Face à l’augmentation persistante du prix de la viande et aux tensions qui traversent la filière bétail-viande, le gouvernement malien tente de reprendre la main. Le ministre de l’Industrie et du Commerce, Moussa Alassane Diallo, a réuni lundi 20 avril les principaux acteurs du secteur afin d’identifier des mesures d’urgence et des réformes structurelles.
Au Mali, la hausse continue du prix de la viande révèle les fragilités d’une filière pourtant centrale pour l’économie et l’alimentation des ménages. Entre désorganisation des marchés à bétail, coûts de production en hausse et érosion du cheptel national, les tensions s’accumulent. Réuni à Bamako par le ministre de l’Industrie et du Commerce, Moussa Alassane Diallo, l’ensemble des acteurs du secteur tente désormais de trouver des solutions pour contenir l’inflation et réorganiser une chaîne d’approvisionnement mise à rude épreuve.
Des circuits d’approvisionnement désorganisés
Cette rencontre, organisée à Bamako, intervient dans un contexte de renchérissement du prix de la viande, qui pèse de plus en plus lourdement sur le pouvoir d’achat des ménages. Les professionnels du secteur – éleveurs, commerçants de bétail et artisans bouchers – évoquent une crise qui touche désormais l’ensemble de la chaîne d’approvisionnement.
Au cours des échanges, les acteurs de la filière ont pointé du doigt la délocalisation de certains Garbals, ces marchés à bétail traditionnels qui structurent le commerce du bétail dans le pays. Selon eux, ces déplacements ont contribué à désorganiser les circuits habituels d’approvisionnement et à augmenter les coûts de transport et de distribution.
Cette situation se répercute directement sur les prix pratiqués sur les marchés urbains, notamment à Bamako, où la viande constitue un produit de consommation courante.
Des difficultés structurelles anciennes
Au-delà de la question immédiate des prix, la réunion a également mis en évidence des fragilités structurelles plus profondes de la filière. Les professionnels alertent notamment sur la hausse du coût de l’aliment bétail, en particulier les tourteaux, essentiels pour l’engraissement des animaux.
Autre sujet d’inquiétude : l’érosion progressive du cheptel national. Plusieurs intervenants estiment que ce recul reflète un affaiblissement des politiques de gestion et de valorisation du potentiel pastoral du pays, pourtant l’un des plus importants de la région.
Les artisans bouchers, directement confrontés aux fluctuations des prix et aux attentes des consommateurs, ont également fait part de leurs préoccupations au ministre, qui s’est engagé à poursuivre les concertations.
Des réunions techniques pour trouver des solutions
À l’issue de la rencontre, les interprofessions ont remis une note technique détaillant plusieurs propositions destinées à stabiliser le secteur. Ces recommandations portent notamment sur la régulation du prix de l’aliment bétail, l’amélioration des circuits d’approvisionnement et des mesures de soutien à la production.
Le ministre a demandé l’organisation rapide de réunions techniques associant la Direction générale du commerce, de la consommation et de la concurrence ainsi que la Direction nationale des productions et des industries animales afin d’examiner ces pistes.
Une nouvelle séance de travail est prévue dans une semaine pour préciser les mesures susceptibles d’être mises en œuvre. Cette initiative s’inscrit dans les orientations fixées par le président de la transition, le général d’armée Assimi Goïta, qui a fait de la satisfaction des besoins essentiels des populations l’un des axes prioritaires de l’action gouvernementale.
Oumarou Fomba
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