Le président sénégalais a ouvert, lundi 20 avril à Dakar, la 10ᵉ édition du Forum international sur la paix et la sécurité en Afrique. Face à la multiplication des crises et à l’expansion du terrorisme sur le continent, il a plaidé pour des réponses africaines plus souveraines et mieux coordonnées.
Au Centre international de conférences Abdou Diouf, le président sénégalais Bassirou Diomaye Faye a appelé, lundi 20 avril, les dirigeants africains à renforcer la souveraineté et la coopération sécuritaire du continent. Son discours d’ouverture de la 10ᵉ édition du Forum international de Dakar sur la paix et la sécurité en Afrique s’est voulu à la fois un constat des fragilités actuelles et un plaidoyer pour une réponse collective africaine face aux crises.
Devant un parterre de responsables politiques, militaires et diplomatiques venus du continent et d’ailleurs, le chef de l’État sénégalais a rappelé que l’Afrique reste confrontée à une accumulation de menaces, allant du terrorisme aux conflits armés, en passant par la criminalité transfrontalière et les effets du changement climatique. « La paix et la sécurité sont indissociables du développement », a-t-il insisté, estimant que l’Afrique ne pourra exploiter pleinement ses potentialités qu’en consolidant sa stabilité politique et sécuritaire.
Une architecture sécuritaire africaine jugée insuffisante
Le président sénégalais a reconnu les progrès réalisés par les organisations régionales africaines dans la gestion des crises. Il a notamment salué le rôle joué par Union africaine et par la Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest dans les opérations de maintien de la paix.
Mais il a aussi pointé les limites de ces dispositifs. « Des mandats parfois flous, des financements incertains, des capacités opérationnelles insuffisantes et surtout une déconnexion trop fréquente entre les décisions prises ailleurs et les réalités du terrain », a-t-il déploré.
Selon lui, ces faiblesses doivent conduire à repenser les mécanismes africains de gestion des crises afin de les rendre « plus agiles et plus efficaces ».
Affirmer la souveraineté stratégique du continent
Au cœur de son discours, Bassirou Diomaye Faye a plaidé pour une affirmation plus nette de la souveraineté africaine, tant sur le plan sécuritaire qu’économique. « L’Afrique ne doit plus se contenter d’être le centre des convoitises entre grandes puissances », a-t-il déclaré, appelant les États africains à devenir des acteurs à part entière de la recomposition géopolitique mondiale.
Le président sénégalais a également insisté sur la nécessité de mieux valoriser les ressources naturelles du continent. Du lithium au cobalt, en passant par le pétrole, le gaz ou l’uranium, ces ressources doivent selon lui servir au développement industriel local. « Extraire chez nous, transformer chez nous et vendre à un prix juste », a-t-il résumé.
Miser sur la jeunesse et l’intégration régionale
Pour répondre aux défis sécuritaires, le chef de l’État a mis en avant plusieurs pistes d’action : renforcer les mécanismes de prévention des conflits, rendre opérationnelles les forces africaines en attente et consolider la coopération régionale face à l’expansion du terrorisme.
Il a également souligné l’importance d’investir dans la jeunesse africaine, notamment par l’éducation, la formation et le développement du numérique. « C’est une manière efficace de lutter contre l’endoctrinement et la radicalisation », a-t-il estimé.
Le président sénégalais a aussi insisté sur la nécessité d’accélérer l’intégration économique du continent, notamment à travers la Zone de libre-échange continentale africaine, présentée comme un levier essentiel de développement.
Une édition placée sous le signe de « l’action »
Organisé avec le soutien de partenaires internationaux, dont le Japon, la Chine, l’Allemagne et l’Espagne, le forum réunit plusieurs dizaines de responsables politiques et militaires.
Parmi les invités figurent notamment le président de la Sierra Leone Julius Maada Bio, président en exercice de la Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest, ainsi que le président mauritanien Mohamed Ould Cheikh El Ghazouani.
Les discussions, qui se déroulent sur deux jours, portent sur le thème : « L’Afrique face aux défis de stabilité, d’intégration et de souveraineté : quelles solutions durables ? ». Espérant que cette édition marque un tournant, Bassirou Diomaye Faye a appelé les participants à faire du forum « celui de la maturité et du passage à l’acte », afin de transformer les débats stratégiques en réponses concrètes pour la sécurité du continent.
A.D
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