Face aux défis persistants d’accès à l’eau et à l’électricité, le ministre malien de l’Énergie et de l’Eau, Tiémoko Traoré, mise sur une méthode de terrain : écouter, coordonner et réformer. À travers une tournée stratégique des principales structures du secteur, il entend imposer une « synergie d’actions » pour relancer la performance d’un pilier essentiel du développement.
En multipliant les visites de terrain au sein des principales structures de son département, le ministre malien de l’Énergie et de l’Eau, Tiémoko Traoré, cherche à instaurer une nouvelle dynamique fondée sur l’écoute, la coordination et la performance. Une démarche qui intervient dans un contexte de défis persistants en matière d’accès aux services essentiels.
Les enjeux régionaux dans la gestion des ressources hydriques
Pendant près d’un mois, entre le 25 février et le 25 mars, le ministre de l’Énergie et de l’Eau, Tiémoko Traoré, a sillonné les principales structures relevant de son département. Une initiative à la fois technique et symbolique, destinée à prendre le pouls d’un secteur crucial pour le développement du pays.
La tournée a débuté par les sociétés en charge de l’eau potable, notamment la SOMAGEP-SA et la SOMAPEP-SA, avant de se poursuivre dans plusieurs institutions techniques, dont le Laboratoire national des eaux et l’Autorité pour l’aménagement de Taoussa.
Le ministre s’est également rendu au sein des structures liées à la gestion du fleuve Sénégal, notamment la cellule nationale de l’Organisation pour la mise en valeur du fleuve Sénégal. Ce qui illustre l’importance des enjeux régionaux dans la gestion des ressources hydriques.
Énergie : des services sous pression
Dans un second temps, la tournée s’est orientée vers les services du secteur énergétique. À Badalabougou, le ministre a rencontré les équipes de la Direction nationale de l’énergie, ainsi que celles de plusieurs agences spécialisées, dont l’Agence malienne pour le développement de l’énergie domestique et de l’électrification rurale.
La visite de la direction générale de Énergie du Mali, principal opérateur public du secteur, a marqué l’ultime étape de ce périple. L’occasion d’aborder les défis structurels liés à la production, au transport et à la distribution de l’électricité dans un pays confronté à une demande croissante et à des contraintes financières importantes.
Une méthode fondée sur l’écoute
À chaque étape, la démarche s’est voulue participative. Trois niveaux d’intervention ont structuré les échanges : les responsables administratifs, les représentants du personnel et le ministre lui-même.
Les directeurs généraux et chefs de service ont dressé un état des lieux de leurs structures, mettant en avant les difficultés rencontrées — souvent d’ordre budgétaire — ainsi que les perspectives de développement. Les représentants du personnel, quant à eux, ont insisté sur les besoins en formation, en ressources humaines et en amélioration des conditions de travail.
Face à ces préoccupations, Tiémoko Traoré a privilégié une posture d’écoute, saluant l’engagement des agents tout en appelant à une mobilisation collective accrue.
Au cœur des discussions : l’accès à l’eau potable et à l’électricité, deux services essentiels dont la couverture reste inégale sur le territoire malien. Le ministre a mis un accent particulier sur la nécessité de renforcer la performance des structures existantes afin de garantir une desserte plus efficace et équitable. Cette exigence s’inscrit dans la feuille de route fixée par les autorités de transition, qui font de l’amélioration des services de base un axe prioritaire de leur action.
La « synergie d’actions », fil conducteur
Au-delà du diagnostic, cette tournée visait à impulser une nouvelle méthode de gouvernance. Le concept de « synergie d’actions », régulièrement martelé par le ministre, en constitue le socle.
L’objectif est de décloisonner les structures, renforcer la coordination entre les acteurs et mutualiser les ressources pour gagner en efficacité. Une approche qui repose sur la concertation permanente entre la tutelle et les services opérationnels.
« Les missions assignées ne peuvent être accomplies que par l’engagement collectif », a rappelé le ministre au fil des échanges, insistant sur la nécessité d’une action concertée à tous les niveaux.
Un secteur au cœur des enjeux de développement
Dans un pays confronté à des défis multiples — croissance démographique, urbanisation rapide, contraintes climatiques — les secteurs de l’eau et de l’énergie apparaissent comme des leviers stratégiques.
La tournée de Tiémoko Traoré intervient ainsi à un moment charnière, où l’amélioration de l’accès aux services de base conditionne non seulement le bien-être des populations, mais aussi les perspectives de développement économique.
Oumarou Fomba
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