Le journaliste malien Chahana Takiou a été condamné, ce lundi 3 août 2026, à douze mois d’emprisonnement, dont six mois ferme, par le tribunal du Pôle national de lutte contre la cybercriminalité. La décision concerne une procédure liée à des propos tenus publiquement et diffusés par voie numérique.
Directeur de publication du journal Le 22 Septembre et président du Groupement patronal de la presse, Chahana Takiou était poursuivi pour des faits qualifiés d’« atteinte au crédit de l’État à travers l’institution judiciaire ». Le tribunal a prononcé une peine conforme aux réquisitions du parquet, qui avait demandé la même sanction lors de l’audience du 27 juillet. La défense, qui avait plaidé la relaxe, estimait que les éléments reprochés à son client ne permettaient pas de caractériser l’infraction.
atteinte au crédit de l’État à travers l’institution judiciaire
Une procédure ouverte après une intervention publique
L’affaire trouve son origine dans une intervention du journaliste lors du Forum panafricain des médias, organisé à Bamako du 3 au 6 juin 2026. Au cours de cette rencontre, Chahana Takiou s’était exprimé sur la situation des professionnels des médias faisant l’objet de procédures judiciaires et sur le cadre juridique applicable aux journalistes. L’extrait de son intervention, diffusé sur les réseaux sociaux, avait ensuite conduit à sa convocation par le Pôle national de lutte contre la cybercriminalité.
Il avait été placé sous mandat de dépôt le 8 juin et détenu à la Maison centrale d’arrêt de Bamako. Ses avocats avaient introduit une demande de liberté provisoire afin de lui permettre de poursuivre un suivi médical au Maroc, à la suite d’une opération subie en 2023. Cette requête avait été rejetée le 6 juillet dernier par la juridiction compétente.
Un dossier au cœur des débats sur l’usage du numérique
Cette condamnation intervient alors que les questions liées à l’utilisation des plateformes numériques et à la responsabilité des auteurs de contenus diffusés en ligne occupent une place importante dans les débats judiciaires et médiatiques. À travers cette affaire se pose également la question de l’articulation entre l’exercice de la liberté d’expression, les responsabilités liées à la profession de journaliste et l’application des textes encadrant les infractions commises par voie électronique.
Ibrahim Kalifa Djitteye
