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Faculte des Lettres et des Sciences humaines de Bamako
Enquête

Université : à Bamako, l’examen spécial d’entrée à la FLSL décrié par des candidats

by Chiencoro 8 mars 2021
written by Chiencoro 5 minutes read

À la Faculté des Lettres et des Sciences du langage (FLSL) de Bamako, le processus d’organisation de l’examen spécial est assez décrié par des candidats qui se disent être victimes d’arnaques de la part des organisateurs de ce concours.

Depuis quatre (4) ans, des candidats assistent à l’annulation de l’examen spécial d’entrée à la Faculté des Lettres et des Sciences du langage sans aucune explication valable ni remboursement de la somme qu’ils versent comme frais de dossier. Cette situation, pour des candidats malheureux, n’est rien de plus qu’une arnaque de la part des organisateurs de ce concours.

Conditions de participation

Pour l’année académique 2020-2021, la FLSL a lancé un appel à candidatures, le 26 janvier 2021, à l’intention des titulaires de diplôme professionnel de niveau DEF+3, ainsi que des enseignants désirant poursuivre des études professionnelles dans l’une des six filières que compose la faculté : lettres, arabe, russe, études germaniques et les sciences du langage.

La participation à ce concours était tributaire du dépôt des dossiers : une demande de candidature adressée au recteur, un extrait d’acte de naissance ou un jugement supplétif en tenant lieu, un curriculum vitae, une copie certifiée de l’attestation du diplôme, un certificat de nationalité, une autorisation du service employeur, un engagement décennal légalisé pour servir dans l’enseignement après la formation (pour les enseignants) et quatre (4) photos d’identité.

« Les dossiers seront reçus contre le versement d’une somme de cinq mille (5000) francs non remboursables », précise-t-on dans l’article 7 de la décision d’appel à candidatures. Au doyen de ladite Faculté, Dr Mohamed Minkailou, de marteler : « Les frais de dossiers sont 5000 FCFA non remboursables, qu’il y ait concours ou pas ».

Dossiers rejetés

Selon les précisions du doyen, nombreuses sont les filières où moins de candidats remplissaient les critères pour participer au concours. « À l’analyse des dossiers, on s’est rendu compte que très peu de candidats remplissaient les critères », a-t-il déploré, avant de donner des précisions en prenant l’exemple sur certaines filières. En arabe, 50 candidatures ont été reçues, mais c’est seulement 46 candidats qui remplissaient les critères. Pour la Lettre, sur 24 candidatures reçues, seuls 3 candidats ont été acceptés. En anglais, sur 14 candidats, seuls 5 remplissaient les critères. En Sciences du langage, sur 6 candidatures, 2 ont été acceptées.

La plupart des dossiers rejetés l’ont été après un constat d’absence de l’autorisation du service employeur. Selon les précisions du secrétaire principal de la FLSL, chargé de l’organisation de cet examen spécial depuis quatre ans, Dr N’Bégué Koné, nombreux sont les candidats, notamment les enseignants, qui se sont procuré des autorisations auprès de la mairie. Or, précise-t-il, pour les fonctionnaires des collectivités, il s’agit de l’autorisation venant de la Direction nationale de la fonction publique des collectivités territoriales ; pour les fonctionnaires d’État, c’est celles de la direction nationale des ressources humaines. Cette version est confirmée par Fagaye Danioko, professeur de pédagogie à l’École normale Supérieure de Bamako (ENSUP).

« Ils ont menti en disant que les dossiers étaient incomplets »

Cette explication sur les raisons du rejet de bon nombre de dossiers est également avancée par cet enseignant, qui avait déposé ses dossiers pour participer à cet examen : « Les organisateurs de l’examen spécial disent qu’aucun enseignant n’a fourni l’autorisation du service employeur ». Pourtant, il ne s’agit que d’une autorisation délivrée par le maire de la commune dans laquelle « nous exerçons », soutient-il. Avant de déplorer : « Non seulement le concours a été annulé sans information officielle, mais ils [les organisateurs ndlr] ont menti en disant que les dossiers étaient incomplets ».

Pour beaucoup de candidats avec lesquels nous avons échangés, les organisateurs de cet examen spécial ont joué à un jeu trouble en annulant l’examen à la dernière minute. Et ce, sans leur rembourser la somme versée comme frais de dossiers. « Si le concours a été annulé, on doit nous rembourser nos 5000 FCFA », avance cet autre candidat peiné par cette décision.

Au département arabe

Cependant, le secrétaire principal de la FLSL explique que depuis 4 ans, sa faculté a organisé cet examen en suivant les mêmes principes. Toujours d’après lui, il n’y a jamais eu suffisamment de candidatures parce que l’autorisation du service employeur manque toujours dans les dossiers.

S’agissant des 5000 FCFA, le doyen de la FLSL précise qu’ils servent à l’organisation du concours parce que la faculté n’a pas d’autres ressources pour cela. Selon ses explications, chaque professeur concerné par cet examen doit proposer au moins 3 sujets. Cela est pareil au niveau de chaque département concerné par ce concours.

« Chaque sujet proposé est payé » en plus de la correction et de la surveillance. C’est ce qui explique pourquoi l’examen n’a pu être organisé qu’au département arabe, a-t-il souligné pour montrer que le concours n’a pas été annulé au niveau de tous les départements.

À s’en tenir aux explications des organisateurs de cet examen, les 470 000 FCFA, qui correspondent aux frais de dossiers versés au niveau des différents départements dont les organisateurs ont fait mention ci-dessus, ont servi à l’organisation de l’examen au niveau du département arabe.

La question qui se pose dès lors est de savoir si le mécontentement des candidats est dû au rejet de leurs dossiers ou seulement par les frais de dossiers qui ne sont pas remboursables. Toutefois, nos tentatives pour en trouver des explicatives normatives sur la problématique n’ont pas porté de fruits.   

Fousseni Togola


N.B

Cette enquête a été menée dans le cadre du projet Kenekanko financé par l’Union européenne. Kenekanko est une plateforme de lutte contre la corruption mise en place par Tuwindi, Amnesty international et Free Press Unlimilited. A travers kenekanko.com, les citoyens peuvent alerter les médias partenaires du projet sur des cas de corruption ou de crime économique au Mali.

8 mars 2021 0 comments
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Dre Matshidiso Moeti directrice regionale de lOMS pour lAfrique
Actu

Dre Matshidiso Moeti : « Surmonter les inégalités dans nos sociétés induira une meilleure santé »

by Sahel Tribune 8 mars 2021
written by Sahel Tribune 4 minutes read

A l’occasion de la Journée internationale des droits des femmes, 8 mars, la directrice régionale de l’OMS pour l’Afrique, Dre Matshidiso Moeti a invité à mettre fin aux inégalités dont les femmes sont victimes afin d’avoir des sociétés plus développées et prospères. Nous vous invitons à lire son message en intégralité :

Le 8 mars de chaque année, le monde célèbre la Journée internationale de la femme pour reconnaître les réalisations des femmes et faire le point sur les progrès vers l’égalité hommes-femmes.

« L’efficacité du leadership des femmes en temps de crise » mise en lumière

Le thème retenu pour la manifestation de cette année est « Leadership féminin : pour un futur égalitaire dans le monde de la COVID-19 ». La pandémie de maladie à coronavirus 2019 (COVID-19) a mis en lumière l’efficacité du leadership des femmes en temps de crise, notamment en tant que cheffes d’État, en tant que responsables de haut rang, expertes et porteuses d’innovations, en tant que cheffes d’entreprise, en tant que personnel de santé en première ligne (d’autant plus que les femmes représentent 70 % des effectifs de ce personnel exposé à un risque accru d’infection) et en tant que responsables de familles et de communautés. Les femmes ont relevé ce défi avec courage et honnêteté, en apprenant et en s’adaptant à une situation qui évolue rapidement.

Parallèlement, les inégalités qui désavantagent les femmes se sont exacerbées depuis le début de cette pandémie. Les mesures imposant aux populations de rester chez elles ont paralysé les moyens de subsistance de nombreuses femmes africaines – qui officient comme coiffeuses ou comme vendeuses sur le marché, par exemple. Les confinements, les craintes d’infection et les pénuries de personnels de santé figurent parmi les raisons qui expliquent les baisses enregistrées dans l’accès à la contraception, aux soins prénatals et aux naissances dans les établissements de santé au Nigéria, au Zimbabwe et dans d’autres pays. Ces restrictions, y compris la fermeture des écoles, ont aussi accentué les risques de violence sexuelle et sexiste, de grossesses chez les adolescentes et de déperdition scolaire, surtout chez les filles.

L’engagement de l’OMS

La pandémie de COVID-19 aura des effets négatifs à long terme sur le tissu social et économique de nos sociétés, notamment sur les progrès vers l’égalité hommes-femmes. Selon les projections d’ONU-Femmes, huit millions de femmes de plus que les hommes seront poussées dans l’extrême pauvreté en Afrique subsaharienne en 2021.

L’OMS fournit des orientations et un appui technique aux gouvernements pour assurer la prestation continue de services essentiels tenant compte des questions de genre et évaluer les obstacles auxquels les filles et les femmes sont confrontées dans l’accès à ces services. Trente-six États Membres de la Région africaine ont intégré au moins une mesure tenant compte des questions de genre dans leur plan national de riposte à la COVID-19. Nous avons formé 155 agents de santé dans 22 pays africains afin de soutenir les femmes victimes de violence sexiste et de continuer à fournir en toute sécurité des services de santé sexuelle et reproductive et de lutte contre le VIH dans le contexte de la COVID-19.

À l’OMS, nous restons déterminés à œuvrer pour que les femmes puissent évoluer dans leurs carrières et pour accroître leur potentiel en matière de leadership. Plus de 80 membres du personnel féminin de niveaux intermédiaire et supérieur de la Région ont ainsi participé à une formation aux fonctions de direction et d’encadrement, et nous expérimentons l’extension de cette formation à des femmes en service dans les ministères de la santé. En République du Congo, 34 femmes à la tête d’établissements de santé primaires décentralisés ont participé à ce programme de formation.

« Reconnaître les compétences de leadership et le potentiel des femmes »

L’année dernière, nous avons lancé l’Initiative des jeunes championnes d’Afrique en partenariat avec le Programme des volontaires des Nations Unies, afin de recruter 100 volontaires des Nations Unies dans la Région africaine. Malgré les immenses défis inhérents à la riposte à la COVID-19, 27 volontaires sont déjà recrutées, à 93% des femmes, et plus de 20 volontaires seront intégrées dans les mois à venir.

Les femmes représentent désormais 33 % de nos effectifs, contre 30 % en 2015. Nous avons institué un programme de mentorat et un groupe de travail pour créer un cadre de travail plus propice à l’épanouissement des femmes membres du personnel de l’OMS dans la Région.

Pour conclure, en cette Journée internationale de la femme, j’invite chacun d’entre nous à reconnaître les compétences de leadership et le potentiel des femmes, ce qui nous rapprochera de l’équité hommes-femmes. Surmonter les inégalités dans nos sociétés induira une meilleure santé, ainsi que le développement et la prospérité pour tous.

Source : OMS

Le titre, le chapô et les intertitres sont de la rédaction

8 mars 2021 0 comments
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Des stupefiants saisis par lOCS de Kayes
Sécurité

Kayes : plusieurs Kilogrammes de stupéfiants saisis par l’OCS au cours de ce mois de mars

by Chiencoro 7 mars 2021
written by Chiencoro 2 minutes read

L’antenne régionale de l’Office central des stupéfiants (OCS) de Kayes mène un véritable combat contre la circulation des stupéfiants. Du 4 au 7 mars 2021, d’énormes quantités de stupéfiants ont été saisies dans cette région.

Dans la 1re région administrative du Mali, Kayes, en raison du développement de l’activité minière, le commerce de la drogue semble devenir une source d’enrichissement pour certaines personnes. Car ce produit serait assez prisé dans les zones aurifères.

De janvier à février 2021, l’antenne de l’Office central des stupéfiants de Kayes a saisi d’importantes quantités de stupéfiants dans la zone. Selon le commandant Ismaël Touré, chef de l’antenne OCS de Kayes, durant ce week-end, plusieurs kilogrammes de drogues et de comprimés ont été saisis à Broudala, une zone située sur l’axe Sadiola-Kénieba, dans la première région. Au total, 4 kg de cannabis, 1358 comprimés de Diazepan, 58 graines de cannabis et près de 200 kg de produits pharmaceutiques ont été saisis. Le lot contenait également des comprimés de Tramadol, a-t-il précisé.

La plupart de ces stupéfiants qui arrivent dans cette région viennent de Bamako et transitent par Kita, précise le commandant Touré. Toujours selon ses précisions, ces stupéfiants, que les trafiquants transportent à bord de motos en raison de la faible quantité, sont généralement destinés aux travailleurs dans les zones minières.

Ces saisis sont devenus monnaie courante dans cette région. Le 4 mars dernier, le commandant Touré et ses hommes ont également mis la main sur plus de 700 kg de produits pharmaceutiques, aux environs de 20 h.

« Quelle que soit la quantité de stupéfiant saisie, je ne peux que me réjouir d’avoir sauvé des vies », précise le chef de l’antenne OCS de Kayes avant de déplorer la fréquence de la circulation de ces produits dans cette région. Malgré tout, il se dit déterminer à faire de son mieux afin de freiner cette circulation pour le bien-être de la population kayésienne.

Fousseni Togola

7 mars 2021 0 comments
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ENSup
Éducation

Mali : l’État apporte une subvention de près de 1 876 milliards de FCFA au budget de l’ENSUP

by Bakary FOMBA 7 mars 2021
written by Bakary FOMBA 2 minutes read

Les 9 administrateurs de l’École normale supérieure (ENSUP) de Bamako se sont réunis, en fin de semaine, dans les locaux de l’établissement pour la 7e session ordinaire du Conseil d’administration. La cérémonie était présidée par Ousmane Guindo, Conseiller technique au ministère de l’Enseignement supérieur et de la Recherche scientifique.

Examen et approbation du compte de gestion 2020, du rapport d’exécution des recommandations de la précédente session, du bilan académique 2019-2020 ainsi que du budget prévisionnel 2021, c’est les grands points évoqués au cours de la 7e session du Conseil d’administration de l’ENSUP, qui s’est tenu en fin de semaine, selon le quotidien national du Mali (Essor).

La même source indique que le budget prévisionnel pour l’année 2021 de l’établissement est estimé à plus de 2 205 milliards de FCFA contre plus de 2 187 milliards de FCFA l’année dernière. Ce qui traduit une légère augmentation de 0,9 %.

Au cours de cette session, il a été expliqué que les ressources propres de cet établissement d’enseignement supérieur représentent 329 millions de FCFA. En vue d’améliorer la performance du service de cette école, l’État lui apporte une subvention d’un peu plus de 1 876 milliards de FCFA.

Les administrateurs de cet établissement, pour l’année académique 2020-2021, s’engagent à améliorer la performance du service de la formation continue, de soutenir les actions du centre de formation à distance, e-learning (FOADEL) et de poursuivre les activités de la revue les « cahiers de l’ENSUP. » Ce n’est pas tout. Ils entendent également renforcer le cadre partenarial. Cela, pour une plus grande visibilité des actions académiques et pédagogiques en rendant le cadre plus convivial et agréable pour l’apprentissage.

« L’opérationnalisation de la cellule interne d’assurance qualité, la mise en congruence des offres de formation avec le marché de l’emploi, le renforcement du partenariat sont des objectifs de l’école normale supérieure en 2021 », a déclaré Dr Douga Nassoko, directeur général de l’ENSUP, avant d’évoquer des difficultés liées à la vétusté des salles de classe et des laboratoires.

Pour sa part, le conseiller technique au ministère de l’Enseignement supérieur et de la Recherche scientifique, Ousmane Guindo a rappelé à cette occasion les missions assignées à l’ENSUP.  

Bakary Fomba      

7 mars 2021 2 comments
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Mikailou Cissé
Opinion

En Afrique, le développement passe par la rupture avec les valeurs des ex-colonisateurs !

by Mikailou Cissé 7 mars 2021
written by Mikailou Cissé 6 minutes read

Après des années d’accession aux indépendances, nombreux sont les pays africains en quête de voie pour se développer. Le professeur de philosophie malien, Mikailou Cissé explique que la prospérité tant recherchée ne sera qu’un mirage tant que les Africains n’auraient pas réussi à couper les ponts avec l’Occident.

L’Afrique fait face à une déstabilisation profonde. Dans toutes les zones géographiques du vieux continent, le peuple cherche désespérément son chemin. Ce peuple peine toujours à trouver la quiétude qu’il cherche depuis la découverte de son continent par le reste du monde. L’interconnexion avec l’extérieur, qui est en principe un facteur de développement pour un continent, n’a été qu’une source de malheur pour l’Afrique.

Une interconnexion problématique

La connexion avec le monde extérieur a été peu bénéfique pour l’Afrique. Elle lui a conduit à la perte de ses valeurs au profit de celles d’autrui. La paupérisation à laquelle on assiste aujourd’hui dans ce continent a commencé depuis au début de cette interconnexion.

La concentration du pouvoir entre les mains d’une minorité de personnes travaillant pour leurs propres intérêts et contre ceux des autres, les conflits intercommunautaires et/ou intracommunautaires sans cause connue se sont accentués dans ce continent avec cette interconnexion.

L’Afrique d’aujourd’hui n’est autre que ce que les hommes venus d’ailleurs ont voulu qu’elle soit. Elle n’est que l’œuvre des Occidentaux. C’est eux qui ont façonné un nom pour elle ainsi qu’à tout ce qui peut permettre de l’identifier.

Des indépendances peu significatives

L’émerveillement des Africains après le départ des colonisateurs n’a été que de courte durée. Les plus avertis parmi le peuple d’Afrique se sont vite rendu compte de la métamorphose dans la méthode d’exploitation du continent. Tous les peuples ont été renommés. Des frontières artificielles ont été tracées entre les peuples qui vivaient ensemble en harmonie. Les fleuves, les lacs, les montagnes, les langues, les royaumes, les communautés, les noms de famille ont tous été changés.

L’occidentalisation de la vie des Africains, qui est autant décriée de nos jours, n’est autre que la réussite du combat de l’ex-colonisateur.

Nous comprenons donc que le départ des colonisateurs n’a constitué que le début d’une nouvelle forme de mainmise de l’Europe sur l’Afrique. Certes, le continent a été remis à ses fils, mais l’Occident a toujours la possibilité de le manipuler depuis l’extérieur selon son bon vouloir.

L’assimilation est complète

La culture occidentale s’est bien implantée sur le continent. Les oppresseurs sont certes partis, mais ils n’ont pas emporté leurs cultures. Ils ont tout formaté. Ils n’ont rien laissé dans la conscience des Africains qui puisse leur permettre de se reconstruire assez aisément. Tout ce qui permet d’identifier une culture ou une communauté a été effacé. Ils ont tout pris et tout emporté. Tout ce que nous avons aujourd’hui comme culture, savoir théorique, savoir pratique, savoir-être sont occidental. Il n’y a rien d’africain en Afrique.

Le système de gouvernance et d’enseignement que nous avons dans nos pays est un exemple parfait pour montrer que les Occidentaux ont jusqu’à présent la mainmise sur le continent. L’occident est la référence sur tous les sujets. C’est la preuve que l’ex-colonisateur poursuit ses actions de formatage. Les fils du continent ont quasiment perdu toute leur identité.

Les conclusions du Sommet des chefs d’État des pays du G5 Sahel en février 2021 confirment bien que les Africains ne sont que des marionnettes entre les mains des anciens colonisateurs.

L’Occidentalisation est devenue une norme. Tout ce que les Européens font chez eux est à imiter en Afrique. Les décisions qui concernent le vieux continent sont prises par l’ex-colonisateur. La présence des forces étrangères sur les côtes africaines, dans les points stratégiques, est également une preuve.

Peut-on se développer dans une telle situation ?

Non. Aucun peuple ne peut occuper une place dans le concert des nations sans avoir entre ses mains sa destinée. Le rejet de la culture européenne et ses valeurs est une condition sine qua non pour les Africains de se faire une place dans le monde. Il pourrait être l’ultime solution aux maux dont souffrent les peuples africains.

L’acte paraît simple en-soi, mais difficile à accomplir. N’importe quel leader ne peut pas le réaliser. Ce rejet demande un autre type d’homme africain. Un homme qui n’a rien à voir avec l’Africain actuel. Ce nouvel Africain est celui capable de résister aux Européens.

Il est connu de tous que l’ex-colonisateur possède une haine viscérale contre les leaders intelligents de son ancien fief. Il l’a montré à chaque fois qu’il a senti la découverte de sa politique par certains d’entre eux. La récente descente sur la Lybie confirme bien cet aspect. À l’unanimité, les anciens colons se sont dressés sur le chemin de Mouammar Kadhafi. La France semble être leur soutien ultime. L’ONU qui, en principe, est une organisation qui œuvre pour la paix entre les peuples, l’égalité des hommes, l’indépendance des États n’a quasiment rien fait pour éviter que la Lybie ne soit pas détruite par Sarkozy. 

Se passer de l’Occident pour prospérer

Certains pourraient trouver l’hypothèse que nous allons avancer comme surréaliste, mais c’est tout à fait le contraire. Les Africains peuvent faire développer leur continent sans avoir besoin du soutien des Occidentaux. Les Japonais l’ont prouvé chez eux. L’attitude qu’ils ont adoptée pour se mettre sur pied après les bombardements des Américains sur Hiroshima et Nagasaki le prouve à suffisance. La situation dans laquelle se trouve l’Afrique aujourd’hui, les peuples japonais et chinois étaient dans la même situation pendant un moment de leur histoire.

L’état actuel de la Chine peut bien servir d’exemple pour les habitants du vieux continent. Ce pays autrefois divisé, soumis aux autres peuples, a montré au monde qu’avec détermination, tout peuple peut se défaire des chaînes de l’exploitation et se prendre en charge.

Les Chinois doivent être une référence pour les Africains. À l’instar des Chinois, les Africains doivent se dresser comme un seul homme pour faire face à leurs oppresseurs. Ils doivent élaborer des visons qui prennent en compte leur propre aspiration. C’est ce qui permettra à ce continent d’avoir une place dans le monde.

L’exemple de la Corée du Nord en est également une illustration parfaite. Elle a su faire face aux oppresseurs et se frayer une place parmi les nations respectées.

Un combat qui demande du sacrifice

Le rejet des valeurs occidentales demande un sacrifice de la part des peuples d’Afrique. Ce combat peut être plus dur que celui mené par les Algériens lors de l’accession à l’indépendance. Ce combat serait plus dur que la lutte menée par Nelson Mandela et ses compagnons pour mettre fin à l’apartheid. Pour que ce combat soit effectif, il est nécessaire que les Africains forment un bloc uni. 

La liquidation de certains leaders de ce combat de libération pourrait en résulter comme on a coutume d’en assister en Afrique. La disparition brutale de certains pères de l’indépendance dans des pays africains en est un exemple. Tout compte fait, l’Africain d’aujourd’hui est comme « l’homme » que le philosophe allemand Nietzsche décrit dans son livre magistral « Ainsi parlait Zarathoustra ». Il doit être un pont pour une nouvelle génération.  

Mikailou CISSE

Les opinions avancées dans ce texte ne constituent nullement la position de Phileingora

7 mars 2021 0 comments
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Exploitation sexuelle des enfants en ligne
Sécurité

La covid-19, un facteur aggravant l’exploitation sexuelle des enfants

by Bakary FOMBA 6 mars 2021
written by Bakary FOMBA 2 minutes read

Les Nations unies ont procédé à la présentation du rapport sur les « effets du coronavirus sur les différentes formes de vente et d’exploitation sexuelle d’enfants », mardi 2 mars 2021. Au cours de cette cérémonie, l’ONU a recommandé aux gouvernements du monde de créer un système de protection fondé sur les droits afin de prévenir ou atténuer les risques accrus de violence, de maltraitance, de négligence et d’exploitation des enfants lors de situations d’urgence nationale ou de crise de santé publique, comme la pandémie de Covid-19.

Les médias sociaux, ayant une influence considérable sur la vie des enfants, constituent un nouvel espace pour ses êtres, constamment connecté sur Internet. Toute chose qui comporte d’énormes risques en cette période de pandémie de Covid-19. Un an après son apparition, « la pandémie de Covid-19 a eu et va continuer d’avoir un effet dévastateur sur toute une génération d’enfants », a alerté mardi une experte de l’ONU.

Impact de la pandémie sur la pédocrimialité    

Selon Mama Fatima Singhateh, experte de l’ONU, la recrudescence de la violence contre les enfants et les nouvelles formes d’exploitation et d’abus sexuels, tant en ligne que hors ligne, pendant et après les mesures de confinements, menacent d’éroder davantage la situation de millions d’enfants dans le monde, qui sont déjà dans une situation socio-économique précaire. « L’augmentation de l’activité en ligne des personnes à la recherche de matériel pédopornographique, en raison du temps accru passé à l’intérieur, a aggravé les schémas déjà existants d’exploitation sexuelle en ligne et de cyberintimidation des enfants », a détaillé l’experte onusienne lors de la présentation d’un rapport sur les « effets du coronavirus sur les différentes formes de vente et d’exploitation sexuelle d’enfants. »

Des ressources financières et humaines limitées

« Nous savons qu’une telle crise d’une telle ampleur s’accompagne généralement d’un effondrement des structures de protection sociale », a laissé entendre Mme Singhateh, relevant que la pandémie de Covid-19 a provoqué une crise socio-économique qui, jusqu’à présent, a aggravé les inégalités flagrantes existantes entre les enfants vulnérables. Toute chose qui, selon Mme Singhateh, a entrainé « une amplification de leurs risques de vente, de traite, d’exploitation et d’abus sexuels. »

Malgré la création, ou le renforcement des services de protection sociale pour les enfants par de nombreux pays du monde, Mme Singhateh regrette que les ressources financières et humaines soient souvent limitées. Une situation qui handicape les efforts de lutte contre l’exploitation des enfants et la prise en soin des victimes. Ce n’est pas tout. L’experte onusienne a également fait valoir que le manque de données fiables nuit aussi à la visibilité des problèmes et empêche l’élaboration de réponses et de mesures préventives adéquates.

Bakary Fomba

6 mars 2021 0 comments
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Un manifestants pro Sonko lors des heurts avec les forcs de lordre le 4 mars 2021 a Dakar. Leo Correa AP SIPA
Opinion

Situation socio-politique au Sénégal : au-delà de la personne d’Ousmane Sonko

by Chiencoro 6 mars 2021
written by Chiencoro 5 minutes read

L’ébullition du front social au Sénégal, intervenue suite à l’affaire Ousmane Sonko, est à analyser au-delà de la personne de ce principal opposant politique du président sénégalais Macky Sall. Elle est non seulement la preuve de la faillite d’un système démocratique en Afrique, mais constituerait également une porte ouverte à toutes les possibilités au Sénégal.

Des heurts, des violences, des attaques contre des supermarchés, des stations-service, des bâtiments administratifs. La plupart des commerces fermés, les écoles aussi bien que les banques. Les signaux de certaines chaînes de télévision coupés. Le bilan : 4 morts, des blessés, des arrestations et plusieurs dégâts matériels. Voilà l’image que le Sénégal communique au monde entier depuis quelques jours : la violence comme mode d’expression démocratique.

Faillite d’un système

Toutes ces violences, qui font suite à l’affaire Ousmane Sonko, le principal opposant du président sénégalais Macky Sall, pour « troubles à l’ordre public et participation à une manifestation non-autorisée » le 3 mars, alors qu’il se rendait au palais de justice de Dakar à la suite d’une accusation de viol sur la masseuse Adji Sarr, soulèvent de véritables problématiques autour de la gouvernance démocratique en Afrique. Elles sont la preuve d’un manque de confiance aux institutions démocratiques, notamment judiciaires que les citoyens assimilent généralement, dans les démocraties du continent, à la majorité au pouvoir.

Dans la quasi-totalité de ces démocraties du continent, tout est mesuré à l’aune d’intérêts politiques. Des combats qui conduisent le plus souvent à la volonté de détruire des adversaires politiques par tous les moyens légitimes et illégitimes.

Pour le problème Ousmane Sonko au Sénégal, c’est cet aspect que tente de montrer Me Bamba Cissé : « C’est un scandale, l’objectif est d’emprisonner Ousmane Sonko pour l’éliminer des listes électorales en vue de l’élection présidentielle de 2024 ». Le magazine Jeune Afrique fait la même remarque en rapportant que M. Sonko voit cette cabale contre lui comme la mise en œuvre d’« un “complot politique” ourdi par le président Macky Sall pour l’écarter du jeu politique. »

Une telle conception, une fois qu’elle s’empare des partisans d’un homme politique, ne peut que conduire à ces genres de scène inqualifiable en démocratie. Nos gouvernants ont fait de la politique une arène d’anéantissement d’adversaires par la violence au lieu de privilégier plutôt le débat d’idées.

Manque de confiance, instrumentalisation

Dans un tel contexte de manipulation des citoyens où règne déjà un manque de confiance de ces citoyens au pouvoir judiciaire qu’ils assimilent au régime politique en place, la démocratie ne peut que mourir à petit feu. Ces situations ne sont que la preuve de la faillite d’un système de gouvernance étatique.

Les citoyens des pays démocratiques africains peinent de plus en plus à voir le fossé séparant le pouvoir législatif de l’exécutif ou de ces deux pouvoirs du pouvoir judiciaire. Le peuple est balloté entre des vents contraires. Il est instrumentalisé par des adversaires politiques en défense d’intérêts personnels qui le poussent à sacrifier tout ce qui a été construit avec l’argent du contribuable.

Ce qui se passe au Sénégal, et dont des cas similaires ont eu lieu dans d’autres pays du continent, est l’Illustration parfaite non seulement de ce manque de confiance au pouvoir judiciaire, qui ne semble plus être caractérisé par l’impartialité, mais aussi de l’instrumentalisation du peuple qui se lève et détruit ses propres biens pour généralement la satisfaction d’intérêts d’hommes en quête de plus de popularité.

Porte ouverte à toutes les possibilités

Le danger de cette scène de « violence politique », pour emprunter une expression de Alioune Tine (président du Think-Tank Afrikajom Center), à laquelle on assiste au Sénégal est la fragilisation du territoire. Une ouverture qui pourrait profiter aux terroristes qui pourraient en profiter pour étendre leurs tentacules à ce pays sahélien.

Rappelons que le moindre divorce entre les autorités politiques et les citoyens est une opportunité pour ces hommes armés de gagner la confiance des populations. Ce qui se passe au centre du Mali, Ségou et Mopti, est une illustration parfaite de cette situation.

Les États africains réussiront difficilement la stabilisation tant que les autorités politiques n’auront pas mis un peu d’eau dans leur vin en privilégiant plus les intérêts de la nation au détriment de leurs intérêts « égoïstes ». En effet, dans la démocratie, les violences sont généralement le fruit d’un manque de confiance installé à la suite de plusieurs années d’injustice, d’inégalité, de mauvaise gouvernance ou de corruption constatées par le peuple.

La course aux intérêts politiques, dans une certaine phase de l’histoire d’un pays, peut compromettre tout l’avenir de la nation.

Le Sénégal, à travers ces scènes de violence, qui se poursuivent, vient d’ouvrir la porte à toutes les possibilités. Macky Sall a tout intérêt à trouver une solution rapide à cette crise qui a pris des proportions assez inquiétantes. En attendant, rapportons ces propos du sociologue et philosophe français, Edgar Morin, sur son compte Twitter : « La réflexion sur le monde d’aujourd’hui ne peut s’émanciper d’une réflexion sur l’histoire universelle. Les périodes calmes et de prospérité ne sont que des parenthèses de l’histoire. Tous les grands empires et civilisations se sont crus immortels et tous ont disparu ».

Fousseni Togola

6 mars 2021 0 comments
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