Le Tchad a notifié, ce lundi 27 juillet 2026, son retrait de la Cour pénale internationale (CPI) auprès du secrétariat général des Nations unies. Il devient ainsi le quatrième pays sahélien, après le Mali, le Burkina Faso et le Niger, à tourner le dos au Statut de Rome.
Dans un communiqué signé par le porte-parole du ministère des Affaires étrangères, Ibrahim Adam Mahamat, le gouvernement tchadien dénonce une justice internationale « sélective », concentrée sur le continent africain. Il s’appuie sur des statistiques arrêtées au 11 mai 2026 : sur treize enquêtes ouvertes par la Cour depuis sa création en 2002, neuf concernent des pays africains, et six des sept personnes alors détenues étaient poursuivies dans des affaires liées au continent.
N’Djamena précise que ce retrait ne signifie pas un renoncement à la lutte contre l’impunité, mais une volonté de privilégier les juridictions nationales et africaines. Conformément à l’article 127 du Statut de Rome, la décision ne deviendra effective qu’un an après sa notification, soit le 27 juillet 2027.
Cette annonce place le Tchad dans le sillage des trois pays de la Confédération des États du Sahel, qui avaient officiellement notifié leur propre retrait entre le 18 et le 24 juin 2026. Le Tchad devient le cinquième État à engager cette procédure en moins d’un an, après le Venezuela, qui a fait de même le 24 juillet.
Sans rejoindre formellement l’AES, dont il n’est pas membre, le Tchad se retrouve ainsi aligné sur sa position vis-à-vis de la justice internationale. Ce rapprochement diplomatique n’est pas isolé. Le président de la transition tchadienne, Mahamat Idriss Déby Itno, a rompu ses accords de défense avec Paris et multiplie depuis les gestes d’ouverture envers ses voisins sahéliens, notamment lors de sa visite à Niamey en août 2025.
Le retrait de la CPI marque, dans les faits, une convergence supplémentaire entre N’Djamena et l’espace sahélien sur la question de la souveraineté judiciaire, sans pour autant préjuger d’une intégration institutionnelle du Tchad à la Confédération.
Sahel Tribune






