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Elections et désinformation en 2024. Carte du classement mondial de la liberté de la presse 2024
Les démystificateurs du Sahel

Désinformation et élections : les médias à l’épreuve du pouvoir politique en 2024

by Sahel Tribune 3 mai 2024
written by Sahel Tribune 3 minutes read

Le dernier classement mondial de la liberté de la presse 2024 par Reporters sans frontières (RSF), publié ce 3 mai 2024, Journée mondiale de la liberté de la presse, révèle une détérioration alarmante de la liberté de la presse, particulièrement affectée par les pressions politiques. Dans ce contexte, le journalisme combat plus que jamais la désinformation, avec des défis accrus lors des années électorales comme en 2024.

Ah, le doux parfum de la liberté de presse se dilue dans l’air empoisonné de la désinformation, ce mal moderne qui s’étend comme une ombre insidieuse sur nos démocraties. Le récent classement mondial de la liberté de la presse 2024 de Reporters sans frontières (RSF) sonne l’alarme, mais sommes-nous vraiment surpris ? Le constat est amer : dans un monde où la vérité devrait être sacrée, elle est manipulée, tordue, et parfois même écrasée sous le poids des ambitions politiques.

Les deepkes et l’IA générative 

Cette année encore, la chute la plus spectaculaire est celle de l’indicateur politique. Une baisse de 7,6 points qui n’est pas un simple chiffre, mais un cri d’alerte. Comment les nations, garantes supposées de nos libertés, sont-elles devenues des marionnettistes de l’information ? C’est une trahison qui pèse lourd sur l’échine de ceux qui croient encore en la démocratie.

L’Afrique subsaharienne, le Nigéria, le Togo, Madagascar… des noms qui résonnent avec la répression. Des journalistes bâillonnés, des voix étouffées sous le joug de ceux qui redoutent la critique et la contestation. Le Niger, le Burkina Faso, et le Mali, marqués par des tensions, voient leurs médias pris dans les tourments de régimes de transition qui s’attardent un peu trop au goût de la liberté.

Et que dire de l’année électorale, un terrain fertile pour la désinformation ? Le monde a assisté à la fermeture de la plus grande agence de presse en Argentine sous un nouveau président peu enclin à la pluralité des discours. Un symbole de la régression qui hante notre ère d’information instantanée.

Les deepfakes, ces faux si convaincants, et l’IA générative sont les nouveaux jouets des manipulateurs. L’affaire du deepfake audio contre la journaliste Monika Todova en Slovaquie est un avant-goût amer de ce que l’avenir nous réserve si nous ne réagissons pas. Ces technologies, capables de bouleverser les perceptions et de fausser les débats, sont des armes redoutables entre les mains de ceux qui veulent façonner la réalité à leur image.

La presse libre, un lointain souvenir

Les réseaux sociaux, autrefois célébrés comme des espaces de liberté, sont désormais des champs de bataille où la vérité est la première victime. Le Vietnam, la Chine… des endroits où parler peut coûter cher, où les mots sont surveillés, filtrés, et souvent effacés s’ils dérangent.

Enfin, l’Europe de l’Est et l’Asie centrale ne sont pas en reste, avec des répressions qui semblent prendre exemple sur les méthodes autoritaires russes. La contagion de la censure et de la propagande met en péril le paysage médiatique, transformant les médias en instruments de contrôle plutôt qu’en vecteurs d’information.

Devant ce tableau sombre, il est crucial de se rappeler le rôle vital que jouent les journalistes. Ils ne sont pas seulement des rapporteurs d’événements ; ils sont les gardiens de la vérité, les défenseurs de notre droit à savoir, à comprendre, à critiquer. Dans un monde assiégé par la désinformation, soutenir le journalisme indépendant et robuste n’est pas un luxe, mais une nécessité absolue pour ceux qui tiennent à la santé de leur société.

Alors que le monde semble parfois se complaire dans les ténèbres, chaque article, chaque reportage, chaque enquête qui brille de vérité est un flambeau dans la nuit de l’ignorance et de la manipulation. Ne l’éteignons pas ; nourrissons cette flamme avec notre soutien, notre vigilance et notre indéfectible demande de transparence. Pour que demain, la presse libre ne soit pas qu’un lointain souvenir, mais une réalité vivante et battante.

Oumarou Fomba 

3 mai 2024 0 comments
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Démocratie et liberté de presse
A la Une

[Tribune] Les deux visages du numérique : opportunités et pièges de la liberté en ligne

by Fousseni TOGOLA 3 mai 2024
written by Fousseni TOGOLA 10 minutes read

Dans un monde hyperconnecté, l’Internet et les plateformes de médias sociaux ont bouleversé le paysage médiatique, offrant des opportunités sans précédent pour la liberté d’expression tout en posant de nouveaux défis majeurs à la liberté de presse. Ces défis, notamment la désinformation, la censure en ligne, et la surveillance, analyse Fousseni Togola, professeur de philosophie et journaliste-communicant, mettent à l’épreuve les fondements mêmes de la démocratie et de la liberté d’expression, défendue par des penseurs tels que Karl Popper, philosophe des sciences et un théoricien politique austro-britannique, né en 1902 à Vienne et décédé en 1994.

Dans l’arène numérique mondiale, Internet et les réseaux sociaux se révèlent être des armes à double tranchant. D’un côté, ils émancipent les voix en donnant à chaque utilisateur le pouvoir de partager librement ses pensées et ses convictions, créant ainsi un espace démocratique sans précédent. De l’autre côté, ces mêmes outils se métamorphosent en instruments de contrôle, de censure et de surveillance, soulevant des défis cruciaux pour les fondements même de la liberté d’expression et de la démocratie. Sous ce nouveau jour, nous sommes appelés à naviguer entre les vagues d’opportunités et les courants traîtres de manipulation, à la recherche d’un équilibre qui honorera l’héritage de penseurs tels que Karl Popper, qui préconisait une société ouverte nourrie par le débat et la critique.

La liberté d’expression et l’ouverture des plateformes numériques

La liberté d’expression sur les plateformes numériques, soutenue par la pensée de Karl Popper dans « La Société ouverte et ses ennemis », se manifeste par une accessibilité sans précédent à l’information et par la capacité de chaque individu à diffuser des idées. Cette dynamique s’appuie sur l’idéal de Popper selon lequel une société démocratique prospère sur la critique et le débat ouverts. Cependant, pour approfondir notre compréhension des défis contemporains que ces plateformes posent à la liberté d’expression, il est instructif de considérer également les perspectives d’autres penseurs.

John Stuart Mill, dans « De la liberté », articule l’importance de la liberté d’expression comme un moyen non seulement de vérité individuelle, mais aussi de progrès social. Mill soutient que la suppression d’une opinion est un vol à l’humanité, car elle prive les individus de la contribution au débat qui pourrait contenir une part de vérité. Ainsi, les réseaux sociaux, en offrant un espace pour ces expressions diverses, incarnent le principe millien de la liberté comme un fondement nécessaire au progrès et à l’amélioration de la condition sociale.

Hannah Arendt, dans « La condition de l’homme moderne », évoque l’importance de l’espace public pour la liberté politique, où la liberté d’expression est cruciale pour une participation active à la démocratie. Les plateformes numériques modernes, par leur nature globale et immédiate, créent un nouvel espace public où ces débats peuvent se dérouler. Toutefois, Arendt nous met en garde contre la dégradation de cet espace public quand il devient une scène pour la simple exhibition, plutôt qu’un forum pour la délibération véritable.

De plus, Jürgen Habermas, dans « L’espace public : archéologie de la publicité comme dimension constitutive de la société bourgeoise », critique la transformation de l’espace public en un médium contrôlé par les intérêts des médias et des puissances économiques. Habermas s’inquiète de la manière dont les médias traditionnels et maintenant les plateformes numériques peuvent être manipulés pour façonner l’opinion publique plutôt que de la refléter ou de la former de manière organique. Cette perspective est essentielle pour comprendre comment les algorithmes des réseaux sociaux et les politiques de modération peuvent façonner les débats et potentiellement limiter la liberté d’expression en favorisant certaines voix au détriment d’autres.

Les théories de Noam Chomsky sur la fabrication du consentement dans les médias traditionnels peuvent être transposées au contexte numérique, où la prolifération des fausses nouvelles et la manipulation de l’information par des entités puissantes posent de graves défis à la liberté d’expression. Chomsky nous rappelle que la liberté d’expression implique non seulement la capacité de parler, mais aussi la capacité d’être entendu.

La pensée de ces auteurs nous encourage à poursuivre un dialogue ouvert sur la manière dont nous pouvons maintenir et améliorer cet espace pour le bénéfice de toutes les voix dans la société.

Les défis de la désinformation

La désinformation en ligne présente un défi majeur pour la démocratie moderne, en particulier dans la mesure où elle peut compromettre les principes d’une société ouverte, comme l’a décrit Karl Popper. En effet, la propagation rapide de fausses informations crée un environnement où les croyances non questionnées et les idéologies rigides peuvent prévaloir, rappelant ainsi les « tribus fermées » que Popper critiquait. Cette situation menace le dialogue rationnel et critique qui est essentiel pour la santé d’une société démocratique.

Hannah Arendt, dans ses travaux sur la banalité du mal et la manipulation de la vérité dans les régimes totalitaires, offre une perspective complémentaire. Pour Arendt, la désinformation est un outil puissant utilisé pour déstabiliser la perception publique de la réalité, rendant ainsi les individus plus susceptibles de suivre sans esprit critique les directives des leaders. Dans le contexte des réseaux sociaux, cette stratégie peut être utilisée pour amplifier les peurs, les préjugés et les fausses croyances, érodant ainsi le tissu de la cohésion sociale et politique.

De même, Michel Foucault aurait pu voir la désinformation comme une technique de pouvoir dans son exploration de la relation entre pouvoir, savoir et discours. Pour Foucault, le pouvoir se manifeste à travers la capacité de façonner la vérité et le savoir. Les plateformes numériques, en facilitant la propagation d’informations non vérifiées ou fausses, peuvent donc devenir des arènes de lutte pour le pouvoir discursif, où différentes vérités sont en compétition, souvent au détriment de la vérité objective.

Noam Chomsky, dans ses analyses des médias, met en lumière comment la concentration des médias et la manipulation des messages peuvent servir les intérêts de groupes élites. Dans le contexte numérique, bien que les plateformes semblent offrir une démocratisation de la parole, elles peuvent également être cooptées pour renforcer des agendas spécifiques, noyant la vérité sous un flot de désinformation calculée.

Pour contrebalancer ces forces, il est essentiel d’encourager l’esprit critique et l’éducation aux médias. Encourager les individus à questionner les informations qu’ils consomment et à rechercher des sources diversifiées peut aider à combattre les effets corrosifs de la désinformation. De plus, la régulation des plateformes numériques, pour assurer la transparence et la responsabilité dans la diffusion de l’information, devient un impératif pour protéger les fondations démocratiques.

Censure en ligne

Karl Popper, dans son exploration du « paradoxe de la tolérance », soutient que, pour préserver une société ouverte, il peut être nécessaire de limiter la liberté de ceux qui menacent la liberté elle-même. Cette idée trouve un écho particulier dans le débat contemporain sur la censure en ligne, où le contrôle du contenu est souvent justifié par la protection contre la désinformation et les discours de haine. Cependant, cette approche soulève des questions complexes sur la frontière entre protection et oppression.

John Stuart Mill, dans son œuvre « De la liberté », argumente que la liberté d’expression devrait être presque absolue, avec des restrictions limitées seulement aux discours qui causent un préjudice direct et clair. Pour Mill, la vérité émerge le mieux d’un « marché libre » des idées, où les fausses croyances sont confrontées et réfutées par des arguments plus solides. Appliqué à notre ère numérique, ce concept soutiendrait une opposition à la censure, favorisant plutôt l’éducation des utilisateurs et l’encouragement à un débat ouvert pour combattre la désinformation.

De son côté, Hannah Arendt met en lumière les dangers de la manipulation de la vérité et la dégradation de l’espace public. Dans « La Crise de la culture », elle explore comment la vérité et la politique sont souvent en tension, et comment la désinformation peut devenir un outil de pouvoir politique. Pour Arendt, une réponse efficace à la désinformation nécessiterait non seulement de réguler ou de censurer le contenu, mais aussi de renforcer les institutions démocratiques qui favorisent une citoyenneté informée et engagée.

Noam Chomsky, dans ses discussions sur la « fabrication du consentement », critique la manière dont les médias traditionnels et les structures de pouvoir filtrent et distordent l’information pour maintenir l’élite au pouvoir. Dans le contexte numérique, Chomsky pourrait voir la censure par des plateformes comme un prolongement de ces mécanismes de contrôle, où les entreprises technologiques, souvent en collaboration avec les États, décident quelles informations atteignent le public. Chomsky défendrait probablement une transparence accrue et des mécanismes de contrôle démocratique sur ces décisions de modération.

Finalement, la pensée de Michel Foucault sur le pouvoir et la connaissance peut aussi éclairer ce débat. Pour Foucault, le pouvoir se manifeste à travers la construction des discours qui définissent ce qui est considéré comme vrai et acceptable. Dans notre ère numérique, cela se traduit par le contrôle des algorithmes et des politiques de modération qui façonnent la visibilité et la légitimité des idées. Une approche foucaldienne exhorterait à une vigilance constante contre les formes subtiles de contrôle et de surveillance qui pourraient se cacher sous le prétexte de réguler la désinformation.

Surveillance et vie privée

La surveillance numérique est une arme à double tranchant : elle peut aussi bien servir de bouclier contre les menaces qu’agir comme un outil de contrôle étouffant l’autonomie individuelle. Karl Popper, fervent défenseur de la société ouverte, aurait vu cette surveillance généralisée comme une menace directe à l’indépendance et à la liberté d’expression qui sont essentielles à une société dynamique et critique. Pour lui, la protection de la vie privée est cruciale pour la liberté de pensée et d’action sans lesquelles une société ouverte ne peut exister.

En élargissant cette perspective, Michel Foucault dans sa théorie du « panoptique » explique comment la surveillance peut conduire à une société de contrôle dans laquelle les individus régulent leur propre comportement, sachant qu’ils pourraient être observés à tout moment. Cette auto-régulation perpétuelle est l’antithèse de la société ouverte de Popper où le débat, le désaccord et la diversité des opinions sont nécessaires pour le progrès de la connaissance.

De même, Benjamin Franklin a prévenu contre les dangers de sacrifier la liberté essentielle pour une sécurité temporaire, une idée qui résonne fortement dans le contexte actuel de surveillance justifiée par la sécurité nationale. Ces mesures, bien qu’initialement conçues pour protéger, peuvent souvent limiter les libertés civiles au point d’ériger des barrières contre la liberté d’expression.

Hannah Arendt soulève également des préoccupations pertinentes à ce sujet dans ses discussions sur l’importance de l’espace public pour la liberté. La surveillance numérique, en érodant l’anonymat et la séparation entre l’espace privé et l’espace public, peut diminuer l’espace disponible pour les discours libres et non contrôlés, essentiels pour une démocratie saine.

De plus, l’approche de Shoshana Zuboff sur « L’âge du capitalisme de surveillance : Le combat pour un avenir humain face aux nouvelles frontières du pouvoir » montre une autre dimension du problème où les données personnelles sont commercialisées, transformant les individus en produits. Cette commercialisation intrusive de la vie privée change non seulement la relation entre les individus et les entreprises, mais pose des questions profondes sur l’autonomie et le consentement dans la société numérique.

Ces penseurs collectivement mettent en lumière les diverses façons dont la surveillance numérique peut miner les fondations d’une société libre, ouverte et démocratique. Ils soulignent l’importance cruciale de protéger la vie privée et d’encourager une régulation qui respecte et maintient l’équilibre entre sécurité et liberté, sans quoi les fondations mêmes de la démocratie pourraient être érodées.

Pour naviguer ces eaux troubles, une approche équilibrée doit être adoptée. Il est essentiel de renforcer les cadres légaux et règlementaires qui encouragent la transparence et la responsabilité des plateformes tout en protégeant la vie privée et la liberté d’expression. L’éducation aux médias devient cruciale pour armer les citoyens contre la désinformation. Comme le suggère la philosophie de Popper, maintenir un espace public ouvert où diverses voix, y compris celles dissidentes et minoritaires, peuvent s’exprimer librement est essentiel pour une société démocratique robuste.

Fousseni Togola, philosophe et journaliste-communicant.

3 mai 2024 0 comments
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Rencontre entre Sanou et la Banque mondiale marquant le retour des institutions financières internationales.
Économie

Mali : de l’ostracisme à la réintégration dans le giron des institutions mondiales

by Sahel Tribune 2 mai 2024
written by Sahel Tribune 3 minutes read

Le Mali renoue avec les institutions financières internationales, notamment la Banque mondiale et le FMI, illustrant un revirement dans les relations économiques globales. Cette entente signale un retour de confiance sous le même régime militaire qui avait été précédemment critiqué pour son isolement.

Après des années de mise à l’écart économique par la communauté internationale, voilà que les institutions financières internationales commencent à faire les yeux doux au Mali. Sous le même régime militaire autrefois critiqué, les institutions qui avaient tourné le dos au pays reviennent, prêtes à renouer les liens. Les mêmes voix qui proclamaient l’isolement du Mali sont désormais celles qui reviennent, courbant l’échine, respectant ainsi les principes clés qui guident l’action publique en République du Mali : le respect de la souveraineté nationale, le respect des choix stratégiques et du choix des partenaires opérés par le Mali et la défense des intérêts vitaux du peuple malien dans les décisions prises.

Engagement continu envers la stabilisation des régions du sahel 

Dans le cadre du renforcement des relations entre le Mali et les institutions de Bretton Woods, notamment la Banque mondiale, des avancées significatives ont été notées. Le ministre de l’Économie et des Finances, Alousséni Sanou, a conduit une délégation malienne à Washington en avril 2024 pour des discussions cruciales. Ces discussions ont porté sur les défis économiques et sociaux auxquels le Mali fait face et sur les réformes envisagées pour y répondre. « Cette mission a été une opportunité pour renforcer notre coopération avec la Banque mondiale, et nous avons pu aligner nos perspectives avec les orientations de notre gouvernement en matière de politique économique, » a déclaré le ministre Sanou.

La Banque mondiale a réaffirmé son engagement envers le Mali, en soulignant son rôle de premier partenaire multilatéral du pays. « Nous avons discuté de divers projets, notamment l’amélioration de l’infrastructure énergétique et l’appui à l’agriculture, qui restent des priorités pour notre gouvernement, » a ajouté le ministre. Un accord a été trouvé pour un financement supplémentaire destiné à la construction d’écoles et à l’amélioration de la fourniture d’énergie, avec une allocation immédiate de soixante-millions de dollars.

Parallèlement, les discussions avec le FMI ont abouti à un accord sur une Facilité de Crédit rapide de 90 à 100 millions de dollars, destinée à aider le Mali à couvrir les dépenses nécessaires pour restaurer l’État dans les régions du Centre et du Nord. « Ce financement d’urgence soulignera notre engagement continu envers la stabilisation de ces régions, tout en assurant la sécurité alimentaire et l’accès aux services de base pour nos citoyens, » explique le ministre.

Les fondements d’une collaboration internationale réussie

L’ironie de cette volte-face des institutions financières n’échappe à personne. Le Mali, qui était devenu subitement infréquentable, est maintenant perçu comme un partenaire valable, sous la même direction militaire. C’est une validation de la posture du président de la transition, le colonel Assimi Goïta, qui a toujours affirmé que le développement interne attire naturellement les partenaires.

Ce retour des institutions telles que la Banque mondiale et le FMI, probablement suivi par d’autres, confirme une vérité inévitable : lorsqu’un pays progresse, les partenaires internationaux sont ceux qui se doivent d’initier le rapprochement, et non l’inverse. Ces développements sont un testament de la résilience du Mali et de son aptitude à naviguer dans les eaux souvent turbulentes de la politique et de l’économie internationales, tout en maintenant ses principes de souveraineté et d’indépendance stratégique.

La réalité est que le pragmatisme économique prime souvent sur les principes politiques dans les relations internationales. Le Mali a su montrer que, malgré les crises, il est un acteur incontournable qui mérite respect et coopération, surtout de la part de ceux qui avaient prédit son isolement. La conviction du Mali en ses propres capacités et sa détermination à maintenir son intégrité souveraine lui ont permis de redéfinir ses relations avec le monde, prouvant ainsi que le respect mutuel et l’intérêt partagé sont les véritables fondements d’une collaboration internationale réussie.

Oumarou Fomba 

2 mai 2024 0 comments
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Transhumance en Afrique de l'ouest
A la UneÉconomie

Secteur de l’élevage : quand la France et ses complices s’en prennent ouvertement à l’économie malienne 

by Sahel Tribune 2 mai 2024
written by Sahel Tribune 4 minutes read

Que ceux qui croyaient que la France était en panne d’idées pour nuire au Mali se détrompent. Quand on pense que ce pays ne pourrait pas se montrer plus inventive dans ses approches vis-à-vis du Mali, voilà qu’elle revient à la charge, cette fois-ci sur le champ de bataille économique. Bien sûr, on connaît tous les épisodes précédents : les tentatives de diplomatie musclée et les jeux de pouvoir subtiles, mais rien n’y fait. Le Mali, résilient et farouchement attaché à son autonomie, a résisté. Alors, à présent, c’est par l’économie que la France espère reprendre la main.

Après des échecs cuisants sur les terrains diplomatique et de la guerre communicationnelle, la France, présentée comme chantre de la « liberté et des droits de l’homme », semble désormais se tourner vers le terrain économique pour exercer son influence. Oui, vous avez bien entendu. Le grand dessein actuel ? Asphyxier l’économie malienne, un plan aussi subtil qu’odieux, manifestement destiné à mettre à genoux ce pays ouest-africain dont l’économie repose en grande partie sur l’élevage.

Pseudo projets humanitaires 

Le Mali, avec ses vastes pâturages, représente un des géants de l’élevage en Afrique de l’Ouest. Derrière le Nigeria, il est le second plus grand pays éleveur de la CEDEAO et caracole en tête des pays exportateurs de bétail de la région. L’élevage, qui contribue à 80 % au revenu des populations rurales du Nord et à 18 % dans le Sud, est plus qu’un moyen de subsistance : c’est un pilier économique. En 2011, l’exportation de bovins injectait plus de 50 millions de dollars dans l’économie malienne. Et ces chiffres sont probablement en deçà de la réalité.

Mais voilà que sous couvert de projets humanitaires et de soutien aux populations des zones frontalières, financés à grand renfort de publicité par le Centre de crise et de soutien du ministère de l’Europe et des affaires étrangères français, la France semble jouer un jeu double. Officiellement, il s’agit d’améliorer les conditions de vie des éleveurs et de gérer durablement les ressources naturelles. Officieusement ? On pourrait croire à une tentative déguisée pour déstabiliser le secteur de l’élevage malien, et par effet domino, toute l’économie du pays et partant celle de l’AES.

Des choix souverains mal appréciés 

Sous le masque altruiste d’une campagne d’aide aux éleveurs maliens, se cache un plan bien plus machiavélique. Il s’agit d’encourager, ou plutôt d’inciter, ces éleveurs à traverser la frontière avec leurs troupeaux, prétendument pour une transhumance habituelle, mais avec un dessein ultime bien plus sombre : la sédentarisation dans un pays voisin, complice de ce stratagème.

La véritable intention ? Anéantir le cheptel malien, pilier central de son économie agro-sylvo-pastorale. Ce plan, si ingénieusement ourdi, pourrait, s’il réussissait, porter un coup dévastateur à l’économie malienne, privant le pays d’une de ses principales sources de revenu et d’exportation.

Quel cynisme ! 

L’enjeu est de taille, surtout après que le Mali ait pris ses distances avec des institutions telles que le G5 Sahel et la CEDEAO, et après obtenu le départ des troupes françaises ainsi que de la mission des Nations Unies (MINUSMA). Privée de ses leviers traditionnels d’influence, la France semble désormais prête à tout pour sauvegarder ses intérêts, quitte à provoquer des tensions internes au Mali.

Pendant que la France orchestre ces stratégies, le Mali, lui, ne reste pas les bras croisés. L’alliance avec le Burkina Faso et le Niger au sein de l’AES montre une volonté de solidarité régionale et de mutualisation des forces pour contrer les pressions externes et avancer vers des objectifs de développement propres à leurs réalités nationales et régionales.

Accroitre la surveillance et sensibiliser 

Ce dernier stratagème révèle une certaine désespérance de la part de la France, qui, ne pouvant plus exercer son influence de manière ouverte, recourt à des tactiques qui pourraient mettre en péril la stabilité d’une région déjà fort complexe. En agissant ainsi, elle ne fait qu’éroder davantage son image et sa crédibilité, non seulement au Mali, mais dans toute l’Afrique de l’Ouest. Aussi, elle oublie que la sécurité du Mali ne saurait se dissocier de celle de ses voisins. 

Toutefois, les autorités maliennes de la Transition ne doivent pas se laisser faire. La surveillance devra être accrue sur l’ensemble du territoire et afin de rester en alerte sur tous les déplacements des éleveurs et de leurs troupeaux, surtout le long de nos frontières. En même temps, le département en charge de l’élevage devra s’atteler à une vaste campagne de sensibilisation auprès des populations, notamment les éleveurs afin de couper court à ce désir inavoué de la France. 

Sur ce grand échiquier international, où chaque coup peut avoir des répercussions profondes, il semble que la France ait choisi une approche où les fins justifient les moyens. Mais à quel prix ? Celui de la confiance d’un peuple, de la stabilité d’une région, et peut-être, de la perte de ses propres valeurs éthiques, prônées depuis des siècles. Ah, ironie, quand tu nous tiens !

Correspondance particulière 

2 mai 2024 0 comments
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Monument de la paix Bamako
A la UneÉconomie

FMI va accorder un secours financier de plus de 70 milliards de FCFA au Mali face aux crises économiques

by Chiencoro 1 mai 2024
written by Chiencoro 3 minutes read

En date du 30 avril 2024, le Fonds monétaire international (FMI) a annoncé avoir conclu un accord crucial avec le Mali, en vue d’octroyer une facilité de crédit rapide de 120 millions de dollars, soit plus de 70 milliards de FCFA, pour aider à combattre les effets dévastateurs de chocs économiques externes, notamment l’inflation due à des conflits internationaux et des blocus maritimes. Cette aide financière substantielle vise à pallier le déficit urgent de la balance des paiements du pays, exacerbé par des crises multiples.

Le Mali, frappé par une série de chocs exogènes tels que la guerre en Ukraine et le blocus de la mer Rouge, a vu ses coûts d’importation pour des biens essentiels tels que la nourriture et les engrais grimper en flèche. Ces circonstances ont aggravé l’insécurité alimentaire, touchant désormais un quart de sa population. « Ces défis ont mis à rude épreuve le budget de l’État, élevé le coût de la vie et accru l’insécurité alimentaire, » a expliqué Mme Wenjie Chen, chef de la mission du FMI.

Des défis économiques

Selon Mme Chen, « Les discussions ont porté sur les mesures visant à combler le déficit immédiat et urgent de la balance des paiements du Mali. » L’aide du FMI, qui reste sujette à l’approbation des instances dirigeantes de l’organisation, devrait fournir un soutien vital non seulement pour les besoins alimentaires mais aussi pour les infrastructures de base comme l’éducation, l’eau potable et la santé.

Les autorités maliennes, confrontées à une contraction significative des financements régionaux, ont exprimé leur reconnaissance pour cette intervention du FMI. « Le décaissement couvrirait également des dépenses pour l’éducation, les abris, les articles non alimentaires et l’accès à l’eau potable, à la santé et aux installations sanitaires, » a ajouté Mme Chen.

Selon le FMI malgré une croissance économique de 4,4% en 2023, la nation africaine fait face à d’importants défis économiques. Alors que la hausse des prix de l’or et du coton a stimulé les exportations, les préoccupations accrues en matière de sécurité et les fréquentes pannes d’électricité ont pesé négativement sur la croissance, explique le FMI.

Protéger la viabilité des finances publiques

Le déficit budgétaire du Mali, qui s’élève à 3,9% du PIB, reflète des dépenses importantes en matière de sécurité et de salaires publics. L’équipe du FMI a mis en lumière la nécessité de « protéger la viabilité des finances publiques » en améliorant la mobilisation des recettes et en réduisant les dépenses superflues.

Pour surmonter ces obstacles, « Assurer un approvisionnement en électricité stable et rentable est la priorité numéro un du Mali, » selon le rapport, qui souligne également l’importance de réduire l’incertitude politique pour stimuler l’investissement et la croissance économique.

Cette initiative du FMI est perçue comme une bouée de sauvetage pour le Mali à un moment critique, offrant une perspective d’avenir plus stable pour un pays riche en ressources mais entravé par des crises multiples et des défis structurels.

Chiencoro Diarra

1 mai 2024 0 comments
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14ème CONSEIL SUPERIEUR DE L'AGRICULTURE-28
A la UneÉconomie

CSA 2024 : Assimi Goïta annonce des mesures clés pour l’évolution de l’agriculture malienne

by Chiencoro 30 avril 2024
written by Chiencoro 4 minutes read

Le président de la Transition du Mali, le Colonel Assimi Goïta, a présidé la 14e session du Conseil supérieur de l’Agriculture le 30 avril 2024 à Koulouba. Lors de cette rencontre annuelle, d’importantes mesures pour renforcer le secteur agricole, notamment l’adoption de stratégies d’agroécologie et la fixation des prix des intrants, ont été annoncées.

Au Mali, la souveraineté alimentaire prend un nouveau tournant. Ce mardi 30 avril 2024, le Palais de Koulouba a été le lieu d’une réunion cruciale, la 14e session du Conseil supérieur de l’Agriculture (CSA), présidée par le Président de la Transition, le Colonel Assimi Goïta. C’est dans cette ambiance solennelle, sous les lustres étincelants et entre les murs chargés d’histoire, que l’avenir de l’agriculture malienne a été sculpté avec des résolutions salvatrices et stratégiques.

Le ministre de l’Agriculture, Lassine Dembélé, avec une certaine fierté palpable, rapporte les succès de la campagne agricole précédente, non sans manquer de reconnaître le soutien vital des autorités de la Transition. Il semble que chaque grain semé sous cette administration commence à porter ses fruits, littéralement et figurativement.

Transformer les champs en tableaux de bord de haute technologie

M. Abdoulaye Camara, le 2e Vice-Président de l’Assemblée permanente de la chambre d’Agriculture du Mali (APCAM), ne tarit pas d’éloges envers le Président Goïta, pour son engagement sans faille en faveur du secteur agricole. Un président qui non seulement promeut une politique de subventions pour l’aliment bétail, mais qui envisage également de révolutionner l’agriculture par la géolocalisation des espaces agricoles. Voilà un véritable hymne à la modernité agricole, promettant de transformer les champs en tableaux de bord de haute technologie.

Mais, comme tout bon festin, le repas n’est pas exempt de quelques piments forts. L’APCAM en appelle à une mesure salutaire : que 50 % des achats de l’État soient consacrés aux produits locaux. Une telle politique ne serait pas juste un coup de pouce à l’agriculture, mais un uppercut à la dépendance alimentaire étrangère. C’est là un cri du cœur pour une autonomie qui résonne dans chaque sac de céréales et chaque baluchon de coton produit sur le sol malien.

Le président du Conseil supérieur de l’Agriculture, le colonel Assimi Goïta, a annoncé des mesures significatives pour propulser l’agriculture malienne vers un horizon plus vert et plus durable. Parmi ces mesures, l’élaboration d’une stratégie nationale d’Agroécologie s’avère primordiale. Cette stratégie vise à améliorer et maintenir les équilibres écologiques tout en développant des techniques agricoles adaptatives pour atténuer les effets du changement climatique. Une initiative qui, espérons-le, transformera les pratiques agricoles en des modèles de durabilité.

Les prix d’achat des intrants agricoles subventionnés

Plus encore, le Mali s’apprête à renforcer la sécurité alimentaire et nutritionnelle à travers la création d’un Conseil national unifié. Ce conseil sera la pierre angulaire d’une coordination multisectorielle, essentielle pour répondre efficacement aux défis alimentaires présents et futurs. C’est un pas audacieux vers une gestion intégrée et holistique de la sécurité alimentaire, qui reflète une compréhension profonde des intrications entre agriculture, santé et bien-être social.

Le lancement d’une Politique nationale du Conseil agricole accompagnée de son dispositif de Système national du Conseil agricole est également au programme. Ce système ambitionne d’encadrer de manière rapprochée les agriculteurs maliens, leur offrant ainsi les outils et les connaissances nécessaires pour optimiser leurs rendements et pratiques agricoles.

Parlons chiffres — car la politique, c’est aussi une histoire de chiffres. Pour la campagne agricole de 2024, les prix d’achat des intrants agricoles subventionnés ont été méticuleusement définis : 14 000 FCFA pour un sac de 50 kg d’engrais minéraux, 3 000 FCFA pour les engrais organiques, 1 500 FCFA pour un kilogramme de semences de maïs hybride, et 17 500 FCFA pour un kilogramme de bio-stimulant ovalis. Et que dire du prix du coton graine qui connaît une légère augmentation, passant de 295 à 300 francs CFA le kilogramme, reflétant une intention claire de soutenir davantage les cotonculteurs.

Marcher dans la boue fertile des réalités agricoles

Ces annonces ne sont pas de simples promesses en l’air. Elles sont le reflet d’une volonté ferme de transformer un secteur-clé de l’économie malienne. Le Colonel GOÏTA, en véritable commandant des champs, rappelle que l’agriculture est le « secteur vital et stratégique du Mali ». Sous son administration, chaque arpent de terre est une tranchée contre la faim, chaque graine semée une balle contre la pauvreté. La session se clôt sur des engagements fermes pour l’année à venir, promettant une agriculture non seulement résiliente face au changement climatique, mais aussi prospère et auto-suffisante.

Chapeau donc à ces dirigeants qui, loin des bruits de bottes habituels de la politique, choisissent de marcher dans la boue fertile des réalités agricoles. Le Mali, sous cette transition, ne se contente pas de faire pousser des plantes ; il cultive l’espoir pour un avenir où chaque Malien pourrait récolter les fruits d’une terre gérée avec sagacité et prévoyance. Et dans ce champ d’ambitions vertes, chaque citoyen est invité à semer, à arroser et à récolter la promesse d’un Mali nourri par son propre sol.

Chiencoro Diarra 

30 avril 2024 0 comments
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Ouverture dialogue national au Gabon
Billet d'humeur

Dialogue national : un « nouveau départ » ou une chape de plomb sur le Gabon ?

by Chiencoro 30 avril 2024
written by Chiencoro 2 minutes read

Le Gabon conclut son Dialogue national le 28 avril 2024. Les résolutions ont été remises au président de la transition, ce mardi 30 avril 2024, dans le palais présidentiel à Libreville. Ce document crucial propose des réformes radicales, incluant des restrictions sévères sur l’éligibilité politique et des politiques de préférence nationale strictes.

Ah, le Gabon ! Sous les lustres éclatants et les hauts plafonds blancs du palais présidentiel à Libreville, le théâtre politique gabonais a encore joué une de ses pièces les plus éblouissantes ce mardi 30 avril 2024. La conclusion du Dialogue national, un spectacle raffiné où des artistes et des prières ont précédé la remise d’un document de mille résolutions au président de la transition. Un scénario impeccablement orchestré, diraient certains. Mais qu’en est-il vraiment ?

Du théâtre comique

Déjà, l’odeur du papier fraîchement imprimé du rapport semble masquer une fragrance moins agréable, celle des manœuvres politiques et des décisions qui pourraient bien réduire le champ des libertés plutôt que de le libérer. Par exemple, la recommandation de suspendre tous les partis politiques frappe d’une force particulière le PDG, l’ancien parti au pouvoir. Ah, le PDG ! Ce bouc émissaire parfait, dont les leaders sont non seulement suspendus, mais aussi menacés de poursuites judiciaires et d’inéligibilité. Quel formidable moyen de couper l’herbe sous le pied de l’opposition, n’est-ce pas ?

Puis, il y a cette délicieuse ironie des « résolutions » prônant une politique de préférence nationale à peine déguisée. Candidats à la présidence ? Assurez-vous d’être nés de père et mère gabonais. Vous voulez faire partie du gouvernement ? Mieux vaut être Gabonais « d’origine ». Et pour couronner le tout, un mariage avec un citoyen gabonais est nécessaire pour accéder à certains ministères. Ce n’est plus du nationalisme, c’est presque du théâtre comique, si ce n’était pas aussi tragiquement exclusif.

Le cœur du Gabon balance

Le summum de cette farce nationaliste est peut-être cette nouvelle charte des valeurs gabonaises que tout nouvel arrivant devra signer. Une mesure qui semble moins une ouverture sur le monde qu’une porte claquée au nez de la diversité et de l’inclusion.

Alors, que reste-t-il de ce « nouveau départ » pour le Gabon ? Un départ, peut-être, mais vers quoi ? Vers une démocratie renouvelée ou vers un régime où le contrôle et l’exclusion prévalent sous couvert de réformes ? 

Les lustres du palais présidentiel brillent certainement, mais ils éclairent aussi les ombres de ce qui pourrait être un recul déguisé en progrès. Le Gabon mérite un dialogue qui embrasse véritablement toutes les voix, pas seulement celles qui résonnent dans les échos d’une grande salle sous surveillance. Reste à voir si ces résolutions seront appliquées ou resteront de belles paroles sur du papier luxueux. Entre espoir et scepticisme, le cœur du Gabon balance.

Chiencoro Diarra 

30 avril 2024 0 comments
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