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Image: Un graphique réalisé pour illustrer les chroniques du Mardi.
A la UneChroniques

La révolution de l’IA : l’éternel retard des gouvernants face à l’inéluctable

by Chiencoro 29 avril 2025
written by Chiencoro 2 minutes read

À l’heure où l’intelligence artificielle bouleverse la planète, l’Afrique – et particulièrement le Sahel – est sommée de choisir : subir une révolution pensée ailleurs ou inventer son propre modèle de souveraineté numérique. Analyse.

À quoi servent nos dirigeants, si ce n’est à prévoir l’imprévisible et à circonscrire les périls avant qu’ils ne nous submergent ? L’histoire, une fois encore, semble se répéter. À l’heure où l’intelligence artificielle s’impose à nos sociétés avec une brutalité que nul n’aurait pu ignorer, gouvernements et institutions, du Nord comme du Sud, se retrouvent réduits au rôle de pompiers maladroits, courant derrière les incendies qu’ils n’ont su – ou voulu – prévenir.

Le monde pris dans un tsunami

Depuis les premières lueurs de l’IA, au milieu du XXᵉ siècle, il était écrit que cette révolution ne serait pas anodine. Les travaux de Warren McCulloch et Walter Pitts en 1943, l’irrésistible curiosité d’Alan Turing, et la célèbre conférence de Dartmouth en 1956 posaient déjà les jalons d’un séisme scientifique et sociétal. Mais il aura fallu attendre le XXIᵉ siècle pour voir éclore, à la faveur du deep learning, des Big Data et des algorithmes transformeurs, une IA omniprésente, omnipotente et, désormais, potentiellement incontrôlable.

À partir de 2010, boostée par les processeurs graphiques et l’explosion du numérique, l’IA a quitté les laboratoires pour envahir nos vies : reconnaissance faciale, traduction automatique, médecine prédictive, finance algorithmique, création littéraire automatisée… Un tsunami qui, comme toujours, trouve nos institutions en mode réactif plutôt que proactif. Entre 2023 et 2025, l’essor des modèles de langage géants (LLM) a démultiplié les usages, mais aussi les dangers, relançant des débats éthiques et politiques que l’on croyait encore lointains.

Centre d’Intelligence Artificielle et de Robotique

Et l’Afrique, dans tout cela ? Le continent, souvent en retard sur les grandes révolutions technologiques, n’échappera pas aux bouleversements. Au contraire, l’IA, si elle est maîtrisée, pourrait constituer une formidable opportunité de transformation économique et sociale. Mais sans vision stratégique claire, sans politiques publiques volontaristes, le risque est grand de voir l’Afrique devenir un simple marché consommateur d’innovations pensées ailleurs, sans considération pour ses réalités culturelles, linguistiques et sociales.

Pourtant, quelques signaux positifs émergent. À Bamako, l’ouverture du Centre d’Intelligence Artificielle et de Robotique en 2024 montre qu’une autre voie est possible. Mais cela suffira-t-il ? L’ampleur des défis impose bien plus qu’une floraison de projets pilotes. C’est une architecture entière de souveraineté numérique, de formation massive aux métiers de demain, et de régulation adaptée qu’il faut édifier d’urgence.

Car il ne s’agit plus seulement d’embrasser la modernité. Il s’agit de ne pas en être écrasé.

Chiencoro Diarra 

29 avril 2025 0 comments
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Point de presse des partis politiques
A la UnePolitique

Révision de la charte : l’IPAC fragilisé par les retraits de deux poids lourds politiques

by Sidi Modibo Coulibaly 29 avril 2025
written by Sidi Modibo Coulibaly 3 minutes read

Face au durcissement de ton du regroupement politique « Initiative des Partis politiques pour la Charte » (IPAC), deux formations politiques ont tenu à clarifier leurs positions à travers des communiqués de presse. Des positions qui, à n’en pas douter, affecteront le regroupement.

Depuis deux semaines, un regroupement hétéroclite de partis politiques dénommé « Initiative des Partis politiques sur la Charte » (IPAC) s’oppose farouchement à la tenue d’une consultation des forces vives de la nation sur ses propres propositions de révision de la charte des partis politiques formulées et remises au gouvernement. Entre menaces et intimidations, il ne cesse de monter la pression. Face à cette position du regroupement, deux partis politiques ont décidé de prendre leurs responsabilités.

L’URD dit se retirer du regroupement 

Dans son communiqué daté du 25 avril 2025, 24 heures avant la tenue du point de presse du regroupement, l’Union pour la République et la Démocratie (URD) réaffirme son arrachement au dialogue. « Fidèle à ses idéaux républicains et démocratiques, l’URD s’inscrit préalablement, dans la poursuite de cette démarche en appelant au dialogue au sein du cadre de concertation », précise le communiqué. 

Le parti de feu Soumaila Cissé indique qu’il ne peut pas s’associer à des activités qui jurent avec une situation politico-sécuritaire fragile. Il s’agit des activités comme les meetings, marches, conférences de presse, points de presse. Et d’ajouter qu’il s’inscrit dans cette dynamique au nom de l’intérêt supérieur de la nation. Le Parti de Dr Gouagnon Coulibaly conclut son communiqué en soulignant qu’il se retire de l’IPAC, « Conformément à la décision de la réunion, du Secrétariat exécutif du Parti, tenue le jeudi 24 avril 2025 à son siège national ».

L’ADP-MALIBA ne se reconnait pas dans les décisions du regroupement 

C’est la seconde formation politique qui a donné un coup dur à l’IPAC, mais différemment. Le parti de Youba Ba s’insurge plutôt contre la présence d’un de ces vice-présidents au point de presse du regroupement tenu le 26 avril 2025. Il l’a signifié dans un communiqué en date du même jour.

Dans son communiqué, il dit avoir appris sur les réseaux sociaux la présence d’un de ses cadres à ce point de presse qui a été présenté comme un des vice-présidents du parti. « L’ADP-Maliba souligne, par ailleurs, qu’il n’a mandaté aucun représentant à l’effet de le représenter à ladite conférence de presse », peut-on lire dans le communiqué. L’Alliance pour la démocratie et la paix (ADP-MALIBA) conclut son communiqué en indiquant qu’il « se désolidarise, par conséquent, de tout propos, acte posé par ledit responsable et de toute déclaration ayant sanctionné ladite conférence. » Une manière de dire que les décisions du regroupement ne l’engagent nullement.

Les deuxième et troisième forces politiques du pays

Il faut signaler que l’URD et l’ADP-MALIBA sont les deux partis politiques dont les candidats à l’élection présidentielle de 2018 se sont classés respectivement 2e et 3ème après le candidat du RPM (Rassemblement pour le Mali). À cet égard, on peut dire qu’ils constituent les deuxième et troisième forces politiques du pays. 

Toutefois, il est important aussi de noter que l’URD a connu une fissure après cette élection. Il a fallu que la justice tranche entre les deux protagonistes qui revendiquent la paternité du parti. Ainsi, ceux qui ont perdu le procès ont créé une nouvelle formation politique. En tout état de cause, avec la publication de leurs communiqués, l’URD et L’ADP-MALIBA ont porté un coup dur à la coalition politique portée par Mountaga Tall, président du Congrès national d’initiatives démocratiques – Faso Yiriwa Ton (Cnid-Fyt). Et cela depuis le 14 mars 2025 à la faveur d’une concertation inter-partis politiques en vue de formuler et de remettre au gouvernement des propositions de révision de la charte des partis politiques comme demandé par les autorités.

Sidi Modibo Coulibaly

29 avril 2025 0 comments
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FAITS DIVERS
A la UneTaabolow ani Tabiaw

Mali – Fait divers : le drame silencieux d’Awa, reflet d’une détresse sociale

by Sahel Tribune 28 avril 2025
written by Sahel Tribune 3 minutes read

À Bamako, le suicide d’une jeune lycéenne secoue l’opinion publique et révèle un mal silencieux : la détresse psychologique des élèves face aux pressions familiales et scolaires. Derrière le geste tragique d’Awa Diarra, c’est toute une jeunesse en quête d’écoute et de soutien qui interpelle une société encore sourde aux souffrances invisibles.

Bamako, 24 avril 2025. Dans un établissement ordinaire de la capitale, un drame extraordinaire s’est joué à l’heure où le soleil à peine levé inondait la ville. Awa Diarra, jeune élève en classe de terminale Sciences Exactes au Complexe scolaire privé Bagnélé Diarra de Dioumanzana-Nafadji, a mis fin à ses jours. Il était 9h10.

Ce suicide, comme tant d’autres hélas trop souvent tus, n’a pas seulement endeuillé sa famille, ses camarades et ses enseignants. Il vient cruellement rappeler, au cœur d’une société malienne en quête de repères, les fractures invisibles qui rongent la jeunesse : pression familiale, solitude psychologique, absence de dispositifs de soutien adaptés.

Dans une lettre manuscrite retrouvée dans son cartable, empreinte d’une innocence désarmante, Awa adresse un ultime message d’amour à sa mère. Quelques lignes, griffonnées avec l’urgence de ceux qui n’ont plus la force de porter leur douleur : « Maman, je t’aime, pardonne-moi. » Au fil de mots tremblants, elle évoque une profonde dépression familiale, sans jamais accuser quiconque, mais en laissant deviner l’épaisseur du silence et de l’incompréhension.

Un drame révélateur d’un mal-être collectif

Le directeur général de l’établissement, M. Mahamadou Diallo, dans une lettre officielle adressée à la directrice de l’Académie d’enseignement de Bamako Rive Gauche, a exprimé sa profonde tristesse et ses condoléances, tout en rappelant l’absence de signes apparents annonciateurs de ce geste fatal. Dans cette missive officielle empreinte de pudeur, l’école a souligné l’urgence d’une réponse collective face aux détresses silencieuses qui minent les bancs d’école.

Car au-delà du chagrin individuel, c’est une alerte nationale qui se profile. Combien d’élèves, écrasés par la double pression académique et familiale, oscillent aujourd’hui au bord du gouffre, dans l’indifférence générale ? Combien subissent des injonctions de réussite déconnectées de leur bien-être émotionnel ?

Dans un Mali en transition, où les défis sécuritaires et économiques monopolisent les énergies, la santé mentale demeure une grande absente des politiques publiques. Peu d’écoles disposent de psychologues scolaires ; rares sont les campagnes nationales de sensibilisation à la dépression ou au suicide des jeunes. Pourtant, l’acte d’Awa, tragique et irréversible, impose d’ouvrir enfin ce débat longtemps évité.

Un dernier message d’amour

Awa n’a pas crié vengeance. Elle n’a accusé personne. Jusqu’au bout, elle a choisi l’amour : « Je demande pardon à ma maman. » Un pardon qui serre la gorge et oblige chacun — parents, enseignants, décideurs — à interroger ses propres responsabilités.

Son geste désespéré doit désormais trouver un écho au-delà de l’émotion immédiate. Il est urgent d’écouter cette jeunesse souvent étouffée, d’instituer un véritable accompagnement psychologique dans les écoles, et de réconcilier l’exigence éducative avec la bienveillance humaine.

Au Mali, le suicide reste une tragédie silencieuse. Selon les chiffres publiés par l’Organisation mondiale de la santé en 2020, environ 8 personnes sur 100 000 mettent fin à leurs jours chaque année, soit 806 décès recensés, représentant près de 0,6 % des causes de mortalité dans le pays. Toutefois, il est difficile de mesurer précisément l’ampleur du phénomène dans les écoles. Nous n’avons pu avoir accès à aucune statistique officielle spécifique au suicide en milieu scolaire.

À Bamako comme ailleurs, nul ne devrait mourir d’avoir trop souffert en silence.

La rédaction 

28 avril 2025 0 comments
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Une graphique réalisée pour illustrer les édito sur notre site.
Edito

Éditorial | Sahel : faim, climat et conflits, l’urgence d’une riposte massive

by Chiencoro 28 avril 2025
written by Chiencoro 2 minutes read

Entre famines annoncées et riposte tardive, l’heure est à l’action collective pour sauver des millions de vies. Dans un éditorial incisif, nous explorons pourquoi l’avenir du Sahel passe par une mobilisation immédiate et durable.

En ce mois d’avril 2025, l’urgence alimentaire qui étreint le Sahel et le Mali en particulier ne relève plus de l’alerte mais du cri de détresse. Conjuguant les ravages silencieux du changement climatique et le fracas des conflits armés, la crise humanitaire se mue en gouffre, menaçant d’engloutir des millions de vies déjà suspendues à un fil.

Naissance de l’Agence AVASAN

Avec près de 1,5 million de Maliens frappés par l’insécurité alimentaire – dont 100 000 en situation d’urgence absolue –, la carte de la faim épouse celle des violences. À Mopti, à Gao, ou encore dans les confins fragiles du Liptako-Gourma, les champs abandonnés, les marchés déserts et les convois humanitaires sous escorte militaire traduisent une vérité brutale : l’accès même à la nourriture est devenu un champ de bataille.

À cette dynamique infernale, s’ajoute la furie du climat. Inondations diluviennes, sécheresses implacables. En 2024, plus de six millions de personnes ont vu leurs récoltes, leurs maisons, et souvent leurs espoirs, balayés par les eaux ou consumés par la sécheresse. À Bamako, l’état de catastrophe nationale déclaré n’a été qu’une pâle traduction administrative d’un désastre humain tangible.

Face à ce double assaut, les gouvernements sahéliens n’ont pas baissé les bras. À Bamako, la Facilité alimentaire malienne (FAM) tente de maintenir à flot les plus vulnérables par la vente de riz à prix social. L’Agence AVASAN, bras armé d’une veille nutritionnelle renforcée, est née pour anticiper et parer aux famines à venir. Des ripostes courageuses, mais insuffisantes à l’échelle du défi.

La grande famine, plus une menace, une réalité

Car le péril est régional. Et c’est à Dakar, lors du Forum Dakar+10, que l’appel au sursaut a été lancé : irrigation modernisée, souveraineté alimentaire affirmée, mutualisation des ressources… Mais encore faudra-t-il des moyens. Le Programme alimentaire mondial tire la sonnette d’alarme : sans un sursaut de financements – 620 millions de dollars manquent à l’appel –, les rations diminueront, l’aide s’amenuisera, et la spirale de la faim s’emballera.

Le Sahel, cette immense plaine de courage et de résilience, vacille aujourd’hui à un carrefour dramatique. Le statu quo n’est plus une option. Il faudra plus qu’une solidarité de façade : un partenariat renouvelé, une mobilisation massive, une action structurelle durable.

Car derrière les chiffres secs, ce sont des vies, des destins, et l’avenir même du Sahel qui se jouent. À moins d’une action rapide, résolue et concertée, la grande famine, que beaucoup redoutent sans oser la nommer, risque de ne plus être une menace, mais une réalité.

Chiencoro Diarra

28 avril 2025 0 comments
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Rencontre avec les partis politiques
A la UneAnalyses

Des partis politiques face à la presse : entre instinct de survie et agitations désespérées 

by Sidi Modibo Coulibaly 28 avril 2025
written by Sidi Modibo Coulibaly 4 minutes read

A quelques jours de la tenue de la phase nationale de la consultation des forces vives sur la relecture de la charte des partis politiques, un point de presse s’est tenu. C’était le samedi, 26 avril 2025. À l’issue de cette rencontre avec la presse, les partis exigent, entre autres, le respect de la Constitution et des lois, la garantie du pluralisme démocratique, la libération des prisonniers politiques.

Conformément à une recommandation des Assises nationales de la refondation, il a été demandé de réduire le nombre des partis politiques. Pour mettre en application cette recommandation, le gouvernement a entrepris une démarche inclusive de révision de la loi n° 05-047 du 18 août 2005 portant charte des partis politiques. C’est ainsi qu’au cours du conseil des ministres du 09 avril 2025, il a décidé d’organiser une consultation des forces vives de la nation. 

Cette consultation se déroulera en 2 phases aux niveaux régional et national. Pour la phase régionale, les concertations ont eu lieu les 16 et 17 avril 2025 dans les 19 régions, le District de Bamako et dans 49 Ambassades et Consulats du Mali à l’Extérieur. Pour la phase nationale, elle se déroulera du 28 et 29 avril 2025 à Bamako et regroupera les délégués des régions, du district de Bamako et ceux des Maliens établis à l’Extérieur. Les discussions portent sur des propositions des partis politiques et des organisations de la société civile 

Des propositions de partis politiques

Tout a commencé par une lettre en date du 19 décembre 2025 du ministre délégué auprès du Premier ministre chargé des réformes politiques et du soutien au processus électoral invitant les partis politiques à transmettre leurs propositions et suggestions relatives de la Charte des partis politiques, au plus tard le vendredi 14 mars 2025. Suite à cette lettre, la classe politique s’est concertée et a remis ses propositions au gouvernement, dont les principales sont : la réduction du nombre de partis politiques en appliquant des conditions restrictives de création et de financement ; la prise en compte des statuts de l’opposition et de son Chef de file dans la Charte des partis politiques ; l’interdiction du nomadisme politique en cours de mandat.

L’annonce de la tenue de cette consultation nationale sur leurs propres propositions a créé une panique dans les rangs des états-majors politiques. C’est ainsi qu’ils étaient une centaine de formations politiques à répondre à l’appel de l’IPAC ( Initiative des partis politiques sur la charte) non pas pour un meeting, mais plutôt pour un point de presse. Au cours duquel, le mardi 15 avril 2025 à la maison de la presse et sous la houlette de Mountaga Tall, les partis politiques ont demandé au gouvernement de surseoir à la tenue de cette consultation. Au cas contraire, ils décident de ne pas y participer. À la veille de la tenue de la phase nationale, ils surgissent de nouveau, à travers un point de presse, pour dénoncer la consultation nationale.

Le peuple, spectateur impuissant ?

De mémoire d’homme, depuis l’instauration du multipartisme intégral au Mali, les partis politiques n’ont jamais, aussi, été confrontés à la problématique de leur existence. Pendant plus de 30 ans, ils ont été au faite de la gouvernance des affaires publiques. Et le peuple attendait comme résultats des retombées positives telles que promises par les pères de l’instauration de la démocratie multipartite. Hélas, il se serait vu offrir, sur fond de mensonges, de magouilles et de connivence contre l’État, la déception totale. 

Tous les espoirs se seraient effondrés comme un château de cartes. C’est sous le règne de ces partis politiques au pouvoir que l’on a vu naître une nouvelle oligarchie composée de fonctionnaires milliardaires et de nouveaux opérateurs économiques sortis du néant. Face à cette déception, n’était-il pas mieux qu’il se prononce formellement sur l’avenir des partis politiques ? Et c’est ce que les autorités ont entrepris. 

Quant aux partis politiques, la voix du peuple leur importerait peu. Signe certain de la panique chez ceux qui verraient l’horizon se rétrécir pour eux. C’est pourquoi ils se donneraient des airs de mastodontes alors qu’ils seraient, en réalité, légers. Ils veulent, certainement, créer l’illusion de menacer les autorités de la transition en tenant des points de presse (deux en ce seul mois d’avril 2025).

Il faut signaler que le même jour où des partis politiques tenaient un point de presse, des jeunes leaders de la jeunesse en faisaient autant. Ils exigent, d’après « Kat24 » la dissolution des partis politiques. 

Sidi Modibo Coulibaly

28 avril 2025 0 comments
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Point de presse des partis politiques
A la UnePolitique

Crise politique au Mali : des partis appellent à préserver les acquis démocratiques

by Fatoumata Togo 27 avril 2025
written by Fatoumata Togo 3 minutes read

Le samedi 26 avril 2025, plus d’une centaine de partis politiques maliens se sont réunis pour exprimer leur profonde inquiétude face à la crainte d’une éventuelle dissolution des formations politiques. Lors d’un point de presse organisé à la Maison de la Presse, les leaders politiques ont réaffirmé leur engagement envers la démocratie et ont exigé le respect strict de la Constitution, la préservation du pluralisme politique, l’unité nationale et la libération immédiate des « prisonniers politiques ».

Dans une déclaration commune, les responsables politiques ont dénoncé ce qu’ils qualifient de « dérives autoritaires » mettant en péril les acquis démocratiques obtenus au prix de lourds sacrifices. Ils ont rappelé que la Constitution garantit la liberté d’association et d’expression, et ont exigé que ces principes soient scrupuleusement respectés. Pour eux, toute tentative visant à réduire l’espace politique est non seulement illégale, mais constitue également une menace grave pour la stabilité et la cohésion nationale.

Dans son discours d’ouverture, Mamadou Sidibé, leader du Forum, a exprimé sa gratitude envers tous les participants et les médias pour leur mobilisation. « Avant tout, nous affirmons notre soutien indéfectible à notre camarade Mamadou Traoré, surnommé « Roi Président » du parti Alternative pour le Mali, actuellement emprisonné pour ses convictions politiques. Son courage et sa détermination nous motivent à poursuivre notre lutte pour un Mali libre et démocratique », a-t-il indiqué avec conviction.

Des revendications claires pour la refondation politique

Aussi, M. Sidibé a exigé la libération immédiate de Mamadou Traoré et a souligné l’engagement des partis à promouvoir la liberté d’expression et d’association. Il a aussi rappelé que plus de 3 millions de Maliens avaient exprimé leur attachement à la démocratie lors du scrutin du 21 juillet 2023, validé par la Cour Constitutionnelle avec un taux de participation de 96 %. Cependant, il a déploré la suspension des activités des partis politiques décidée par le Conseil des Ministres en avril 2024, une mesure vue comme un « grave recul » pour la démocratie.

Au cours de cette mobilisation, les figures présentes ont plaidé pour une révision de la charte des partis politiques, en mettant l’accent sur quatre exigences essentielles : le respect strict de la Constitution et des lois en vigueur, la préservation du pluralisme démocratique, l’unité entre les acteurs politiques et la libération immédiate des prisonniers politiques.

Une inquiétude croissante face aux restrictions

De plus, Tamega Ibrahima, membre du parti « La Convergence », a exprimé son inquiétude face aux récentes évolutions politiques. Il a mentionné que les partis avaient initialement prévu de se réunir au Palais de la Culture, mais, en raison de précédents incidents de dispersion, ils ont choisi de se rassembler à la Maison de la Presse pour faire entendre leur mécontentement.

« La dispersion des partis politiques soulève de sérieuses inquiétudes, car elle constitue une menace directe à la démocratie et à la liberté d’expression. Selon la loi, la création et l’existence des partis politiques ne devraient pas poser problème. Pourtant, aujourd’hui, ces droits fondamentaux sont en danger », déclare M. Tamega.

En réponse à cette situation, plus d’une centaine de partis, sans distinction d’appartenance politique, se sont unis pour organiser une marche pacifique. Leur objectif commun est de défendre la démocratie, préserver la liberté d’expression et contester les rumeurs d’un éclatement ou d’une dissolution définitive des partis politiques.

Fatoumata Togo, stagiaire 

27 avril 2025 0 comments
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Un Moustique
ActuSanté

Paludisme : l’Afrique subsaharienne à l’épreuve de la résistance

by Fousseni TOGOLA 25 avril 2025
written by Fousseni TOGOLA 3 minutes read

Alors que l’Afrique subsaharienne concentre l’écrasante majorité des décès liés au paludisme, la Journée mondiale de lutte contre la maladie met en lumière les défis cruciaux qui freinent les progrès : émergence de résistances, baisse des financements, mais aussi espoirs technologiques avec l’introduction de moustiquaires innovantes et de répulsifs spatiaux. L’enjeu ? Réinventer la lutte contre le paludisme dans une région qui refuse de se résigner.

Longtemps reléguée au rang de fatalité tropicale, la lutte contre le paludisme a connu, entre 2000 et 2015, une embellie quasi historique. Moustiquaires imprégnées, traitements à base d’artémisinine, pulvérisations ciblées. Un triptyque d’interventions qui, selon l’OMS, a sauvé près de 13 millions de vies, évitant plus de deux milliards de cas dans le monde, essentiellement en Afrique subsaharienne. Le paludisme, maladie des pauvres et du climat, semblait alors en passe d’être dompté.

56 millions de moustiquaires de nouvelle génération ont été déployées

Mais voilà que le vent tourne. Lentement, puis brutalement. À l’heure où le monde célèbre la Journée mondiale de lutte contre le paludisme, le constat est sans appel : la progression s’est essoufflée, et l’Afrique, une fois encore, se retrouve en première ligne. La résistance s’organise. Pas celle des peuples, mais celle, plus sourde, plus perverse, des moustiques et des parasites. Résistance aux insecticides, aux médicaments, et bientôt, peut-être, à l’indifférence des bailleurs internationaux.

Car si le parasite du paludisme évolue, les moyens de le combattre stagnent. L’arme maîtresse de ces vingt dernières années, les traitements combinés à base d’artémisinine, vacille. La molécule miracle pourrait demain n’être qu’un mirage, tant la résistance se propage dans certaines régions. « Sans action rapide, ces traitements pourraient devenir inefficaces », alerte Unitaid, qui finance des solutions innovantes pour enrayer ce déclin annoncé.

Dans ce combat silencieux, le nerf de la guerre reste l’innovation. En réponse, le projet New Nets, piloté avec le soutien du Fonds mondial et de la President’s Malaria Initiative, a marqué un tournant. 56 millions de moustiquaires de nouvelle génération ont été déployées entre 2019 et 2022, principalement en Afrique subsaharienne. Bilan estimé : 13 millions de décès évités. Un chiffre vertigineux, mais encore fragile, tant que l’accès reste limité et les financements, aléatoires.

Réinventer toute une approche stratégique

Aux filets de lit s’ajoutent désormais les répulsifs spatiaux, nouveaux venus dans la panoplie anti-paludique. Ces dispositifs muraux, qui diffusent lentement des insecticides dans l’air ambiant, pourraient bien représenter la première innovation majeure en lutte antivectorielle depuis des décennies. Encore faut-il que la recherche confirme leur efficacité à grande échelle – et que les marchés africains soient prêts à les accueillir.

Mais l’innovation seule ne suffira pas. C’est toute une approche stratégique qu’il faut réinventer, plaide le camp des scientifiques africains. Éducation numérique, réduction des coûts d’accès aux traitements, souveraineté sur les données épidémiologiques. Les mots d’ordre sont clairs. Les États africains doivent cesser d’être de simples récipiendaires pour devenir coproducteurs de la riposte.

La campagne mondiale de 2025, intitulée « Le paludisme s’arrête avec nous : réinvestir, réimaginer, raviver », sonne comme une ultime alerte. L’Afrique subsaharienne, qui concentre 94 % des cas et des décès liés au paludisme, ne peut plus attendre les décisions des capitales du Nord. À Bamako, à Kampala, à Ouagadougou, le mot d’ordre doit être clair : le paludisme n’est pas une fatalité. C’est un défi collectif, une responsabilité partagée, une urgence politique.

Car si nous n’agissons pas maintenant, ce ne sont pas seulement des vies que nous perdrons. C’est une guerre contre le découragement, contre la lassitude, contre l’idée que certaines morts valent moins que d’autres.

F. Togola 

25 avril 2025 0 comments
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