Vingt auditeurs venus de trois régions du continent ont assisté, samedi, à la conférence inaugurale du tout premier Master en patrimoine culturel et innovation de l’Institut Kôrè des arts et métiers de Ségou. Une nouvelle offre de formation qui élargit le champ d’action de cette école devenue, en douze ans, une référence de la professionnalisation culturelle en Afrique de l’Ouest.
Le Centre international de conférences de Bamako (CICB) a accueilli, samedi 19 septembre, la conférence inaugurale de la première promotion du Master en patrimoine culturel et innovation de l’Institut Kôrè des arts et métiers (IKAM), établissement basé à Ségou. Placée sous le thème « Le patrimoine culturel africain : défis, opportunités et perspectives à l’ère de l’innovation et de l’intelligence artificielle », la rencontre a réuni les contributions croisées du professeur Ibrahima Wane, de Fallo Baba Keita, du docteur Samuel Sidibé et du docteur Marcelle Momha, venus éclairer les enjeux de sauvegarde, de transmission et de valorisation du patrimoine vivant africain, ainsi que les possibilités nouvelles ouvertes par l’innovation technologique.
Le patrimoine culturel africain : défis, opportunités et perspectives à l’ère de l’innovation et de l’intelligence artificielle
Parmi les intervenants figurait le docteur Samuel Sidibé, ancien directeur général du Musée national du Mali, dont l’expertise en matière de patrimoine muséal est régulièrement sollicitée par l’IKAM depuis les premières années de l’institut. Il participait déjà, en 2022, à la conférence inaugurale d’une précédente promotion consacrée au thème « Patrimoine, créativité et marché des arts ».
Un institut né du modèle entrepreneurial du Festival sur le Niger
Fondé en septembre 2013 à Ségou par le producteur culturel Mamou Daffé, aujourd’hui ministre malien de l’Artisanat, de la Culture, de l’Industrie hôtelière et du Tourisme, l’IKAM se présente comme le laboratoire de formation de la Fondation Festival sur le Niger, construit sur le modèle entrepreneurial baptisé « Maaya », du nom des valeurs sociales et solidaires ouest-africaines dont s’inspire sa pédagogie. Jusqu’ici principalement connu pour son Master en management culturel (MMC), dont la troisième promotion avait entamé ses cours en septembre 2025 et dont les premiers diplômés ont reçu leur parchemin en juillet dernier au CICB, l’institut revendique avoir formé, depuis sa création, des acteurs culturels issus de seize pays africains, appuyé par un réseau d’instituts affiliés désormais présents au Togo, au Burkina Faso, en Mauritanie, en Côte d’Ivoire, au Niger et au Congo-Brazzaville.
Le lancement de ce Master en patrimoine culturel et innovation marque ainsi un élargissement notable du champ de formation de l’établissement, jusqu’ici centré sur le management et l’entrepreneuriat culturels au sens large, vers une spécialisation plus pointue sur les questions patrimoniales et leur articulation avec les technologies émergentes, intelligence artificielle en tête.
Une vingtaine d’auditeurs venus de tout le continent
Cette première promotion réunit une vingtaine d’auditeurs originaires d’Afrique de l’Ouest, d’Afrique centrale et d’Afrique du Nord, une diversité géographique que l’institut présente comme le reflet, dès son lancement, de l’ambition continentale du programme. Un choix cohérent avec la vocation affichée de l’IKAM : contribuer à former une nouvelle génération de professionnels capables de préserver, gérer, transmettre, valoriser et réinventer le patrimoine culturel africain, tout en s’adaptant aux transformations technologiques de leur époque.
Cette nouvelle formation s’inscrit plus largement dans une dynamique de structuration du secteur culturel malien que plusieurs initiatives récentes du ministère de la Culture, à l’image du corps des médiateurs culturels ou du futur Marché national de l’art contemporain, tendent également à consolider. C’est le signe que la question de la professionnalisation des métiers du patrimoine et de la création s’impose, au Mali comme ailleurs sur le continent, comme un chantier à part entière de la politique culturelle contemporaine.
Chiencoro Diarra
