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Ismaila Samba Traore
Seko ni Donko

Ismaïla Samba Traoré : de producteur réalisateur de radio à historien de la littérature malienne

by Chiencoro 24 février 2021
written by Chiencoro 6 minutes read

Reconnu de tous comme historien du livre et de la littérature au Mali, Ismaila Samba Traoré joue un rôle prépondérant dans la préservation et la valorisation de la culture malienne. Il possède une riche bibliographie qui fait de lui un écrivain de renommé nationale et internationale. Mais comment est-il arrivé à ce stade ?  

Dans ses bureaux à Bacodjicoroni ACI, Ismaïla Samba Traoré présente l’allure d’un homme très actif, téléphone fixé à l’oreille gauche, les yeux rivés (sans lunettes) sur son écran d’ordinateur, ou sur son agenda qu’il remplit au fur et à mesure de ses engagements, il peut néanmoins soutenir une conversation, tout en passant les doigts sur son clavier d’ordinateur et un œil sur son agenda déposé à portée de main sur sa table de travail. L’homme est grand et bien bâti, de teint noir, cheveux blanchis, assez souvent drapé dans un long boubou.

Une vie à l’horloge

Cet homme hyperactif, écrivain, éditeur, chercheur, animateur d’un réseau de consultants, président d’associations et de collectifs, est un homme auquel on recourt volontiers dans le milieu, en sa qualité d’historien de la littérature malienne, de point focal pour fournir les contacts des professionnels du secteur de la culture.

Il partage ses journées entre relecture des manuscrits, accueil et orientation des auteurs, élaboration et conduite de programmes de recherche. Toujours souriant, à peine un appel terminé il peut décrocher un autre téléphone, et de sa voix grave, il oriente en quelques mots ses correspondants.

Le plus souvent, il lui arrive aussi de consacrer toute une matinée aux entretiens avec ses auteurs, notamment les jeunes qui se lancent dans cette aventure de l’édition sans pour autant avoir une véritable expérience dans le domaine. Il a produit, à compte d’éditeur au cours des derniers mois, pas moins de dix ouvrages d’auteurs débutants et moins jeunes. « Ce sont mes coups de cœur », confie-t-il en souriant.

Ismaila Samba ne fait pas économie de sa personne, se donnant sans compter. La dernière née de ses initiatives, c’est la mise en place du Collectif Urgence Ecoles, un regroupement d’écrivains-enseignants qui ont décidé de se battre pour que leurs ouvrages parviennent aux destinataires que sont les enseignants et scolaires. Puisque les formules d’achat de livres sont à l’arrêt depuis de nombreuses années. « La refondation et requalification de l’école malienne se fera avec les contenus que nous produisons, ou ne se fera pas. Puisque l’Etat ne fournit pas les écoles en livres, nous avons décidé d’explorer la piste des Sponsors et ONG, ainsi que des leaders politiques, qui disposent de projet de société qui font la part belle à l’éducation ». Il avoue volontiers être insomniaque, dormant peu, très tôt réveillé, conséquences d’un mode de vie contracté depuis l’adolescence.  

Le scénariste des coups d’Etat

Producteur réalisateur à la radiodiffusion nationale du Mali au début de sa carrière de 1972 à 74, il décroche une bourse pour entreprendre des études universitaires en France, entre 1974 à 1982. Passionné par l’écriture depuis l’adolescence, il bascule définitivement dans ce choix de vie central à partir de la parution en 1982 de son premier roman, « Les ruchers de la capitale ».

Certains centres d’intérêt ont valu à ce roman de figurer au programme des écoles, comme la description de la famille, de l’exode rural ayant engendré les quartiers spontanés des nouvelles villes africaines, les clivages entre riches et démunis, l’ouvrage se prête à une lecture politique de la post indépendance. Il a prophétisé le système manipulateur mis en œuvre par les auteurs de putsch au Mali. Qui se met en mouvement entre rumeurs et manipulations…

Les écrits de M. Traoré font l’objet d’exposés, de mémoires et thèses dans des universités en Afrique et en France.

La Sahélienne, au-delà de l’édition

La maison d’édition de livres qu’il a fondée en 1992, La Sahélienne, est la plus connue au Mali. Elle dispose d’une librairie, d’une bibliothèque de lecture et d’un espace consacré aux conférences-débats.

La Sahélienne compte plusieurs collections, consacrées aux romans et récits, aux essais et documents, à la littérature de jeunesse, à la poésie. Sa production de livres en langues nationales compte pour un quart du total de ses publications, en toutes langues nationales du Mali. En plus de l’édition, La Sahélienne est aussi un centre de recherche et de consultation avec un solide réseau de consultants. C’est aussi une structure de formation et d’éducation non formelle.

Implantée dans un grand espace de deux étages, entouré de verdure, le cadre comporte une belle terrasse qui accueille en longueur de journée du monde. En plus des clients qui passent pour des achats de livres, cet espace est un véritable lieu de coworking, où des auteurs viennent le plus souvent se réfugier pour bénéficier non seulement des commodités du lieu, mais aussi et surtout des expériences du vieil écrivain.

Référence de la culture malienne

« C’est un baobab pour le Mali » confie enthousiaste un jeune auteur qui le fréquente depuis quelques années. « Ses romans et chroniques, ses essais sur les filières artistiques et agricoles, ses monographies, recueils de poésie, livres pour enfants, en français aussi bien qu’en bamanankan, représentent une  contribution importante dans la construction et la diffusion des savoirs sur notre pays ».

Une autre confie : « C’est son esprit d’ouverture, son humanisme et surtout son amour pour son métier qui sont frappants au premier contact ».

Ismaila Samba Traoré est président du centre malien de Pen International,  et du mouvement Malivaleurs. En  2019 il a reçu la haute distinction de Chevalier de l’Ordre national du Mali.

On raconte de Ismaila Samba Traoré qu’à travers le Collectif Solidarité Ecoles fondé depuis 1994, et plus tard avec le Mouvement Malivaleurs, il a réussi à faire sortir beaucoup d’enfants de la déperdition scolaire en raison du manque de moyen de leurs parents. 

La riche expérience de Ismaïla Samba Traoré vient non seulement de son poste de producteur réalisateur, mais aussi, et surtout de ses fonctions de directeur national, de conseiller technique, de chargé de mission et de chef de cabinet, au ministère de la Culture et au ministère de l’Éducation de base.

A 72 ans, IsmaïIa Samba Traoré n’a rien perdu de sa rigueur et de sa vigueur. Car « En ce moment, je prépare la relève à La Sahélienne…Je vais me consacrer bientôt, si Dieu veut, à la relecture et publication des nombreux écrits qui attendent dans mes ordinateurs, fruits de mes longues années de recherche et d’écriture. », ne cesse-t-il de rappeler au besoin.

L’homme est à l’aise avec toutes les générations qui fréquentent ses espaces. Malgré l’âge et ses nombreuses occupations, il a une mémoire d’éléphant. C’est véritablement un homme-mémoire, à tous points de vue.

Fousseni Togola

24 février 2021 0 comments
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Meeting du 21 fevrier 2021 du M5 RFP au Mali
Politique

Au Mali, le M5-RFP devient-il une nouvelle opposition politique ?

by Chiencoro 23 février 2021
written by Chiencoro 6 minutes read

Au Mali, la défense des intérêts personnels pourrait expliquer toutes ces difficultés pour le pays de parvenir à un véritable changement. Les crises répétitives ne semblent rien dire à certains Maliens engagés dans des combats de positionnement politique et prêts à sacrifier tout le Mali pour leurs seules personnes. Est-ce le cas du M5-RFP ?

« L’État est le plus froid des monstres froids. Il ment froidement ; et voici le mensonge qui s’échappe de sa bouche : “Moi l’État, je suis le peuple. » », déclare le philosophe allemand Friedrich Nietzsche dans son livre intitulé « Ainsi parlait Zarathoustra ».

En faisant ainsi croire au peuple qu’il défend ses intérêts, que son souci est son bien-être, l’État crache sur le dos de ce peuple qu’il dupe en défendant ses propres intérêts. Maintenu dans l’ignorance, le peuple soutiendra cet État vicieux dans son entreprise de défense de soi ou de réalisation de soi.

M5-RFP « fidèle à ses idéaux et engagements »  

Cette explication de la politique d’État correspond mieux à la position du Mouvement du 5 juin-Rassemblement des forces patriotiques (M5-RFP). De sa création, le 5 juin 2020, ce mouvement chevauche sur des difficultés de l’ère afin d’avoir le peuple à ses côtés. Il se fait le défenseur des intérêts d’un peuple ignorant en quête de chemin.

Le M5-RFP, « [ NDLL] convaincu, preuves à l’appui, de l’existence d’une complicité objective et d’une convergence d’intérêts et d’objectifs entre l’ancien régime officiellement déchu et les autorités militaires de la transition, fidèle à ses idéaux et engagements a déjà déclaré qu’il ne peut ni s’associer ni assumer la gouvernance en cours, ni rester non plus observateur passif de ses dérives », a indiqué le M5-RFP lors de son meeting du 21 février 2021 au Palais de la culture Amadou Hampaté Bah de Bamako.

Pourtant, juste après le coup d’État du 18 août 2020 contre Ibrahim Boubacar Kéïta (IBK), n’est-ce pas ce même mouvement qui a accueilli avec joie les militaires pour avoir achevé son combat ?

Entre les deux parties, le climat a été tendu jusqu’au moment où l’autre a senti qu’elle sortait bredouille. Car elle n’a pas bénéficié des postes sur lesquels elle misait. Dans son Assemblée générale du 24 octobre 2020, ce mouvement a déclaré avoir « voulu être les principaux responsables de la transition pour imprimer (leur) vision à la marche des affaires sans complexe et en toute légitimité ». « Dans cette optique et toujours en toute légitimité, le M5-RFP réclame, comme un dû, la présidence et le quart des membres du Conseil national de Transition pour, encore une fois, se donner les moyens politiques et institutionnels du changement et de la refondation. »

Cette même volonté se lit bien derrière ce passage de « velléités de quelques hauts gradés des Forces de Défense et de Sécurité qui ont usurpé la victoire du peuple ». Mais pas que cela. Le M5-RFP l’affirme plus clairement dans cet autre passage prononcé lors de son assemblée du 21 février dernier : « La transition en général, et le processus électoral en particulier, ne peuvent continuer à être l’affaire d’une junte militaire qui a décidé de faire main-basse sur tout le Mali : les institutions, l’administration, l’économie, les élections… ».

Des mécontents

Voilà la véritable raison de toutes ces attaques de ce mouvement qui cherche à renaître à partir de la cendre de ses anciens ennemis : les ex-députés mécontents de la dissolution de l’Assemblée nationale par IBK, le CDR mécontent de l’arrestation de Mohamed Youssouf Bathily dit Ras Bath. En un mot, ceux qui critiquaient le M5-RFP parce qu’ils espéraient un partage de gâteau qui ne verra pas le jour se sont ralliés aujourd’hui à ce même mouvement afin de jeter l’opprobre sur le processus en cours au Mali.

Le peuple devient pour ainsi dire un instrument que l’on manipule pour accéder à nos fins. La leçon véhiculée par Jean-Jacques Rousseau à partir de l’image de l’état de nature a été bien assimilée. Pour se protéger contre d’éventuelles attaques, les quelques-uns qui avaient déjà réussi à se faire des propriétés ont invité à un « contrat de dupe » en faisant prévaloir la défense des droits de tous. Pourtant, c’était bien pour leur propre sécurité.

C’est parce que le divorce a été consommé avec les militaires au pouvoir que le M5-RFP aurait compris que de hauts gradés ont troqué « le treillis militaire contre le costume ou le boubou civil et de délaisser les théâtres des opérations pour s’embourber dans les jeux et intrigues à Bamako et ailleurs ».

Chaque chose a son temps. Cette constatation, si elle était sincère, devrait être faite depuis les premières ères du renversement du régime IBK.

Jeux de positionnement

Toutefois, ce que le M5-RFP semble oublier, c’est que si les militaires ont pu faire « main-basse sur tout le Mali », c’est parce que le peuple auquel il ne cesse de s’identifier ne fait plus confiance aux hommes politiques qui le composent. A-t-il oublié le résultat des nombreux sondages effectués auprès du peuple malien sur la conduite de cette transition ? Cette population sondée, dans sa grande majorité, a sollicité une transition gouvernée par des hommes en treillis. C’est pourquoi après la démission d’IBK, beaucoup de membres de ce mouvement se sont retirés tout en affirmant la mort et l’enterrement du M5-RFP. 

Si ce mouvement avait su mener sa lutte, de façon désintéressée, on aurait pu dire qu’il impose une évolution à l’opposition malienne voire prendre son relais, puisqu’il est né à une période de quasi-inactivité de cette opposition républicaine marquée par l’enlèvement de son chef de file, feu Soumaïla Cissé. Malheureusement, ce n’est point le cas. Le M5-RFP est dans une bataille de positionnement politique. Du coup, il devient un ennemi dangereux pour tout le Mali.

Le pouvoir transitoire doit jouer sa politique

Quand l’ignorance s’empare d’un peuple, il devient pire qu’une bête féroce de telle sorte qu’il se trouvera dans un dilemme permanent. Le peuple malien est obnubilé par ce mouvement qui a pris le contrôle de sa conscience. Dans une telle circonstance, il demeure important pour le pouvoir en place de jouer le jeu sans accepter de se lancer dans le bras de fer que ce mouvement souhaite engager.

Les autorités politiques de la transition doivent instituer rapidement un cadre de concertation entre toutes les forces vives de la nation. Ce n’est pas tout, il demeure important de former un gouvernement d’union nationale et d’élargir également le Conseil national de la transition (CNT) en y intégrant des membres du M5-RFP. Bref, il faudrait travailler à placer certains hommes politiques qui composent ce mouvement à des postes assez stratégiques au sein du CNT. L’objectif sera seulement d’aboutir cette transition dans la paix et la stabilité. Pour beaucoup d’observateurs, nous sommes dans une période d’exception.

Fousseni Togola

23 février 2021 1 comment
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Ramesh Rajasingham sous secretaire general par interim aux affaires humanitaires dOCHA Mali
Sécurité

Plan de réponse humanitaire 2021 : Ocha Mali plaide pour un financement rapide

by Sahel Tribune 23 février 2021
written by Sahel Tribune 2 minutes read

La crise malienne touche de plein fouet les civils. Le risque de cette situation, c’est non seulement la possibilité d’extension de la crise aux pays voisins d’Afrique de l’Ouest, mais aussi l’augmentation des besoins humanitaires. OCHA Mali demande des « financements immédiats et généreux » afin de venir en aide aux civils dans le besoin dans ces zones de conflit.  

« Plus de 11 millions de personnes sont touchées » par l’insécurité, « près de 6 millions de personnes ont besoin d’une aide humanitaire », selon Ramesh Rajasingham, sous-secrétaire général par intérim aux affaires humanitaires d’OCHA Mali, dans une courte vidéo publiée par cette organisation onusienne sur son compte Twitter.

Le drame de cette situation, toujours selon les précisions de Rajasingham, c’est que les populations constituent les véritables cibles des différentes attaques. Comme conséquence directe, les écoles aussi bien que les centres de santé sont « contraints de fermer » leurs portes, les populations fuient leur maison.

« Cette année comme nous pouvons le constater, la situation humanitaire au Mali risque de ne pas s’améliorer », a déclaré Rajasingham. Il justifie sa crainte par la propagation de la violence non seulement du Nord Mali au centre, mais aussi et surtout jusqu’à la frontière du Niger et du Burkina Faso. Une crise sécuritaire qui risque de conduire à une propagation des combats vers les « pays voisins d’Afrique de l’Ouest ».

« Des financements immédiats et généreux »  

Le représentant d’OCHA Mali trouve « insoutenables que les civils soient de plus en plus la cible d’attaques violentes de la part de groupes armés ».

Pour éviter une cancérisation de toute la région, Rajasingham juge important de mener une « action concertée ». Pour sa part, OCHA Mali entend soutenir en 2021, 4,7 millions de personnes à travers son Plan d’urgence humanitaire 2021. Pour y réussir, cette organisation plaide pour « des financements immédiats et généreux ». Des financements qui permettront de continuer à fournir une aide alimentaire, des abris, des soins de santé, de l’eau, d’éducation ainsi que de protection. « Il s’agit d’une assistance cruciale et vitale pour supporter les familles vulnérables jusqu’à ce qu’une solution politique et de développement puisse inverser la tendance de cette crise », a-t-il conclu.  

Chiencoro

23 février 2021 0 comments
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Le Premier ministre Moctar Ouane lors des debats sur le Plan daction du gouvernement au Conseil national de la Transition
Politique

Adoption du PAG : les assurances du Premier ministre de la transition

by Bakary FOMBA 23 février 2021
written by Bakary FOMBA 3 minutes read

Après la présentation vendredi dernier du PAG par le Premier ministre Moctar Ouane aux membres du CNT, cet organe législatif a procédé lundi 22 février 2021 à l’approbation de ce document à travers le vote. Plusieurs membres du CNT se sont succédé au pupitre pour non seulement poser leurs différentes questions au Premier ministre, mais aussi faire des suggestions sur les différents axes du document. Moctar Ouane a ensuite donné des éléments de réponse aux différentes préoccupations. Le document a été adopté par la majorité des conseillers nationaux de la transition à 100 voix pour, 4 voix contre et 3 abstentions.

L’aide à la presse, la loi sur l’accès à l’information pour les journalistes ainsi que la dépénalisation des délits de presse, les questions liées à l’éducation, la santé, l’application de l’Accord d’Alger, la problématique de la carte Nina, la situation des enfants de la rue ainsi que la sécurité des personnes souffrant d’albinisme en périodes électorales, voilà entre autres les problématiques abordées au cours de cette séance de débats entre les membres du CNT et le Premier ministre.

« La durée de la transition est fixée à 18 mois »

Pour le retour de la paix au Mali, le Premier ministre Moctar Ouane a indiqué que « le gouvernement est engagé dans la dynamique de la dissolution des milices ». Quant au processus de Désarmement-Démobilisation-Réinsertion, « toutes les régions du Nord et du Centre sont concernées ». Des concertations sont également en cours sur la question de la relecture de l’Accord pour la Paix et la Réconciliation nationale, a rassuré le Premier ministre Ouane.

S’agissant de la question liée aux réformes politiques et institutionnelles, qui est une des attentes fortes des Maliens, M. Ouane a indiqué que « ces réformes seront menées en collaboration étroite avec les partis et groupements politiques et la société civile. »

Quant au respect de la durée de la période transitoire, le Premier ministre a été on ne peut plus clair : « La durée de la transition est fixée à 18 mois et le président Bah N’Daw a clairement fait part de sa volonté de respecter ces délais ».

« Le domaine aéroportuaire est inaliénable »

Pour mieux protéger les journalistes dans leurs activités quotidiennes, « un projet de décret portant dépénalisation des délits de presse est en cours de discussion avec les groupements et les organisations de presse en vue de sa présentation prochaine au CNT », a fait savoir M. Ouane.

À la question concernant le domaine aéroportuaire, le Premier ministre a souligné qu’il s’agit d’un domaine « public inaliénable de l’État. » Toutefois, il a précisé que « des sanctions administratives et pénales seront prises contre ceux délivrant des permis d’occuper et des lettres d’attribution (abaissement d’échelon d’agents de l’État fautifs, révocation d’office de fonctionnaires des collectivités impliqués dans des malversations…) ».

Forum national sur la mendicité

 La question de la mendicité étant parmi les préoccupations majeures des Maliens, le Premier ministre de la transition a précisé au cours de ce débat que la mendicité et l’incitation à la mendicité sont condamnées par le Code pénal malien. Il annonce la tenue d’« un forum national sur les phénomènes de la mendicité » afin de discuter de « la problématique dans tous ses aspects. »

De nos jours, s’il existe un phénomène qui coupe le sommeil aux Maliens, c’est bien la dégringolade du prix des produits de première nécessité. Sensible à ce problème, M.Ouane a rassuré que le gouvernement se bat contre cette flambée des prix. Selon ses précisions, le « problème est en train d’être traité en synergie avec l’ensemble des acteurs. »

Bakary Fomba

23 février 2021 1 comment
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Urne
Éducation

Faut-il refonder la démocratie ?

by Chiencoro 23 février 2021
written by Chiencoro 4 minutes read

Les problèmes récurrents dans les démocraties modernes forcent à douter de la validité de ce régime à l’époque actuelle. La démocratie n’aurait-elle pas atteint ses limites et demanderait à être réformée ? Ce régime mérite aujourd’hui que des réflexions soient portées sur ses principes.

« La démocratie soulève de grandes difficultés. [NDLR] Les problèmes les plus importants et les plus difficiles sont les problèmes d’ordre moral », déclare Karl Popper, philosophe du 20e siècle. Ces problèmes de moralité font croire à des citoyens que les avantages qu’accorde ce régime leur donnent tout le droit. Ce qui pourrait expliquer pourquoi la stabilité est difficilement accessible en démocratie.

Trop de libertés asphyxient la liberté

Ces difficultés relèvent du « paradoxe de la liberté ». L’octroi d’une multitude de libertés au peuple conduit généralement à l’abus de ces libertés pour la satisfaction d’intérêts personnels. Selon Popper, ces abus s’expliquent par la coresponsabilité, dont l’exercice requiert la liberté d’expression, d’accès à l’information et de diffusion de l’information, de publication, etc.

« “Trop” d’État conduit à l’absence de liberté. Mais il peut aussi y avoir “trop” de liberté. Il existe malheureusement un abus de la liberté, analogue à l’abus du pouvoir de l’État », explique-t-il. Les abus de la liberté d’expression et de publication conduisent à la désinformation ainsi qu’à l’incitation à la violence. Des situations auxquelles nous assistons au Mali de nos jours. Ces pratiques sont de plus en plus développées alors que le pays vient de connaitre le quatrième coup d’État de son histoire.

Quand les citoyens prennent ainsi goût à une trop grande liberté, la stabilité politique et institutionnelle devient un idéal. Car aucun pouvoir ne recevra l’unanimité. En plus, l’union dont il a besoin pour son bon fonctionnement devient également un mirage. En un mot, le pays devient ingouvernable.

La démocratie patine

La démocratie malienne traverserait toujours cette crise d’adolescence qui a tendance d’acquérir valeur d’habitude. En tout cas, ce régime politique, traduit littéralement comme la souveraineté du peuple, semble être insuffisamment compris au Mali. Car si la démocratie met le peuple au centre de la gouvernance politique en lui octroyant des libertés, des droits et des devoirs, elle prévoit des limites aux libertés. Sauf qu’au Mali, les droits semblent prendre le dessus des devoirs ; les libertés ne semblent plus avoir de limites. Les abus sont plus nombreux que la conformité aux normes. En conséquence, la démocratie patine, toute la nation tangue au risque de chavirer.

Ces abus, pour le cas spécifique du Mali, relève d’une politique d’instrumentalisation du peuple. Des hommes politiques, en quête de popularité, s’érigent en représentants ou défenseurs du peuple. Cette couverture les aide dans leur entreprise de déstabilisation.

 Ne faudrait-il pas alors donner raison au philosophe français du 18e siècle, Jean-Jacques Rousseau à travers ce passage de son ouvrage « Du contrat social » : « S’il y avait un peuple de Dieux, il se gouvernerait démocratiquement ». Parce qu’il s’agit d’un régime parfait. « Un gouvernement si parfait ne convient pas à des hommes », a-t-il fini par indiquer.  

La nature imparfaite de l’homme aurait fini par corrompre la démocratie, considérée comme parfaite. Si tel est le cas, c’est que la démocratie n’a jamais été parfaite, puisque le parfait n’est pas corruptible.  

Refonder la démocratie

Thomas Hobbes aurait pressenti ce labyrinthe en proposant que l’État ait plus de liberté afin de régner en « léviathan » pour faire peur et obliger au respect des principes. « Nous avons besoin de la liberté pour empêcher les abus de l’État, et nous avons besoin de l’État pour empêcher les abus de la liberté », explique Popper. Les limites des libertés n’auraient pas été assez perceptibles. D’où les nombreuses violations auxquelles nous assistons.  

Dans sa classification des différents régimes politiques et leur déclinaison, Platon expliquait : « La démocratie — souveraineté du peuple, du grand nombre, de la masse. Ici, selon Platon, il n’existe qu’une seule forme et elle est mauvaise, parce que parmi beaucoup d’hommes, il y a toujours beaucoup d’hommes mauvais », explique Karl Popper. D’où la critique de ce philosophe contre l’idée qui fait de la souveraineté populaire « l’initiative populaire ». Selon lui, il vaut mieux prôner pour le « jugement du peuple ».

Depuis l’Antiquité, la démocratie est objet d’interrogation. Les problèmes récurrents au cœur de la gestion de ce régime et qui n’épargnent aucun État actuel, quels que soient ses nombres d’années d’expérience dans la pratique, nécessitent que de véritables réflexions soient menées sur le fonctionnement de ce régime.

Faut-il une refonte de la démocratie ? Ignacio Ramonet répond par l’affirmatif : « Une architecture politique conçue, pour l’essentiel, au cours de la seconde moitié du XVIIIe siècle, en Angleterre, aux États-Unis et en France sur la base des exemples antiques grec et romain, a nécessairement besoin d’une refondation ».

Fousseni Togola   

23 février 2021 1 comment
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Crise climatique
Climat et environnement

Changement climatique : pour sauver l’humanité, un changement de mentalité s’impose

by Sahel Tribune 22 février 2021
written by Sahel Tribune 3 minutes read

L’humanité est de plus en plus victime de ses propres agissements. Face aux innombrables défis liés au changement climatique, le PNUE a publié un nouveau pour réitérer l’appel à l’action.   

S’attaquer aux crises climatiques, à la biodiversité et à la pollution est une condition sine qua non pour prévenir de nouvelles pandémies ravageuses. D’où la nécessité pour l’homme de « transformer sa relation avec la nature », souligne un nouveau rapport (Faire la paix avec la nature) du Programme des Nations unies pour l’environnement (PNUE).

La santé de l’homme et de la nature interconnectée

Le secrétaire général des Nations unies, Antonio Guterres, dans l’avant-propos du rapport, explique qu’« en rassemblant les dernières preuves scientifiques qui décrivent les conséquences et les menaces de l’urgence climatique, la crise de la biodiversité et la pollution qui tue des millions de personnes chaque année, [ce rapport] montre clairement que notre guerre contre la nature a brisé la planète ». 

Dans un communiqué du 18 février 2021, le PNUE précise qu’il s’agit pour les auteurs de ce nouveau rapport d’évaluer les liens entre les multiples défis environnementaux et le développement. Aussi expliquent-ils « comment les progrès scientifiques et l’élaboration de politiques audacieuses peuvent ouvrir la voie à la réalisation des objectifs de développement durable d’ici 2030 et à un monde neutre en carbone d’ici 2050, tout en infléchissant la courbe de la perte de biodiversité et en réduisant la pollution et les déchets ».

L’existence de rapport étroit entre l’homme et la nature paraît être un aspect important à prendre en compte, d’après Inger Andersen, directrice exécutive du PNUE. Selon ses précisions, « en démontrant à quel point la santé des personnes et la nature sont liées, la crise de la covid-19 a mis en évidence la nécessité d’un changement radical dans notre façon de voir et de valoriser la nature ».

« La nature comme allié indispensable »

Les innovations qu’exige cette prise en compte des relations entre la nature et l’homme invitent à investir « dans des activités qui protègent à la fois l’être humain et la nature ». Et de préciser : « La réussite passe notamment par la restauration des écosystèmes et l’amélioration de la santé des populations, ainsi que par la stabilité du climat ».

La patronne du PNUE estime important de se focaliser sur le changement des mentalités et des valeurs, et de trouver des « solutions politiques et techniques à la hauteur des crises environnementales de la Terre ».

Selon le patron de l’ONU, ce rapport est un guide qui conduit l’humanité vers une voie plus sûre « en proposant un plan de paix et un programme de reconstruction après la guerre. »

La terre vers un réchauffement record

Ce rapport est un véritable plaidoyer en faveur de la nature voire de l’humanité. M. Guterres ne fait aucun doute qu’en « reconnaissant la nature comme un allié indispensable, nous pouvons libérer l’ingéniosité humaine au service de la durabilité et assurer notre propre santé et notre bien-être parallèlement à ceux de la planète ».

Ces actions sont importantes dans la mesure où « la Terre se dirige vers un réchauffement climatique d’au moins 3 °C au cours de ce siècle ». Ce n’est pas tout, « plus d’un million d’espèces végétales et animales sur les 8 millions estimées sont fortement menacées d’extinction et les maladies causées par la pollution tuent actuellement quelque 9 millions de personnes prématurément chaque année », déplore-t-on.

Pour un avenir durable, il convient de tirer les leçons de la crise de la covid-19 afin de réduire la menace des maladies pandémiques. Pour y réussir, l’humanité doit prendre soin de la nature.

Chiencoro

22 février 2021 1 comment
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Le Premier ministre Moctar Ouane lors des debats sur le Plan daction du gouvernement au Conseil national de la Transition
Actu

Relance de l’économie malienne : le gouvernement entend poser les jalons dans les délais convenus

by Bakary FOMBA 22 février 2021
written by Bakary FOMBA 3 minutes read

Vendredi 19 février 2021, au Centre International de Conférence de Bamako (CICB), le Premier ministre Moctar Ouane a livré le plan d’action du gouvernement (PAG) devant le Conseil National de Transition (CNT). La séance de débats consécutifs à la présentation de ce Plan d’Action du gouvernement se tient, ce lundi 22 février 2021, au Conseil National de la Transition. C’est en présence du Premier ministre.

Dans sa déclaration de plan d’action du gouvernement, le Premier ministre malien n’a-t-il pas enlevé l’épine qui dérangeait tant dans les pieds des détracteurs du pouvoir transitoire ? Toutes les réformes prévues seront exécutées dans le délai convenu pour la Transition, a-t-il rassuré.

En plus des six axes prioritaires du PAG, la lutte contre la pandémie du coronavirus et ses conséquences sur l’économie malienne occupent une place centrale dans le programme d’Action gouvernementale du Premier ministre de la Transition.

Miser sur le secteur privé

Rappelant tout l’accompagnement des autorités politiques maliennes aux entreprises affectées par les effets de cette pandémie, le Premier ministre a rassuré que le « gouvernement maintiendra, malgré les nombreux défis, une politique budgétaire soutenable visant à maintenir le solde global des finances publiques à un niveau compatible avec la viabilité de la dette ».

Dans la même dynamique d’accompagnement des entreprises pour une relance économique plus inclusive, le gouvernement envisage de nouvelles perspectives inscrites « dans la vision du Cadre pour la relance économique et le développement durable (CREDD) ».

Selon les précisions de Moctar Ouane, il s’agit notamment pour le gouvernement « de créer les conditions d’une transformation structurelle de l’économie en vue d’une croissance forte et inclusive permettant de réduire significativement la pauvreté et d’asseoir les bases d’une économie émergente ».

Cette ambition sera difficile à atteindre si l’accent n’est pas mis sur le secteur privé. Conscient de cela, le gouvernement fera de « la promotion du secteur privé et le développement des investissements directs étrangers en lien avec l’amélioration du climat des affaires, la promotion du partenariat public-privé ainsi que le développement de nouvelles sources de financement comme la finance islamique ou les financements participatifs », son cheval de bataille.

Appel à l’union sacrée

Pour la réalisation de toutes ces ambitions, le gouvernement de la transition a lancé un appel à tous les Maliens pour l’union sacrée autour du Mali. « Il s’agit de travailler avec eux [toutes les forces vives, les représentants des partis et groupements politiques NDLR], la main dans la main, pour la réussite de la Transition dans l’intérêt exclusif de la nation malienne », a-t-il souligné.

Toutefois, le Premier ministre, pour sortir des pieds la dérangeante épine autour de la durée de la transition, rassure que « les moyens seront mis en œuvre pour organiser, dans les délais convenus, des élections libres et transparentes afin de doter le pays d’institutions fortes et démocratiques et poser les jalons d’une gouvernance saine plaçant le citoyen au début et à la fin du développement ».

Notons que le PAG tourne autour de six principaux axes : la sécurité, la bonne gouvernance, le dialogue avec les djihadistes, l’organisation d’élections générales, le respect du délai convenu pour la transition, la révision constitutionnelle.

Bakary Fomba

22 février 2021 0 comments
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