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La guerre des sables
A la UneActu

De la guerre des Sables à Kidal : la mémoire courte d’Alger

by Sidi Modibo Coulibaly 11 avril 2025
written by Sidi Modibo Coulibaly 3 minutes read

L’Algérie, autrefois l’un des plus fervents alliés du Mali, semble avoir oublié les efforts du Mali pour son accession à l’indépendance. En soutenant des groupes rebelles touaregs et d’autres mouvements armés dans le nord du Mali, l’Algérie semble, désormais, jouer un rôle de base arrière aux ennemis du Mali. Cette attitude trahit l’esprit de solidarité qui a marqué les relations historiques entre elle et le Mali. 

Le Mali sous la direction du premier président de la République, feu Modibo Keita, a marqué l’histoire de la libération des peuples africains, notamment par son soutien indéfectible aux mouvements de lutte contre le colonialisme. Frantz Fanon, grand penseur de la décolonisation, soulignait la détermination du Mali à ouvrir de nouvelles perspectives pour l’émancipation des peuples. Feu Modibo Keita, fidèle à cet engagement, a proclamé en 1962, lors de son discours à Moscou, que « le Mali ne saura considérer sa mission comme accomplie tant qu’un seul pouce du sol africain sera occupé par les colonialistes avides. » 

Cette vision ambitieuse s’est traduite par des actions concrètes en faveur des luttes d’indépendance. Des actions dont le Front de libération nationale (FLN), tête de proue de la lutte armée pour l’indépendance, a largement profité. 

Appui multiforme au recouvrement de l’indépendance 

Le soutien matériel et logistique du Mali aux combattants algériens du FLN, pendant la guerre d’indépendance, a été crucial. Ce soutien du Mali, bien que généreux, a également été à l’origine de tensions avec la France, ancienne puissance coloniale, mais aussi avec d’autres pays de la Fédération du Mali, notamment le Sénégal de feu Léopold Sédar Senghor. Feu Modibo Keita, loin de se laisser intimider, a ouvert son pays aux combattants du FLN, leur offrant des bases arrière stratégiques à Tombouctou, Gao et Kidal, où des unités du FLN ont été stationnées. 

Beaucoup de Maliens se rappellent la maison habitée à Gao par feu Abdel Aziz Bouteflika qui était à l’époque un combattant. Il a été, par la suite, ministre des Affaires étrangères, puis président de l’Algérie. Le Mali est allé loin sans son soutien financier aux combattants du FLN en imprimant et vendant au peuple malien un timbre fiscal portant la mention « campagne nationale de solidarité du peuple malien au peuple algérien » et des images parmi lesquelles un combattant algérien habillé en tenue militaire et portant un fusil. 

Une partie des fonds générés était versée au FLN. Il s’agit de la somme de 5 F qui avait été ajoutée au prix normal du timbre qui est de 25 F. Par ailleurs, en 1960, lors de la crise qui a éclaté au sein de la Communauté africaine, le Mali est resté fidèle à la cause algérienne, tandis que d’autres États, comme la Côte d’Ivoire, optaient pour des compromis.

Médiation réussie dans la guerre de sables

La solidarité du Mali envers l’Algérie ne s’est pas limitée à la guerre contre le colonialisme. Feu Modibo Keita a aussi joué un rôle important dans la diplomatie régionale en aidant à résoudre la crise entre le Maroc et l’Algérie dans le conflit dénommé « la guerre des Sables de 1963 », contribuant ainsi à apaiser les tensions entre ces deux pays.

Soulignons que l’engagement du Mali ne s’est pas arrêté aux frontières algériennes. Modibo Keita s’est également impliqué dans les affaires du Congo, soutenant le gouvernement lumumbiste en exil à Stanley ville et travaillant aux côtés de figures comme Nkrumah, Nasser et Ben Bella pour contrer les interventions étrangères qui ont déstabilisé la révolution zaïroise. L’Algérie a d’ailleurs joué un rôle clé dans cette période en apportant son soutien militaire, mais, comme le rapporte l’ex-président algérien Ben Bella, malgré tous les efforts, la révolution zaïroise a été écrasée par les forces contre-révolutionnaires.

Par Sidi Modibo Coulibaly

11 avril 2025 0 comments
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Choguel Kokalla Maiga, Premier ministre du Mali.
ActuAnalyses

Relations Mali-Algérie : Choguel Kokalla Maïga dénonce le double jeu d’Alger

by Ibrahim Kalifa Djitteye 10 avril 2025
written by Ibrahim Kalifa Djitteye 4 minutes read

Dans une intervention publiée le 9 avril 2025 sur sa chaîne YouTube, l’ancien Premier ministre malien, Dr. Choguel Kokalla Maïga, a livré une analyse sans concessions de la position de l’Algérie vis-à-vis du Mali, soulignant l’importance de la souveraineté malienne face aux interventions extérieures. À travers un discours dense mêlant histoire, géopolitique et stratégie, il a mis en lumière ce qu’il considère être une posture ambiguë et problématique de l’Algérie dans la gestion de la crise sécuritaire au Nord du Mali.

Dès le début, le Dr. Maïga a précisé que sa prise de parole visait à clarifier la nature des relations bilatérales entre Bamako et Alger, dans un contexte de confusion provoqué par diverses déclarations politiques récentes. Il a souligné que l’objectif était de rappeler à Alger que le Mali, sous la direction de ses autorités actuelles, ne permettrait aucune ingérence dans sa gestion souveraine des affaires intérieures, notamment la situation au Nord.

Revenant sur l’histoire coloniale, Choguel Maïga a rappelé l’accord signé en 1907 entre les autorités françaises et les Ifoghas de Kidal, leur accordant une autonomie en échange de leur neutralité. Selon lui, cette exception historique a contribué à fragiliser le Mali, une situation dont certains pays voisins, comme l’Algérie, ont tiré profit en exacerbant les divisions internes. Il a également précisé que les tentatives d’exploitation de cette situation par des puissances étrangères ne feraient que nuire à la stabilité et à l’unité du Mali.

Un soutien ambigu de l’Algérie aux rébellions touarègues 

L’ancien Premier ministre a évoqué le soutien initial de l’Algérie aux premières rébellions touarègues dans les années 60. À cette époque, Alger avait soutenu le Mali en livrant des chefs rebelles, mais avec le temps, ce soutien a disparu, donnant place à une stratégie d’influence régionale plus marquée. Il a affirmé que l’Algérie avait progressivement tenté de contrôler indirectement certaines zones du Nord malien, exacerbant ainsi la situation sécuritaire dans ces régions.

Dans les années 90, le Mali a accordé des blocs pétroliers à l’Algérie comme gage de bonne volonté, mais ces ressources n’ont jamais été exploitées à des fins de développement. Selon Choguel Maïga, l’Algérie aurait plutôt utilisé ces actifs comme leviers géostratégiques. Il a également dénoncé le fait que de nombreux habitants de Kidal possédaient des passeports algériens, ce qui, au lieu de renforcer les liens entre les peuples, a plutôt exacerbé les divisions ethniques et politiques, notamment en période de rébellions, où ces Maliens sont traités comme étrangers en Algérie.

L’Algérie, un rôle ambigu dans la déstabilisation du Mali

Choguel Maïga a dénoncé le rôle de l’Algérie dans la déstabilisation du Mali en soutenant certains mouvements rebelles, citant l’exemple du Mujao en 2012, un groupe majoritairement composé de Sahraouis venus de zones sous influence algérienne. Selon lui, l’Algérie mène une politique contradictoire : un discours public amical, mais des actions secrètes qui alimentent le chaos et la violence dans le pays.

Il a aussi critiqué l’accord entre l’Algérie et la France sur la sécurité au Sahel, qu’il qualifie d’« impie », et qui, selon lui, va à l’encontre des intérêts des pays de l’AES (Alliance des États du sahel). Pour Choguel Maïga, cet accord vise à affaiblir la dynamique souverainiste en cours à Bamako, Niamey et Ouagadougou, des initiatives qui cherchent à affirmer l’indépendance des États sahéliens face aux puissances extérieures.

Retour sur la diplomatie algérienne et la position de Bamako

Choguel Maïga a relaté un moment clé de sa carrière. En 2021, après son discours à New York où il dénonçait le double jeu français, le ministre algérien des Affaires étrangères était venu le féliciter. Cependant, cette accalmie n’a été que temporaire. Peu après, Alger s’est alignée sur Paris et la CEDEAO pour imposer un agenda de transition au Mali, une ingérence que Bamako a fermement rejetée. Selon lui, cette attitude démontre un manque de respect pour la souveraineté malienne et pour les décisions prises par les autorités légitimes du pays.

Malgré les critiques sévères formulées contre l’Algérie, Choguel Maïga a reconnu l’existence de liens historiques et culturels profonds entre le Mali et l’Algérie. Toutefois, il a insisté sur le fait que ces liens ne peuvent prospérer que si Alger respecte l’indépendance du Mali et cesse de soutenir indirectement ou directement les groupes armés responsables de la déstabilisation du Nord du pays.

Enfin, Choguel Maïga a mis en garde l’Algérie contre toute tentative de maintenir le terrorisme et l’instabilité au Mali pour garantir sa propre paix. Une telle stratégie, selon lui, est moralement inacceptable et vouée à l’échec, car la détermination des pays de l’AES à reconquérir leur sécurité est inébranlable. Il a appelé Alger à revenir à une logique de coopération respectueuse et à s’engager dans un dialogue direct avec Bamako, dans le respect de la souveraineté et de l’intégrité territoriale du Mali.

Ibrahim Kalifa Djitteye 

10 avril 2025 0 comments
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Des drones et des avions de combat
ActuSécurité

Mali : drones, terrorisme et souveraineté – l’avertissement d’un État qui ne veut plus plier

by Sahel Tribune 10 avril 2025
written by Sahel Tribune 3 minutes read

À la suite de la destruction d’un drone malien dans le nord du pays, le Mali engage une procédure judiciaire d’envergure. Derrière les termes juridiques, c’est une nouvelle étape dans l’affirmation de la souveraineté d’un État en recomposition, pris entre pressions extérieures, menaces transnationales et volonté de maîtrise de son destin.

Il est des événements dont la portée dépasse l’instant, dont l’impact ne se mesure pas seulement en pertes matérielles, mais en mutations silencieuses de l’ordre du monde. Le communiqué publié signé le 8 avril 2025, par le Procureur de la République du Pôle judiciaire spécialisé de Bamako, et rendu public via les réseaux sociaux le 9 avril,  en est un. Derrière les termes juridiques — « association de malfaiteurs », « financement du terrorisme », « détention illégale d’armes de guerre » — se dessine une volonté claire : celle d’un État qui affirme, envers et contre tous, son droit à exister selon ses propres lois.

La fin du silence, la fin de la passivité stratégique

Dans les faits, il s’agit de l’ouverture d’une information judiciaire à la suite de la destruction d’un drone militaire malien dans la région de Kidal, dans la nuit du 31 mars au 1er avril. Un acte que les autorités n’ont pas seulement interprété comme une atteinte matérielle, mais aussi comme un signal grave, un symptôme d’un désordre plus profond, où se mêlent réseaux transnationaux, complicités internes et implications régionales.

Ce drone, immatriculé TZ_98D, n’est pas une simple machine. Il symbolise l’entrée du Mali dans une modernité sécuritaire que certains acteurs — étatiques ou non — cherchent à affaiblir. En annonçant une enquête visant des faits de terrorisme et de complicité, le parquet malien ne se limite pas à la riposte judiciaire. Il annonce, en filigrane, un changement de posture : la fin du silence, la fin de la passivité stratégique.

Le contexte, lui, est lourd. Depuis la reconfiguration du Sahel autour de l’Alliance des États du Sahel (AES), en septembre 2023, les lignes bougent. De nouvelles alliances se nouent. De vieilles suspicions resurgissent. Le Mali, au cœur de cet échiquier mouvant, semble désormais décidé à mettre en œuvre tous les leviers du droit pour affirmer sa souveraineté, y compris celui, rarement activé jusqu’ici, de la justice transnationale.

Mais il faut voir plus loin

Derrière cette affaire se jouent plusieurs batailles. Celle de la souveraineté, évidemment ; celle du contrôle de l’espace aérien sahélien, enjeu militaire et symbolique ; et surtout, celle du récit. Car dans un monde où l’information est une arme, nommer ses ennemis, désigner les faits, ouvrir une enquête, c’est déjà reprendre le contrôle de l’histoire.

Il ne faut pas s’y tromper, ce communiqué n’est pas seulement une formalité judiciaire. C’est un acte politique. Un avertissement. Un jalon dans la refondation d’un État qui veut désormais que chaque coup porté contre lui ait une réponse, à la fois institutionnelle, diplomatique, et peut-être demain, technologique.

La suite dépendra de plusieurs choses : des résultats de l’enquête, de la coopération des populations, mais aussi du comportement de ceux que le Mali soupçonne, sans les nommer encore, d’avoir trempé dans cette opération. Dans cette guerre feutrée pour la maîtrise du ciel et du sol sahélien, chaque drone abattu, chaque procédure engagée, est un chapitre de l’avenir qui s’écrit — dans le droit, dans le sang, ou dans la diplomatie.

A.D

10 avril 2025 0 comments
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Rencontre entre Sanou et la Banque mondiale marquant le retour des institutions financières internationales.
ActuÉconomie

Inondations 2024 au Sahel : la Banque mondiale accorde 100 millions de dollars au Tchad et au Mali.

by Sidi Modibo Coulibaly 10 avril 2025
written by Sidi Modibo Coulibaly 4 minutes read

En 2024, le Sahel a connu une série d’inondations inédites. Elle a eu des conséquences désastreuses allant des pertes en vies humaines à la destruction d’habitations et d’infrastructures sociales. Ainsi, des millions de déplacés internes ont été dénombrés dans le Sahel. Pour faire face à la gestion des conséquences de ces inondations, la banque mondiale a approuvé un financement de 100 millions de dollars en faveur du Mali et du Tchad.

L’information est donnée par le site de la banque mondiale dans une note datée du 1er avril 2025. Selon cette note, c’est un financement additionnel de l’Association Internationale de Développement (IDA) qui sera partagé entre les deux pays. Donc, chaque pays recevra 50 millions de dollars.

Un financement qui renforcera des projets déjà existants dans les deux pays

Au Tchad, le financement additionnel servira à renforcer les activités initiales du Projet Intégré pour la Lutte contre les Inondations et la Résilience Urbaine à N’Djamena (PILIER). Ce soutien vise à faciliter la reconstruction des infrastructures endommagées dans les zones affectées par les inondations, la construction de nouvelles infrastructures plus résilientes et visant à désenclaver les populations à risque durant la saison des pluies, ainsi qu’à mettre en œuvre des mesures de réduction des risques d’inondation et de gestion de ces risques.

Au Mali, le financement additionnel contribuera à la reconstitution du Projet de Résilience urbaine de Bamako (PRUBA) suite à l’activation de sa composante de réponse d’urgence contingente (CERC) pour un montant de 73 millions de dollars immédiatement après les inondations. Ce soutien vise à appuyer les efforts du gouvernement après la catastrophe et à renforcer la capacité du pays à répondre aux catastrophes.

La note souligne que le financement a été déjà mobilisé. « La rapidité avec laquelle les deux financements additionnels ont été mobilisés témoigne de la disponibilité de la Banque mondiale à répondre de façon adéquate à l’ampleur des besoins du Mali et du Tchad, gravement touchés par les inondations de 2024 », a souligné Clara De Sousa, directrice de division de la Banque mondiale. Et de poursuivre : « Cette intervention s’inscrit dans le renforcement de notre réponse aux urgences et de résilience aux catastrophes dans la région du Sahel pleinement exposée aux changements inexorables du climat ». La préparation accélérée des financements additionnels a été rendue possible par la Global Facility For Disaster Reduction and Recovery, qui soutient les deux projets PILIER et PRUBA.

Les inondations de 2024 ont été catastrophiques pour le Mali et le Tchad

Le Mali a connu de très importantes inondations entre juillet et août 2024 qui ont endommagé sur leur passage des centres de santé, des écoles ainsi qu’une trentaine de routes, de ponts et de dalots. Pour les ménages sinistrés, déjà confrontés au manque de vivres et d’accès à l’assainissement, le mauvais état des routes vient menacer davantage leurs moyens de subsistance. Les chiffres avancés par la ministre de la Santé et du Développement social en matière de dégâts causés par les inondations sont terrifiants. « La pluviométrie éprouvante de 2024 a entrainé 729 cas d’inondation, 47 306 maisons effondrées, 2 915 greniers et magasins détruits, plusieurs milliers de têtes de bétail emportées et des centaines de milliers de terres agricoles perdues, affectant 88 083 ménages », a détaillé le Colonel Assa Badiallo Touré. En outre, entre août et octobre 2024, le pays a subi de graves inondations touchant toutes les régions. Plus de 370 000 personnes ont été affectées, entraînant 95 décès et causant des dommages significatifs aux infrastructures, incluant la destruction de kilomètres de routes et de nombreux ponts. Près de 300 écoles et 35 centres de santé ont également été inondés et endommagés. 

Pendant cette même période (entre août et octobre 2024), le Tchad a également été frappé par des inondations entraînant une dévastation généralisée. Au 1er octobre 2024, les inondations au Tchad avaient touché 1,94 million de personnes, causé 576 décès et endommagé 433 000 hectares de terres cultivées ainsi que détruit 218 000 maisons. Les inondations ont également détruit des routes, des ponts, des digues de protection et des remblais, submergeant des tronçons routiers aux croisements des plaines inondables dans la plupart des provinces et autour de N’Djamena.

Avec ce financement additionnel, les victimes de ces inondations pourront faire un ouf de soulagement.

Par Sidi Modibo Coulibaly

10 avril 2025 0 comments
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Les Maliens manifestent à Kati pour dénoncer l'ingérence algérienne dans le conflit malien.
A la UnePolitique

Ingérence d’Algérie : A Kati, la rue dit non

by Chiencoro 10 avril 2025
written by Chiencoro 4 minutes read

Au lendemain d’une manifestation devant l’ambassade d’Algérie à Bamako, la ville de Kati a vu défiler ce 9 avril 2025 une foule compacte venue dénoncer l’ingérence algérienne et réaffirmer son soutien à la transition malienne. Entre patriotisme affiché, ressentiment géopolitique et désir d’émancipation, la rue malienne fait entendre sa voix, avec ferveur et détermination.

À l’appel de la société civile, une grande marche de protestation contre l’agression algérienne s’est tenue sous un ciel de plomb et de ferveur. Des milliers de citoyens, sans distinction d’âge, de fonction ou de condition, ont envahi les artères principales de la ville. De la mairie jusqu’à la préfecture, le cortège a déroulé sa détermination inébranlable, dans le calme, mais avec une intensité qui n’avait rien d’anodin.

La médiatrice dans la crise malienne pointée du doigt 

Femmes drapées de cire vives, jeunes aux regards droits, vieillards accoudés à l’histoire et même personnes vivantes avec un handicap : toute la population de Kati semblait avoir répondu présente. Étaient également là, côte à côte, les autorités politiques, administratives et coutumières, ainsi que des membres du Conseil National de la Transition (CNT). Une image rare, presque solennelle, d’unité nationale face à une indignation commune : l’attaque d’un drone malien par l’Algérie.

Les Maliens manifestent à Kati pour dénoncer l'ingérence algérienne dans le conflit malien.
Les Maliens manifestent à Kati pour dénoncer l’ingérence algérienne dans le conflit malien, le 9 avril 2025. I.K.D/ Sahel Tribune.

La veille, Bamako avait ouvert le bal avec une manifestation devant l’ambassade d’Algérie. Une mise en scène quasi-diplomatique, destinée à pointer du doigt une ingérence de plus en plus mal perçue. À Kati, le ton est monté d’un cran. Dans cette foule compacte, nul besoin d’interprètes : les messages sont limpides, imprimés sur papier glacé ou criés à pleins poumons. « Algérie agresse, le Mali progresse », résume une pancarte brandie par un homme enveloppé du drapeau national. Non loin, une autre affiche, « À bas l’agression, vive la Transition », exhibe des restes de missiles, comme pour ancrer le discours dans le réel. Ici, l’émotion populaire s’est faite politique. Et la politique, à son tour, s’est fondue dans un patriotisme sans filtre.

Mais à Kati, l’indignation ne s’est pas contentée de crise. Une déclaration solennelle, préparée avec soin, a été remise en fin de parcours au gouverneur de la région de Koulikoro, le Colonel Lamine Kapory Sanogo, spécialement présente pour l’occasion. Le document, lu publiquement, condamne avec la plus grande fermeté l’agression jugée « inacceptable » et qualifiée de violation du droit international et des principes fondamentaux du bon voisinage. L’Algérie, longtemps considérée comme médiatrice dans la crise malienne, se retrouve aujourd’hui pointée du doigt par la rue.

Le Mali entend désormais écrire lui-même son récit

Et la rue, justement, a aussi formulé ses attentes. Dans cette même déclaration, la population de Kati a exprimé son soutien total à toutes les démarches légales et diplomatiques engagées par les autorités, y compris le dépôt d’une plainte officielle contre l’Algérie devant les instances internationales compétentes. Une diplomatie offensive, en réponse à ce que beaucoup ici considère comme une humiliation.

Les Maliens manifestent à Kati pour dénoncer l'ingérence algérienne dans le conflit malien;
Les Maliens manifestent à Kati pour dénoncer l’ingérence algérienne dans le conflit malien, le 9 avril 2025. I.K.D/ Sahel Tribune.

Dans un geste fort, les manifestants ont également salué la solidarité sans faille des chefs d’États de l’Alliance des États du Sahel (AES), cette union nouvelle née en septembre 2023, mais déjà centrale dans les équilibres régionaux. Et réaffirmé leur soutien indéfectible aux autorités de la Transition, ainsi qu’aux Forces armées maliennes et à celles de l’AES, présentées comme les garantes de la souveraineté nationale.

En réceptionnant la déclaration, le gouverneur de Koulikoro a tenu à remercier chaleureusement les habitants de Kati pour leur engagement citoyen. Il s’est engagé à transmettre le message « à qui de droit, dans les plus brefs délais ». Un rituel républicain, mais chargé d’un poids inédit.

Ce 9 avril, Kati a donc parlé. Fort. Et dans un pays où l’opinion publique s’est longtemps exprimée à voix basse, cette prise de parole collective sonne comme un avertissement. À l’Algérie, bien sûr, mais aussi au monde. Le Mali, en transition ou non, entend désormais écrire lui-même son récit. Même au prix de quelques tensions frontales.

Chiencoro Diarra

10 avril 2025 0 comments
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Général Malick Diaw, président du Conseil national de transition.
A la UnePolitique

Mali : Malick Diaw sonne l’heure du bilan et fustige « les faux démocrates »

by Chiencoro 9 avril 2025
written by Chiencoro 4 minutes read

Lors de l’ouverture solennelle de la session ordinaire d’avril 2025, le président du Conseil national de Transition (CNT), le général Malick Diaw, a prononcé un discours sans concession à l’encontre d’une certaine classe politique malienne. Défendeur du bilan austère du CNT, il accuse les « pseudos démocrates » d’avoir trahi la nation par le passé, tout en appelant à une refondation politique débarrassée des logiques partisanes et des simulacres électoraux.

Il y a des moments où la parole politique cesse d’être une simple ritournelle d’ouverture de session. Ce mardi 1er avril 2025, à Bamako, le général Malick Diaw, président du Conseil national de Transition (CNT), a choisi d’en faire un moment de vérité. Une vérité brute, sans fard, ni euphémisme. À la tribune du CNT, il n’a pas seulement ouvert la session ordinaire d’avril, il a prononcé un réquisitoire. Un procès sans appel contre une certaine élite politique malienne, qu’il accuse d’avoir trahi l’esprit de la République, dévoyé le sens de l’intérêt général et livré le pays, hier encore, à ses propres démons.

La classe politique dans le viseur

« Ils ont peut-être le courage politique, mais manquent visiblement de sagesse politique », lâche-t-il d’emblée, d’un ton calme, presque professoral. Mais sous la formule polie se cache un diagnostic au scalpel ; celui d’une classe politique accrochée à ses privilèges, obnubilée par des intérêts claniques et personnels, incapable de se hisser à la hauteur de l’histoire. « Ces fils du Mali, loin de servir leur pays, ne pensent qu’à leurs intérêts personnels, claniques et partisans. » 

La sentence est sans appel. Et elle s’adresse, sans les nommer, à ceux qui se multiplient ces dernières semaines dans les médias et sur les réseaux sociaux, réclamant un retour rapide à l’ordre constitutionnel, sans égard pour le travail de refondation engagé depuis 2021.

La mémoire des années de chaos

Pour le général Diaw, cette agitation politique relève d’une amnésie coupable. Il rappelle à tous, avec une mémoire d’officier, les heures sombres que le Mali a traversées. Quand les villes tombaient les unes après les autres sous la coupe des groupes terroristes. Quand les autorités démocratiquement élues assistaient, impuissantes, à l’implosion de l’État. 

« Le peuple malien assistait impuissamment à une mascarade honteuse face aux hordes de barbares sans foi ni loi », martèle-t-il. Face à l’aveuglement de « certains cadres politiques d’une autre génération », atteints de « myopie politique » et nostalgiques d’un passé fait d’« errements, de désillusions, de désenchantement », Diaw rappelle que les promesses électorales d’alors n’ont conduit qu’à la « descente aux enfers ».

L’échec est collectif, mais certains portent plus que d’autres la responsabilité de la faillite démocratique. Ceux-là mêmes qui, selon Diaw, ont perverti les processus électoraux, réduit la démocratie à une série de votes « bâclés, surfacturés et inopportuns ». Loin d’écarter l’idéal démocratique, il en appelle à une refondation sérieuse : « La transparence dans les urnes est une exigence démocratique, mais que ne reconnaissent pas certains pseudos démocrates. » En creux, se dessine l’ambition d’un nouveau pacte social, débarrassé des simulacres d’élection et des jeux d’influence.

L’exemplarité du CNT, ou la rupture par l’austérité

Mais le discours du général ne s’arrête pas au procès de la classe politique. Il veut démontrer, chiffres à l’appui, que le CNT n’est pas ce « club fermé » que d’aucuns caricaturent. Depuis son installation, le Conseil national de Transition, insiste-t-il, a consenti à de nombreux sacrifices matériels. Pas de prime d’installation, pas de cartes téléphoniques, réduction drastique du budget des assurances, maintien volontaire de l’indice salarial à 1200 au lieu de 1350, suppression des indemnités de restitution, limitation du nombre et du format des missions, et baisse de 30 % de la dotation en carburant.

Autant de mesures qui, loin d’être anecdotiques, incarnent pour Diaw une volonté de rupture concrète avec le passé. « Ces mesures ont permis de réduire les charges du Conseil national de Transition dans le budget de l’État », affirme-t-il, chiffres à l’appui. Là où la parole politique malienne s’est souvent contentée de postures, le CNT, selon lui, agit. Sobrement. Silencieusement. Mais avec détermination.

L’armée, les armes… et la parole

En filigrane de ce discours, une ligne de fond s’impose : celle d’un pouvoir qui, sans renier sa nature, tente d’assumer une mission historique. Refonder un pays effondré. Rétablir une autorité abîmée. Réconcilier l’État avec les citoyens.

Le général Malick Diaw n’est pas un tribun. Il ne se rêve pas en sauveur charismatique. Mais dans cette prise de parole, il assume pleinement la fonction de pédagogue d’un temps de transition. Un temps inconfortable, incertain, mais peut-être nécessaire pour que le Mali cesse enfin de tourner en rond.

Chiencoro Diarra 

9 avril 2025 0 comments
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Les trois chefs d'Etat de l'Alliance des États du Sahel. Ils signent la Charte du Liptako-Gourma instituant l'AES.
A la Une

Au Sahel, le français perd son trône linguistique

by Sahel Tribune 9 avril 2025
written by Sahel Tribune 4 minutes read

Après le retrait de l’OIF, la rupture avec la France et la création de l’Alliance des États du Sahel (AES), les autorités de la transition au Niger, au Mali et au Burkina Faso engagent une réforme majeure : l’officialisation des langues nationales. Le français, relégué au rang de langue de travail, laisse place à une revendication identitaire forte. Au cœur de cette dynamique, un projet de souveraineté culturelle autant que politique.

C’est une révolution feutrée, mais lourde de sens. Au Niger, au Mali, au Burkina Faso, la langue de Molière ne fait plus office de langue officielle. Dans le Sahel insurgé, elle devient ce qu’elle n’a jamais cessé d’être dans l’usage quotidien des peuples, une langue de travail parmi d’autres. Le symbole est puissant. Il signe, pour les trois États de l’Alliance des États du Sahel (AES), la fin d’une époque. Celle où le français incarnait à la fois le pouvoir, l’administration, l’école… et la dépendance.

Renouer avec la diversité, réparer une injustice historique, réaffirmer une identité plurielle

À Niamey, la Charte de la refondation promulguée par le général Abdourahamane Tiani a tranché : la langue nationale du Niger, c’est désormais le haoussa. Une évidence, pour qui connaît le poids démographique et historique de cette langue dans les régions de Maradi, Zinder et Tahoua. Une rupture aussi, tant le français – parlé par à peine 13 % de la population – continuait de dicter le droit, l’éducation et les affaires d’État, malgré sa distance avec le terrain social. À la suite du Mali et du Burkina Faso, le Niger prend donc acte d’une réalité : les langues africaines, longtemps marginalisées, sont la clef de voûte d’une souveraineté authentique.

Il y a, dans ce choix linguistique, une logique d’émancipation. Le français, au-delà de sa valeur diplomatique ou de son utilité technique, reste, dans l’imaginaire collectif, associé au legs colonial. Maintenu au sommet des institutions par inertie, il portait encore les traces d’une époque où la domination passait aussi par les mots. Y renoncer, ou du moins le reléguer, c’est affirmer une autre narration, où les langues nationales cessent d’être cantonnées aux foyers, aux marchés, aux champs, pour devenir les idiomes de la République.

À Bamako, ce virage a été entériné par la nouvelle Constitution de juillet 2023. Treize langues, dont le bambara, le peul, le soninké, le dogon ou encore le tamasheq, ont acquis un statut officiel. À Ouagadougou, une réforme similaire élève le mooré, le dioula, le fulfuldé ou le bissa à la dignité de langues officielles, au même titre que le français, désormais « langue de travail ». Et l’on comprend que dans les textes de ces chartes, au détour d’un article ou d’un préambule, il ne s’agit pas seulement de linguistique, mais d’un projet de société visant à renouer avec la diversité, réparer une injustice historique, réaffirmer une identité plurielle.

Rétablir l’ordre ancien

Les critiques, bien sûr, ne manqueront pas. On évoquera le pragmatisme, l’universalité du français, les risques de fragmentation, les défis de traduction, l’absence de standardisation écrite pour certaines langues. Mais ces objections relèvent d’une logique d’attentisme. Elles omettent que toutes les grandes nations ont un jour dû faire un choix linguistique politique. L’anglais s’est imposé aux dépens du gaélique en Irlande, l’hébreu a été ressuscité en Israël, le swahili est devenu la langue fédératrice de l’Afrique de l’Est. Pourquoi les peuples sahéliens n’auraient-ils pas droit, eux aussi, à ce sursaut d’histoire ?

Ce retour aux langues nationales, au-delà du geste symbolique, est une réponse aux réalités du terrain. Dans des zones rurales où l’école est rare, où l’administration est absente, où les bulletins officiels sont illisibles pour la majorité, promouvoir le haoussa, le bambara ou le mooré, c’est raccrocher l’État à sa population. C’est aussi, à terme, démocratiser l’accès à la justice, à l’éducation, à la santé.

Ce mouvement linguistique, qui s’opère dans un climat de rupture avec la France – départ de l’OIF, retrait de la CEDEAO, réorientation des alliances –, n’est pas un rejet pur et simple. Il est un redéploiement. Une manière de dire : nous ne voulons plus être définis par l’extérieur. Nous avons nos mots, nos rythmes, nos structures. À vous de nous comprendre. Ou de nous perdre. Car le cœur de la souveraineté, c’est d’abord de nommer le monde à sa façon. Et les peuples de l’AES, en érigeant leurs langues en langues de la République, ne font rien d’autre que de rétablir un ordre ancien, trop longtemps bafoué : celui des cultures enracinées, résilientes, vivantes.

A.D

9 avril 2025 0 comments
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