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Vacances scolaires africaines
ActuÉducation

Vacances scolaires : ce que deviennent les enfants africains 

by Sahel Tribune 22 juin 2026
written by Sahel Tribune 7 minutes read

À travers les romans « Fatoma, le broussard » et « Enfant des ruines », cette analyse explore la réalité des vacances scolaires en Afrique : travail domestique, lecture, vulnérabilité sociale et risque d’enrôlement dans les zones de conflit.

Il y a dans la littérature africaine contemporaine deux enfants qui ne se ressemblent pas, mais qui partagent le même destin dès que les portes de l’école se ferment. Fatoma Traoré, le broussard de Toumouni né sous la pluie de 1991, héros du roman éponyme de Fousseni Togola (Fatoma, le broussard, KDP, 2026). Et Seydou, l’enfant brillant arraché à son enfance par la guerre dans Enfant des ruines (L’Harmattan, 2025), du même auteur. Deux garçons, deux Afriques, deux façons d’habiter le temps libre. Mais dans les deux cas, une vérité qui dérange : pour des millions d’enfants africains, les vacances scolaires ne sont pas un repos. Elles sont une autre école — plus dure, plus silencieuse, et souvent plus formatrice.

Fatoma, ou les vacances comme continuation du labeur

Dans Fatoma, le broussard, les vacances n’existent pas au sens occidental du terme. Dès que le lycée de Toubanisso ferme ses portes, le garçon reprend sa place dans l’ordre immuable du foyer Traoré : l’étable, le puits, les corvées. C’est lui qui, à l’aube, sort avec les seaux pour arroser le jardin de sa mère Assou. C’est lui qui part en brousse chercher du fourrage pour les moutons et les chèvres. C’est lui qui pile le mil, nettoie la cour, accomplit ce que ses sœurs encore trop jeunes ne peuvent pas faire.

Ses camarades de Toumouni l’avaient d’ailleurs surnommé « Bintou » — le prénom féminin — en signe de cette étrange condition d’enfant-serviteur accomplissant des tâches dévolues généralement aux filles. Ce surnom, mi-moquerie mi-reconnaissance, dit tout de ce que les vacances signifient pour un fils de famille rurale au Sahel : non pas la liberté, mais le transfert de charges. L’école absorbait le garçon ; la maison le reprend.

Ce qui frappe dans la description que fait Togola de ces vacances, c’est l’absence totale de culpabilité chez les adultes. Tiéfing, le père, n’ignore pas ce que fait Fatoma. Il le sait, et il l’organise. Pour lui, le travail physique est une pédagogie autant que l’école. « L’école, c’est la souffrance », dit-il à son fils blessé. Ce principe traverse toute sa conception de l’enfance : souffrir forme, endurer construit, peiner prépare.

Pourtant Togola résiste à la caricature. Car Fatoma, dans cette vie de labeur, ne cesse jamais de lire. Entre deux corvées, un cahier. Dans la brousse, un livre. Les vacances deviennent pour lui une école parallèle, clandestine, intime. Il note des mots inconnus, questionne son père sur l’histoire du Zanzane, complète par la lecture ce que l’école lui a donné en fragments. La bibliothèque du lycée ne lui manque pas — il en invente une, portative, dans ses poches.

Seydou, ou les vacances volées par la guerre

Dans Enfant des ruines, la question des vacances prend une dimension radicalement autre. Seydou, lui, n’a pas de vacances : la violence les lui a confisquées une fois pour toutes. Le roman de Togola décrit avec une précision chirurgicale ce que la guerre fait au temps de l’enfance. Elle le détruit d’abord physiquement — le village est pillé, la famille décimée, la maison réduite à des ruines. Puis elle le colonise psychologiquement : les groupes armés imposent à leurs recrues enfants un emploi du temps de caserne qui est à l’exact opposé des vacances. Lever avant l’aube, entraînements épuisants, privation de sommeil, récitation de versets dévoyés. Pas de jeu, pas de repos, pas de transmission familiale. Juste le dressage.

Ce tableau n’est pas une fiction pure. Les Nations Unies estiment qu’au Sahel, plusieurs milliers d’enfants sont enrôlés chaque année dans des groupes armés, souvent précisément pendant les périodes où l’école est fermée. Les vacances, dans les zones de conflit, sont la saison de recrutement des groupes jihadistes. L’absence de cadre scolaire, la disponibilité des corps et des esprits, la rupture des liens familiaux — autant de fenêtres d’opportunité pour l’endoctrinement. Togola le montre sans équivoque : ce n’est pas pendant les cours que Seydou est capturé. C’est dans le vide laissé par la destruction de sa vie d’avant.

Deux romans, un même diagnostic : le vide est dangereux

Ce que ces deux œuvres posent ensemble, en creux, c’est la question politique du temps libre de l’enfant africain. Dans les deux cas — la brousse sahélienne de Fatoma et les zones de conflit de Seydou — les vacances scolaires révèlent une même vulnérabilité structurelle : l’absence d’une politique publique pensée pour occuper, stimuler, protéger l’enfant quand l’école n’est plus là.

En Europe, les vacances scolaires ont généré toute une industrie de la jeunesse : colonies, centres aérés, sports, activités culturelles, bibliothèques ouvertes l’été. En Afrique subsaharienne, dans les zones rurales et les périphéries urbaines, le modèle dominant reste celui que décrit Fatoma : l’enfant retourne au travail domestique et agricole, parfois de manière intensive. Ce n’est pas nécessairement mauvais — la transmission des savoirs pratiques, le lien intergénérationnel, la fierté du labeur ont une valeur réelle. Togola lui-même ne condamne pas ce modèle. Il le montre dans sa complexité : Fatoma en sort plus fort, plus endurant, plus ancré. C’est la brousse qui lui a donné ce sens du détail et cette capacité d’observation qui feront de lui, plus tard, un lycéen exceptionnel.

Mais ce modèle a ses limites. Il ne protège pas contre la violence. Il ne propose rien aux enfants des villes, déracinés des pratiques rurales mais sans ressources pour occuper leur temps autrement. Et surtout, il ne prépare pas les enfants les plus vulnérables — ceux de Seydou — à résister à la prédation des groupes armés.

Ce que l’harmoniologie d’Anta nous enseigne

Dans Fatoma, il y a une figure qui traverse le roman comme une boussole philosophique : la vieille Anta, mère d’Assou, qui énonce dans un couloir d’hôpital un principe qu’elle appelle l’harmoniologie. « Toute réalité repose sur une interaction vivante entre forces contraires. L’harmonie n’est pas un état figé, mais un ajustement constant. »

Ce principe populaire, formulé sans université ni bibliothèque, est en réalité une philosophie de l’éducation. Il dit que l’enfant qui souffre, qui travaille, qui endure — mais qui reçoit aussi de l’amour, de la transmission, du récit — est un enfant qui s’équilibre. Ce n’est pas le travail seul qui forme Fatoma, c’est l’alternance entre labeur et lecture, entre obéissance et rébellion intérieure, entre le poids de la cour familiale et les rêves d’université.

Les vacances, dans cette optique, ne sont pas un problème en soi. Elles deviennent problématiques quand elles basculent entièrement d’un côté : trop de travail sans répit, trop d’oisiveté sans structure, ou — comme pour Seydou — trop de violence sans contre-récit. L’équilibre est la clé. Et cet équilibre, dans les sociétés africaines contemporaines, ne peut plus être laissé à la seule sphère familiale.

Une interpellation pour les États

À quelques jours des vacances scolaires dans plusieurs pays du Sahel et d’Afrique de l’Ouest, les deux romans de Fousseni Togola arrivent comme une interpellation discrète mais ferme aux décideurs publics. Que font nos États pour l’enfant quand l’école ferme ? Quelles bibliothèques restent ouvertes ? Quels programmes sportifs ou culturels existent dans les quartiers périphériques et les villages ? Quels filets de protection sont tendus pour les enfants des zones de conflit, qui risquent de passer leurs vacances dans les mains de groupes armés ?

Fatoma s’en est sorti parce qu’Assou veillait. Parce que Kouréichi existait. Parce qu’un professeur de français l’a publié dans son journal local. Parce que la vieille Ramata, à Toubanisso, a fait de sa maison un refuge pour les écoliers déracinés.

Seydou s’en est sorti — à moitié — parce qu’il portait en lui ce que ses parents lui avaient transmis avant que la guerre n’arrive.

Mais combien de Fatoma et de Seydou n’ont ni Assou, ni Kouréichi, ni Ramata ?

Les vacances scolaires ne sont pas un détail de calendrier. Elles sont, pour des millions d’enfants africains, le moment où tout peut basculer — vers le haut ou vers le bas. Il est temps que nos politiques publiques le traitent comme tel.

A.D

22 juin 2026 0 comments
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Fête de la musique
A la UneSeko ni Donko

Fête de la musique : les artistes maliens célèbrent la diversité culturelle nationale

by Ibrahim Kalifa Djitteye 22 juin 2026
written by Ibrahim Kalifa Djitteye 4 minutes read

Le Palais de la Culture Amadou Hampâté Bâ a accueilli, le dimanche 21 juin 2026, la Fête de la Musique « Donkili Nianadjè », couplée au lancement officiel du Programme de revitalisation du site. L’événement s’est déroulé sous la haute présidence du ministre de l’Artisanat, de la Culture, de l’Industrie hôtelière et du Tourisme, M. Mamou Daffé, représenté par le Secrétaire général Mahamadou dit Koumbouna Diarra.

Étaient également présents le Directeur général du Palais, les membres du cabinet du département, les acteurs culturels, les partenaires techniques et financiers, ainsi que Djibril Simaga, président de l’Union des Musiciens du Mali (UMUMA). Cette mobilisation a montré l’importance de l’événement et la volonté commune de valoriser le patrimoine artistique national.

Une célébration musicale au service du Mali

Placée sous le thème « La culture, pilier pour bâtir le Mali nouveau », cette édition a mis en avant la musique comme vecteur de cohésion sociale et de souveraineté culturelle. Le thème rappelle le rôle central de la culture dans la construction nationale et dans la promotion des valeurs de paix, de dialogue et de fraternité, essentielles pour renforcer l’unité et l’identité du peuple malien.

Le Secrétaire général Mahamadou dit Koumbouna Diarra a, au nom du ministre Mamou Daffé, salué l’engagement de l’Union des Musiciens du Mali et des artistes. Il a rappelé que leur mobilisation traduit la vitalité du secteur culturel et la volonté commune de faire rayonner davantage le patrimoine artistique national. Il a également encouragé les acteurs culturels à s’approprier pleinement le programme de revitalisation du Palais pour en assurer le succès.

Une fête universelle célébrée chaque 21 juin

La Fête de la Musique, célébrée chaque 21 juin, est née en France en 1982 sous l’impulsion de Jack Lang et Maurice Fleuret. Elle repose sur le principe de concerts gratuits et ouverts à tous, où amateurs et professionnels se produisent dans l’espace public. Aujourd’hui, elle est organisée dans plus de 120 pays, devenant un événement universel qui magnifie le talent, la créativité et la diversité culturelle des peuples.

Fête de la musique au Mali
Fête de la Musique 2026 au Mali : les artistes célèbrent la diversité culturelle nationale. ©Ibrahim Kalifa Djitteye/Sahel tribune.

La soirée a été animée par une programmation artistique riche et variée. Les prestations de Madou Sidiki Diabaté avec Foli Blon, Aminata Koné, Amanar de Kidal, Gaoussou Koné, Ali Farka Band, Doussou Bagayoko, Badema National, Master Soumy et Oumar Konaté ont mis en lumière la diversité et la richesse de la musique malienne.

Une diversité musicale au service du public

Chaque prestation a apporté une couleur particulière à la soirée. Les sonorités traditionnelles se sont mêlées aux créations modernes, offrant au public une expérience musicale unique. Les artistes confirmés ont côtoyé les jeunes talents, démontrant que la musique malienne reste un espace de transmission, de créativité et d’innovation. Elle séduit toutes les générations et renforce le rayonnement culturel du pays au‑delà de ses frontières.

Le public, venu nombreux, a profité pleinement des mélodies et des performances. L’ambiance festive a transformé l’esplanade du Palais de la Culture en un lieu de communion et de partage. Les spectateurs ont salué la qualité des prestations et l’organisation de l’événement, qui a permis de mettre en valeur la diversité des expressions artistiques et de renforcer le lien entre les artistes et la société malienne.

Une identité culturelle affirmée pour le Mali

La Fête de la Musique au Mali s’inscrit dans une dynamique mondiale, mais elle conserve une identité propre. Elle valorise les traditions musicales locales tout en s’ouvrant aux créations contemporaines. Cette édition 2026 a montré que la musique malienne demeure un instrument de dialogue et de rassemblement, capable de porter la voix du pays au‑delà de ses frontières et de renforcer la cohésion nationale.

Enfin, la cérémonie s’est conclue par des mots porteurs d’unité et de fierté nationale. Les organisateurs ont réaffirmé que la Fête de la Musique n’est pas seulement un rendez‑vous artistique, mais aussi un symbole de résilience et de renaissance culturelle. Elle restera gravée comme un moment de cohésion et d’espérance, confirmant la place centrale de la culture dans le développement du Mali.

Ibrahim Kalifa Djitteye 

22 juin 2026 0 comments
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Liste des admis au DEF 2026
ActuÉducation

Résultats du DEF 2026 au Mali : liste des admis

by Sahel Tribune 21 juin 2026
written by Sahel Tribune 1 minutes read

Les résultats du DEF 2026 au Mali affichent un taux de réussite de 65,40 %, contre 53,02 % en 2025. Une progression qui illustre les effets de la réforme éducative et de la lutte contre la fraude engagées depuis 2021.

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Amadou SY Savané
ActuEnquête

Résultats DEF 2026 : comment le Mali a redressé son système éducatif en cinq ans

by Chiencoro 21 juin 2026
written by Chiencoro 7 minutes read

Proclamés vendredi 19 juin, les résultats du Diplôme d’études fondamentales marquent un tournant dans la politique éducative de la Transition. Après des années de réforme douloureuse, le système scolaire malien trouve enfin son rythme.

Vendredi 19 juin 2026, 15 heures. Sur toute l’étendue du territoire national, les directeurs d’académie d’enseignement proclament les résultats du Diplôme d’études fondamentales (DEF), session de juin 2026. Le chiffre tombe, net, incontestable : 65,40 %. Sur les 333 336 candidats ayant pris part aux épreuves, 204 609 sont déclarés admis. En un an, le taux de réussite national a bondi de 12,38 points — il était de 53,02 % en 2025. C’est la meilleure session depuis le début de la Transition, et la confirmation statistique d’une politique éducative qui, après avoir traversé ses heures les plus sombres, commence à produire des résultats tangibles.

Du creux à la remontée : cinq ans d’une courbe sinueuse

Pour comprendre ce que représente ce 65,40 %, il faut relire l’histoire récente du DEF malien — celle d’un système éducatif passé par le feu d’une réforme exigeante avant d’en récolter les bénéfices.

En 2021, dernière session avant que la Transition ne structure sa politique anti-fraude, le taux de réussite atteignait 68,67 %. Un chiffre flatteur, mais largement artificiellement gonflé par des décennies de tolérance pour les fuites de sujets, la fraude organisée et la complaisance dans la correction. Les examens maliens s’étaient tristement illustrés par une tradition de tricherie institutionnalisée, où des sujets circulaient avant le jour J, où des correcteurs fermaient les yeux, où le niveau réel des élèves était masqué derrière des résultats enjolivés.

À partir de 2022, les autorités de la Transition ont décidé de rompre avec ce système. La rupture fut brutale — et les chiffres le montrent sans équivoque. Cette année-là, le taux s’est effondré à 47,86 %, soit une chute de plus de vingt points. Puis en 2023, le creux fut atteint : 30,32 % seulement, sur 245 288 candidats présentés. Un taux qui avait semé l’inquiétude chez les parents, alimenté les critiques des opposants à la Transition, et posé la question, légitime, de l’efficacité d’une réforme qui semblait punir les élèves pour les fautes du système.

Mais c’était méconnaître la logique de la rupture. Ce n’était pas l’élève malien qui était en échec. C’était la fraude que l’on mettait à mort.

La remontée commença en 2024, avec 44,46 %, puis s’accentua en 2025 avec 53,02 %. Et aujourd’hui, en 2026, le taux de 65,40 % dit quelque chose d’essentiel : le système scolaire malien, purgé de ses artifices les plus grossiers, est en train de reconstruire une performance réelle, fondée sur le travail effectif des élèves, l’encadrement des enseignants et l’intégrité des épreuves.

Une organisation exemplaire dans un contexte difficile

Ce qui rend ce résultat d’autant plus remarquable, c’est le contexte dans lequel il a été obtenu. Le DEF 2026 s’est tenu dans un pays dont une partie du territoire reste sous pression sécuritaire, où les syndicats d’enseignants avaient brandi la menace d’une grève pour obtenir la revalorisation de leurs conditions salariales, et où l’organisation logistique d’un examen national représente un défi considérable pour un État dont les ressources restent contraintes par cinq années de sanctions et de réorientation budgétaire.

Les épreuves sportives et physiques se sont déroulées du 11 au 23 mai sur l’ensemble du territoire national, suivies des compositions écrites qui ont débuté le lundi 1er juin pour prendre fin le mercredi 3 juin 2026. Un calendrier tenu, malgré les obstacles. Les résultats, eux, ont été proclamés le vendredi 19 juin, à partir de 15 heures sur toute l’étendue du territoire national, les candidats étant invités à consulter leurs résultats sur la plateforme du Centre national des examens et concours de l’éducation (CNECE) — une innovation numérique qui évite aux familles des déplacements parfois longs et coûteux vers les centres d’affichage.

La digitalisation des résultats est un détail qui mérite attention. Elle s’inscrit dans une logique plus large de modernisation administrative que les autorités de la Transition ont portée dans plusieurs secteurs, et dont le secteur éducatif bénéficie désormais concrètement.

La lutte contre la fraude comme pilier de la réforme

La caractéristique la plus déterminante de la politique éducative de la Transition depuis 2021 reste la lutte systématique contre la fraude aux examens. Pendant des décennies, les fuites de sujets au DEF étaient une quasi-tradition au Mali — un secret de polichinelle qui faussait les résultats, démoralisait les élèves honnêtes et nourrissait une culture du raccourci incompatible avec la formation d’une génération compétente.

La tenue des épreuves du DEF 2022 avait été largement saluée pour son bon déroulement, sans fuite de sujets dans l’ensemble — ce qui était qualifié d’exception en matière d’examens dans le pays, pour la simple raison que cela faisait plusieurs années que cet examen se passait dans des conditions qui laissaient à désirer. Ce constat de 2022 est encore plus vrai aujourd’hui. Quatre ans après le début de cette politique de rigueur, elle est devenue la norme — et les résultats commencent à lui donner raison.

Le ministre de l’Éducation nationale et les services centraux de son département, notamment la Direction du Centre national de Concours et des Examens de l’Éducation, ont fait preuve d’une grande rigueur dans la traduction de la volonté des plus hautes autorités du pays, dont les maîtres mots restent la lutte contre la fraude sous toutes ses formes.

Ce que la courbe des résultats depuis 2021 raconte, en réalité, c’est le récit classique de toute réforme sérieuse : une phase de rupture douloureuse, un creux de transition, puis une remontée progressive fondée sur des bases assainies. Le taux de 30,32 % de 2023 n’était pas le signe d’un système éducatif en faillite — c’était celui d’un système en désintoxication.

204 609 nouveaux diplômés : un capital humain pour le futur

Au-delà des pourcentages, ce sont 204 609 jeunes Maliens — garçons et filles — qui franchissent ce vendredi 19 juin 2026 le premier grand seuil de leur vie académique. Le DEF n’est pas un aboutissement ; il est un accès. Celui vers l’enseignement secondaire général, technique et professionnel — vers les lycées, les centres de formation, les filières qui forgeront demain les techniciens, les professeurs, les médecins et les entrepreneurs dont le Mali a un besoin impérieux pour construire son développement dans les conditions de souveraineté que ses autorités lui ont fixées comme horizon.

Dans les cours des familles de Bamako, de Sikasso, de Mopti ou de Tombouctou, ces résultats ont été reçus vendredi avec des cris de joie, des prières de gratitude, des larmes — celles des mères surtout, qui ont su ce que coûte chaque bulletin de notes, chaque uniforme acheté à crédit, chaque nuit passée à veiller sur un enfant qui révise à la lueur d’une lampe.

Ce que les chiffres ne disent pas encore

Il serait inexact, cependant, de lire ces résultats comme une victoire totale. Le Mali reste l’un des pays au monde où le taux d’alphabétisation et d’achèvement scolaire sont parmi les plus fragiles. Le maintien des filles à l’école dans les zones rurales demeure un défi structurel. Les zones de conflit au centre et au nord du pays limitent encore l’accès de milliers d’enfants à une scolarité normale. Et si la lutte contre la fraude a produit des résultats encourageants, la qualité pédagogique — la formation des enseignants, les programmes scolaires, l’accès aux manuels — reste un chantier ouvert.

Le taux de 65,40 % de 2026 est un point de départ encourageant. Il ne sera significatif que si la tendance se confirme et si les 204 609 nouveaux diplômés trouvent, dans le secondaire et au-delà, un système capable de les porter jusqu’au bout de leur potentiel.

Mais pour l’heure, ce vendredi 19 juin, le Mali a le droit de prendre acte d’un progrès réel. Cinq ans après avoir décidé de regarder son école en face, d’en accepter les failles et d’en exiger la rigueur, les chiffres commencent à rendre justice à l’effort.

Chiencoro Diarra 

21 juin 2026 0 comments
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réunion des ministres des Affaires étrangères de l'AES
ActuPolitique

AES : une diplomatie commune pour peser sur la scène internationale

by Sahel Tribune 21 juin 2026
written by Sahel Tribune 3 minutes read

La Confédération des États du Sahel a tenu samedi dernier sa première réunion ministérielle consacrée à sa diplomatie commune. Entre affirmation de souveraineté et dénonciations des ingérences extérieures, Bamako s’impose comme le nouveau centre de gravité d’un projet géopolitique inédit.

C’est un rendez-vous discret, mais dont les enjeux débordent largement les couloirs feutrés du protocole diplomatique. Le samedi 20 juin 2026, les ministres des Affaires étrangères des trois États membres de la Confédération des États du Sahel (AES) — Mali, Burkina Faso, Niger — se sont retrouvés à Bamako pour une session ministérielle consacrée à ce qu’ils appellent le « pilier Diplomatie » de leur feuille de route commune. Une réunion qui, pour la première fois, donne une chair institutionnelle à l’ambition diplomatique d’une confédération née sur les décombres de trois ruptures avec Paris.

La session s’est ouverte sous la présidence du Burkinabè Karamoko Jean Marie Traoré, dont le pays assure la présidence tournante de la Confédération. Autour de la table, Abdoulaye Diop pour le Mali et Bakary Yaou Sangaré pour le Niger — trois hommes qui, chacun à sa manière, ont personnifié la rupture de leurs États respectifs avec la France et les institutions régionales traditionnelles comme la CEDEAO.

Deux jours de travaux préparatoires

La réunion ministérielle de ce samedi n’est pas tombée du ciel. Elle a été précédée, les 17 et 18 juin, d’une réunion des hauts fonctionnaires des trois pays — les cadres techniques qui ont planché sur les documents politiques, juridiques et diplomatiques soumis ce jour à la validation des ministres. Ce processus en deux temps — experts d’abord, ministres ensuite — signale une volonté de construction institutionnelle méthodique, loin de l’improvisation que certains observateurs extérieurs prêtaient volontiers à cette confédération née dans l’urgence des changements de régimes intervenus dans ces pays.

L’ordre du jour est centré sur l’adoption d’une « approche commune et solidaire » dans la mise en œuvre du pilier diplomatique de la feuille de route de ce qu’ils appellent l’« An II » de la Confédération — comprenez la phase de consolidation, après une première année consacrée à l’architecture sécuritaire et aux ruptures symboliques.

Diop : entre bilan et offensive rhétorique

Le ministre malien Abdoulaye Diop n’a pas manqué l’occasion de hausser le ton. Saluant les « avancées notables » dans la construction confédérale — sur les volets défense, diplomatie et développement —, il a également dénoncé avec vigueur ce qu’il a qualifié de « désinformation, manipulation, apologie du terrorisme et relai médiatique orchestré par des sponsors étatiques étrangers, nostalgiques d’un impérialisme international ou d’une hégémonie régionale ». Une formulation qui, sans nommer personne, vise clairement Paris — et dans une moindre mesure les institutions onusiennes et certains médias occidentaux régulièrement accusés de biais par les gouvernements de transition sahéliens.

Diop a également fermement condamné les récentes attaques terroristes perpétrées au Mali et au Niger, dans un contexte sécuritaire qui reste explosif malgré les affirmations de succès des armées confédérées contre les groupes terroristes actifs dans la région.

Bamako, capitale d’un nouvel axe

Ce que cette réunion révèle, au fond, c’est l’ambition d’une Confédération qui ne veut plus être seulement une alliance militaire de circonstance. En s’attaquant au pilier diplomatique, les trois États cherchent à parler d’une seule voix sur la scène internationale — dans les forums multilatéraux, dans les négociations commerciales, dans les crises régionales. C’est un saut qualitatif considérable pour des pays qui, jusqu’à leur rupture avec la CEDEAO en janvier 2025, n’avaient pas de cadre commun de politique étrangère.

Ce qui est certain, c’est que Bamako s’impose progressivement comme la capitale symbolique de ce nouvel ordre sahélien. La ville accueille ce sommet moins d’une semaine après avoir reçu plusieurs délégations diplomatiques venues de Moscou, Pékin et Ankara. Le calendrier n’est pas anodin. La réunion de ce samedi envoie un signal clair : l’AES n’est pas une parenthèse née de trois coups d’État successifs. Elle entend s’inscrire dans la durée, avec ses propres codes, ses propres alliances, et sa propre lecture du monde.

A.D

21 juin 2026 0 comments
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8e édition de la Journée nationale de l’Arbre
ActuClimat et environnement

Burkina Faso : Ibrahim Traoré mobilise les citoyens pour reverdir le pays lors de la Journée nationale de l’Arbre

by Chiencoro 21 juin 2026
written by Chiencoro 3 minutes read

À l’occasion de la 8e Journée nationale de l’Arbre, le président burkinabè Ibrahim Traoré a appelé chaque citoyen à planter et entretenir un arbre. Une initiative placée sous le thème « Ma concession, mon arbre » pour renforcer la résilience environnementale du Burkina Faso.

« Planter un arbre, c’est contribuer à la vie de l’humanité entière. » C’est par ces mots que le président du Faso, le capitaine Ibrahim Traoré, a clôturé son intervention ce samedi, après avoir lui-même mis en terre son arbre à l’occasion de la 8e édition de la Journée nationale de l’Arbre. Une cérémonie placée, cette année, sous le thème « Ma concession, mon arbre », et à laquelle le Premier ministre Rimtalba Jean Emmanuel Ouédraogo a également pris part en plantant le sien.

Un geste présidentiel, un message écologique

Au-delà du symbole, le chef de l’État a tenu à justifier l’importance de l’acte. « Planter un arbre, c’est un acte très important », a-t-il déclaré, énumérant les fonctions vitales de l’arbre : nourrir les hommes et les animaux, offrir de l’ombrage, assurer l’équilibre écologique, embellir l’environnement, et soigner les êtres humains comme les animaux.

C’est toutefois par une image inattendue que le capitaine Traoré a frappé les esprits, en reliant le sort des arbres à celui des abeilles. Selon lui, les fleurs des arbres nourrissent les abeilles par leur nectar et leur pollen, alors que ces insectes assurent l’essentiel de la pollinisation sur Terre. Sa conclusion se voulait sans appel : sans arbres, pas d’abeilles ; sans abeilles, plus de nourriture possible pour l’humanité. Un raisonnement qui l’a conduit à renouveler son appel à chaque Burkinabè à planter et entretenir au moins un arbre, « pour que cet arbre puisse servir l’humanité ».

Le Premier ministre relaie l’appel présidentiel

À sa suite, le Premier ministre a lui aussi planté son arbre, traduisant en acte l’appel lancé par le chef de l’État. Pour le chef du gouvernement, le thème retenu cette année, « Ma concession, mon arbre », rappelle que la protection de l’environnement commence d’abord dans chaque foyer : planter et entretenir un arbre dans sa propre concession relève, selon lui, d’une responsabilité à la fois individuelle, familiale, communautaire et intergénérationnelle. Chaque concession, a-t-il insisté, doit devenir un lieu d’engagement concret pour un Burkina Faso plus vert, plus sain et plus résilient.

Le Premier ministre a par ailleurs salué la vision du président Traoré, qui place selon lui la reconquête environnementale au cœur même de la construction nationale. Dans un contexte marqué par les effets du changement climatique, la dégradation des terres et les défis liés à la sécurité alimentaire, l’arbre est présenté par l’exécutif burkinabè comme un allié stratégique pour renforcer la résilience des populations et consolider les bases du développement du pays.

Une journée instituée en symbole national

Célébrée chaque année le 20 juin depuis huit éditions, la Journée nationale de l’Arbre s’est imposée, au fil du temps, comme un rendez-vous mobilisateur de l’agenda environnemental burkinabè, où les plus hautes autorités de l’État donnent elles-mêmes le ton en multipliant les gestes symboliques. Reste à savoir si cet élan, porté cette année par un slogan résolument tourné vers l’échelle domestique, se traduira par une appropriation durable du geste au sein des foyers burkinabè, dans un pays où la pression sur les ressources naturelles ne cesse de s’accentuer.

Chiencoro Diarra

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Attaque contre l'aérport de Niamey
ActuPolitique

Attentat à l’aéroport de Niamey : l’AES affiche son unité face au terrorisme et aux menaces régionales

by Sahel Tribune 21 juin 2026
written by Sahel Tribune 4 minutes read

L’attaque du 18 juin contre l’aéroport international Diori Hamani révèle la fragilité sécuritaire persistante de la région, mais aussi la solidité politique d’une alliance qui entend démontrer sa capacité de résilience.

Jeudi 18 juin 2026. Aux abords de l’aéroport international Diori Hamani de Niamey, des combattants terroristes lancent une attaque d’envergure contre l’une des infrastructures stratégiques les plus sensibles de la République du Niger. Cible : désorganiser les capacités opérationnelles des Forces armées nigériennes. Résultat : un échec cuisant, selon le communiqué officiel publié le lendemain par la Confédération des États du Sahel (AES), signé à Ouagadougou par le Capitaine Ibrahim Traoré, président en exercice de la Confédération.

L’attaque intervient dans un contexte diplomatique particulièrement dense : deux jours plus tard, les ministres des Affaires étrangères des trois États membres — Mali, Burkina Faso, Niger — se réunissaient à Bamako pour leur première session consacrée au pilier diplomatique de leur feuille de route commune. La coïncidence du calendrier n’a pas échappé aux observateurs. Pour la Confédération, l’attaque de Niamey ne serait pas un hasard : elle viserait délibérément à déstabiliser une alliance en pleine phase de consolidation institutionnelle.

Une riposte rapide revendiquée

Le communiqué de l’AES salue « le professionnalisme, la réactivité, la vigilance et l’engagement déterminé des forces combattantes nigériennes », qui ont mis en déroute les assaillants. Les Forces armées du Niger ont pour leur part confirmé avoir repoussé l’attaque au prix de pertes humaines dans leurs rangs, sans en préciser le nombre. Des familles endeuillées sont mentionnées dans le texte confédéral, qui présente ses condoléances et souhaite « un prompt rétablissement aux personnes blessées ».

La rapidité de la réponse militaire mise en avant par Niamey et l’AES s’inscrit dans une communication soigneusement construite autour de l’idée de montée en puissance des armées sahéliennes. Depuis les ruptures successives avec les forces françaises et la mission onusienne Minusma — remplacée par des partenariats avec des instructeurs russes et d’autres coopérations bilatérales —, les gouvernements de transition s’attachent à démontrer leur autonomie opérationnelle face aux groupes armés.

Le ton du communiqué va cependant au-delà du simple constat sécuritaire. Il désigne nommément, sans les identifier, des « sponsors étatiques étrangers » qui soutiennent les groupes terroristes actifs dans la région. 

Ibrahim Traoré signe : un acte politique autant que sécuritaire

La signature du communiqué par le Capitaine Ibrahim Traoré lui-même — président du Faso, chef de l’État burkinabè et président en exercice de la Confédération AES — n’est pas anodine. Elle place la réponse à l’attentat de Niamey au niveau le plus haut de l’architecture confédérale, signalant que l’attaque est traitée non comme un incident nigérien isolé, mais comme une agression contre l’ensemble du bloc.

« Loin de saper l’élan qui guide la dynamique confédérale, les attaques récurrentes et téléguidées ne font que renforcer l’union sacrée des filles et des fils de l’AES », écrit le communiqué. Une formulation qui transforme l’attentat en argument politique en faveur de l’intégration confédérale : la menace extérieure comme ciment de la cohésion interne. Ce mécanisme n’est pas propre à l’AES — toutes les alliances militaires de l’histoire ont utilisé la pression extérieure comme facteur d’unification. 

Un contexte de consolidation accélérée

L’attentat de Niamey intervient à un moment charnière pour la Confédération. Créée formellement en juillet 2024 à la suite du retrait des trois pays de la CEDEAO, l’AES a d’abord concentré ses efforts sur l’architecture sécuritaire — coordination des forces armées, opérations conjointes contre les groupes armés, création d’une force confédérale. Elle entre désormais dans une phase de normalisation institutionnelle plus large, avec la structuration de son pilier diplomatique.

La réunion ministérielle de Bamako, qui s’est ouverte le lendemain de la publication du communiqué, devait notamment travailler à l’harmonisation des positions de politique étrangère des trois États dans les instances multilatérales. Un agenda ambitieux pour des pays dont les capacités administratives restent fragilisées par des années d’instabilité et dont les économies subissent les effets des sanctions imposées par la CEDEAO lors des transitions.

Ce qui est certain, c’est que la réponse confédérale à l’attentat de Niamey engage désormais les trois États au-delà de la rhétorique. En affirmant que la Confédération « demeure pleinement mobilisée aux côtés de la République du Niger », Ibrahim Traoré pose un principe de solidarité active qui crée des obligations réciproques. Si une attaque comparable visait demain Bamako ou Ouagadougou, le Niger serait politiquement tenu d’une réponse symétrique.

Oumarou Fomba 

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