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Dépôt de gerbes de fleurs au Monument de l'indépendance
Opinion

62e anniversaire d’indépendance : « Le Mali recouvre petit à petit sa souveraineté » (micro-trottoir)

by Bakary FOMBA 21 septembre 2022
written by Bakary FOMBA 5 minutes read

À l’occasion de la célébration du 62e anniversaire de l’indépendance de la République du Mali, le site web d’informations générales, d’analyses, et d’enquêtes, Saheltribune.com, a réalisé un micro-trottoir. Des Maliens se prononcent sur le bilan des autorités actuelles de la transition. Nombreux sont les citoyens interrogés qui se montrent optimistes et estiment que le Mali reconquiert de plus en plus sa souveraineté.

Au Mali, le 62e anniversaire d’indépendance est placé sous le signe de l’union dans la souveraineté retrouvée. Nombreux sont les Maliens qui se disent satisfaits de la gouvernance actuelle et estiment que le colonel Goïta se trouve sur la voie tracée par le premier président Modibo Kéïta.  

Bassirou Traoré, professeur d’anglais au lycée Bocar Cissé de Niafunké

Bassirou Traoré
Bassirou Traoré, professeur d’anglais au lycée Bocar Cissé de Niafunké. 📷Saheltribune.

« Concernant la gestion actuelle du Mali, je suis très satisfait. Malgré le complot international orchestré à l’encontre de notre pays, les autorités de la transition sont en train de tout mettre en œuvre pour satisfaire le peuple. Cette transition bénéficie du soutien populaire. Les Forces de défense et de sécurité ont été mieux équipées en matériels de guerre très sophistiqués.

Je peux vous assurer que le Colonel Assimi Goïta est sur le chemin de Feu Président Modibo Keïta, premier Président de la République du Mali. C’est ce qui explique la bonne coopération bilatérale avec la Fédération de Russie aujourd’hui.

Nous n’avons pas besoin de célébrer ce 62e anniversaire de façon grandiose, avec à l’appui des démonstrations gigantesques. Nous devons nous concentrer sur notre lutte farouche contre les forces du mal.

Nous devrons accepter de souffrir pour atteindre notre objectif final. Celui d’accéder à notre vraie indépendance ».

Badié Cissé, vieux cultivateur basé à Dioïla

Badié Cissé
Badié Cissé, vieux cultivateur basé à Dioïla. 📷Saheltribune.

« Les autorités actuelles sont sur la trace du Président Modibo Keïta. Ce qui explique les actes qu’ils posent pour le bonheur du peuple malien. Avec ces dirigeants, je reste optimiste qu’on aura notre vraie indépendance ».

Yaya Dabo, écrivain et professeur de philosophie au Lycée Technique de Ségou (LT-SEG)

Yaya Dabo
Yaya Dabo, écrivain et professeur de philosophie au Lycée Technique de Ségou (LT-SEG). 📷Saheltribune.

« Je suis épris de joie, et animé d’un sentiment de patriotisme aigu. Modibo Keïta était un patriote engagé. Il avait épousé l’esprit du socialisme en mettant un accent particulier sur l’autosuffisance alimentaire, l’industrialisation grâce à laquelle, les jeunes diplômés étaient embauchés, ce qui réduisait le taux de chômage. Sur le plan militaire, Modibo avait choisi comme partenaire privilégié la Russie. Le Mali n’avait rien à envier aux autres pays de la sous-région sur ce plan.

Nous étions indépendants politiquement et économiquement. Pendant son règne (8 ans), il avait rehaussé l’image du Mali. En ce qui concerne la formation des cadres, l’école malienne était une référence. Aujourd’hui, Assimi Goïta est en train de redonner cette image du Mali, qui était devenu la risée des autres.

Avec le Président GOÏTA, je suis convaincu que nous redevenons maîtres de notre destin (économiquement, politiquement, militairement). Le Col. Goïta a été l’homme providentiel pour tout un peuple. Il a osé braver la France, la Communauté internationale, l’Union européenne (UE), la Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO), l’Union économique et monétaire ouest-africaine (UEMOA)… 

J’étais pessimiste avec l’arrivée des militaires au pouvoir, car les Maliens ont un mauvais souvenir du régime militaire. À la longue, j’ai commencé à avoir confiance en eux grâce à la montée en puissance de notre armée, leur bonne gestion des deniers publics. Je suis satisfait de leur bilan. Le Mali recouvre petit à petit sa souveraineté ».

Je garde espoir pour un nouveau Mali. Si les dirigeants donnent de bonnes leçons, le peuple est condamné à les suivre. La transition ne peut pas tout régler, mais peut poser les jalons du développement. Les multiples réformes de l’État, notamment la réécriture de la Constitution, le Code électoral, la Réforme de l’Armée et de l’Éducation, seront sans nul doute, des socles du développement du Mali dans le futur ».

Idrissa Coulibaly, chauffeur basé à Kalaban Coro, quartier du sud-est du district de Bamako

Idrissa Coulibaly
Idrissa Coulibaly, chauffeur basé à Kalaban Coro, quartier du sud-est du district de Bamako. 📷Saheltribune.

« Modibo Keïta était un panafricaniste et un tiers-mondiste convaincu. Mais son indépendance était partielle à cause de la non-valorisation de la langue nationale comme langue officielle.

Pour moi, il y a une très grande ressemblance entre le régime Modibo Kéïta et celui d’Assimi Goïta. Ils ont les mêmes visions : lutter pour l’indépendance et l’unité africaine. À l’allure où vont les choses, je suis optimiste quant à la naissance du Mali Kura ».

Porteur d’uniforme à la retraite

« Ce régime est une référence. Dès leur arrivée à la tête du pays, les militaires ont commencé par mener des actions prioritaires consistant à relever les multiples défis auxquels le Mali fait face depuis plusieurs années. Il s’est frayé un chemin permettant de s’auto-développer sans compter sur le monde extérieur, notamment les colons.

Ce jeune militaire a impressionné toute la planète par sa détermination pour la même cause que Modibo Keïta, en défendant l’indépendance du Mali et l’unité africaine.

Je lance un appel au peuple malien et aux pays africains à l’aider dans ses œuvres pour l’acheminement de cette noble lutte à bon port ».

Vendeuse d’habits au marché de Banconi, commune I du district de Bamako

« Malgré les multiples critiques à l’encontre de ce régime, il représente pour moi, le meilleur des régimes que j’ai vus passé (de l’avènement de la démocratie à celui d’avant le coup d’État du 18 août 2020). Je note plus de points positifs que négatifs. Toutefois, j’appelle à l’union sacrée autour des autorités actuelles afin de quitter l’indépendance nominale et accéder à la vraie souveraineté ».

Bakary Fomba

21 septembre 2022 0 comments
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Lancement de Kenekanko
Actu

Kenekanko : un nouvel instrument contre la corruption et les violations des droits humains au Mali

by Bakary FOMBA 21 septembre 2022
written by Bakary FOMBA 3 minutes read

Dans le cadre de la lutte contre la corruption et les violations des droits humains, la Fondation Tuwindi et l’Association malienne des Droits de l’Homme (AMDH), ont lancé officiellement, mardi 20 septembre 2022, au Grand Hôtel de Bamako, une application et une plateforme web.

Kenekanko, une application et aussi une plateforme web qui donne désormais aux citoyens maliens de l’intérieur comme de la diaspora la possibilité de dénoncer des cas de corruption et de violation des droits de l’homme dans leur pays. Des dénonciations qui sont ensuite vérifiées par les médias partenaires de cette initiative de la fondation Tuwindi.

Susciter des poursuites judiciaires

Ce Projet permet de faire le monitoring des cas de corruption et de violations des droits humains. Il s’agit de produire des articles d’investigation basés sur des alertes recensées sur cette plateforme technologique. Des articles pouvant susciter des poursuites judiciaires contre des présumés corrompus.

Parmi les défis qui fragilisent les institutions démocratiques et plusieurs fonctions clés de l’État malien figurent la corruption et la violation des droits humains. Malgré les efforts consentis par l’État à travers la mise en place des institutions spécialisées de prévention de la lutte contre la corruption et les violations des droits de l’homme, ces pratiques continuent d’avoir la peau dure en République du Mali. Plusieurs rapports d’organisations non gouvernementales (ONG) tirent la sonnette d’alarme sur des cas de corruption et la situation des droits de l’homme dans ce pays sahélien.

Ces phénomènes demeurent des facteurs susceptibles de handicaper le développement du pays. Le Projet d’appui à la lutte contre la corruption et le monitoring des violations des droits de l’homme, « Kenekanko », a vu le jour en vue de réduire les méfaits de ces pratiques.

« Premier frein au développement du pays »

« La corruption constitue le premier frein au développement du pays sachant que les fonds détournés [peuvent] servir à améliorer les secteurs phares » du pays notamment la santé, l’éducation, l’agroalimentaire ou encore la culture, les services publics et l’environnement, déplorent les initiateurs de ce projet d’appui à la lutte contre la corruption et les violations des droits de l’homme.

Selon les rapports annuels présentés par le bureau du vérificateur général, de 2013 à 2017, « l’État malien a perdu plus de 300 milliards de francs CFA (457 millions d’euros) à cause de la fraude et de la mauvaise gouvernance », ont rappelé les organisateurs de la cérémonie de lancement de Kenekanko. Le classement international de la corruption de 2022 « place le Mali à la 71e position des pays les plus corrompus ».

Concernant la violation des droits de l’homme, le Mali enregistre également un nombre assez élevé, notamment avec l’augmentation du nombre de personnes tuées, qui a « connu une hausse exponentielle de 324 % ».

Selon un article publié sur ONU info, du 1er janvier au 31 mars 2022, la Minusma a « recensé 812 cas de violations et atteintes aux droits de l’homme et au droit international humanitaire au Mali », a-t-on indiqué.

Bakary Fomba

21 septembre 2022 0 comments
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Camp de réfugiés dans la région de Mopti
Sécurité

De Ménaka à Kidal : en quête de sécurité

by Sahel Tribune 20 septembre 2022
written by Sahel Tribune 5 minutes read

À Ménaka, au Mali, la dégradation de la situation sécuritaire a contraint environ 54 000 personnes à quitter les lieux. Vivant principalement d’élevage et de maraîchage grâce à la marre de la ville, elles affluent pour la plupart vers la commune voisine de Kidal, une région pastorale de plusieurs milliers d’habitants où les conditions de vie restent rudes.

Sous sa tente de fortune, en plein dans le Sahara malien, Almouner observe l’engouement des siens autour de la distribution d’aide en espèces en cours, organisée par le Comité international de la Croix-Rouge. Tous sont ravis car, avec cet appui, ils vont pouvoir acheter de la nourriture, des nattes, des couvertures et quelques ustensiles de cuisine. Le regard lointain, nostalgique de son Ménaka, ce grand-père de 80 ans n’aurait jamais pensé devoir fuir sa région pour une autre sans moyens de subsistance et où l’avenir s’annonce autrement difficile.

Apeurés et paniqués

« On ne sait pas de quoi demain sera fait. Nous avons dû laisser nos biens et notre bétail derrière nous, et il faut prendre soin des enfants », confie-t-il.
Habituée à l’afflux de nouveaux arrivants depuis plusieurs semaines, ici, la population hôte d’Achibagho partage avec ces personnes déplacées le peu qu’elle a. Cependant, tous le savent, cette situation n’est pas tenable.
« De nos jours, les temps sont durs pour les communautés et leurs bétails. Nous manquons d’eau, de nourriture, de pâturage et beaucoup d’autres choses. Il est très difficile pour nous de supporter une pression supplémentaire », affirme Ibrahim, un habitant.

Arrivés à Achibagho, à Kidal, avec pour unique bien les vêtements qu’ils portaient, Almouner et sa famille, comme des milliers d’autres personnes déplacées, sont dorénavant dépendants de la bonne volonté des hôtes et de l’aide humanitaire. C’est avec un traumatisme que l’octogénaire se souvient de cette triste nuit où tout a changé pour eux.

« Nous avions à peine entamé notre dîner quand les tirs d’armes ont retenti à l’entrée du camp, raconte-t-il. Apeurés et paniqués, nous nous sommes faufilés à travers les arbustes. Quand nous avons constaté une certaine accalmie, nous avons réalisé que Fatima, ma belle-fille, avait disparu. Désemparés et tourmentés, on a marché 30 kilomètres avant d’atteindre un campement. Grâce à deux ânes que nous avons reçus là-bas, nous avons pu rejoindre le cercle d’Achibagho quelques heures après. »

Fatima, qui avait suivi un autre groupe de personnes déplacées jusqu’à Achibagho, a retrouvé sa famille deux semaines après au grand bonheur de tous. Cependant, à Kidal, d’autres défis les attendent.

Une région d’accueil aride et fragilisé

La commune de Kidal s’étend sur 260 000 km2 du Sahara au Sahel et est entièrement désertique avec des conditions de vie très rudes. On y retrouve des acacias, des balanites et d’autres arbustes typiques de la région de l’Adrar des Iforas. En cette période d’hivernage, la pluie tombe pour la quatrième fois sur la ville et les températures varient entre 45 et 46 °C. Ici, on compte approximativement 21 000 personnes déplacées de Ménaka.
Autrefois foyer des tensions, la région est entièrement située dans la zone agroclimatique saharienne, où les moyens de subsistance des populations sont, pour l’essentiel, l’élevage, le commerce et un peu de maraîchage. Ces activités sont aujourd’hui mises à mal. La région est relativement calme maintenant, mais les vestiges laissés par le conflit passé restent importants et affectent des milliers de personnes. À ceci s’ajoutent les aléas dus au changement climatique.

Le Mali fait en effet parti des 25 pays les plus fragiles face au changement climatique, d’après l’indice ND-Gain. Ce phénomène vulnérabilise davantage les populations en matière de sécurité alimentaire et nutritionnelle, d’accès à l’eau et à la protection.

« La pluviométrie est déficitaire, le tarissement des puits est de plus en plus précoce et les écarts de température sont importants. Ces états ont engendré une diminution importante des zones de pâturage et de la masse fourragère disponibles, provoquant ainsi des migrations précoces des populations vers des endroits plus propices pour survivre. On remarque une concentration autour des points d’eau existants (marres, puits, forages, etc.), ce qui peut provoquer des tensions. Et c’est pareil sur les sites d’accueil », explique Fatogama Traoré, délégué au programme Eau et Habitat du Comité international de la Croix-Rouge (CICR).

À ces problèmes s’ajoute encore l’accès restreint aux services sociaux de base. Les centres de santé communautaire sont tous déserts : un seul centre de référence fait office d’hôpital pour toute la région. En outre, la plupart des écoles sont non fonctionnelles. Des milliers d’enfants
n’ont jamais eu la possibilité d’aller à l’école et des milliers d’autres sont déscolarisés.

Surmonter les épreuves pour reconstruire un avenir

Malgré toutes ces contraintes, pour Almouner et les autres personnes déplacées, il est pour l’heure inimaginable de retourner à Ménaka. Entre se retrouver au cœur des affrontements ou vivre à Kidal, le choix est vite fait. Il faut désormais faire avec les défis de ce nouvel environnement et espérer s’en sortir.

Actuellement, ces populations font paître les bétails de leurs hôtes en contrepartie de lait ou encore de denrées. Cette activité leur permet de gagner en autonomie, car il est impossible pour elles d’envisager de rester dépendantes de l’aide humanitaire. Elles réfléchissent ainsi aux voies et moyens pour se reconstruire, en espérant un jour s’affranchir complètement de l’aide extérieure.

Alléger la souffrance des populations grâce à l’aide humanitaire

Pour réagir face à ces difficultés qui pèsent sur ces populations, le Comité international de la Croix-Rouge développe plusieurs activités pour les soutenir. Nonobstant les réponses apportées, beaucoup reste à faire. L’espace humanitaire rétrécit de plus en plus alors que les besoins s’intensifient à mesure que les déplacements augmentent. C’est pourquoi le CICR appelle toutes les parties au conflit à favoriser l’acheminement de l’aide humanitaire et leur demande d’encourager à soutenir les activités humanitaires.

Source : CICR


Notre rédaction a apporté quelques modifications au texte

20 septembre 2022 0 comments
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Semaine nationale de la réconciliation
AnalysesSécurité

Semaine nationale de la Réconciliation : vers un Mali réconcilié ?

by Bakary FOMBA 20 septembre 2022
written by Bakary FOMBA 4 minutes read

La crise sécuritaire de 2012 a profondément affecté la stabilité du Mali, déchirant ainsi le tissu social à travers des conflits inter et intra-communautaires entre les Maliens. En vue de restaurer la paix et renforcer la cohésion sociale et le vivre ensemble dans le pays, la Loi n° 2019-042 du 24 juillet 2019 portant Loi d’Entente nationale a été adoptée. Loi qui, en son article 7, institue la « Semaine nationale de la Réconciliation », dont l’objectif est de réconcilier les Maliens.

Désormais, chaque année, en prélude à la commémoration de l’accession du Mali à l’indépendance (22 septembre), une Semaine nationale de la réconciliation se tiendra du 15 au 21 septembre. Période exclusivement consacrée à la sensibilisation des acteurs nationaux et internationaux sur le processus de la réconciliation et de la paix dans ce pays ouest-africain, où la cohésion sociale peine à être un acquis.

Plus d’une décennie de crise         

Depuis plus d’une décennie, le Mali traverse une crise multidimensionnelle, qui a commencé par les régions du Nord, avant de se propager, au fil du temps, dans les régions du Centre pour ensuite atteindre certaines régions du Sud. Cette situation a non seulement créé une insécurité grandissante et généralisée à travers le pays, mais aussi entraîné la recrudescence des conflits inter et intra-communautaires.

En vue de tourner cette page sombre et renforcer la réconciliation et le pardon entre les Maliens, la « SENARE » reste un cadre adéquat pour mobiliser tout le peuple malien, de l’intérieur comme de l’extérieur autour du vivre-ensemble et de la stabilité du pays.

Placée sous le thème, « Faisons de la diversité un atout pour la cohésion sociale au Mali », cette 1re édition de la « SENARE » semble être une belle occasion pour les fils et filles de ce pays de se tolérer et de se faire la paix.

Durant une semaine, à travers des activités éducatives, artistiques, socioculturelles, sportives et mémorielles sur toute l’étendue du territoire et dans les ambassades, les forces vives du Mali ont saisi cette opportunité pour écrire une nouvelle page de l’histoire de leur pays. Au regard de la diversité des activités qui ont marqué cette 1re édition, l’espoir reste permis.

La Semaine nationale de la réconciliation demeure un système d’alerte susceptible de prévenir et d’atténuer toutes formes de chocs pouvant conduire à la fissure du tissu social. Durant cette Semaine, les instruments dédiés à la promotion du patriotisme, du civisme, de la paix et de la cohésion sociale ont été largement vulgarisés.

Rebâtir un Mali réconcilié

Cette Semaine nationale dédiée à la réconciliation doit être une opportunité à saisir par tous les Maliens, épris de paix et de stabilité, pour travailler à la cohésion sociale. Car il convient que les fils et filles du Mali parlent le même langage afin de faire de ce pays un havre de paix. Les Maliens doivent développer l’esprit de pardon et de réconciliation en se focalisant sur des actes qui nous rapprochent plutôt que ceux qui nous éloignent les uns des autres. De même, le gouvernement et les acteurs signataires de l’Accord d’Alger doivent regarder dans la même direction pour le bonheur du peuple malien. Pour cela, il conviendrait qu’ils trouvent un terrain d’entente pour une mise en œuvre « intelligente » de l’Accord d’Alger, document dont la mise en œuvre intégrale crée un malentendu entre les autorités maliennes et la Coordination des mouvements de l’Azawad (CMA).

« Que chacun puise dans ses ressources les plus profondes afin d’avoir la force de pardonner aux autres à mesure de se faire pardonner. Car pardonner, c’est retrouver la paix intérieure, c’est tout simplement vivre en paix », indiquait le Colonel Assimi Goïta, lors de l’ouverture des travaux de la 1re édition de la « SENARE », le 15 septembre dernier, au Centre international de conférences de Bamako (CICB).

Au regard de la nécessité d’instaurer la paix et surtout la cohésion sociale au Mali, chaque Malien doit donner le meilleur de lui-même pour la Nation, afin de parvenir à rebâtir un Mali réconcilié.

Bakary Fomba

20 septembre 2022 0 comments
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Nouveau siège des douanes
Actu

Douanes maliennes : inauguration de la nouvelle direction générale à Samanko II

by Chiencoro 19 septembre 2022
written by Chiencoro 3 minutes read

Les douanes maliennes disposent désormais d’un siège ultramoderne, situé dans la commune du mandé. Cet immeuble, qui abritera la direction générale des douanes, a coûté au budget national plus de quatre milliards de F CFA. La coupure du ruban de ce joyau architectural a été faite par le président de la transition, le colonel Assimi Goïta, ce lundi 19 septembre 2022.

Coupure de ruban
Coupure de ruban du siège de la direction générale de la douane par le président de la transition, le 19 septembre 2022. 📷Saheltribune.

Réalisé en cinq niveaux (R+4) et comprenant cent quarante-sept bureaux, le nouveau siège de la direction générale des douanes du Mali est situé sur la route de Siby, dans la commune du mandé, région de Koulikoro. Ce joyau architectural comporte deux salles de conférence, deux ascenseurs, une salle multimédia, deux escaliers de secours, une salle d’archives et un réfectoire pour cent convives situé sur la terrasse supérieure, selon les précisions de l’inspecteur général des douanes Amadou Konaté, directeur général des douanes.

Une première dans l’histoire

Cet immeuble, bâti sur une superficie de 30 hectares, abritera les bureaux du directeur général des douanes et de son adjoint, les quatre services en staff auprès du directeur général des douanes, cinq des sept directions centrales de la douane, le service de sécurité et le service d’entretien. Ces trente hectares abriteront également le Centre de formation des douanes ainsi que les futures infrastructures du Centre d’expertise technique, du centre de formation militaire des agents des douanes, des logements d’astreinte pour le personnel en service et un parking de trois cents (300) places, a expliqué le patron des douanes.

Le ministre de l’Économie et des Finances, Alousséni Sanou, a précisé que « […] c’est la première fois, depuis 1960, que l’Administration des Douanes du Mali disposera d’une infrastructure construite spécialement pour abriter les services centraux de la Direction générale des Douanes ». Aussi est-il une première « dans l’Histoire de notre pays qu’un service central de l’État se trouvera loger en dehors des limites territoriales du District de Bamako », a précisé également le ministre Sanou.

Hommage aux martyrs

Entre 2011 et 2022, « dix-huit agents des douanes, tous grades confondus, ont perdu la vie dans l’exercice de leur fonction sous les balles du terrorisme. Vingt-cinq (25) agents des Douanes ont été blessés sur la même période », a rappelé le ministre Sanou.

Dépôt d'une gerbe de fleurs
Dépôt d’une gerbe de fleurs au monument des martyrs par le président de la transition. 📷Saheltribune.

Dans la cour de cette structure administrative est érigé un monument en hommage à ces agents tombés pour la patrie. Au pied de ce monument, au cours de cette cérémonie d’inauguration, le président de la transition a déposé une gerbe de fleurs en vue de rendre hommage à ces martyrs.

La réalisation de cette infrastructure, aux dires du ministre de l’Économie et des Finances, a coûté au budget national 4 531 198 197 F CFA. C’est « un véritable joyau architectural, spacieux et fonctionnel, à la dimension des attentes du pays à l’endroit de notre administration », s’est réjoui l’inspecteur général Amadou Konaté, directeur général des douanes.

Chiencoro Diarra

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Adama Diarra
Exclusif

Économie locale : ULPK-Dioïla, une Union agroécologique qui promeut la politique genre [Interview]

by Bakary FOMBA 16 septembre 2022
written by Bakary FOMBA 5 minutes read

Adama Diarra est détenteur d’un Master en gestion de projet et d’une maîtrise en géographie aménagement. Après plusieurs fonctions au sein des Organisations non gouvernementales (ONG), il est actuellement le Coordinateur technique de l’Union locale des productrices de beurre de karité de Dioïla (ULPK-Dioïla). Une union agroécologique qui promeut la politique genre.

Cette Union est composée de 45 coopératives productrices de beurre de karité. Au sein de laquelle, le jeune Diarra s’occupe notamment du management administratif, technique, organisationnel et institutionnel. En plus de la recherche de financement, de gestion des contrats de partenariat et de la suivie du respect des clauses contractuelles, M. Diarra conçoit également des projets et programmes de développement de cette jeune entreprise, basée dans la capitale du Baniko (Dioïla).

Dans cette interview, accordée à Sahel Tribune, il évoque entre autres : le fonctionnement d’ULPK-Dioïla, évoluant dans la production du beurre de karité bio et conventionnel ainsi que de plusieurs gammes de savon à base de ce beurre. Il indique aussi l’application de bonnes pratiques agroécologiques par cette union, en vue de réduire l’impact de leurs activités sur l’environnement. Aussi M. Diarra souligne-t-il la contribution d’ULPK-Dioïla dans la réduction du chômage dans la région de Dioïla. Nous vous invitons à lire notre entretien exclusif.

Les femmes récoltent des amandes de Karité
Les femmes récoltent des amandes de Karité. 📷Saheltribune.
Sahel Tribune : pourquoi l’Union locale des productrices de beurre de karité bio et équitable (ULPK-Dioïla) ? Pourquoi bio ?

Adama Diarra : ULPK-Dioïla produit le beurre de Karité bio. Il s’agit du beurre naturel, sans mélange d’autres ingrédients ou produits. ULPK-Dioïla a un champ de Karité d’environ 362 hectares. Dans ce champ, on ne cultive pas, on ne coupe pas de bois, pas de pulvérisation de poisons (ni herbicides ni insecticides), ni feux de brousse). Les amandes sont collectées dans cette parcelle pour être transformées en beurre naturel qui sera certifié après analyse aux laboratoires par Ecocert (organisme certificateur de beurre bio), qui donne à ULPK-Dioïla : le certificat Bio.

Pourquoi alors équitable ?

Le beurre équitable est le beurre conventionnel dont les amandes sont collectées dans tout type de champs. En commerce équitable, on respecte le droit des productrices, le droit des enfants. Pour produire le beurre équitable, les femmes qui collectent les amandes sont dotées de codes. Ce code est écrit sur le sac de noix depuis au niveau village avant l’envoi à ULPK-Dioïla. Ce code permet de connaître le promoteur de chaque sac. Aussi, après la vente de beurre, les productrices perçoivent une ristourne.

Depuis combien d’années vous menez cette activité ?

ULPK-Dioïla est dans la production de beurre bio et équitable, il y a 3 ans. Car on tire un revenu monétaire intéressant. Actuellement, nous avons les deux certificats : Certification Biologique et Certification fair for live (équitable). Les Européens (France, Belgique, Canada, Allemagne, Italie, les États-Unis d’Amérique et le Royaume-Uni) sont les acheteurs de beurre équitable et même bio.

Comment faites-vous pour accéder aux matières premières entrant dans vos productions ?

Nous trouvons nos matières premières auprès de nos membres, au niveau village. ULPK-Dioïla a mis en place 45 coopératives dans 45 villages, répartis dans 7 communes. Chaque coopérative collecte les amandes pendant l’hivernage et les stocke dans leur magasin. Elle nous informe de la quantité disponible et on part l’acheter. ULPK-Dioïla a également un champ de Karité pour le bio.

Quand nous parlons de karité ou de beurre de karité, nous voyons généralement les femmes. Quelle est la contribution des femmes dans la production au sein de l’ULPK-Dioïla ?

Les femmes sont chargées de la collecte d’amandes, le triage de noix de qualité, du séchage de noix, de la mise en sac, de la production de beurre et du battage de pattes. Elles sont également chargées de la mise de beurre en pots et emballage ou étiquetage.

Alors quelles sont les activités qui reviennent aux hommes ?
Les femmes ULPK
Les femmes ULPK ramassent des amandes de Karité.📷Saheltribune.

Au sein d’ULPK-Dioïla, les femmes sont chargées des activités simples : suivi baratte électrique, production beurre, conditionnement et la mise en pot. Les hommes s’occupent des travaux physiques : chargement des sacs, pesage de noix et de beurre, chargement et déchargement des camions en noix ou beurre brut, conduite de moto tricycle, conduite de moulin de mouture et moulin de concassage. Ceux-ci s’occupent également du nettoyage régulier des matériels d’exploitation ainsi que l’animation des formations pratiques sur le terrain.

Quelles sont les gammes de produits disponibles à ULPK-Dioïla ?

Concernant les gammes de savon, nous avons : le savon Sanya, le savon Kokadjé, le savon Kabacourouni.

Concernant le beurre : nous avons le Beurre Bio et Beurre Fair for life.

Savon ULPK
Une gamme de produits, du savon, fabriqué par ULPK-Dioïla. 📷Saheltribune.
Quelle est votre capacité annuelle de production ?

La capacité annuelle de production de beurre de Karité brut certifié biologique et commerce équitable chez ULPK-Dioïla s’élève à 311 tonnes.

En quoi peut-on dire que l’ULPK-Dioïla contribue à réduire le taux de chômage dans la région de Dioïla ?

À travers la création d’emplois directs et indirects, ULPK-Dioïla contribue à la réduction du taux de chômage dans la région de Dioïla. En 2019, nous avons engagé cinq animatrices terrain, un chef de production et deux agents de sécurité. En 2021, nous avons également recruté un contrôleur interne, un moulinier, un agent commercial et deux stagiaires venant de l’université de Ségou, pour leur mémoire de fin de cycle.

En plus des emplois indirects créés (postes de revendeurs de savon et de beurre de Karité, revendeur de crèmes de pommades, transporteurs de nos produits de Dioïla à Bamako, chargeurs-déchargeurs, consultants), 438 femmes membres ont également des revenus mensuels au sein d’ULPK-Dioïla.

Comment faites-vous pour réduire l’impact de vos activités sur l’environnement ?

Pour réduire l’impact de nos activités sur l’environnement, nous plantons chaque année 1000 jeunes plants de Karité et 100 pieds de baobabs ou de moringa. Nous transformons aussi nos résidus ou déchets de production en compost organique en tas (engrais organique), qui fertilise les champs ou périmètres maraichers des femmes.

Nous appliquons de bonnes pratiques agroécologiques telles que les cordons pierreux, les pare-feu, le greffage de Karité, la régénération naturelle assistée (RNA) et l’application d’autres technologies de l’économie de gestion environnementale.

Propos recueillis par Bakary Fomba

16 septembre 2022 0 comments
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Semaine nationale de la réconciliation
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Réconciliation nationale : le Mali lance la 1re édition de la Senare

by Chiencoro 15 septembre 2022
written by Chiencoro 3 minutes read

Les travaux de la 1re édition de la Semaine nationale de la réconciliation (Senare) ont démarré, ce jeudi 15 septembre 2022, au Centre international de conférences de Bamako (CICB). Le lancement des travaux était présidé par le chef de l’Etat, le colonel Assimi Goïta. 

« Que chacun puise dans ses ressources les plus profondes afin d’avoir la force de pardonner aux autres à mesure de se faire pardonner. Car pardonner, c’est retrouver la paix intérieure, c’est tout simplement vivre en paix. » C’est en ces termes que le président malien de la transition a déclaré ouvert les travaux de cette 1re édition de la Senare, dont le thème est : « Faisons de la diversité un atout pour la cohésion sociale au Mali ».

Renforcer la réconciliation et le pardon

Cette Semaine est une aubaine pour les Maliens de chasser « les démons de la division et de la terreur afin que germent les perspectives de développement ».

En organisant cette Semaine, explique le chef de l’État du Mali, le ministre de la Réconciliation, de la Paix et de la Cohésion nationale, chargé de l’Accord pour la paix, Col-Major Ismaël Wagué, donne un « écho favorable » à une demande du peuple malien. Demande dont la finalité est de trouver des solutions endogènes aux problèmes nationaux, et qui avait été formulée lors de la Conférence d’entente nationale en 2019.

Lors du point de presse de lancement des préparatifs de cette Semaine, le ministre Wagué avait précisé que les conclusions de cette conférence ont été endossées par la Loi n° 2019-042 du 24 juillet 2019 portant Loi d’entente nationale, dont l’objectif est de « renforcer la réconciliation et le pardon entre les Maliens ». Une loi qui institue en son article 7 cette « Semaine de la Réconciliation nationale ».

Panser les plaies et prévenir d’autres blessures

« C’est en application de cette disposition que nous avons décidé, à travers l’Arrêté n° 2021-5480/MRPCN-SG du 27 décembre 2021 de fixer la date du 15 au 21 septembre de chaque année, comme Semaine de la Réconciliation nationale », a expliqué le ministre de la Réconciliation, qui se montre confiant que ce cadre permettra de relever les défis du vivre ensemble à travers des activités de sensibilisation devant se tenir dans chaque région du pays.

Le président Goïta a exhorté les Maliens à donc développer « l’esprit de pardon et de réconciliation en se focalisant sur ce qui nous rapproche plutôt que de ce qui nous éloigne les uns des autres ». Il estime que la tenue de cette Semaine, dédiée à la réconciliation, est « une grande opportunité que les filles et les fils du Mali mettront à profit pour panser les plaies malheureusement causées par l’incompréhension, et prévenir d’autres blessures ».

La tenue de cette Semaine nationale de la réconciliation, du 15 au 21 septembre, est assez symbolique « car elle précède la commémoration de la fête d’Indépendance du Mali, symbole d’unité nationale et de souveraineté ».

Chiencoro Diarra

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