L’AfCRA doit intégrer davantage les réalités du continent dans l’évaluation du risque de crédit, qui pèse sur le coût des emprunts. Son président précise qu’elle ne garantira aucune note favorable : sa crédibilité reposera sur son indépendance.
Longtemps, l’Afrique a été notée de l’extérieur. L’Agence africaine de notation financière (AfCRA) a été officiellement lancée mercredi 7 octobre à Maurice, a annoncé jeudi l’Union africaine (UA). Son objectif est de mieux prendre en compte les données et les particularités des économies du continent dans l’appréciation de leur solvabilité.
Pourquoi la notation compte
Selon le président de la Commission de l’UA, Mahmoud Ali Youssouf, la nouvelle structure doit fournir aux investisseurs des analyses indépendantes des économies africaines et des risques de crédit.
Les agences de notation jugent la capacité des emprunteurs, États compris, à honorer leurs engagements financiers. Ces appréciations contribuent à fixer les conditions d’accès aux marchés et le coût des emprunts. Pour Mahmoud Ali Youssouf, une prise en compte insuffisante des réalités africaines peut renchérir le crédit et réduire d’autant les ressources disponibles pour les infrastructures, la santé ou l’éducation.
Un complément, pas un passe-droit
L’AfCRA est conçue comme une évaluation complémentaire à celle des agences internationales. Son président a lui-même écarté toute idée de complaisance. L’agence ne garantit pas de notes favorables, et sa crédibilité dépendra de son indépendance, de sa transparence et du respect des normes internationales.
Jeudi, à Port-Louis, Mahmoud Ali Youssouf a réuni des institutions africaines et des partenaires pour examiner les moyens d’améliorer les conditions de financement du continent. Les échanges ont porté sur la prime de risque, ce surcoût exigé par les investisseurs pour financer des économies jugées plus risquées.
L’Union africaine avait approuvé la création de l’agence en 2017. Le Mécanisme africain d’évaluation par les pairs avait ensuite été chargé d’accompagner sa mise en place.
Oumarou Fomba
