Les régions de Bougouni et de Dioïla accélèrent la mise en œuvre des projets financés par le Fonds minier de développement local. Les autorités veulent transformer les financements en infrastructures concrètes dans les communes concernées.
C’est l’équation que le Mali tente de résoudre depuis des années. Comment faire en sorte que les revenus de l’exploitation minière, l’or, les minerais, les ressources du sous-sol, profitent effectivement aux populations qui vivent au-dessus de ces richesses ? Le Fonds minier de développement local est l’instrument choisi par les autorités pour y répondre. Le mardi 6 octobre, deux régions minières du sud du pays, Bougouni et Dioïla, ont tenu simultanément des sessions de pilotage destinées à transformer les décisions de financement en chantiers concrets et visibles.
À Bougouni, c’est une session extraordinaire du comité régional de suivi qui s’est réunie dans la salle du gouvernorat sous la présidence du gouverneur, le général de brigade Ousmane Wélé. Autour de la table : les préfets des dix cercles de la région, les maires des 57 communes concernées et les responsables des services techniques et financiers. L’enjeu de la rencontre, au-delà des protocoles et des discours d’usage, c’est de prendre les dispositions nécessaires pour que les projets validés par le comité national passent du papier au terrain dans les délais les plus courts.
15 novembre : une date, une discipline
Le gouverneur Wélé a fixé le cap sans ambiguïté : « L’objectif que nous devons nous fixer est clair : la réalisation des projets concernés doit débuter au plus tard le 15 novembre 2026. » Cette date n’est pas une suggestion. C’est une référence opérationnelle commune à l’ensemble des acteurs présents dans la salle, à laquelle ils seront tenus de répondre.
L’objectif que nous devons nous fixer est clair : la réalisation des projets concernés doit débuter au plus tard le 15 novembre 2026.
Pour tenir ce calendrier serré, le gouverneur, ingénieur du génie civil de formation, ce qui lui donne une autorité particulière sur les questions techniques, a défini trois priorités non négociables, à savoir la finalisation diligente des documents de projets, la mobilisation rapide des fonds par les services techniques, et le démarrage effectif des travaux avant la mi-novembre. Il a également tenu à prévenir toute tentation de faire vite au détriment du résultat : la célérité ne saurait, a-t-il prévenu, se faire au détriment de la qualité des réalisations, de la transparence dans la gestion des ressources ni du respect des normes techniques.
« Nous devons travailler avec un calendrier extrêmement serré, des responsabilités clairement définies et un mécanisme de suivi rapproché. », selon le général de brigade Ousmane Wélé, gouverneur de la région de bougouni.
Nous devons travailler avec un calendrier extrêmement serré, des responsabilités clairement définies et un mécanisme de suivi rapproché.
La session, qui a duré plus de trois heures, a surtout permis de mettre en place un cadre de collaboration opérationnel entre autorités administratives, collectivités territoriales et services techniques. Un triptyque dont l’articulation est souvent le talon d’Achille de la mise en œuvre des projets publics au Mali.
À Dioïla, 122 millions fcfa en attente de projets
À quelques centaines de kilomètres de là, le gouverneur de la région de Dioïla, le général de division Kèba Sangaré, réunissait dans le même esprit les maires des 23 communes de sa région, accompagnés des responsables des structures financières de l’État et des administrateurs civils. L’annonce centrale : 122 millions de francs CFA sont mis à disposition des collectivités locales de la région au titre du Fonds minier de développement local.
Ces ressources seront prioritairement orientées vers des infrastructures scolaires, l’acquisition d’équipements et d’autres projets de développement ciblant l’amélioration des conditions de vie des populations. Pour accéder aux fonds, les communes devront soumettre des propositions de projets prioritaires, élaborées en tenant compte des besoins et des préoccupations réelles de leurs administrés. Des comités de suivi seront mis en place aux niveaux communal, cercle et régional pour garantir la traçabilité de l’utilisation des ressources.
Le gouverneur Sangaré a tenu à envoyer un signal d’urgence aux maires en leur faisant comprendre que la bonne volonté ne suffira pas si les dossiers ne sont pas prêts à temps. Aucune commune ne devra perdre le bénéfice de ce financement en raison d’un retard dans la préparation des documents administratifs. Une mise en garde qui dit aussi les habitudes que ce mécanisme entend briser.
Oumarou Fomba
