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Les Forces armees maliennes appuyees par la Force Barkhane repoussent des attaques dampleur a Mondoro et Boulikessi
Sécurité

Les Forces armées maliennes, appuyées par la Force Barkhane, repoussent des attaques d’ampleur à Mondoro et Boulikessi (communiqué)

by Sahel Tribune 31 janvier 2021
written by Sahel Tribune 1 minutes read

Dans la nuit du 23 au 24 janvier 2021, les camps des Forces armées maliennes (FAMa) de Mondoro et de Boulikessi, situés tous deux à la frontière entre le Mali et le Burkina Faso, ont fait l’objet d’une attaque simultanée.

Face à un ennemi décidé à entrer dans les deux emprises, les FAMa ont tout de suite pris l’ascendant sur leur adversaire et ont tenu leurs positions appuyés notamment par leur Tucano.

Moins d’une heure après l’alerte donnée par les FAMa, la force

Barkhane a déclenché une patrouille d’hélicoptères Tigre qui s’est rendue sur place afin d’appuyer les FAMa. En parallèle, une patrouille de Mirage 2000 a survolé les deux emprises.

Rapidement, les Tigre ont engagé le combat sur une colonne ennemie à Boulikessi, neutralisant une dizaine de GAT à motos.

Au petit matin, l’ennemi s’étant débandé, la Force Barkhane a déclenché une évacuation médicale au profit des blessés FAMa de Boulikessi, appuyée par un Tigre.

Parmi les blessés de l’emprise, la Force Barkhane en a pris en charge deux, les autres étant pris en compte par la MINUSMa ou par les FAMa. Stabilisés à l’Antenne de réanimation et de chirurgie de sauvetage (ARCS) de Gossi, ils ont été transportés à l’hôpital militaire de Gao en milieu de journée.

Du côté ennemi, à Boulikessi, ce sont plusieurs dizaines de GAT qui ont ainsi été neutralisés, 2 pick-ups et 5 motos ont été détruits. De plus, 40 motos y ont également été saisies. Le bilan ennemi de Mondoro demeure quant à lui à consolider, mais on compte pour l’heure 7 motos saisies.

Source : Force Barkhane

31 janvier 2021 0 comments
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Tests covid 19
Santé

Accès équitable aux tests et recherche de contacts : la Fondation Rockefeller appuie l’Afrique

by Bakary FOMBA 31 janvier 2021
written by Bakary FOMBA 3 minutes read

Pour un accès équitable aux tests de la Covid-19 et à la recherche des contacts en Afrique, la Fondation Rockefeller annonce l’octroi d’une nouvelle subvention de 12 millions de dollars américains à la Fondation pour la santé publique en Afrique.

Un an après son apparition, plusieurs pays du monde peinent à accéder aux tests et à la recherche des contacts pour lutter contre la pandémie de Covid-19. Pourtant, « assurer un accès équitable aux tests et à la recherche des contacts sont essentiels pour identifier et riposter rapidement aux flambées de Covid-19 jusqu’à ce qu’un vaccin soit largement accessible à tous », a déclaré Rajiv J. Shah, président de la Fondation Rockefeller.

« Un an après le début de la pandémie de Covid-19, trop de personnes n’ont toujours pas accès aux outils dont elles ont besoin pour préserver leur santé et leur sécurité, ainsi que celles de leurs familles et communautés », a-t-il souligné.

« Combats à l’aveuglette » ?

Plus de trois millions de cas de Covid-19 ont été signalés en Afrique, avec une moyenne quotidienne de nouveaux cas qui dépasse, pendant la deuxième vague, celle de la première.

Dans une telle circonstance, « les tests sont le principal outil de lutte contre cette pandémie, car sans les tests, nous serons en train de mener notre combat à l’aveuglette », a laissé entendre De John Nkengasong, directeur d’Africa CDC avant d’ajouter : « Nous devons également repérer les personnes infectées, les isoler et les traiter ». Pour réussir cette entreprise, il convient d’aider « les États membres de l’Union africaine à effectuer plus de tests et de recherches des contacts pour identifier et isoler les personnes infectées ».  

La Fondation Rockefeller se porte au secours

La subvention de 12 millions de dollars américains de laFondation Rockefeller vise à combler ce déficit en faisant accroître l’accès aux tests aussi bien dans les zones urbaines que rurales. Elle permettra également de renforcer la recherche des contacts au niveau communautaire, à améliorer l’infrastructure de données et à accélérer le dépistage et la recherche des cas dans les populations à haut risque. « Le renforcement des tests et de la recherche des contacts pour les populations les plus à risque constitue un élément essentiel des efforts de la Fondation Rockefeller pour soutenir une riposte équitable à la pandémie sur le continent », a dit William Asiko, directeur général du Bureau régional de la Fondation Rockefeller pour l’Afrique.

L’octroi de cette subvention est apprécié de part et d’autre. Selon les mots de M. Asiko, « dans l’attente des vaccinations à grande échelle, investir dans les tests, dans la recherche des contacts et dans l’éducation publique sur la distanciation physique et le port de masque est le meilleur outil dont nous disposons pour répondre aux besoins les plus urgents de l’Afrique aujourd’hui et pour renforcer les systèmes dont nous avons besoin pour nous protéger en cas de nouvelles menaces ».

Rockefeller se dit satisfait de cette collaboration avec la fondation pour la santé publique en Afrique. « Nous sommes heureux de collaborer avec la Fondation pour la santé publique en Afrique et avec Africa CDC afin de catalyser une riposte plus efficace et plus inclusive à la pandémie de Covid-19 et un relèvement tout aussi efficace et inclusif sur tout le continent », déclare Rockefeller.

Bakary Fomba

31 janvier 2021 0 comments
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Video hors contexte
Les démystificateurs du Sahel

#FactCheck : cette vidéo est détournée de son contexte

by Chiencoro 30 janvier 2021
written by Chiencoro 3 minutes read

Partagé de nombreuses fois dans les groupes Wattsapp au Mali, un message vocal, accompagnant une vidéo qui fait le zoom sur un masque chirurgical, explique que ces masques contiennent le virus du covid-19. Après plusieurs recherches, nous avons trouvé que la vidéo est hors contexte.  

« Les masques chirurgicaux contiennent les germes du virus du covid-19 », déclare-t-on dans un message audio accompagnant une vidéo de 29 secondes dans laquelle on fait le zoom sur un masque médical. Dans la vue microscopique de ce masque, on aperçoit des germes du coronavirus. Selon l’auteur du message vocal, tous les masques chirurgicaux qui sont généralement de couleur bleue contiennent le virus du covid-19. « C’est une politique de l’Américain Bill Gates et du Français Macron », affirme l’auteur de ce message vocal.

Partagé dans plusieurs groupes WhatsApp, ce message audio est sans fondement scientifique. Mieux, la vidéo qui accompagne le message vocal est détournée de son contexte.

« Zoom sur un masque usé ! »

Sur la vidéo qui circule, l’auteur a pris le soin de signer, @Macrofying, qui correspond à la fois à son profil Twitter et Instagram. À travers des recherches sur cette signature sur la vidéo, nous avons pu accéder à ce compte suivi par plus de 1000 personnes. « Zoom sur un masque. Veuillez porter votre masque ! », lit-on en introduction à cette vidéo sur le compte Twitter de l’auteur véritable de la vidéo. Sur Instagram, l’auteur donne plus de précisions : « Zoom sur un masque usé ! »

Selon Pr Akory Ag Iknane, coordinateur de la cellule de lutte contre la Covid-19 au Mali, le contenu du message vocal diffusé est impossible. Selon ses explications, si cela était scientifiquement prouvé, il y aurait des documents pour le démontrer. 

En effet, si le masque chirurgical contenait le germe du coronavirus contre lequel il est porté, cette pandémie aurait fait plus de dégâts. La Chine, qui constitue le plus grand fournisseur de ce type de masque, a exporté 220 milliards de masques à l’étranger en 2020, soit plus de 30 masques par personne dans le monde, selon les explications du porte-parole des douanes chinois rapportées par RFI.

Dr Souleymane Diarra, épidémiologiste à l’Institut national de Santé publique (INSP) du Mali, explique qu’aucun scientifique n’a révélé la présence de virus dans ces masques.

Un masque qui protège à 95 %

Dans une étude de l’institut national de santé publique du Québec en 2007, on peut lire sur la composition de ces masques : « Les masques chirurgicaux sont généralement constitués de fibres naturelles (coton) ou synthétiques (polypropylène) ». Une autre chose prouvée scientifiquement au sujet de ces masques est la nécessité de les changer au moins chaque 4 heures, ou simplement « lorsqu’ils deviennent mouillés ou après avoir quitté une zone à haut risque ». Ce masque protège à 95 % l’individu. 

Cette manipulation de l’information sur le masque chirurgical intervient à une période où les États sont dans une course effrénée pour l’obtention des vaccins contre la covid-19. Elle coïncide également avec l’ouverture d’enquêtes en Chine, par l’OMS, sur les origines du coronavirus. 

Fousseni Togola

30 janvier 2021 0 comments
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Des bandits arretes par la brigade territoriale de Senou
Sécurité

Touréla : fin de course pour les assassins des orpailleurs

by Sahel Tribune 30 janvier 2021
written by Sahel Tribune 2 minutes read

Au Mali, il est de plus en plus constaté que les zones abritant des activités d’orpaillage constituent également des refuges pour des bandits. Tel est le cas du site de Touréla, où plusieurs bandits ont été interpellés parce qu’ils auraient contribué à la disparition de cinq personnes sur ce site.

Touréla, situé à 47 km de Sénou, abrite un site d’orpaillage qui défraie de plus en plus la chronique. L’absence de véritable ordre dans cet endroit tant convoité pour la richesse de son sous-sol donnerait l’impression à certains qu’ils sont en possession de tous les droits pour s’enrichir.

Sur ce site, une bande de criminels de 9 personnes, dont 2 jeunes filles, a été interpellée par la brigade territoriale de Sénou, le 18 janvier 2021. Une interpellation qui intervient après l’écho de la disparition de 5 personnes sur le site d’orpaillage de Touréla. Selon le commandant de la Brigade territoriale de la gendarmerie de Sénou, le sous-lieutenant Moussa Touré, depuis un certain temps la disparition de personnes est constatée sur ce site.

Le commandant de la brigade précise que c’est à la suite de la disparition d’un homme en mi-janvier que des recherches approfondies ont conduit à l’arrestation de 4 personnes, qui ont d’ailleurs avoué leur forfait. Une révélation qui a permis de préciser les pistes. Car ces personnes arrêtées ont dénoncé les 5 autres complices.

Fruit de la collaboration de la population

La brigade de la gendarmerie de Senou a rendu toute sa reconnaissance à la population de Touréla, dont la collaboration n’a point fait défaut. Une situation qui prouve le rôle prépondérant que la population peut jouer dans la lutte contre l’insécurité.

Le capitaine Mady-Oulé Dembélé, commandant de la Compagnie territoriale de la Gendarmerie de la rive droite de Bamako, a saisi cette occasion pour inviter la population à plus de confiance aux Forces de Sécurité. Il leur demande surtout de les aider davantage à travers des informations fiables. Il faut soutenir les forces de l’ordre dans le cadre de la police de proximité, qui est une participation des citoyens à leur propre sécurité, a-t-il également indiqué.

Chiencoro

30 janvier 2021 0 comments
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Une equipe detablissement des faits de la MINUSMA a Bounti
Sécurité

Attaque de Bounti : pour rétablir les faits, une « enquête robuste » en cours

by Chiencoro 30 janvier 2021
written by Chiencoro 3 minutes read

L’attaque de Bounti n’a pas fini de faire couler les encres. Pour rétablir les faits sur cet incident, la MINUSMA a déployé, depuis le 25 janvier, une équipe d’enquête sur le terrain. Les conclusions de cette mission sont impatiemment attendues.

Depuis le 25 janvier 2021, une équipe d’enquête de la Mission de stabilisation des Nations unies au Mali (MINUSMA) poursuit ses enquêtes dans la zone de Mopti, 5e région du Mali, où une frappe aérienne a fait plusieurs morts au début de ce mois. Cette enquête pour le rétablissement des faits sur l’attaque du 3 janvier à Bounti se fait sous l’assistance de la police scientifique des Nations Unies (UNPOL).

Des témoins rencontrés

« Il s’agit d’une enquête robuste parce que nous avons bénéficié d’un appui aérien, d’un appui militaire au sol », déclare Guillaume Ngefa, directeur de la Division des droits de l’homme et de la protection de la MINUSMA, présent sur le terrain avec le reste de l’équipe. Des appuis ayant permis de sécuriser les enquêteurs.

Composée de neuf chargés des droits de l’homme, de deux experts de la police scientifique des Nations unies et des experts militaires, cette équipe d’enquêteurs de la MINUSMA, dès leur arrivée, a eu des entretiens avec des témoins de cette attaque à Douentza et à Mopti, où des blessés avaient été pris en charge. « L’équipe a pu se rendre sur le lieu de la frappe, a pu visiter le village et ses habitants et a eu la possibilité de conduire des interviews en groupes ou individuellement afin de confronter les faits et les allégations que nous avions déjà recueillis et enregistrés à distance avant de nous rendre sur le terrain », a précisé le directeur de la Division des droits de l’homme et de la protection de la MINUSMA.

Une opération avec des pièges

Cette frappe de Bounti est intervenue au deuxième jour d’une vaste opération antiterroriste menée conjointement, du 2 au 20 janvier 2021 par Barkhane, l’armée malienne et l’armée burkinabè. Cette opération « Eclipse » dans le Gourma malien est « assez complexe » et comporte des pièges, qui sont surtout « les pertes civiles », selon Wassim Nasr, journaliste à la chaîne de télévision française France 24.

Faut-il rappeler que les armées françaises et maliennes sont accusées d’avoir commis une bavure en frappant des civils qui célébraient une cérémonie de mariage. « Des témoignages, recueillis par l’AFP, HRW, Tabital pulakuu, MSF et RFI Fulfuldé, parlent d’un mariage, des hommes qui étaient rassemblés entre eux à l’écart des femmes », rapportent nos confrères de Radio France internationale (RFI). Mais toutes les deux armées ont rassuré que leur frappe n’a nullement visé des civils et que ni de femmes ni d’enfants ne figurait parmi les victimes.

Dans une publication du 26 janvier dernier, l’armée malienne se félicite du bilan de l’opération « Eclipse » : « Une centaine de terroristes neutralisés, une vingtaine capturée et plusieurs motos et matériels de guerre saisis, c’est le bilan d’une grande opération dénommée “Eclipse”. »  Une opération qui a concerné surtout les localités de Serma, Boulkessi, Foulssaret et Doni.

Les conclusions de cette enquête de la MINUSMA seront livrées dans le rapport de la mission. Cette enquête est une demande d’organisations nationales et internationales ainsi que d’organisations indépendantes, dévouées pour la défense des droits de l’homme.

Fousseni Togola

30 janvier 2021 0 comments
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Une personne naviguant sur les medias sociaux sur son ordinateur portable
Sécurité

Messages de haine : les réseaux sociaux, de véritables canaux de diffusion ?

by Bakary FOMBA 29 janvier 2021
written by Bakary FOMBA 3 minutes read

La multiplication des messages de haine à travers les réseaux sociaux inquiète de plus en plus les défenseurs des droits de l’homme. À l’occasion de la Journée internationale dédiée à la mémoire des victimes de l’Holocauste, les Nations Unies ont interpelé, le 27 janvier 2021, les gouvernements sur le phénomène.

Seulement au premier trimestre de l’année 2020, les modérateurs de Facebook ont supprimé 9,6 millions de messages haineux sur leur plateforme, soit une augmentation de cette pratique par rapport à la même période en 2019 durant laquelle 4,1 millions de cas avaient été supprimés, selon Statista.

Ces dernières années, les réseaux sociaux et les médias traditionnels assistent à une forte diffusion de messages de haine à travers leur canal. Le pire est qu’il s’agit d’un phénomène qui se passe à la fois en ligne comme hors ligne.

« Une réelle menace de violence »

Fin 2020, des victimes de cyberharcèlement ont raconté à l’Agence France-Presse (AFP) leur confrontation à la haine en ligne. Parmi ces victimes, Georges Salines, père d’une victime des attentats de 2015 à Paris, raconte : « J’ai fait l’objet de messages fort désagréables, dont des menaces de mort. L’un d’eux disait que les collabos et ceux qui ne sont pas suffisamment virulents contre les musulmans devaient être jetés du haut d’un pont. Ce sont des paroles, mais évidemment ça peut tomber sur des esprits dérangés qui peuvent passer à l’acte, on ne sait pas ».

Ces pratiques se seraient augmentées durant la pandémie du coronavirus, notamment sur Facebook et Twitter, pendant laquelle beaucoup de pays ont opté pour le confinement. La multiplication des utilisateurs durant cette période aurait contribué à la recrudescence des messages de haine via ces canaux.

« Attisées par des leaders d’opinion irresponsables et amplifiés et légitimés par les moteurs particulièrement puissants des médias numériques, ces fabrications haineuses sont profondément dommageables en elles-mêmes et peuvent constituer une réelle menace de violence », a alerté, dans un communiqué, Michelle Bachelet, la Haute-Commissaire des Nations Unies aux droits de l’homme. Pourtant, « les mots ont des conséquences », a-t-elle rappelé.

Des « politiques réglementaires et des conditions de service concrètes »

L’augmentation de ce phénomène se fait-elle sans la responsabilité des gouvernements ? Selon Mme Bachelet « les gouvernements et les plateformes numériques ont pu favoriser ou participer à cette forte augmentation. » D’où son appel à « réévaluer d’urgence leurs responsabilités » en la matière. Quant aux entreprises de médias sociaux, elles ont d’ores et déjà mis en place des mesures pour interdire les contenus négationnistes tout en orientant leurs usagers vers des informations crédibles à ce sujet. « Ces mesures doivent être systématiquement et immanquablement adoptées, mises en œuvre et appliquées, y compris par des politiques réglementaires et des conditions de service concrètes, dans le respect des libertés d’expression et de la presse », ont précisé les experts des droits humains.

En mai 2020, l’Assemblée nationale française a adopté la loi contre la haine sur internet. Ce texte oblige les plates-formes et les moteurs de recherche de retirer sous vingt-quatre heures les contenus « manifestement » illicites qui leur seront signalés. En cas de manquements à cette mesure, ils pourront être condamnés à des amendes pouvant aller jusqu’à 1,25 million d’euros. Les contenus visés par cette loi sont entre autres : les incitations à la haine, la violence, les injures à caractère raciste ou religieux, rapportent nos confrères du quotidien français Le Monde.

Ce phénomène de diffusion des messages de haine n’est plus propre aux utilisateurs des réseaux sociaux. Des médias traditionnels se mêlent de plus en plus à la danse.

Bakary Fomba

29 janvier 2021 0 comments
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Bocar Harouna Diallo jeune chercheur en geographie rurale a lUniversite Cheikh Anta Diop
Opinion

Les conflits fonciers au Sénégal : À quand la fin ?

by Sahel Tribune 29 janvier 2021
written by Sahel Tribune 4 minutes read

Bocar Harouna Diallo est un jeune chercheur en géographie rurale à l’Université Cheikh Anta Diop de Dakar. Dans cet article, il indexe les problèmes liés à la mauvaise gestion du foncier au Sénégal et fait des propositions pour une bonne gouvernance du secteur, gage de stabilité.

La législation foncière du Sénégal est longtemps restée entre la gestion traditionnelle coutumière et celle moderne régie par la loi (immatriculation) héritée du colonialisme. Mais nous savons que la terre est un élément fondateur de la société.

Les divers domaines

Avec les différents régimes gouvernementaux, le système foncier sénégalais a connu une évolution. De nos jours, il comprend le domaine national, le domaine de l’État et les titres des particuliers. Le domaine national est subdivisé en quatre : les zones urbaines, les zones classées, les zones pionnières et les zones de terroir. Le domaine de l’État comprend, le domaine public et le domaine privé. Les titres des particuliers sont constitués des titres fonciers qui sont définitifs et inattaquables. L’accumulation de ces différentes législations foncières et de mesures d’intervention reflètent des priorités et des politiques publiques différentes.

La terre, objet de business

Au fil du temps, le foncier, le nouvel or noir est devenu un véritable objet de business, source d’une forte convoitise et d’une pression visible. Cette pression foncière s’explique par la croissance démographique, le développement des industries agro-alimentaires, l’aménagement du territoire, l’urbanisation galopante, les diverses infrastructures et le développement économique, etc.

Ces facteurs plongent le Sénégal dans une série de conflits fonciers fréquents. L’exemple de Fanaye en est une belle illustration. Il s’y ajoute le fameux épisode de Ndingler entre le géant Babacar NGOM et le courage vieux Abdoulaye DIONNE. Le sérère est très attaché à sa terre.

Des litiges fonciers restent encore très fréquents et le plus récent est le cas de Mbour 4.

Qu’est-ce qui est à l’origine de ces conflits fonciers ?

Moult conflits sont souvent occasionnés par une marchandisation de la terre très convoitée par le secteur privé en particulier les acteurs de l’agro-business et de l’immobilier. Ces affamés du foncier passent par nos acteurs étatiques qui, parfois, sont obnubilés par l’argent. L’affectation des terres à l’échelon communal par certains élus locaux qui n’ont aucune compétence et ne maitrisant pas les textes est un facteur majeur de conflit.

L’octroi des permis de construction sur des zones interdites peut aussi amplifier les litiges fonciers. Car les acteurs détenteurs de ces permis sont souvent dans l’illégalité sans pourtant s’y rendre compte. Parfois une seule parcelle peut faire l’objet de plusieurs ventes paradoxalement. On peut ajouter ces motifs de conflits, le manque de sensibilisation sur les procédures d’achat de terrain. Les documents nécessaires pour la construction sont un handicap réel, un facteur déclencheur de conflit.

La méconnaissance des textes organisant la gouvernance foncière par les élus locaux et l’obsolescence de certaines dispositions du système foncier telles que la loi de 1964 sur le domaine national et la loi de 1976 sur le domaine de l’État entrainant des distorsions du régime applicable dans la pratique.

Quelles solutions doit-on adopter ?

Le temps doit être à la réflexion pour élaborer un dispositif cohérent et fiable pour d’une part résoudre ces conflits et d’autre part les prévenir. Car un problème bien posé est à moitié résolu.

La résolution de ces litiges fonciers très fréquents passe par une bonne législation. Mais la mise en place de cette législation doit impliquer les différents acteurs pour un large consensus. La loi sur le domaine national de 1964 obsolète depuis des années nécessite une large révision, car elle présente des limites (les femmes, les émigrés et les non-résidents n’ont pas droit au foncier).

Une gouvernance foncière d’envergure s’impose donc non seulement pour moderniser, mais aussi adapter les textes au contexte actuel. Il me semble aussi important de procéder à une vérification et un avertissement systématique des propriétaires des parcelles avant toute destruction.

Dans cette même mouvance, il est aussi opportun de procéder à la réactualisation de la commission sur la réforme foncière pour mieux prendre en charge les recommandations antérieures des initiateurs de la réforme. De même, il faut veiller à l’accès à l’information du public en procédant à la digitalisation du système foncier pour rendre beaucoup plus accessible les connaissances du foncier. Le monde rural doit disposer d’un cadastre rural bien outillé et géré par des géomètres et les cartographes, car une bonne partie des conflits se retrouvent au milieu rural.

Mais le plus crucial serait de proposer un plan de relogement. Pourquoi ne pas aussi sanctionner sans complaisance tout élu qui affectera aux citoyens des terrains avec permis de construction dans des zones non-habitables (zones réservées ou classées) ? Bref les enjeux fonciers sont énormes et une politique sérieuse et dynamique adaptée aux réalités sociales serait utile pour éviter les conflits et maintenir l’harmonie et la cohésion sociale de notre société.

Bocar Harouna DIALLO, Géographe

Le contenu de cet article n’est nullement le point de vue de notre rédaction.

29 janvier 2021 0 comments
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