Home A la Une Aux Falaises de Bandiagara, une nouvelle phase pour protéger le pays dogon du changement climatique

Aux Falaises de Bandiagara, une nouvelle phase pour protéger le pays dogon du changement climatique

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Après quatre années consacrées à la reconstruction du bâti détruit par la crise sécuritaire, l’État malien, l’UNESCO et la Fondation ALIPH ont lancé, le 2 septembre à Bandiagara, un nouveau projet destiné cette fois à préparer le site classé au patrimoine mondial face aux impacts du changement climatique. Une étape qui intervient à l’approche du Sigi, cérémonie rituelle dogon célébrée une fois tous les soixante ans.

C’est dans la salle de conférence du gouvernorat de la région de Bandiagara que s’est tenue, mercredi 2 septembre, la cérémonie de lancement du projet « Atténuation des impacts des changements climatiques et mise en valeur du patrimoine du site des Falaises de Bandiagara ». Placée sous la présidence du ministre de l’Artisanat, de la Culture, de l’Industrie hôtelière et du Tourisme, Mamou Daffé, représenté par son conseiller technique Mamadou Cissé, la cérémonie a réuni le gouverneur de la région, le colonel-major Olivier Diassana, un représentant du bureau de l’UNESCO à Bamako, ainsi que des autorités administratives, des collectivités territoriales et des légitimités traditionnelles du pays dogon.

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Atténuation des impacts des changements climatiques et mise en valeur du patrimoine du site des Falaises de Bandiagara

Classé au patrimoine mondial de l’UNESCO depuis 1989, le site des Falaises de Bandiagara s’étend sur 400 000 hectares et abrite 289 villages, où les communautés dogon, peules, bozo, bambara et sonrhaï perpétuent depuis des siècles un dialogue exceptionnel entre habitat traditionnel et environnement naturel. Depuis 2019, cet ensemble architectural unique a subi d’importants dommages liés aux violences qui ont frappé la région de Mopti, plusieurs villages ayant été partiellement ou totalement détruits.

Capitaliser sur quatre ans de reconstruction

Ce nouveau projet s’inscrit dans la continuité directe du programme « Reconstruction et réhabilitation du patrimoine bâti du site des Falaises de Bandiagara », mené entre 2022 et 2026 grâce à un financement de la Fondation Alliance internationale pour la protection du patrimoine (ALIPH), en partenariat avec l’UNESCO et le gouvernement malien. Lancé officiellement en août 2022 pour quatre villages (Ogossagou, Sobane Da, Djombolo et Tégourou), ce premier programme avait ensuite été étendu à cinq localités supplémentaires ainsi qu’à la ville de Bandiagara elle-même, avec pour objectif la réhabilitation ou la reconstruction d’environ 125 maisons, 125 greniers traditionnels et huit togunas, ces cases à palabre emblématiques de l’architecture dogon, à travers des chantiers-écoles associant étroitement les communautés locales.

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Reconstruction et réhabilitation du patrimoine bâti du site des Falaises de Bandiagara

La cérémonie de lancement a été suivie d’un atelier consacré à la capitalisation des acquis de cette première phase, ainsi que d’une réunion d’échanges consacrée aux festivités du Sigi, un rite dogon majeur célébré une fois tous les soixante ans et dont la prochaine édition doit débuter en 2027. Représentant le ministre, Mamadou Cissé a inscrit ce nouveau projet dans le cadre de la période 2026-2027, décrétée par le président de la Transition, le général d’armée Assimi Goïta, « année de l’éducation et de la culture » au Mali, la présentant comme un cadre idéal pour « revitaliser nos territoires » et renforcer la protection du patrimoine dogon face aux défis sécuritaires et climatiques conjugués.

Une exposition pour raconter la résilience du pays dogon

Le lendemain, jeudi 3 septembre, la dynamique s’est prolongée avec le vernissage de l’exposition « Pays dogon : patrimoine entre défis et résilience », présentée dans la salle du Musée de Bandiagara, au sein même du gouvernorat régional. À travers des objets patrimoniaux, des photographies et des supports audiovisuels, cette exposition propose un regard historique, culturel et humain sur les conséquences des crises traversées par la région sur son patrimoine et ses communautés, tout en mettant en lumière les initiatives de sauvegarde et de relèvement engagées ces dernières années.

En articulant pour la première fois de façon aussi explicite les enjeux climatiques à la préservation patrimoniale, ce nouveau projet illustre une évolution plus large de l’approche portée par l’UNESCO et ses partenaires sur le continent. Au pays dogon, la protection du patrimoine bâti ne peut plus se penser indépendamment de la résilience des communautés elles-mêmes face à des crises désormais multiples, sécuritaires autant qu’environnementales.

Oumarou Fomba 

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