Bamako renforce son dispositif de sanctions financières ciblées. Dans un arrêté publié au Journal officiel, ce mercredi 29 avril 2026, les autorités maliennes ont décidé de renouveler le gel des biens et ressources économiques de plusieurs personnes inscrites sur la liste nationale des sanctions financières. Une mesure qui s’inscrit dans la stratégie de lutte contre le financement du terrorisme et le blanchiment de capitaux dans le pays.
Le gouvernement du Mali a renouvelé la durée du gel des biens et ressources économiques visant certaines personnes inscrites sur la liste nationale des sanctions financières ciblées. La décision figure dans plusieurs arrêtés signés le 28 avril 2026 par le ministre d’État, ministre de l’Économie et des Finances, et publiés dans une édition spéciale du Journal officiel.
Ces textes – notamment les arrêtés n°2026-0840, n°2026-0841 et n°2026-0842 – prolongent les mesures restrictives déjà appliquées à des individus liés à des activités de financement du terrorisme ou à des réseaux financiers illicites.
Un dispositif encadré par la législation antiterroriste
Les arrêtés s’appuient sur plusieurs bases juridiques nationales, dont la Constitution et la Charte de la Transition, ainsi que sur l’ordonnance du 30 août 2024 relative à la lutte contre le blanchiment de capitaux, le financement du terrorisme et la prolifération des armes de destruction massive.
Ce cadre légal permet aux autorités de bloquer l’accès aux ressources économiques et financières des personnes concernées. Concrètement, les comptes bancaires, les biens mobiliers ou immobiliers et toute autre ressource économique susceptible d’être utilisée ou mobilisée par les personnes sanctionnées restent gelés pendant la durée fixée par les arrêtés.
Une mesure au cœur de la stratégie sécuritaire
Pour les autorités maliennes, ces sanctions financières ciblées constituent un instrument central dans la lutte contre les réseaux qui alimentent les groupes armés actifs dans la région sahélienne. En limitant l’accès aux ressources financières, le gouvernement cherche à affaiblir les circuits de financement illicites susceptibles de soutenir des activités terroristes ou criminelles.
Cette politique s’inscrit également dans les engagements internationaux du pays en matière de lutte contre le blanchiment d’argent et le financement du terrorisme, notamment dans le cadre des mécanismes de coopération régionale et internationale.
Un outil de pression financière
Le renouvellement du gel des avoirs souligne la volonté de Bamako de maintenir une pression constante sur les personnes identifiées comme présentant un risque pour la sécurité nationale ou pour la stabilité financière.
Les sanctions financières ciblées constituent en effet un levier stratégique : elles permettent d’agir contre les réseaux suspects sans recourir directement à des mesures judiciaires immédiates, tout en empêchant l’utilisation de ressources susceptibles de financer des activités illicites.
Dans un contexte régional marqué par l’instabilité sécuritaire, ces dispositifs demeurent pour les autorités maliennes un élément clé de leur politique de prévention et de lutte contre les menaces transnationales.
A.D
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