables, comme les « sans-papiers, qui ne semblent pas être concernés par les mesures d’urgence annoncées », craignent la Fédération internationale pour les droits humains (FIDH) et ses 78 organisations membres en Afrique subsaharienne, au Maghreb et au Moyen-Orient, dans une déclaration conjointe, le 9 mars dernier.

Complot pour le « grand remplacement »

Présidant une réunion du Conseil de sécurité nationale, « consacrée aux mesures urgentes qui doivent être prises pour faire face à l’arrivée en Tunisie d’un grand nombre de migrants clandestins en provenance d’Afrique subsaharienne », le président tunisien Kais Saied a chargé les migrants venant de cette région africaine. Il a tenu des propos très durs sur l’arrivée de « hordes des migrants clandestins » dont la présence en Tunisie est selon lui source de « violence, de crimes et d’actes inacceptables » et insisté sur « la nécessité de mettre rapidement fin » à cette immigration.

Il a soutenu que cette immigration clandestine relevait d’une « entreprise criminelle ourdie à l’orée de ce siècle pour changer la composition démographique de la Tunisie ». Il évoque donc un complot pour le « grand remplacement » afin de la transformer la Tunisie en un pays « africain seulement » et estomper son caractère « arabo-musulman ».

Depuis cette annonce, les migrants venus d’Afrique subsaharienne dorment un œil ouvert. Leur situation est devenue plus difficile. Saadia Mosbah, présidente de M’nemty, une association qui combat les discriminations raciales en Tunisie, explique que « la stigmatisation se fait par la couleur de la peau, et par conséquent même certains Tunisiens noirs se font agresser comme c’est arrivé à l’un d’entre eux à Sfax ».

La loi organique n° 2018-50 du 23 octobre 2018

Beaucoup de migrants subsahariens tentent de retourner en urgence dans leur pays d’origine. Certains pays de la région, comme le Mali et la Côte d’Ivoire, ont commencé à rapatrier leurs ressortissants. Près de 300 Maliens et Ivoiriens ont rejoint, le 4 mars dernier, leurs pays, après avoir été rapatriés en avion de Tunisie pour fuir des agressions et des manifestations d’hostilité.

Tout en exhortant l’État tunisien à respecter les instruments régionaux et internationaux de protection des droits humains qu’il a librement signés et ratifiés, la FIDH rappelle que ces violences sont condamnées et sanctionnées par la législation tunisienne. Cette organisation de défense des droits de l’homme évoque surtout la loi organique n° 2018-50 du 23 octobre 2018, relative à l’élimination de toutes les formes de discrimination raciale. Ce qui avait fait de la Tunisie le premier pays du Maghreb à s’être doté d’une législation antiraciste.

Drissa Traoré, secrétaire général de la FIDH, invite les autorités tunisiennes à ouvrir « une enquête indépendante pour faire toute la lumière sur les violations subies par les migrants subsahariens, établir les responsabilités et rendre justice aux victimes. C’est une urgence absolue. La lutte contre l’impunité pour les violations des droits humains doit être au cœur de l’action de l’État tunisien, quelles que soient les victimes et les responsables. »

« Le mal est fait »

En tant que président de la CEDEAO, je rendis visite au Président Kais Saied pour m'enquérir de la situation des africains subsahariens en Tunisie. Evoquant la déformation de ses propos, il assura de croire aux valeurs africaines d'union, d'accueil et de respect et les préserver. pic.twitter.com/ps6dZKKCE8

— Umaro Sissoco Embaló (@USEmbalo) March 8, 2023

Kais Saied a évoqué, devant le président des Chefs d’État et de gouvernement de la Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest (Cédéao), de passage par Tunis, une « déformation de ses propos ». Il assure croire aux valeurs africaines d’union, d’accueil et de respect et s’engage à les préserver, a rapporté Umaro Sissoco Embaló. Le 5 mars 2023, le Président Saïed avait appelé à l’apaisement sans présenter d’excuses. Selon la FIDH, « le mal est fait ».

Cette situation a conduit l’Union africaine à reporter à une date ultérieure une conférence panafricaine qui devait se tenir prochainement à Tunis. La Banque mondiale a quant à elle annoncé récemment sa décision de suspendre son cadre de partenariat avec la Tunisie.

Chiencoro Diarra

10 mars 2023 0 comments
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Débats publics
Actu

Mali : débats publics autour des futures échéances électorales

by Bakary FOMBA 9 mars 2023
written by Bakary FOMBA 3 minutes read

Le mardi 7 mars 2023, le Mémorial Modibo Keïta de Bamako a servi de cadre à l’ouverture des débats publics autour des résultats du monitoring en lien avec le plan d’actions du gouvernement de la transition du Mali.

Pour échanger sur les résultats du plan d’actions du gouvernement de la transition malienne, la Fondation Tuwindi, en partenariat avec le Programme des Nations Unies pour le Développement (PNUD), organise du mardi 7 au jeudi 9 mars 2023, des débats publics à l’endroit des jeunes leaders du Mali. Pour ce premier jour des débats, animés par Dr Ibrahima Sangho, président de l’Observatoire pour les élections et la bonne gouvernance au Mali, le thème portait sur le « report du referendum, impact et enjeu ».

Des doutes sur le respect du chronogramme

À moins d’un an des échéances électorales, la classe politique malienne est en plein bouillonnement au point que d’aucuns craignent une crise pré ou postélectorale dans ce pays déjà fragilisé par la crise sécuritaire. Si on s’en tient au chronogramme électoral, établi par le pouvoir actuel, les élections s’annoncent à grands pas, notamment les élections sur le référendum, celles sur les collectivités territoriales, ainsi que les élections générales. D’ores et déjà, beaucoup de doutes planent sur le respect de ce chronogramme, dans la mesure où beaucoup restent encore à faire, dans un si peu de temps.

En effet, beaucoup d’acteurs politiques maliens estiment que tous les ingrédients ne sont pas réunis pour la tenue de toutes ces élections, aux dates indiquées. Le possible « report du référendum » reste une belle illustration.

Au cours de ce premier jour, des débats, consacrés aux résultats du monitoring en lien avec le plan d’actions du gouvernement de la transition, Dr Ibrahima Sangho, a fait un exposé enrichissant sur le « report du référendum », notamment sur son « impact » et son « enjeu ». Dans son exposé, Dr Sangho a abordé plusieurs aspects, dont la mise en place laborieuse de l’Autorité indépendante de gestion des élections (AIGE), le récent découpage électoral, qui pourrait s’avérer problématique, ainsi que l’épineuse question du fichier électoral.

« La communauté internationale attend le Mali »

Au cours de cette activité, Dr Sangho n’a pas manqué de proposer des pistes de solutions, pouvant permettre au Mali d’échapper à de nouvelles sanctions. Tout en soulignant la nécessité d’opérationnaliser des cercles et des arrondissements, avant tout scrutin, Dr Sangho propose tout de même la correction des erreurs matérielles de plus de huit millions de votants.

Pour le président de l’Observatoire pour les élections et la bonne gouvernance au Mali, il est quasi impossible de respecter le délai imparti par le chronogramme électoral, avec toutes les réformes en cours. Surtout le nouveau découpage électoral, qui fait que le Mali passe de 8 régions à 19 et de 49 cercles à 159.

Pour pouvoir tenir les élections à temps, Dr Sangho ne cache pas son souhait d’abandonner certaines réformes en cours. Selon cet expert en questions électorales et politiques, le Mali ne peut pas opérationnaliser tous ces régions et cercles dans le délai imparti pour l’organisation des élections. Il invite toutefois à faire l’impasse sur certaines réformes pour pouvoir respecter le chronogramme. « La communauté internationale attend le Mali pour des élections présidentielles en février 2024 », a-t-il prévenu.

Bakary Fomba

9 mars 2023 0 comments
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