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Bassirou Diomaye Faye, président de la République du Sénégal.
A la UneÉconomie

Pourquoi la déclaration du président sénégalais sur le CFA change tout

by Chiencoro 7 avril 2025
written by Chiencoro 2 minutes read

Le 4 avril 2025, jour de l’Indépendance, le président sénégalais Bassirou Diomaye Faye a profité d’un entretien avec la presse pour briser un tabou : celui du franc CFA. Entre option régionale avec la CEDEAO, scénario intermédiaire via l’UEMOA, ou solution nationale par la création d’une monnaie propre, le chef de l’État trace les contours d’une souveraineté monétaire assumée, tout en appelant à la prudence et à la rigueur macroéconomique. Une parole rare, posée, mais fondatrice.

C’était un 4 avril pas tout à fait comme les autres. Tandis que le Sénégal célébrait, dans la solennité des drapeaux et la retenue des uniformes, le 65ème anniversaire de son indépendance, son tout nouveau président, Bassirou Diomaye Faye, offrait à la Nation — et au continent — une déclaration politique qui fera date. Non pas un discours de commémoration. Plutôt un avertissement, clair et serein : le Sénégal envisage, prépare et revendique la fin du franc CFA.

Trois options. Trois trajectoires pour sortir de ce que le président qualifie — sans le dire — de relique postcoloniale. La première, connue et balbutiante, la monnaie commune de la CEDEAO. Un serpent de mer institutionnel qui ne cesse de mordre sa propre queue depuis une décennie. Diomaye Faye le sait, et le dit : « le processus est très lent. »

Deuxième voie, l’UEMOA. Moins ambitieuse, plus réaliste ? Le président y voit une piste intermédiaire, un compromis technique pour avancer sans rupture. Mais il ajoute, presque en aparté, comme un dernier recours : « Si ça tarde, nous sortirons pour battre notre propre monnaie. »

La formule est posée, calme, sans éclats. Mais son poids est immense. Car le Sénégal, puissance d’équilibre et phare démocratique de l’Afrique de l’Ouest, n’avait jamais aussi frontalement évoqué une possible sortie unilatérale du CFA.

Souveraineté monétaire, oui — mais pas au pas de charge

L’homme du jour le sait. La symbolique ne suffit pas, et l’indépendance monétaire ne se décrète pas à la radio. Elle se construit, chiffres en main, sur la stabilité des agrégats, sur la solidité des réserves, sur le réalisme des équilibres macroéconomiques. « Il y a des prérequis », admet-il, prudent.

Et c’est peut-être là que se joue l’essentiel. Dans cette tension entre l’impatience populaire et la rigueur des feuilles de route. Diomaye Faye n’a pas cédé à la facilité du verbe. Il a esquissé une ambition, ouvert les portes d’un possible, tout en rappelant que le changement monétaire est d’abord un acte de souveraineté responsable, pas un slogan de tribune.

Ce 4 avril, à Dakar, le président Faye n’a pas seulement évoqué une réforme technique. Il a relancé, à sa manière, le vieux débat africain entre indépendance formelle et souveraineté réelle. Et il a laissé entendre que, pour le Sénégal de demain, battre monnaie ne sera plus seulement une expression figée — mais une option assumée.

Chiencoro Diarra 

7 avril 2025 0 comments
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Hôpital Gabriel Touré de Bamako
A la UneEnquête

Affaire Broulaye Samaké du CHU Gabriel Touré : Quand la blouse blanche tord la main à la robe noire 

by Sidi Modibo Coulibaly 7 avril 2025
written by Sidi Modibo Coulibaly 4 minutes read

À la veille de la célébration de la fête de Ramadan, Pr Broulaye Samaké, chef du service anesthésie du Centre hospitalo-universitaire Gabriel Touré (CHU-Gabriel Touré) a été placé sous mandat de dépôt par le tribunal de la commune VI du district de Bamako, dans le cadre d’un litige foncier. En réaction à cette incarcération, les syndicats du secteur de la santé ont mené des mouvements de grande envergure. Suite à ces mouvements, il a bénéficié d’une liberté provisoire le jeudi 03 avril 2025. Qu’en est-il réellement de cette affaire qui a secoué le pays ?

Interpellé dans le cadre d’un litige foncier, Pr Samaké a passé la fête de Ramadan en prison. Cette affaire est relative à une parcelle en construction par ses soins qu’il dispute avec un haut gradé de l’armée. Ladite parcelle est située à Banancoroni, derrière Sénou dans la périphérie de Bamako. D’après les syndicats de la santé, le juge a demandé au Pr Samaké d’arrêter les travaux de construction sur la parcelle. Et le Pr Samaké de répondre qu’il ne pouvait pas arrêter les travaux sans une décision judiciaire. Et puis, il a exhibé son titre foncier qui date de 2005. Malgré tout, le magistrat lui a décerné un mandat de dépôt. 

C’était le 24 mars 2025. En réaction, le comité syndical du CHU Gabriel Touré a décidé d’un arrêt de travail le 28 mars 2025 pour exiger la libération du Pr Samaké avant le 4 avril 2025. Les jours suivants, les comités syndicaux des deux autres CHU (Hôpital du Mali, Point G) et de la faculté de médecine ont déclenché un arrêt de travail. Quant au personnel des Centres de santé de référence, il s’apprêtait à observer une grève lorsqu’est intervenue la libération du Pr Samaké. Cette libération n’est pas définitive, car le jugement de l’affaire est prévu pour le 24 avril prochain. D’après des indiscrétions, un nouveau chef d’inculpation pourrait apparaître dans l’affaire, en l’occurrence, celui d’outrage à magistrat.

Qu’en est-il du titre de propriété sur la parcelle ?

Il ressort, lors d’un point de presse organisé, le 02 avril 2025, par le comité syndical du CHU Gabriel Touré, qu’en 2005, ledit comité a acquis des terrains avec des titres fonciers pour les travailleurs. Et que ces titres avaient été attribués au personnel du CHU Gabriel Touré par un système de lotissement. Un lotissement qui a débouché sur 210 parcelles. 

La gestion de ces parcelles a été confiée à un notaire. Ainsi, tous les agents du CHU, qui avaient intégralement payé ce qu’ils devraient pour acquérir des parcelles, ont reçu leur titre personnel. Selon le responsable syndical du CHU Gabriel Touré, principal conférencier, Pr Losseny Bengaly, le cercle de Kati a vendu, à travers des permis d’occuper, une partie de ces parcelles à des particuliers. C’est dans ce cadre que l’officier de la gendarmerie aurait acquis en 2023, au nom de sa fille, la parcelle du Pr Samaké.

La mairie de Kati reconnaît l’existence de faux documents fonciers

Suite à cette affaire, qui a sérieusement entamé la stabilité sociale, la mairie de Kati a fait publier un communiqué (N° 2025/13/MKti) daté du 02 avril 2025 et signé par le secrétaire général, Zanga Daou. Dans le communiqué, l’ingénieur territorial qu’est le secrétaire général de la Mairie, indique qu’il y a des spéculateurs fonciers qui établissent des autorisations de paiement et des faux permis d’occuper pour certaines zones de Kati. Il affirme que la Mairie de Kati ne reconnaît ni ces autorisations ni ces faux permis d’occuper. 

Une enquête sera ouverte pour traquer ces spéculateurs, dit-il dans son communiqué. Cette réaction de la Mairie de Kati pourrait être considérée comme une réponse au comité syndical du CHU Gabriel Touré qui avait affirmé que le cercle de Kati avait vendu illégalement une partie de ses parcelles.

L’affaire Pr Broulaye Samaké a mis en exergue la puissance des syndicats, surtout ceux des hommes en blouse blanche (médecins et assimilés) qui ont pu faire libérer momentanément de prison leur camarade. La réaction des hommes en robe noire (magistrats) est attendue pour le 24 avril 2025.

S.M.C

7 avril 2025 0 comments
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Elections locales au Sénégal
A la UnePolitique

Tribune. AES : la fin des partis ou le début du parti unique ?

by Sahel Tribune 7 avril 2025
written by Sahel Tribune 4 minutes read


En dissolvant l’ensemble des partis politiques, le Niger emboîte le pas au Mali et au Burkina Faso dans une dynamique de recentralisation du pouvoir au sein de la Confédération des États du Sahel (AES). Sous couvert de refondation, la transition nigérienne — comme celles de ses voisins — substitue au pluralisme politique une verticalité sans partage. Un tournant aussi spectaculaire que périlleux pour l’avenir démocratique du Sahel.

Le 26 mars 2025, le Général Abdourahamane Tiani a signé l’ordonnance de trop. Celle qui dissout, d’un trait de plume martial, l’ensemble des partis politiques au Niger. Moins d’un an après l’arrivée au pouvoir du Conseil National pour la Sauvegarde de la Patrie (CNSP), le paysage politique nigérien n’existe plus. Il a été effacé. Supprimé. Dissous.

Un appareil central, inféodé à l’exécutif

Et ce qui pourrait passer, vu de loin, pour une anomalie nigérienne, s’inscrit en réalité dans une dynamique plus large, plus cohérente — et donc plus inquiétante ; celle d’un autoritarisme assumé au sein de l’AES, cette Confédération des États du Sahel qui regroupe, faut-il le rappeler, trois pays dirigés par des militaires — le Mali, le Burkina Faso et désormais le Niger.

Au Mali, les partis ont été suspendus en avril 2024, puis partiellement réhabilités. Au Burkina, ils survivent dans une semi-clandestinité silencieuse. Au Niger, ils n’existent plus. L’AES, alliance géopolitique et militaire, devient donc aussi, par glissement progressif, un laboratoire de l’illibéralisme politique. Avec un point commun, la volonté farouche d’en finir avec ce que les régimes de transition appellent, sans nuance, « la classe politique », tenue pour responsables des dérives démocratiques dans ces pays depuis des décennies.

La rhétorique est bien rodée. On dénonce l’inefficacité des partis, leur clientélisme, leur parasitisme budgétaire, leur incapacité à résoudre les crises. On les accuse d’avoir trahi la patrie, d’avoir échoué à incarner la démocratie. Dès lors, la solution devient évidente : les faire taire. Et leur substituer un nouveau modèle, dont les contours restent, volontairement, flous. Une « organisation politique rénovée », dit-on. Comprenez par là un appareil central, inféodé à l’exécutif, sans contestation possible.

Une consolidation « démocratico-autoritaire »

Mais qui peut croire qu’on renouvellera le pacte démocratique au Sahel en le vidant de sa substance ? Qu’on construira un avenir commun sans pluralisme, sans débat, sans opposition ? En supprimant les partis, l’AES prétend réinitialiser la politique. En réalité, elle réinvente, sous couvert de refondation, une forme raffinée du parti unique.

Car derrière cette purge institutionnelle, une logique se dessine. Celle d’une concentration absolue du pouvoir dans les mains d’un exécutif militaire, adossé à une légitimité armée, et s’exprimant au nom du peuple sans jamais lui rendre des comptes. Ce n’est plus de la transition, c’est de la consolidation « démocratico-autoritaire ». Le néologisme n’existe sûrement pas mais ces régimes s’octroient des privilèges démocratiques et agissent au nom du peuple.  Mais ce n’est plus un accident, c’est un système.

Bien sûr, les partis politiques du Sahel ont failli. Ils se sont souvent montrés plus prompts à la conquête de postes qu’à la défense d’une vision. Ils ont souvent oublié les peuples pour se focaliser sur les prébendes. Mais faut-il pour autant raser l’immeuble parce que les fondations étaient fragiles ? Non. Il fallait reconstruire. Pas démolir.

En disséminant le pouvoir, les partis — même imparfaits — permettent l’expression de la diversité. Ils canalisent les colères, cristallisent les espoirs, encadrent les ambitions. Sans eux, il ne reste que l’arbitraire d’un centre, le silence des marges, et l’illusion du consensus. L’AES prend le risque de faire du Sahel une zone sans voix — et donc sans avenir politique viable. La démocratie est à parfaire afin de rester l’espace d’expression de la « voix des sans voix ». 

L’absence de voix discordantes qui fait la stabilité d’un État

Un jour, la transition devra s’arrêter. Et alors ? Qui prendra le relais ? Une technocratie cooptée ? Un parlement d’appoint ? Ou faudra-t-il réinventer, dans l’urgence et la confusion, ce que l’on aura mis tant d’ardeur à détruire ?

À trop vouloir tuer les partis, les régimes de l’AES oublient une vérité simple : on ne gouverne jamais durablement un peuple sans lui laisser la liberté de choisir — y compris celle de se tromper.

Refonder ne veut pas dire effacer. Et dissoudre les partis n’a jamais suffi à créer l’unité. Ce n’est pas l’absence de voix discordantes qui fait la stabilité d’un État. C’est leur reconnaissance, et leur encadrement démocratique.

A.D

7 avril 2025 0 comments
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Abdoulaye Maïga, PM
ActuSécurité

Drone abattu à Tinzawatène : le gouvernement accuse l’Algérie d’un acte d’agression armée

by Ibrahim Kalifa Djitteye 7 avril 2025
written by Ibrahim Kalifa Djitteye 3 minutes read

Dans un communiqué officiel rendu public ce 5 avril 2025, le Gouvernement de la Transition a révélé qu’un drone des Forces Armées et de Sécurité maliennes, immatriculé TZ-98D, s’est écrasé dans la nuit du 31 mars au 1er avril 2025 à Tinzawatène, dans le cercle d’Abeïbara, région de Kidal. L’incident, dont les circonstances suscitent l’indignation des autorités maliennes, marque un tournant grave dans les relations entre le Mali et l’Algérie.

Selon les informations communiquées, l’appareil de reconnaissance a perdu sa liaison alors qu’il évoluait encore dans l’espace aérien malien. Le point de rupture de communication a été localisé aux coordonnées 19°51’50.526″N 2°53’36.099″E, soit à 10,2 km au sud de la frontière algérienne. L’épave, quant à elle, a été retrouvée à 441 mètres plus loin, à 9,5 km au sud de la même frontière, précisément aux coordonnées 19°52’04.738″N 2°53’38.101″E.

Des éléments techniques qui confirment une destruction préméditée

Les autorités maliennes soulignent que les deux points sont clairement situés sur le territoire national. Elles précisent également que les dernières données envoyées par le drone faisaient état de la présence de hauts responsables terroristes, en pleine planification d’opérations. Le crash à la verticale de l’engin laisse peu de doute sur une destruction par missile, probablement d’origine Sol-Air ou Air-Air.

Quelques heures après l’incident, le ministère algérien de la Défense a publié un communiqué, relayé par voie de presse, revendiquant la destruction d’un drone ayant supposément violé son espace aérien sur 2 km. Une affirmation que les autorités maliennes qualifient de fallacieuse. À cet effet, elles ont officiellement demandé à l’Algérie de fournir des preuves concrètes de cette prétendue incursion. À ce jour, cette requête reste sans réponse après plus de 72 heures.

Des accusations claires à l’encontre d’Alger

Le Gouvernement de la Transition accuse alors ouvertement le régime algérien d’avoir prémédité la destruction de l’appareil malien. Il invoque le silence de l’Algérie, son refus de collaborer, ainsi que les données techniques enregistrées par le système de navigation du drone, pour conclure à une agression délibérée sur le sol malien. « L’absurdité de l’argument algérien est manifeste : comment l’épave du drone se retrouverait-elle à plus de 9 km à l’intérieur du Mali si celui-ci avait violé l’espace algérien sur seulement 2 km ? », s’interroge le communiqué.

Plus grave encore, Bamako voit dans cet acte une volonté manifeste d’empêcher les Forces maliennes de neutraliser des groupes armés terroristes. « La destruction du drone avait clairement pour effet, sinon pour but, d’entraver une opération de neutralisation d’ennemis de la paix », lit-on.

Trois mesures fortes annoncées par le Mali

Face à cette « provocation », le Mali prend trois mesures fortes : la convocation de l’ambassadeur algérien, le retrait immédiat du Comité d’État-Major Conjoint (CEMOC), et une plainte à venir contre l’Algérie devant les instances internationales compétentes. Le gouvernement malien rappelle, non sans amertume, le soutien indéfectible du Mali à l’indépendance algérienne dans les années 1960, une solidarité aujourd’hui bafouée.

En outre, le communiqué va plus loin, en accusant Alger d’être un « exportateur de terrorisme », et d’agir non seulement comme une base arrière pour les groupes armés, mais également comme un acteur engagé dans une lutte armée contre le Mali pour protéger des réseaux terroristes.

Enfin, le Gouvernement de la Transition affirme que cet acte hostile ne freinera en rien sa détermination à lutter contre le terrorisme sous toutes ses formes. Aussi, déclare-t-il, des opérations militaires de grande envergure ont été engagées dans la région de Tinzawatène dès les heures suivant l’attaque. Plusieurs cibles terroristes auraient été frappées avec succès, et les opérations pourraient s’intensifier.

Ibrahim Kalifa Djitteye 

7 avril 2025 0 comments
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Une graphique réalisée pour illustrer les édito sur notre site.
A la UneEdito

Edito. Bamako : La canicule, les flammes… et l’avenir qu’on refuse de voir

by Chiencoro 7 avril 2025
written by Chiencoro 3 minutes read


Alors que Bamako enchaîne les incendies sous une chaleur accablante, la grande canicule de 2025 révèle bien plus qu’un simple dérèglement climatique. Entre urbanisation anarchique, infrastructures précaires et absence d’anticipation, le feu devient le miroir d’un avenir que l’on refuse encore de penser. Et si ces flammes étaient, au fond, le signal faible d’une transformation à venir ?

Depuis quelques mois, Bamako suffoque. La ville brûle, littéralement, à intervalles réguliers. Marchés populaires, stations-service, quartiers entiers menacés. Entre janvier et avril 2025, les incendies se sont multipliés. Chaque fois, une même mécanique, un déni initial, une panique contenue, une déclaration officielle, une promesse d’enquête — et l’oubli. Jusqu’au prochain brasier.

L’avenir n’est pas un prolongement du passé, mais une rupture

On pourrait croire à un phénomène passager. Un été trop chaud, une série noire. Mais ce serait passer à côté de l’essentiel. Ce que vit Bamako aujourd’hui, d’autres capitales africaines le connaîtront demain. Et ce que l’Afrique vit aujourd’hui, l’Europe — le monde — le subira bientôt. La chaleur extrême, les infrastructures vétustes, l’urbanisation sauvage, la précarité énergétique. Tous les ingrédients d’une catastrophe globale sont réunis. Ils s’additionnent. Ils s’accélèrent.

Il ne s’agit plus de penser les incendies comme des drames isolés. Il faut les comprendre comme les premiers signes d’une transformation profonde du rapport entre les hommes, leurs villes et leur environnement. Car si la chaleur tue, c’est d’abord par notre refus de penser l’avenir.

Nous savons pourtant ce qu’il faut faire. Urbaniser différemment. Repenser l’architecture des marchés et des stations-service. Décentraliser les réseaux d’eau et d’énergie. Numériser les systèmes d’alerte. Réinvestir dans les corps de secours. Planifier. Anticiper. Agir. Bref, gouverner avec la lucidité de ceux qui savent que l’avenir n’est pas un prolongement du passé, mais une rupture.

Plus qu’un été infernal

À chaque canicule, le feu nous rappelle que nous vivons dans une société du court terme, où l’on réagit toujours trop tard, faute d’avoir voulu imaginer assez tôt. Et pourtant, tout est là. La technologie existe. Les savoirs sont disponibles. Les moyens ne manquent pas autant qu’on le dit. C’est la volonté politique qui fait défaut. L’audace, surtout. Celle de préférer la prévention au commentaire, le long terme à l’urgence.

Les incendies de Bamako ne sont pas une fin en soi. Ils sont, comme souvent dans l’histoire, un signal faible. Un avertissement. Une injonction à bâtir autrement. À ne pas attendre que tout s’effondre pour enfin se décider à construire durablement.

L’Afrique — le Mali — a l’opportunité unique d’inventer une ville adaptée au climat du XXIe siècle. Pas une copie conforme des cités du Nord, mais un modèle propre, résilient, sobre, anticipateur. Cela suppose une révolution mentale. Et un immense effort collectif.

Ceux qui ne verront dans la grande canicule de 2025 qu’un épisode climatique auront tort. C’est bien plus qu’un été infernal, c’est une ligne de fracture. Entre le monde que l’on subit, et celui que l’on peut encore choisir.

Chiencoro Diarra 

7 avril 2025 0 comments
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Sommet des chefs d'Etats de l'AES
ActuPolitique

AES-Algérie : les prémices d’un clash stratégique ?

by Sahel Tribune 6 avril 2025
written by Sahel Tribune 2 minutes read

Dans un communiqué cinglant, la Confédération des États du Sahel (AES) dénonce la destruction d’un drone malien par l’armée algérienne comme un acte d’hostilité. Plus qu’un simple incident militaire, l’affaire révèle une fracture géopolitique profonde entre l’AES et Alger, sur fond de redéfinition des rapports de force dans le Sahel.

C’est un communiqué en lettres capitales, autant pour ce qu’il dit que pour ce qu’il sous-entend. Le Collège des Chefs d’État de la Confédération des États du Sahel (AES) a réagi avec une rare fermeté, ce dimanche 6 avril, à la destruction d’un drone militaire malien par l’armée algérienne. L’incident, survenu dans la nuit du 31 mars au 1er avril 2025, dans la zone frontalière de Tin-Zaouatène, dans la région de Kidal, cristallise une tension nouvelle entre Bamako et Alger. Et, plus largement, entre l’architecture militaire montante de l’AES et son grand voisin du nord.

Dans le communiqué signé de la main du Général d’Armée Assimi Goïta, Président en exercice de la Confédération, le ton est sans ambages : l’acte est qualifié d’« hostilité », d’« agression » et même d’entrave à une opération de neutralisation d’un groupe terroriste actif dans la région. Plus qu’un simple contentieux militaire, c’est l’affirmation d’une rupture. Celle d’un espace sahélien qui entend désormais contrôler seul sa souveraineté aérienne, sécuritaire, et diplomatique.

Un projet géopolitique en gestation

En coulisses, plusieurs sources évoquent une exaspération croissante des autorités de l’AES face à ce qu’elles perçoivent comme une posture ambivalente de l’Algérie : médiateur un jour, acteur de l’ombre le lendemain. Le rappel pour consultations des ambassadeurs AES accrédités à Alger en dit long sur la gravité de la situation. 

Derrière le verbe diplomatique, se dessine une ligne rouge. En exigeant d’Alger qu’il adopte une « posture constructive » et qu’il cesse d’alimenter – même indirectement – les ennemis de la paix dans la bande sahélo-saharienne, le Collège des chefs d’État pose les jalons d’une doctrine nouvelle; celle d’un espace confédéral unifié, militarisé, et jaloux de son autonomie stratégique.

Surtout, cette affaire de drone – à elle seule anecdotique dans sa matérialité – illustre une dynamique plus vaste. Celle d’une Confédération AES qui, entre ruptures assumées et alliances recalibrées, forge peu à peu les attributs d’un souverainisme africain décomplexé. Un projet géopolitique en gestation, et une solidarité régionale que ses adversaires ont, à tort, sous-estimée.

La rédaction

6 avril 2025 0 comments
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Dernier hommage à Amadou Bagayoko
A la UneSeko ni Donko

Musique malienne : dernier hommage à Amadou Bagayoko 

by Ibrahim Kalifa Djitteye 6 avril 2025
written by Ibrahim Kalifa Djitteye 3 minutes read

Le rideau est tombé ce dimanche 6 avril 2025 sur la vie d’Amadou BAGAYOKO, artiste de renom dont le parcours exceptionnel a profondément marqué la scène musicale malienne, africaine, voire mondiale. Décédé le vendredi 4 avril, il a reçu un dernier hommage dans une atmosphère de profonde émotion, à la hauteur de son immense talent. La cérémonie funéraire, organisée à Garantiguibougou, où il repose désormais, a rassemblé une foule nombreuse. 

Pour ce dernier voyage, ils étaient là en grand nombre les collègues musiciens, membres de la famille, amis, connaissances, admirateurs et figures politiques venus de tous horizons. Tous unis dans la même douleur, celle de perdre un monument de la musique malienne. Dans un silence lourd, ponctué de larmes et de souvenirs, chacun est venu lui dire adieu à sa manière.

Amadou & Mariam, un duo inoubliable 

Amadou BAGAYOKO, c’était une voix, un style, un symbole. Guitariste talentueux et chanteur charismatique, il a marqué de son empreinte la scène musicale malienne dès les années 1980. En duo avec son épouse Mariam Doumbia, il formait le célèbre tandem « Amadou & Mariam », dont les chansons ont traversé les frontières, porté haut les couleurs du Mali et conquis les scènes du monde entier.

Leur couple artistique, rare et fusionnel, a su allier tradition et modernité. Ensemble, ils ont fait vibrer les rythmes maliens au rythme de la pop, du blues et de l’afrobeat, séduisant un public international sans jamais renier leurs racines. Leurs tubes comme « Je pense à toi », « Beaux dimanches », ou « Mon amour, ma chérie » ont bercé des générations et marqué les esprits par leur simplicité, leur sincérité et leur authenticité.

Une fierté pour l’Afrique, selon Salif Keïta

Présent aux obsèques, Salif Keïta, légende de la musique africaine, n’a pas caché son émotion face à la disparition d’Amadou Bagayoko. Pour lui, l’artiste disparu était bien plus qu’un simple musicien : « Amadou est né pour être un monument. Il était la fierté de la culture africaine, en particulier celle du Mali. Il a porté haut le nom de notre pays partout où l’on pouvait entendre de la musique », a-t-il déclaré, visiblement très touché.

Salif Keïta a également souligné l’importance du duo qu’Amadou formait avec son épouse Mariam Doumbia, un tandem emblématique de la scène musicale malienne. « C’est un immense vide pour la musique malienne, car Amadou sans Mariam et Mariam sans Amadou, c’est la plus grande fausse note que la vie puisse jouer », a-t-il confié d’une voix émue, exprimant ainsi le chagrin partagé par toute une génération d’artistes et de mélomanes.

Mariam inconsolable, le cœur en silence

Inconsolable, Mariam Doumbia est apparue bouleversée tout au long des obsèques. Malgré la dignité qu’elle a su garder, l’émotion était palpable. La perte d’Amadou, à la fois compagnon de scène et de vie, semblait trop lourde à porter. Son regard perdu et ses silences parlaient plus fort que les mots.

Le duo qu’elle formait avec Amadou, emblématique de complicité et d’harmonie, laisse aujourd’hui un vide immense. Ils étaient deux voix, deux âmes liées par la musique et l’amour. Amadou n’était pas seulement son partenaire mais aussi son double artistique, son repère, son souffle.

Amadou BAGAYOKO s’en est allé, mais sa musique, elle, ne mourra jamais. Le Mali et le monde garderont de lui l’image d’un homme simple, sincère, et profondément attaché à son art.

Ibrahim Kalifa Djitteye 

6 avril 2025 0 comments
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