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À Bamako, chercheurs et institutions débattent de la protection du patrimoine en temps de crise 

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À l’occasion de la Journée internationale des monuments et des sites, célébrée chaque 18 avril, acteurs culturels, institutions et experts se sont réunis à Bamako pour réfléchir aux moyens de protéger le patrimoine culturel dans un contexte de crises sécuritaires et de mutations sociales.

La rencontre s’est tenue le 18 avril au Mémorial Modibo Keita, à l’initiative de ICOMOS Mali, en partenariat avec le ministère malien chargé de la Culture et le bureau local de l’UNESCO. L’événement s’inscrivait dans le cadre de la Journée internationale des monuments et des sites, instaurée en 1983 pour sensibiliser les États et les populations à la protection du patrimoine culturel.

Traduire le patrimoine pour mieux le protéger

Pour l’édition 2026, les échanges ont porté sur un thème national original : la traduction et l’interprétation des notions liées au patrimoine culturel en Bamanankan, l’une des principales langues nationales du Mali.

Les participants ont débattu de l’importance de rendre accessibles les concepts liés au patrimoine dans les langues locales afin de renforcer l’appropriation par les communautés. Car, pour les organisateurs, la sauvegarde des monuments et des traditions ne peut se faire sans la participation active des populations qui en sont les gardiennes.

La conférence s’inscrivait également dans le thème international de la journée : « Interventions d’urgence pour le patrimoine vivant dans des contextes de conflits et de catastrophes ». Une problématique particulièrement sensible pour des pays comme le Mali, confrontés depuis plusieurs années à l’insécurité et à la fragilisation de certains sites culturels.

Langue et patrimoine, un lien indissociable

La rencontre s’est tenue en présence du chef de cabinet du ministère de l’Artisanat, de la Culture, de l’Industrie hôtelière et du Tourisme, représentant le ministre, ainsi que de Ali Mohamed Sinane, chef de bureau par intérim et représentant de l’UNESCO au Mali. Ce dernier a insisté sur le rôle central des langues nationales dans la transmission du patrimoine culturel.

« Lorsque les notions du patrimoine sont comprises et exprimées dans les langues nationales, le patrimoine devient plus accessible, plus inclusif et mieux protégé », a-t-il déclaré, soulignant que protéger le patrimoine revient également à préserver les langues qui le transmettent.

Un enjeu culturel et politique

Au-delà des débats académiques, la rencontre a mis en lumière les défis auxquels sont confrontés les pays sahéliens dans la préservation de leur patrimoine culturel. Entre conflits armés, pressions climatiques et transformations sociales rapides, de nombreux sites et traditions restent vulnérables.

À travers cette célébration, le bureau de l’UNESCO au Mali réaffirme sa volonté d’accompagner les autorités maliennes, les institutions culturelles et les communautés locales dans plusieurs domaines : la promotion des langues nationales comme vecteurs de transmission culturelle, le renforcement des capacités des acteurs du patrimoine et la mise en œuvre des conventions internationales relatives à la protection du patrimoine matériel et immatériel.

Dans un pays riche d’une diversité culturelle exceptionnelle, la sauvegarde du patrimoine demeure un levier essentiel de cohésion sociale et de consolidation de la paix.

A.D


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