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Rentrée littéraire du Mali
ActuSeko ni Donko

Rentrée littéraire : retrait du prix Moussa Sow pour l’essai

by Mohamed Camara 28 février 2023
written by Mohamed Camara 4 minutes read

Ce samedi 25 février 2023, les flashs se sont éteints sur la 15e édition de la Rentrée littéraire au Musée Muso Kunda de Bamako. Cette année le jury a décidé de retirer le prix Moussa Sow, car les œuvres présentées ne répondaient pas aux critères exigés pour ce prix.

La mélodieuse voix du Doyen Boubacar Traoré dit Kar Kar, faisait échos jusqu’à l’extérieur de l’édifice Muso Kunda. Entremêlé aux klaxons des motos et des véhicules, il confirme en dépit de son âge sa place incontournable du Blues mandingue. Il fait trembler la salle par le son de sa guitare, et tient le public en haleine. Ces nombreux auteurs, éditeurs, partenaires et participants de la cérémonie de clôture de la Rentrée littéraire 2023, explosent une ovation nourrie.     

Encourager les jeunes   

À travers son discours de clôture, Ibrahim Aya, le directeur de la Rentrée littéraire du Mali, a remercié l’ensemble des participants, la commission d’organisation et les partenaires de cette 15e édition. « Nous sommes ce soir au terme de cette 15e édition dont le thème était, décloisonnez l’Afrique, qui a été marqué par des actions enthousiastes. Notamment par la déclaration du premier forum des manifestations littéraires. À l’issue des travaux, le Réseau africain des Manifestations littéraires a été créé. Vous avez sûrement remarqué que la Rentrée littéraire de cette année ne s’est pas manifesté à l’extérieure de Bamako. Mais nous vous promettons que la manifestation sera dans toutes les régions qui l’ont autrefois abrité, l’année prochaine », a rassuré Aya.

« L’Union européenne sera également pour l’édition prochaine. Cet évènement est un lieu d’encourager les jeunes auteurs à se mettre à la plume. Il y’a des talents insoupçonnés. La jeunesse malienne foisonne d’idées. L’Union européenne est là pour les accompagner comme on peut », a confié le chargé des Affaires de la délégation de l’Union européenne au Mali.

Réseau africain des manifestations littéraires (RAMALI) 

Cette édition de la Rentrée littéraire a été marquée par le premier forum des manifestations littéraires en Afrique, regroupant 20 salons du livre et rencontres des différentes contrées géographiques, culturelles et linguistiques du continent. Le forum a fait une déclaration officielle à l’issue de ses travaux, dont le plus important a été la création du Réseau africain des manifestations littéraires.

Le RAMALI, créé à Bamako, entend être une force commune de proposition à l’échelle du continent. Le réseau a décidé de se doter d’une coordination continentale pour une durée d’une année. À l’issue de laquelle une rencontre d’évaluation permettra d’établir le bilan des activités du réseau et de programmer les étapes suivantes. Il est ouvert à tous les acteurs du monde littéraire et éditorial. Au titre de membre ou de partenaire.

Le forum a aussi lancé un appel à l’Union africaine et à tous les gouvernements du continent pour créer de meilleures conditions de développement du livre, de la lecture et de la littérature. Autant du point de vue culturel, légal, fiscal, et autre. Car selon les participants, à cette époque des nouvelles technologies de communication, la production de contenus représente un enjeu stratégique auquel le monde de l’édition et de la création littéraire doivent contribuer.     

Les prix décernés pour cette édition 

Le public a été surpris par la décision du jury de retirer le prix Moussa Sow récompensant les œuvres d’Essai pour cette 15e édition. Car selon l’annonce faite par Ibrahim Aya, directeur de la Rentrée littéraire, «  les œuvres présentées ne répondaient pas aux critères requis » pour ce prix.

La soirée a été alors marquée par la remise de trois prix. Le prix Union européenne du Premier roman, financé à hauteur d’un million de francs CFA, a été décerné cette année, à Amadou Tidiane Traoré pour son œuvre « La Tragédie des hommes accroupis », publié par l’édition Cauris.

Le prix Massa Makan Diabaté, financé à deux millions de francs CFA, a été remporté par la pièce de Théâtre « La Parole au cou », publié par l’édition Gafé, dont l’auteur est Sibirina Zagan Coulibaly.

Le prestigieux prix de la Rentrée littéraire du Mali qui récompense les œuvres africaines, le prix Ahmed Baba, a été empoché par l’algérien Mohamed Abdallah avec son roman « Le Vent a dit son nom », publié par l’édition Apic.

La 16e édition de la Rentrée littéraire est prévue du 19 au 23 février 2024, autour du thème « Cohésion sociale, vivre-ensemble », a annoncé Ibrahim Aya.

Mohamed Camara   

28 février 2023 0 comments
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Remise du document final de l'avant-projet de Constitution
ActuPolitique

Refondation : l’avant-projet de constitution du Mali amendé 

by Chiencoro 27 février 2023
written by Chiencoro 2 minutes read

Le document final du projet de la nouvelle Constitution de la République du Mali a été solennellement remis, ce lundi 27 février 2023, au président de la transition, dans la salle des banquets de Koulouba. Le nombre d’articles a légèrement diminué.

191 articles contre 195 dans l’avant-projet, telle est la composition de la mouture finale de l’avant-projet de nouvelle Constitution sur laquelle les Maliens devront bientôt être appelés à se prononcer.  Selon le Coordinateur de la Commission de finalisation du projet de la nouvelle Constitution de la République du Mali, Fousseyni Samaké, plusieurs amendements ont été apportés à l’avant-projet, aussi bien sur la forme que sur le fond.

Tous ces amendements visent à prendre en compte les aspirations profondes du peuple malien, leurs préoccupations, enregistrées lors des séances de restitution, d’écoute et d’échange à travers toute l’étendue du territoire national.

« Base juridique du Mali Koura »

Cette mouture finale de l’avant-projet a été obtenue grâce à la suppression, à la fusion de certaines parties de l’avant-projet voire à des rajouts. D’autres dispositions aussi, notamment les articles traitant de la problématique des langues et de la laïcité, ont été reformulées. L’appellation de la seconde chambre du parlement a également changé. Au lieu de Haut Conseil de la nation, elle devient simplement le Sénat.

En recevant le projet de nouvelle Constitution finalisé, le président de la transition a expliqué les raisons de la création de la Commission de finalisation de ce document. Selon ses explications, l’objectif était de « tenir compte des préoccupations exprimées ici et là, en vue de maximiser les chances de rédiger définitivement un texte qui tienne compte des aspirations profondes de notre peuple comme il l’a exprimé au cours des Assises nationales de la refondation ». Selon les précisions du président Goïta, à toutes les étapes de la rédaction « de l’avant-projet de Constitution, nous avons tenu à donner un caractère pluriel et inclusif aux différentes commissions ».

Ce document final, selon le chef de l’État, cristallisera « l’espoir de la nation entière quant à l’instauration d’une véritable démocratie ». Il reste convaincu que face « à la diversité des opinions et même des intérêts, des compromis sont possibles, des arbitrages sont tout aussi nécessaires ».

« La base juridique du Mali Koura se raffermit progressivement, mais l’édifice national ne tiendra définitivement qu’avec l’engagement de tous et de chacun », a indiqué le président de la transition.

Chiencoro Diarra

27 février 2023 0 comments
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Lancement des titres publics 2023
Actu

Économie malienne : pourquoi les investisseurs peuvent faire confiance à l’État du Mali

by Chiencoro 27 février 2023
written by Chiencoro 3 minutes read

Le lancement du calendrier d’émission de titres publics pour l’année 2023 a eu lieu le 23 février 2023. Une occasion mise à profit par le ministre malien de l’Économie et des Finances pour souligner la résilience de l’économie du pays et convaincre ainsi les investisseurs.

Pour cette année 2023, le Mali entend mobiliser 1409 milliards FCFA, dont 50 milliards de bons infra-annuels, sur le marché financier régional. Ce montant sera devra être mobilisé à travers vingt-sept (27) émissions de titres publics, dont deux (02) par syndication, précise le ministère en charge de l’économie et des finances dans un communiqué.

Ces émissions ont pour objectif, notamment de financer des investissements nécessaires à la croissance et au développement économiques et aussi de mobiliser des ressources en vue d’assurer la couverture des besoins ponctuels de trésorerie de l’État.

Selon le ministre de l’Économie et des Finances, Alousséni Sanou, l’État constitue un agent « économique majeur ». « Il investit dans des infrastructures et projets structurants et prend beaucoup d’initiatives pour la préservation des équilibres économiques et le renforcement de la résilience de notre économie », a-t-il expliqué avant d’exhorter les investisseurs à soutenir « le financement adéquat des besoins de l’État, pour une croissance soutenue et durable ».

Présent depuis 2003

Malgré la crise multidimensionnelle, liée d’une part à l’insécurité et d’une autre part à la pandémie de la Covid-19 et à la crise russo-ukrainienne, qui ont eu des impacts négatifs sur le pays, l’économie du Mali est restée résiliente. « Malgré ces difficultés, l’économie malienne est restée solide en 2022 avec une évolution favorable des principaux indicateurs économiques et financiers : un taux de croissance de 3,7 % contre 3,1 % et -1,2 % en 2021 et 2020, un taux d’inflation dans la moyenne de la sous-région ressorti à 6 %, un taux de chômage parmi les meilleurs de la sous-région à 6,5 %, un taux de déficit budgétaire de 4,7 % contre 4,7 % et 5,5 % en 2021 et 2020 », a expliqué le ministre Sanou.

Cette résilience de l’économie malienne est approuvée à travers les résultats de la revue annuelle 2022 de la notation financière du Mali en monnaie locale avec l’agence Bloomfield, indique le ministère de l’Économie et des Finances dans son communiqué. Ce qui prouve que les investisseurs peuvent faire confiance au Mali.

« L’agence Bloomfield, dans son rapport publié en février 2023, maintient la précédente note attribuée au Mali, à savoir : A3 à court terme avec perspective stable et BBB à long terme avec perspective stable. Cela témoigne que malgré la crise multidimensionnelle, les fondements de l’économie malienne restent solides », s’est réjoui le ministre de l’Économie et des Finances.

Depuis 2003, le trésor du Mali intervient sur le marché financier régional avec une croissance régulière, en liaison avec les exigences de la mise en œuvre des politiques de développement et de réduction de la pauvreté.

Chiencoro Diarra

27 février 2023 0 comments
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Alousseni Sanou
Actu

Situation socio-économique et financière : le ministre Sanou expose les priorités des autorités maliennes

by Mohamed Camara 24 février 2023
written by Mohamed Camara 1 minutes read

Le ministre Sanou, en charge de l’Économie et des Finances, a exposé la situation socio-économique et financière récente du Mali, notamment les orientations budgétaires pour l’année 2023, aux responsables des agences onusiennes. C’était le 23 février 2023 à Bamako, à l’occasion de la retraite annuelle de l’équipe des Nations-Unies.

Cette retraite annuelle avec l’ensemble des responsables des agences onusiennes au pays a été une occasion pour le ministre de l’Économie et des Finances, Alousseni Sanou, d’étayer ses interlocuteurs sur les priorités de l’État malien pour l’année 2023.

À travers son exposé sur la récente situation socio-économique et financière du pays, notamment les orientations budgétaires pour l’année 2023. Le ministre a insisté sur la « nécessaire coordination des activités des agences onusiennes avec celles prioritaires définies par les plus hautes autorités » du Mali.

Ces priorités définies par les autorités maliennes sont entre autres la mise en œuvre du plan d’Actions prioritaires du gouvernement de Transition (PAPGT) 2022-2024 du cadre stratégique de la refondation de l’État ; la poursuite des investissements publics afin de pallier le déficit en infrastructures notamment le désenclavement intérieur et extérieur du pays, le renforcement des services sociaux de base ; et l’amélioration des conditions de vie des populations.

Mohamed Camara

24 février 2023 0 comments
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Rentrée littéraire
ActuSeko ni Donko

15e édition de la Rentrée littéraire : le prix Yambo Ouologuem désormais financé à hauteur de 2 millions  

by Mohamed Camara 23 février 2023
written by Mohamed Camara 5 minutes read

La 15e édition de la Rentrée littéraire du Mali a été lancée, mardi 21 février 2023, sous la présidence du ministre en charge de la culture, M. Andogoly Guindo, à l’hôtel Salam de Bamako. C’est autour du thème « Décloisonner l’Afrique » que les acteurs du livre, venus des cinq continents du monde, discuteront à travers des Cafés littéraires, des ateliers, des lectures dédicaces, des tables rondes pour tracer la voie de la visibilité des œuvres des auteurs africains en Afrique. Tous les évènements se tiendront à Bamako cette année jusqu’au 25 février.  Pour les prochaines éditions, il y’aura le prix Yambo Ouologuem.

« Utopie, corps, vent, frontière, ile, le séparatisme à la conscience carabine au-delà de bombe brise les ambiances du jour… » Ces notes de lecture rapide du recueil de poèmes intitulé « Rêve en carton », publié chez les Éditions Projectiles, et lu par son auteur Dieudonné Niangouna, a ouvert les premières balles de la 15e édition de la Rentrée littéraire du Mali. De nombreuses personnalités, des hommes et femmes du monde littéraire, venus de 28 pays à travers le globe, étaient présents pour les travaux d’ouverture de l’un des évènements majeurs du livre en Afrique.

Après avoir souhaité la bienvenue aux délégations des auteurs venus d’un peu partout à travers le monde, Ibrahim AYA, le directeur de la Rentrée littéraire, a détaillé le thème de cette édition. Pour lui, cette édition se veut un temple pour décloisonner les œuvres produites par les auteurs africains sur le continent.

« Des cloisons font qu’en Afrique les œuvres et les auteurs circulent difficilement à cause des frontières territoriales et linguistiques », raconte Aya.

L’Afrique a été le foyer de multitudes de civilisations qui ont laissé des traces indélébiles d’enfermement à elle-même. À ce jour, le continent reste cloisonné et écartelé. Les États, même groupés en entités régionales, peinent souvent à réaliser, ne serait-ce qu’une unité territoriale ou géographique. Les frontières semblent plus fortes et résistent aux volontés d’ouverture et d’intégration. Les routes du récit continuent de reproduire les chemins triangulaires légués aux Africains pour se parler, s’écrire, se raconter.

« L’Afrique est encore très jeune »

Pour cette Rentrée 2023, selon les organisateurs, ils parleront notamment, de frontières, qu’elles soient tracées dans l’espace ou dans l’imaginaire, de leur fabrication, et de leur déconstruction. Sur ce plan, les langues, souvent présentées comme éléments du dispositif frontalier, des barrières infranchissables, sont autant des points de passage de personnes, de pensées et de sentiments. La traduction rend possible la circulation des auteurs et autrices, de leurs livres, leurs idées.  

C’est dans ce cadre que le premier Forum des manifestations littéraires en Afrique a débuté tout juste avant la cérémonie d’ouverture. Les acteurs des évènements du livre ont longuement discuté, sur comment rendre visible et améliorer la circulation des œuvres des auteurs africains en Afrique à travers les manifestations littéraires sur le continent. Qu’ils soient francophones, anglophones et lusophones, les professionnels des livres africains ont levé la voile aux faces pour échanger.

Selon la rapporteuse du forum, la Nigériane Lola Shoneyin, le tableau des difficultés est dressé autour des complications logistiques liées à l’organisation des évènements littéraires sur le continent, le coût élevé des voyages partout en Afrique. À difficultés s’ajoute la restriction des moyens pour le financement des activités du livre. Ces difficultés demeurent des défis majeurs pour le décloisonnement. Mais elle précise que la camaraderie, l’amitié, le dialogue culturel entre les acteurs du livre africain sont la principale voie pour relever ce challenge.

« L’Afrique est encore très jeune. Elle a besoin de débat, et elle a besoin de se raconter à elle-même », affirme Ibrahim Aya.        

Quatre prix seront décernés à la cérémonie de clôture de cette Rentrée à savoir : le Prix Massa Makan Diabaté, le Prix Moussa Sow (Essai), en hommage à l’écrivain malien du même nom, le Prix Ahmed Baba, ouvert aux auteurs de toute l’Afrique, et le Prix Union européenne.

« Un espace de communion et de recueillement »

Selon le ministre en charge de la culture, Andogoly Guindo, qui après avoir exprimé la bienvenue aux nombreux littéraires venus de 28 pays, a apprécié cet évènement célébrant le livre à sa juste valeur.

« La Rentrée littéraire est un espace de rencontre qui mobilise des acteurs du monde de la culture, les professionnels du secteur du livre. La Rentrée littéraire, ce sont les échos du monde, mais aussi les réalités d’ici. Un espace de rencontre et d’échange, de partage d’émotion et d’ambition, un espace de communion et de recueillement », explique le ministre en charge de la Culture.

« L’accès à la culture est une des priorités du gouvernement malien », a précisé le ministre Guindo, avant d’indiquer que cette priorité passe par la culture de la lecture.  Mais l’industrie du livre au Mali est confrontée à des défis multiples, « dont le plus important reste le financement de la désinfection de la lecture surtout chez les jeunes. »

Il estime qu’afin de relever ce défi, à travers son département, le gouvernement a enclenché le processus d’adoption de la politique nationale de la lecture.

Au cours de son allocution, le ministre a salué les femmes autrices du pays, qui se battent, selon lui, malgré leurs conditions sociales.

Pour rendre hommage et réhabiliter la valeur littéraire de l’écrivain, le gouvernement malien finance désormais le prix Yambo Ouologuem à hauteur de 2 millions. Cette annonce a été faite par le ministre de la Culture. Ce prix sera mis en compétition pour la prochaine édition en 2024.

Mohamed Camara   

23 février 2023 0 comments
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Amitié homme-femme
ActuTaabolow ani Tabiaw

Amitié homme-femme : une relation entre la suspicion et la sincérité

by Hawa Diaby 23 février 2023
written by Hawa Diaby 5 minutes read

L’amitié entre un homme et une femme est restée longtemps inconcevable dans nos sociétés, remplies de préjugés. La généralisation du travail des femmes puis la mixité à l’école ont vite favorisé ce genre de relation. Les périodes de célibat, plus longues de nos jours, laissent le champ libre à la naissance d’amitié solide entre hommes et femmes, et à toutes leurs ambigüités.

Il y’a encore quelques décennies, l’amitié entre un homme et une femme était considérée comme impossible ou illusoire. On la considérait comme une forme d’attirance sexuelle ou amoureuse masquée. De nos jours, elle semble pouvoir favoriser la compréhension du sexe opposé et de ses codes.

« Aucun de nous n’a ressenti d’attirance l’un pour l’autre »

Ce genre de relation n’est ni fondée sur l’intérêt social ou économique ni sur la parenté ou l’attirance sexuelle. Mais plutôt sur l’acceptation réciproque, le souhait de fréquentation, l’intimité, la confiance, le soutien psychologique, voire matériel, l’interdépendance affective et la durée, sont autant d’éléments qui composent cette amitié. Une fois que l’un venait à manquer, la relation peut facilement être compromise.

La génération actuelle a vécu la mixité comme une évidence. Outre cela, les garçons et les filles ont bénéficié de la même considération, dans le respect de leur part féminine et masculine. Depuis tout petits, ils se comprennent et sont proches émotionnellement. Il n’est pas rare de voir que la meilleure amie d’une fille soit un garçon.

La complicité amicale ne laisse pas assez de place à l’altérité pour que le désir survienne. Un ami, c’est quelqu’un qui nous connaît par cœur, à qui nous nous livrons sans fard, argumente Mariam Dembélé, étudiante âgée de 22 ans à la Faculté des Sciences économiques et de gestion (FSEG). Depuis 9 ans, elle tient une relation d’amitié avec un homme, qu’il a rencontré alors qu’il avait 13 ans.

« Je n’ai pas beaucoup d’amies filles, car la plupart de ces relations sont toxiques et contiennent beaucoup de jalousie. Ce qui est totalement le contraire avec les hommes », explique la jeune étudiante tout en soulignant qu’un « meilleur ami, c’est surtout celui qui nous écoute. Tout ce qu’une femme veut c’est qu’un homme l’écoute, lui donne de l’affection, et d’attention ». Selon Mariam, son meilleur ami est la personne qui le connaît le mieux au monde.

Quant à savoir si ce genre de relation est possible sans désir sexuel l’un pour l’autre, Mariam répond : « À aucun moment, aucun de nous n’a ressenti d’attirance l’un pour l’autre. Il me protège comme un frère et moi comme une sœur. Dans ma vie, je pense que c’est ma meilleure relation ». Une relation que la jeune étudiante ne souhaiterait briser pour rien au monde.

Moussa Konaté, commençant de vêtements pour homme et femme au grand marché de Bamako, connait également ce genre de relation. Sa meilleure amie est d’ailleurs un de ses soutiens inconditionnels. « Elle m’a toujours soutenue et est toujours restée à mes côtés. À un moment donné j’avais de sérieux problèmes d’argent et aucun de mes amis ne m’a soutenu, mais cette dernière a été capable de prendre son propre argent pour me soutenir », témoigne M. Konaté.

Bien que les deux se soient mariés aujourd’hui, ils poursuivent leur relation d’amitié et se font confiance.

Une relation toujours ambiguë

Si pour certains la véritable amitié avec le sexe opposé est bénéfique et désintéressée, pour d’autres elle n’existe point. Car l’un finira toujours par avouer ses sentiments cachés. Tel est le cas de Binta Cissé, tiktokeuse malienne : « Au début, je pensais que l’amitié homme-femme pouvait fonctionner, mais j’avais tort », a-t-elle avoué tout en confiant : « J’avais un meilleur ami. On était toujours ensemble. On s’appelait même moitié. Je ne sais pas quelle mouche l’a piqué. Un jour, il m’envoie un message pour avouer qu’il avait quelque chose à me dire ».

Celui que la jeune tiktokeuse avait toujours considéré comme son meilleur ami finit par lui révéler ses sentiments amoureux. Il lui explique clairement qu’il ne « supporte plus que je lui parle de mes copains, car il est jaloux et veut être mon petit copain ». Malheureusement, Binta ne ressentait pas la même chose pour lui. La meilleure amitié venait ainsi de se terminer. Pour la jeune étudiante, dans ce genre de relation, il existe toujours une ambiguïté.

Mohamed Fomba, pharmacien, a également vécu un cas similaire. « Ma petite copine me disait toujours que celle que je considérais comme ma meilleure amie est amoureuse de moi », raconte M. Fomba qui prenait ces avertissements comme de la jalousie mal placée, malgré que la jeune dame se mettait toujours entre lui et sa petite-copine. Sa meilleure amie finit par rompre sa relation avec sa copine en confiant à cette dernière qu’elle sortait avec son copain « tout en lui montrant une photo sur laquelle on me voyait lui faire une bis sur la joue ».

Une fois que la copine de M. Fomba a pris ses distances, la jeune dame a avoué qu’elle « ressentait quelque chose pour moi depuis longtemps ». Face au refus de son ami de changer la nature de leur relation, la jeune fille avoue son forfait en indiquant avoir été responsable de la séparation de M. Fomba avec sa copine.

Le résultat de certaines recherches prouve que dans la majorité des relations d’amitié entre un homme et une femme, il y’a toujours un minimum d’attirance entre les deux. La plupart d’entre eux évitent de la signaler, considérant que la déclaration compromettrait sérieusement la belle amitié née entre eux.

Hawa Diaby

Article à lire également dans la parution d’aujourd’hui de l’hebdomadaire Sahel Kunafoni.

23 février 2023 0 comments
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Camions de marchandises maliens au Sénégal
Actu

Exportation des céréales : une amende de 12 millions versés au trésor public du Mali

by Mohamed Camara 18 février 2023
written by Mohamed Camara 2 minutes read

Le gouvernement malien avait pris un arrêté interministériel le 06 décembre 2021 pour suspendre l’exportation de la graine de coton, du tourteau de coton, du mil, du sorgho, du maïs et du riz local. Une décision dont la mise en application a commencé en décembre. Deux chargements de céréales, violant cette décision gouvernementale, ont été arrêtés courant ce mois de février à Kéniéba. Ils ont versé une amende de 12 millions au trésor public.

Un arrêté interministériel, cosigné par les ministères de l’Économie et des Finances et celui de l’Industrie et du Commerce, déjà en application, interdit l’exportation de certaines céréales sur le territoire malien. À savoir, la graine de coton, du tourteau de coton, du mil, du sorgho, du maïs et du riz local. Ces céréales ne franchiront plus les frontières du pays. Cette mesure est surveillée à la loupe par les autorités.

« Nous te punirons selon la loi en vigueur »

« Nous avons été contactés par nos supérieures de Kayes que des camions chargés de céréales sont stationnés à Dandougou (un village dans la commune de Dabia, cercle de Kéniéba). Après des contrôles minutieux, nous avons constaté qu’ils n’étaient pas en droit d’exporter les céréales qu’ils avaient à leurs possessions » explique Cheick Mohamed Sissoko, chef de service local de Kéniéba. Selon M. Sissoko, les permis dont ils disposaient ne leur permettaient même pas de faire rentrer les céréales dans le cercle de Kéniéba.

Tous les deux camions interceptés, en violation flagrante de la loi mise en place par les autorités, ont été amendés chacun. « Chacun des deux camions a payé une amende de 6 millions. Ce qui fait en total 12 millions d’amendes récupérées et versées dans le trésor public. C’est cela notre travail. Nous interpellons toujours les chauffeurs des camions chargés, ceux qui sont en bon état partent sans problème. Mais si vous n’êtes pas en règle, nous te punirons selon la loi en vigueur », rassure M. Sissoko.    

Mohamed Camara    

18 février 2023 0 comments
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