C’est un communiqué sobre, daté du 10 juillet 2026 et signé du général de brigade Issa Ousmane Coulibaly, porte-parole du gouvernement malien, qui a officialisé l’une des nouvelles diplomatiques les plus significatives de l’année. Dans le cadre de la « redynamisation des relations de coopération et d’amitié » entre Bamako et Alger, le gouvernement de la Transition a décidé deux mesures simultanées : le retour à Alger de l’ambassadeur extraordinaire et plénipotentiaire du Mali auprès de la République algérienne, et la réouverture de l’espace aérien malien à l’ensemble des aéronefs civils et militaires algériens.
Dans la même journée, Alger annonçait de son côté une décision symétrique : réouverture totale de son espace aérien à la circulation aérienne malienne, tous vols confondus.
Le geste est donc double, simultané et coordonné. Ce n’est pas l’un qui cède à l’autre. C’est une décision commune, négociée, assumée par les deux capitales au même moment. Ce type de réciprocité diplomatique ne s’improvise pas : il suppose des semaines, voire des mois de contacts discrets entre les deux chancelleries.
Ce dégel intervient dans un contexte régional en pleine recomposition. Depuis le début de la Transition malienne, les relations entre Bamako et Alger avaient traversé une période de froideur marquée, aggravée par la fin de l’accord d’Alger de 2015, dénoncé par le Mali en janvier 2024, et par des divergences profondes sur la gestion de la crise sécuritaire au nord du pays. Le sondage GISSE publié le 2 juillet montrait que 83,8 % des Maliens exprimaient une opinion défavorable envers l’Algérie, reflet d’une opinion publique qui avait enregistré, à sa façon, la détérioration des relations.
La réouverture de l’espace aérien dit que les deux pays ont choisi de ne pas laisser les désaccords politiques bloquer indéfiniment les flux humains et économiques. C’est un premier pas, pragmatique et concret.
Pour le Mali, c’est un signal positif supplémentaire, après le dégel amorcé avec le Bénin et plusieurs voisins de l’AES. La diplomatie malienne avance, parfois discrètement, toujours dans la direction de ses intérêts.
La rédaction
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