Sécurité routière : incivisme et mauvais état des routes, sources de dysfonctionnements

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À Bamako, c’est un constat partagé à grande échelle par la population. Le mauvais état des routes combiné au manque d’entretien demeure un défi de taille. Embouteillages infernaux, retards endémiques au travail, l’incivisme. La circulation dans la capitale malienne est un véritable Calcio italien.

Ce matin du lundi 28 novembre, le tronçon quittant la place « Palestine » (Raildâ), pour traverser la commune I du district de Bamako avant de se fondre dans la RN27 de Koulikoro, est marqué par une file interminable de voitures et d’engins à deux et trois roues, à perte de vue. Cette voie complètement abîmée par des nids de poule, souvent géants, est quotidiennement affluente. La commune I reste un endroit densément peuplé à Bamako.

Sur ce tronçon, en état de désuétude, la poussière nous étouffe et limite notre champ de vision, faute de nettoyage.

« Chaque jour, c’est comme ça. Vous voyez vous-mêmes l’état de la route. Elle est délabrée et elle ne peut plus tenir face à l’accroissement des engins. Je pense qu’il est temps de la réaménager afin qu’elle réponde aux besoins », se désole M. Mamoutou Touré, habitant de Djelibougou.

De l’incivisme

À cet état délabré de la route s’ajoute l’incivisme.Les policiers sont presque souvent dans l’impossibilité de retenir les usagers.

« C’est un problème de citoyenneté. Presque tout se réunit sur cette petite route, des camions transportant le sable, des bus de transport, Sotrama, etc. », explique M. Oumar Diarra, banquier à la retraite. À son entendement, « Pour que nos routes puissent résister longtemps, il nous faut accepter certains sacrifices. Aucune autre solution n’existe dans la commune pour venir en appui à cette route très fréquentée. Si ce n’est que les usagers prennent conscience ».

De son côté, M. Cheick Oumar Berthé, usager de la route, a indiqué : « Il nous faut aussi être courtois dans la circulation. Chacun est pressé, mais vu l’insuffisance de routes dans la ville, nous devons être tolérants, et contrôler la vitesse pour éviter souvent le pire ».

À l’instar de cette autoroute de la commune I, plusieurs routes de la capitale sont confrontées à la même dure réalité, qui occasionne plusieurs incidents dans la circulation.

Des dysfonctionnements

Les embouteillages infernaux sont la source de beaucoup de dysfonctionnements dans les affaires. « À Bamako, nous sortons tous à la même heure. Ce qui donne souvent ce scénario de bouchon interminable. Vous quittez un autre pour vous perdre dans un autre. C’est agaçant et amer ! » marmonne M. Maïga dans sa voiture.

À rappeler que la semaine de la sécurité routière qui s’est achevée le week-end dernier s’est soldée sur des actions de sensibilisation sur le port du casque de protection et la limitation de vitesse sur les routes. Le constat de l’ANASER sur le taux des accidents de la circulation fait ressortir une hausse annuelle. Et Bamako paie un lourd tribut, avec cause principale, l’incivisme.

Mohamed Camara

Mohamed Camara
Mohamed Camarahttps://saheltribune.com
Mohamed Camara est détenteur d’une licence en lettres modernes, décrochée en 2019 à la Faculté des lettres, des langues et des sciences du langage (FSL), Université des lettres et des sciences humaines de Bamako (ULSHB). Il évolue dans la presse, son métier de prédilection, depuis 2018. En 2021, il est certifié journaliste culturel suite à une formation de la Deutsche Gesellschaft für Internationale Zusammenarbeit (GIZ). Il a travaillé pour plusieurs journaux dont le projet Kéniéba Média dont il était le coordinateur, et lemalien.com. Il travaille actuellement pour Reflet d’Afrique (Journal hebdomadaire local de Bamako, depuis 2020) et Sahel Tribune (mai 2022). Mohamed Camara aime la lecture, la musique et les échanges interindividuels afin de mieux affiner ses connaissances.

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