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Forum africain de l'eau
ActuClimat et environnement

Au Forum africain de l’eau, le Tchad crée la surprise en supprimant les visas pour tous les Africains

by Chiencoro 16 juillet 2026
written by Chiencoro 4 minutes read

Réuni à N’Djamena les 15 et 16 juillet avec la Banque mondiale, le premier Forum africain de l’eau devait porter sur la crise hydrique du continent. Le président tchadien Mahamat Idriss Déby Itno y a surtout marqué les esprits par une annonce diplomatique inattendue, quelques instants avant la signature d’un pacte national pour l’eau de 3,8 milliards de dollars.

C’est par une annonce que personne n’attendait que le président tchadien Mahamat Idriss Déby Itno a conclu, ce mercredi 15 juillet, le discours d’ouverture du premier Forum africain de l’eau : à compter du 1er janvier 2027, le Tchad supprimera les visas d’entrée pour l’ensemble des ressortissants africains. « Le Tchad, pays de Toumaï, berceau de l’humanité, ouvre ses frontières et supprime les visas d’entrée pour tous les Africains », a déclaré le chef de l’État devant les délégations réunies dans la capitale tchadienne pour deux jours de travaux consacrés à la crise hydrique du continent.

La mesure, dont les modalités pratiques n’ont pas encore été précisées, place le Tchad dans le sillage d’une série d’annonces similaires ces dernières années : le Kenya avait ouvert ses frontières à la quasi-totalité des nationalités africaines en 2025, l’Angola dès 2023, tandis que le Togo instaurait en mai une exemption de trente jours pour les citoyens du continent. Ces gestes s’inscrivent dans la dynamique de la Zone de libre-échange continentale africaine et de l’Agenda 2063 de l’Union africaine, qui ambitionne à terme un passeport africain unique. Un horizon encore lointain tant la majorité des États du continent continuent d’exiger des visas de leurs voisins, ou de réserver leurs exemptions aux seuls ressortissants de leur communauté économique régionale.

Un forum sur fond de crise hydrique

Coorganisé par le gouvernement tchadien et le Groupe de la Banque mondiale, ce premier Forum africain de l’eau, placé sous le thème « De la vision à l’action », a réuni à N’Djamena plusieurs chefs d’État : le Béninois Romuald Wadagni, le Mauritanien Mohamed Ould Cheikh El Ghazouani, le Gabonais Brice Clotaire Oligui Nguema ou encore le Congolais Félix-Antoine Tshisekedi, ainsi que des représentants de plusieurs organisations de bassins fluviaux et régionales, dont la Commission du bassin du lac Tchad, l’Autorité du bassin du Niger ou l’Organisation pour la mise en valeur du fleuve Sénégal.

Dans son discours, le président tchadien a dressé un constat sombre de la situation hydrique du continent, citant les données du document de cadrage établi par la Banque mondiale. Plus de 400 millions d’Africains sans accès à l’eau potable, des capacités de stockage en recul et un changement climatique susceptible d’amputer le PIB de certaines régions africaines de près de 12 % d’ici 2050. Il a illustré ce constat par l’exemple du lac Tchad, situé à quelques kilomètres de la capitale, qui a perdu la plus grande partie de sa superficie en soixante ans après avoir longtemps fait vivre plus de 30 millions de personnes.

Un pacte national à 3,8 milliards de dollars

Sur le plan national, Mahamat Idriss Déby a annoncé la signature, au cours du forum, d’un « Pacte pour l’eau du Tchad » évaluant à 3,8 milliards de dollars les besoins de financement du secteur pour les cinq prochaines années, dont 20 %, soit environ 75 milliards de francs CFA, devant être couverts par des financements nationaux. Le chef de l’État a également appelé les bailleurs multilatéraux et régionaux à « accélérer la mobilisation des financements annoncés » dans le cadre de l’initiative « Water Forward », lancée par la Banque mondiale en avril.

Un appel qui n’est pas sans rappeler les nombreux engagements financiers pris lors de précédents sommets consacrés à l’eau ou au climat sur le continent, dont le taux de décaissement effectif reste, selon plusieurs organisations non gouvernementales, très en deçà des annonces. Le forum de N’Djamena se tient d’ailleurs dans un pays où l’accès à l’eau potable demeure très inégal entre la capitale et les régions rurales, et où la gouvernance du secteur a longtemps été critiquée pour son manque de transparence.  Des critiques que la classe dirigeante tchadienne, elle-même issue d’une transition contestée depuis la mort d’Idriss Déby Itno en 2021 puis d’une élection présidentielle disputée en 2024, n’a pas manqué de relativiser en mettant en avant sa nouvelle stratégie « Tchad Connexion 2030 ».

Reste que l’enjeu dépasse le seul Tchad. Le forum a aussi été l’occasion de réaffirmer l’importance de la gestion concertée des bassins transfrontaliers, dans un contexte sahélien où la raréfaction de l’eau alimente, selon de nombreux experts, une partie des tensions intercommunautaires et des conflits pour l’accès aux ressources pastorales.

Chiencoro Diarra 

16 juillet 2026 0 comments
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L'homme un danger immanent
A la UneChroniques

Changement climatique : pourquoi l’homme reste son propre prédateur

by Fousseni TOGOLA 16 juillet 2026
written by Fousseni TOGOLA 2 minutes read

Une méditation, dans le sillage de Hobbes, sur le paradoxe d’une espèce qui se protège d’elle-même, détruit ce qui la fait vivre, et avance vers l’avenir à la lueur d’un savoir qui ressemble, bien souvent, à un non-savoir.

« L’homme est un loup pour l’homme », affirmait Thomas Hobbes. Rien, dans le monde actuel, ne semble lui donner tort.

L’homme, un danger immanent 

L’homme est aussi un danger pour son environnement. Ce cadre de vie qu’il habite, il le détruit pour satisfaire ses propres besoins. C’est là toute la part sadique de la condition humaine. Il se bat pour préserver une chose dont il est lui-même le principal prédateur. Le combat de l’humanité contre le changement climatique n’est, en somme, qu’un combat de l’homme contre lui-même, puisque ce dérèglement est très largement le produit de ses propres activités.

D’ailleurs, la quasi-totalité de nos institutions ne sont-elles pas, au fond, des dispositifs de protection de l’homme contre l’homme ? Des lois qui régissent le fonctionnement de la société à la création des forces de l’ordre, en passant par les centres de détention, rien de tout cela ne nous protège d’une autre espèce : tout nous protège de nous-mêmes. Hobbes lui-même en tirait la preuve du quotidien le plus banal : que l’on songe à l’opinion que chacun a de ses semblables lorsqu’il voyage armé, verrouille sa porte en sortant ou en se couchant, ou ferme ses coffres à clef. Ce simple réflexe dit assez que l’homme ne se sent pas en sécurité auprès des siens. Il est ainsi à la fois un danger pour lui-même, pour les autres, et pour la nature qui l’entoure.

Assumer notre responsabilité, individuelle autant que collective

Mais qu’est-ce qui nous garantit que les mesures adoptées aujourd’hui pour lutter contre la détérioration de notre environnement n’auront pas, demain, des effets tout aussi néfastes sur cet environnement et sur la vie humaine ? Nous avançons convaincus de notre savoir, alors que nous en ignorons peut-être l’essentiel.

Nous sommes tous ce Newton ramassant des coquillages au bord de l’océan, sans voir l’immensité qui s’étend devant lui. Nous voguons dans un océan d’ignorance où notre savoir ressemble, bien souvent, à un non-savoir. L’avenir nous demeure incertain, parce qu’il est par nature imprévisible.

Dans ces conditions, la sagesse commande la prudence : veiller aux répercussions de nos actes, et assumer notre responsabilité, individuelle autant que collective, pour préserver non seulement l’environnement et notre cadre de vie, mais aussi les autres êtres vivants et les générations qui nous suivront.

F. Togola 

16 juillet 2026 0 comments
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MALI-ALGERIE-2
A la UneAnalyses

Mali-Algérie : la realpolitik l’emporte sur les divergences géopolitiques

by Sahel Tribune 14 juillet 2026
written by Sahel Tribune 7 minutes read

Le dégel diplomatique entre Bamako et Alger, survenu le 10 juillet, met fin à plusieurs mois de crise ouverte. Un rapprochement dicté par la realpolitik régionale plus que par une réconciliation de fond, et qui n’efface pas les dossiers qui continuent de diviser les deux capitales.

Le vendredi 10 juillet 2026 restera dans les annales comme une journée à double actualité, aussi inattendue l’une que l’autre. D’un côté, la proclamation des résultats du baccalauréat malien, session de juin 2026, avec un taux d’admission de plus de 34 %. De l’autre, l’annonce du dégel des relations diplomatiques entre le Mali et l’Algérie, au terme d’une crise qui aura duré plusieurs mois et conduit au rappel réciproque des ambassadeurs.

Ce même vendredi, Bamako et Alger ont décidé de lever le blocus imposé sur leurs espaces aériens respectifs et d’instruire à leurs ambassadeurs de rejoindre leur poste sans délai. Un dénouement que peu annonçaient, tant les deux capitales semblaient engagées dans un bras de fer sans issue immédiate.

Une transition qui fait table rase

Depuis leur arrivée au pouvoir, les autorités maliennes de la Transition ont engagé une entreprise systématique de rupture avec les textes et les partenariats jugés obsolètes ou contraires aux intérêts nationaux. Après le retrait des forces françaises de l’opération Barkhane, en 2022, le Mali a dénoncé, en 2024, l’accord pour la paix et la réconciliation de 2015, dont l’Algérie était le chef de file. Les Assises nationales de la refondation de 2021 ont ensuite ouvert la voie à des initiatives endogènes : le Dialogue inter-malien pour la paix, tenu en 2024, a débouché sur une nouvelle Charte pour la paix et la réconciliation nationale, dont la mise en œuvre est depuis 2025 confiée à un Observatoire dédié.

Cette dynamique de refondation s’accompagne de succès tactiques significatifs de l’armée malienne, qui a neutralisé plusieurs cadres de groupes armés terroristes grâce, notamment, à l’appui d’un partenariat stratégique noué avec la Russie, la Chine et la Turquie.

Le 25 avril 2026, une offensive coordonnée d’une ampleur inédite, menée conjointement par le Groupe de soutien à l’islam et aux musulmans (JNIM, affilié à Al-Qaïda) et le Front de libération de l’Azawad (FLA), a frappé simultanément plusieurs régions du Mali, dont Kati et Bamako. L’attaque a coûté la vie au général Sadio Camara, ministre de la Défense et des Anciens Combattants, tué à son domicile, à Kati, au cours d’intenses combats, et s’est soldée par le contrôle précaire de la ville de Kidal.

C’est dans ce contexte que la bataille d’Anéfis a pris tout son sens. Située sur la route nationale 18, à une centaine de kilomètres de Kidal, veritable verrou sur ce tronçon. A partir de cette localité, il est aisément possible de rayonner vers d’autres localités comme Aguelhoc et Tessalit, vers la frontière algérienne.  Assiégée début juillet par une nouvelle offensive conjointe du FLA et du JNIM, Anéfis a été reprise le 8 juillet par les Forces armées maliennes (FAMa), appuyées par Africa Corps, au terme de six jours de combats et grâce à l’arrivée d’un convoi de renforts parti de Gao. Plus qu’un simple succès tactique, cette reconquête constitue un véritable verrou stratégique. Tant que ce point d’appui reste aux mains des FAMA qui conservent une porte d’entrée vers Kidal tout en conservant la pleine initiative de sécurisation de l’extrême nord.

Pendant ce temps, l’Algérie demeurait pointée du doigt pour son soutien supposé aux groupes armés actifs sur le sol malien. L’épisode du drone malien Akinci, abattu par les forces algériennes à Tin Zaouatène dans la nuit du 31 mars au 1er avril 2025, avait accentué la dégradation des relations bilatérales. Alger invoquait une violation de son espace aérien ; Bamako contestait cette version et affirmait disposer d’éléments pour la réfuter. Il est également établi, selon plusieurs sources, que des combattants blessés ou en déroute des groupes armés trouvent régulièrement refuge en territoire algérien.

Un dégel prévisible

Ce réchauffement n’est pourtant pas une surprise pour qui suit de près la diplomatie régionale. L’Algérie entretient des relations de plus en plus étroites avec le Niger voisin, comme en témoigne la multiplication des visites diplomatiques de haut niveau. En février 2026, le président nigérien, le général Abdourahamane Tiani, s’était rendu à Alger pour une visite d’amitié et de travail auprès du président Tebboune. Il y avait notamment affirmé qu’aucun Algérien ni aucun Africain ne pourrait admettre que le territoire algérien serve de base à une agression contre un pays africain. Une phrase qui sonnait comme un avertissement à peine voilé à l’endroit des partisans d’une intervention armée, mais aussi vis-à-vis de l’implication répétée d’Alger dans des manœuvres de déstabilisation du Mali.

De fait, depuis 2024-2025, les autorités de Transition maliennes dénonçaient le jeu trouble d’Alger dans le conflit malien. Un communiqué de janvier 2025 évoquait ainsi « la persistance d’actes d’ingérence » et un soutien logistique algérien à des groupes terroristes.

Mais la solidarité qui unit le Mali, le Niger et le Burkina Faso au sein de l’Alliance des États du Sahel imposait, de facto, une ligne de conduite commune. La Charte du Liptako-Gourma, fondatrice de l’AES en septembre 2023 à Bamako, prévoit une clause d’assistance mutuelle en cas d’agression extérieure contre l’un des trois États membres. Dans cette configuration, les alliances des uns deviennent nécessairement celles des autres, et leurs adversaires, un adversaire commun.

Le facteur russe

Un autre élément plaide en faveur de cet apaisement : la récente visite du chef de la diplomatie russe, Sergueï Lavrov, au Niger, destinée à approfondir la coopération entre la Fédération de Russie et les pays de l’AES. Or Moscou entretient également un partenariat stratégique de longue date avec Alger. Il paraissait dès lors difficile d’imaginer la Russie s’engager aux côtés d’un pays qui coopère avec l’Ukraine contre un autre de ses partenaires stratégiques, en l’occurrence le Mali.

Ce rapprochement suscite, malgré tout, des réserves. D’aucuns appellent Bamako à la prudence, rappelant que la République algérienne démocratique et populaire demeure un État aux pratiques sécuritaires strictes, et qu’une vigilance équivalente s’impose côté malien.

Une normalisation, pas une réconciliation totale

Il convient néanmoins de saluer ce réchauffement diplomatique entre le Mali et les pays d’Afrique du Nord, l’Algérie comme le Maroc. Cette normalisation n’efface pas pour autant certains différends de fond, à commencer par le retrait par le Mali de sa reconnaissance de la République sahraouie et son rattachement, dans les faits, à la souveraineté marocaine. Quand l’Algérie fut, elle, dès le 6 mars 1976, le troisième État au monde à reconnaître la RASD, après Madagascar et le Burundi, et continue de soutenir la cause sahraouie.

Sur la chaîne algérienne Ennahar, l’ambassadeur de la République arabe sahraouie démocratique à Alger, Khatri Addouh, rappelait récemment que le soutien de l’Algérie aux causes sahraouie et palestinienne puisait sa légitimité dans les principes de la Révolution du 1er Novembre : la lutte pour la libération des peuples, le rejet du colonialisme et le combat contre toute forme d’injustice. Un engagement, selon lui, qui ne se limite ni à la région ni au monde arabo-islamique.

Cette divergence de vues sur le dossier sahraoui illustre les limites d’une normalisation qui reste avant tout fonctionnelle, dictée par les impératifs sécuritaires immédiats plutôt que par une convergence de vues sur l’ensemble des dossiers régionaux. Elle n’en demeure pas moins une bonne nouvelle pour la stabilité du Sahel, à l’heure où le Mali a plus que jamais besoin de calme sur son flanc nord pour poursuivre sa refondation.

Oumarou Fomba 

14 juillet 2026 0 comments
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Aboubacar Mahamadou Touré, jeune entrepreneur malien
A la UneÉconomie

Qui est Aboubacar Mahamadou Touré ? Portrait du jeune entrepreneur malien aux 4,7 millions d’abonnés

by Sahel Tribune 14 juillet 2026
written by Sahel Tribune 1 minutes read

À seulement 26 ans, Aboubacar Mahamadou Touré, connu sur les réseaux sociaux sous le pseudonyme Boubatoure7, s’est imposé comme l’une des figures de la jeune génération d’entrepreneurs maliens. Né le 15 janvier 2000 à Bamako, il conjugue activités économiques, présence numérique et engagement social.

Très actif sur TikTok, son compte officiel @tourebouba7 rassemble plus de 4,7 millions d’abonnés et cumule plus de 80 millions de mentions J’aime. À travers ses publications, il partage son parcours d’entrepreneur, présente ses projets et met en lumière les actions de solidarité qu’il mène au profit des populations les plus vulnérables.

Sur le plan économique, Aboubacar Mahamadou Touré dirige Salam SARL, une entreprise installée à Kalaban Coura, près de la Mosquée Verte, sur la Route des 30 mètres à Bamako. Spécialisée dans le secteur du voyage et du tourisme, la société propose des services de vente de billets d’avion ainsi que l’organisation des pèlerinages du Hadj et de la Omra.

Au-delà de ses activités professionnelles, le jeune entrepreneur est également reconnu pour ses initiatives sociales en faveur des personnes en situation de handicap, des familles démunies et des enfants talibés, communément appelés « Garibou deniw » en bambara. Ces actions, régulièrement relayées sur les réseaux sociaux, participent à renforcer son image auprès d’une large communauté de followers.

À travers cette double implication dans l’entrepreneuriat et le social, Aboubacar Mahamadou Touré s’affirme comme l’un des jeunes entrepreneurs maliens les plus suivis sur les plateformes numériques, où il continue de promouvoir ses activités tout en sensibilisant son audience à différentes causes sociales.

La rédaction

14 juillet 2026 0 comments
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Défense et sécurité
A la UneSécurité

An 05 de la Transition : Défense et Sécurité, le nouveau visage d’une transformation en marche

by Sahel Tribune 14 juillet 2026
written by Sahel Tribune 3 minutes read

Cinq ans après l’arrivée au pouvoir du président de la Transition, le ministre délégué de la Défense et le ministre de la Sécurité ont dressé, à Bamako, le bilan d’un secteur en pleine mutation : effectifs renforcés, infrastructures multipliées et nouveaux outils d’identification biométrique, sur fond de persistance de la menace terroriste.

À l’occasion de la commémoration des cinq ans du président de la Transition, le général Assimi Goïta, le ministre délégué auprès du ministre de la Défense et des Anciens Combattants, le général de division Oumar Diarra, et le ministre de la Sécurité et de la Protection civile, le général de division Daoud Aly Mohammedine, ont présenté, ce lundi 13 juillet, le bilan quinquennal de leurs départements respectifs. La rencontre, tenue dans la salle Balla Moussa Keïta du Centre international de conférence de Bamako (CICB), a réuni un parterre civil et militaire éclectique : légitimités traditionnelles, réseau RECOTRADE, anciens combattants et victimes de guerre, Conseil national de la jeunesse.

Des partenariats respectueux de la souveraineté nationale

Le général Oumar Diarra a détaillé la montée en puissance des Forces armées maliennes (FAMa) : hausse des effectifs, modernisation des équipements et acquisition de vecteurs aériens, création de l’École de guerre, construction de l’Hôpital d’instruction des armées de Banankoro, des camps de Dioïla et Konobougou, de deux hôpitaux de niveau 2 à Sévaré et Gao, ainsi que de 1 000 logements à Kati et d’un Mémorial des armées. Il a souligné que ce chantier de reconstruction s’est mené de front avec la poursuite des opérations de sécurisation du territoire, malgré la persistance des menaces.

Le général Daoud Aly Mohammedine a, de son côté, dressé un bilan tout aussi étoffé pour la Police nationale, la Gendarmerie, la Garde nationale et la Protection civile : 131 infrastructures livrées en cinq ans, acquisition de matériels de maintien de l’ordre et de mobilité (véhicules d’intervention, ambulances, engins spécialisés), et surtout plus de 15 000 recrutements, complétés par 3 000 jeunes actuellement en formation. Sur le plan institutionnel, il a rappelé l’adoption de la loi n°2022-037 du 27 octobre 2022 portant militarisation de la Police nationale et de la Protection civile, ainsi que la création des directions générales correspondantes. Le ministre a également mis en avant l’introduction de nouveaux documents sécurisés (le e-passeport AES et la carte d’identité biométrique AES) et réaffirmé la priorité accordée au cadre de coopération sécuritaire de la Confédération des États du Sahel (AES), sans fermer la porte à d’autres partenariats respectueux de la souveraineté nationale.

Les intervenants interrogent sur le recrutement de volontaires et le rôle de la jeunesse

Contre toute attente, la séquence de questions-réponses n’a donné lieu à aucune sortie polémique. Les intervenants se sont plutôt succédé pour saluer les efforts consentis en matière de recrutement, d’équipement et d’amélioration des conditions de vie des Forces armées et de sécurité, s’interrogeant surtout sur l’avancement des chantiers en cours, le recrutement de volontaires et le rôle de la jeunesse en appui aux FDS sur le terrain.

En clôture, les deux ministres ont salué le soutien constant des populations, tout en les invitant à la vigilance et à une collaboration renforcée avec les Forces de défense et de sécurité. Un appel du pied à la remontée du renseignement, alors que la lutte antiterroriste reste, cinq ans après l’arrivée au pouvoir du colonel devenu général d’armée, le principal défi de la Transition malienne.

A.D

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Conseil National du Patronat du Mali (CNPM)
ActuÉconomie

Assemblée générale du CNPM : gouvernance, compétitivité et dialogue au cœur des priorités

by Sahel Tribune 13 juillet 2026
written by Sahel Tribune 3 minutes read

Réuni en assemblée générale à Bamako, le Conseil national du patronat du Mali (CNPM) a dressé le bilan de son action en 2025 et fixé ses priorités pour l’année à venir. Face à un environnement économique marqué par les défis sécuritaires et les tensions internationales, les chefs d’entreprise entendent renforcer leur rôle dans le développement du pays, tout en appelant à l’amélioration du climat des affaires.

Le patronat malien veut afficher un front uni. Réunis samedi 11 juillet au siège du Conseil national du patronat du Mali (CNPM), à Bamako, les représentants des principales organisations professionnelles, des conseils patronaux régionaux et des groupements sectoriels ont tenu leur assemblée générale annuelle, un rendez-vous consacré à l’évaluation de l’exercice 2025 et à la définition des orientations stratégiques pour les mois à venir.

Avant l’ouverture des débats, deux films institutionnels ont retracé les principales activités conduites par l’organisation au cours de l’année écoulée ainsi que les travaux de rénovation de son siège, symbole d’une volonté de modernisation de l’institution.

Un secteur privé confronté à un contexte économique exigeant

Dans son allocution d’ouverture, le président du CNPM, Mossadeck Bally, a salué la capacité de résistance des entreprises maliennes face aux difficultés économiques qui continuent de peser sur l’activité.

Selon lui, le secteur privé demeure un acteur essentiel de la croissance, de la création d’emplois et de la diversification de l’économie malienne, dans un contexte où les autorités de la transition cherchent à renforcer la souveraineté économique du pays.

Le dirigeant du patronat a notamment mis en avant les progrès réalisés au cours de l’année 2025, citant le renforcement du dialogue entre les pouvoirs publics et les entreprises, la poursuite du Plan stratégique de développement 2023-2027, la mise en œuvre de plusieurs projets structurants ainsi que les actions de plaidoyer destinées à améliorer l’environnement des affaires.

« Cette assemblée constitue un moment privilégié pour évaluer nos actions et définir les perspectives de notre organisation », a-t-il déclaré devant les délégués.

Gouvernance et transparence au cœur des débats

Conformément à l’ordre du jour, les participants ont examiné le rapport d’activités, les comptes financiers de l’exercice 2025 ainsi que le rapport du commissaire aux comptes.

Les échanges ont porté sur les résultats obtenus, la gestion de l’organisation et les perspectives financières du CNPM. À l’issue des discussions, les différents rapports ont été approuvés par les délégués.

L’assemblée a également adopté le budget prévisionnel pour 2026, ratifié l’intégration d’un nouveau représentant au sein de l’organisation et validé plusieurs résolutions destinées à renforcer le fonctionnement institutionnel du patronat.

Le dialogue public-privé comme priorité

Au-delà des aspects statutaires, cette assemblée générale intervient à un moment où les entreprises maliennes doivent composer avec un environnement économique complexe, marqué par les défis sécuritaires, les difficultés d’approvisionnement, la hausse des coûts de production et les effets des recompositions géopolitiques régionales.

Le CNPM souhaite ainsi consolider son rôle d’interlocuteur privilégié des pouvoirs publics afin d’accompagner les réformes économiques engagées et favoriser un cadre plus attractif pour l’investissement privé.

En clôturant les travaux, Mossadeck Bally a salué l’implication des membres du bureau, du comité statutaire, du secrétariat général et de l’ensemble des équipes mobilisées pour l’organisation de cette assemblée.

« Les résolutions adoptées traduisent notre volonté commune de renforcer la gouvernance du CNPM et de poursuivre nos actions en faveur d’un secteur privé plus fort, plus compétitif et davantage au service du développement du Mali », a-t-il conclu.

Dans un pays où le secteur privé est appelé à jouer un rôle croissant dans la stratégie de transformation économique, le patronat entend désormais faire de la gouvernance interne, du dialogue avec les autorités et de la compétitivité des entreprises les principaux leviers de son action.

Oumarou Fomba 

13 juillet 2026 0 comments
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Marionnettes maliennes au festival international « Chombaï-Fest » de Kazan
ActuSeko ni Donko

Yaya Coulibaly honoré en Russie : les marionnettes maliennes brillent au festival de Kazan

by Sahel Tribune 13 juillet 2026
written by Sahel Tribune 3 minutes read

Le célèbre marionnettiste malien, figure majeure de l’art de la marionnette en Afrique, a été reçu par le ministre de la Culture, Mamou Daffé, après une tournée couronnée de succès en Russie. Récompensée lors du festival international « Chombaï-Fest » de Kazan, sa compagnie Sogolon voit dans ces distinctions une reconnaissance du patrimoine culturel malien sur la scène internationale.

Le marionnettiste malien Yaya Coulibaly, l’une des figures les plus emblématiques du théâtre de marionnettes en Afrique de l’Ouest, a été reçu le 9 juillet par le ministre malien de l’Artisanat, de la Culture, de l’Industrie hôtelière et du Tourisme, Mamou Daffé, afin de lui présenter les distinctions obtenues par sa compagnie lors d’un festival international organisé à Kazan, en Russie.

Accompagné des membres de la Compagnie Sogolon, dont il est le fondateur, l’artiste est revenu sur la participation de la troupe à la VIᵉ édition du Festival international des théâtres de marionnettes « Chombaï-Fest », un rendez-vous réunissant des compagnies venues de plusieurs pays.

Une reconnaissance internationale

Les trophées remportés à Kazan viennent confirmer la réputation internationale d’un artiste qui œuvre depuis plusieurs décennies à la sauvegarde d’un art profondément enraciné dans les traditions maliennes. Héritier d’une longue lignée de marionnettistes, Yaya Coulibaly a largement contribué à faire connaître les marionnettes bambara bien au-delà des frontières du Mali.

Au cours de l’audience, il a présenté les récompenses au ministre, tout en indiquant vouloir les dédier aux autorités maliennes.

L’artiste a également salué la politique culturelle engagée par les autorités de la transition, évoquant une dynamique de « renaissance » et de valorisation du patrimoine national. Il a réaffirmé la disponibilité de la Compagnie Sogolon à accompagner les initiatives publiques en faveur de la culture et de la transmission des savoirs traditionnels.

La culture comme instrument de rayonnement

Recevant le marionnettiste, le ministre Mamou Daffé a félicité Yaya Coulibaly pour les distinctions obtenues en Russie, tout en estimant qu’elles participent au rayonnement culturel du Mali à l’étranger.

Le ministre a également rendu hommage à l’ensemble de son parcours artistique, marqué par un engagement constant en faveur de la préservation, de la promotion et de la transmission du patrimoine culturel malien. Selon le département de la Culture, l’œuvre de Yaya Coulibaly constitue une référence dans la valorisation des traditions populaires et dans la diffusion de la création artistique malienne sur les scènes internationales.

Un patrimoine vivant

Au Mali, le théâtre de marionnettes occupe une place singulière dans les traditions culturelles. Héritées de pratiques anciennes, les marionnettes sont utilisées lors de cérémonies, de spectacles populaires ou comme supports de transmission des récits historiques et des valeurs sociales.

À travers ses créations et ses tournées internationales, la Compagnie Sogolon contribue depuis plusieurs années à faire vivre ce patrimoine immatériel auprès de nouveaux publics, tout en renforçant la visibilité de la création malienne à l’échelle internationale.

Les distinctions obtenues à Kazan illustrent ainsi la capacité des expressions culturelles maliennes à trouver un écho au-delà du continent africain, dans un contexte où les autorités affichent leur volonté de faire de la culture un levier d’influence et de développement.

Oumarou Fomba 

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