À Bougouni, dans le sud du Mali, Kodal Minerals annonce une production de 27 234 tonnes de concentré de spodumène au troisième trimestre 2026. L’entreprise maintient son objectif annuel de 105 000 à 115 000 tonnes et indique avoir remboursé intégralement un prêt externe de sa filiale, tout en reconnaissant des retards d’extraction liés notamment à la disponibilité des équipements et à la saison des pluies.
Le projet de lithium de Bougouni, dans le sud du Mali, poursuit sa montée en cadence. Dans une mise à jour publiée mardi 13 octobre pour le trimestre clos le 30 septembre, la société britannique Kodal Minerals, cotée à l’AIM de Londres, indique avoir produit 27 234 tonnes métriques sèches de concentré de spodumène, d’une teneur de 5,29 % en oxyde de lithium. Depuis le début de l’année, la production cumulée atteint 80 429 tonnes. L’entreprise maintient son objectif annuel, compris entre 105 000 et 115 000 tonnes, pour un coût de production unitaire attendu de 600 à 610 dollars américains.
Selon Kodal, le projet est exploité par la société Les Mines de Lithium de Bougouni SA (LMLB), détenue à 65 % par Kodal Mining UK Limited (KMUK) et à 35 % par l’État malien. KMUK est elle-même contrôlée à 51 % par le groupe chinois Hainan Mining, Kodal en détenant 49 %. La société britannique estime en conséquence détenir une participation économique finale d’environ 32 % dans Bougouni.
Exportations et recettes
La quatrième cargaison, d’environ 24 200 tonnes, est arrivée à Hainan à la mi-août. Elle a rapporté à LMLB environ 47 millions de dollars, sur la base d’un prix pondéré de 2 330 dollars la tonne pour un concentré à 6 % de lithium, ajusté selon la teneur vérifiée et les frais d’assurance et de transport. Pour les quatre expéditions achevées, les exportations s’élèvent à 93 322 tonnes, pour des revenus d’environ 142,8 millions de dollars. Une cinquième cargaison d’environ 17 400 tonnes a quitté le port ivoirien de San Pedro en septembre, et une autre est prévue avant la fin de l’année. Selon l’entreprise, les trajets par la route jusqu’à San Pedro se poursuivent sans difficulté. Elle précise aussi avoir obtenu un nouveau permis d’exportation pour 125 000 tonnes supplémentaires.
Le directeur général, Bernard Aylward, y voit la confirmation d’une « forte dynamique opérationnelle et commerciale » portée par la demande et par des prix élevés. Il met en avant le remboursement intégral, grâce aux flux de trésorerie de LMLB, du prêt externe de KMUK à Hainan, qu’il décrit comme une étape majeure de réduction des risques financiers.
Une extraction en deçà des prévisions
Le communiqué reconnaît toutefois que les volumes extraits à la mine à ciel ouvert de Ngoualana sont restés inférieurs aux prévisions budgétaires de la direction, en raison de la disponibilité des équipements et de retards liés à la saison des pluies. Les pluies de la fin septembre ont rendu le fond de la mine inaccessible pendant une semaine. Au cours du trimestre, 288 181 tonnes de minerai ont été extraites, selon le tableau de l’entreprise, avec un rapport de découverture de 6,21. La teneur du minerai alimentant l’usine a elle aussi été inférieure, du fait du mélange de matériaux stockés. Kodal indique avoir mobilisé des équipements supplémentaires et engagé un entrepreneur minier de plus pour accélérer le rythme.
Prochaine étape : la phase 2
La société poursuit les préparatifs d’une extension par flottation, dite phase 2, destinée à augmenter la production. Les essais métallurgiques, l’étude d’impact environnemental et social et l’étude de faisabilité avancent, selon elle, comme prévu, en vue d’une décision finale d’investissement dont la date n’est pas précisée. KMUK continuera d’accumuler de la trésorerie pour financer ces dépenses.
Sur le plan de la sécurité, l’exploitant ne déclare aucun accident avec arrêt de travail ni incident nécessitant un traitement médical au trimestre. Il fait aussi état d’un programme de reboisement mené avec la population locale et des représentants du gouvernement, et d’excellentes relations avec les autorités maliennes.
A.D
