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Mikailou Cissé
Opinion

En Afrique, le développement passe par la rupture avec les valeurs des ex-colonisateurs !

by Mikailou Cissé 7 mars 2021
written by Mikailou Cissé 6 minutes read

Après des années d’accession aux indépendances, nombreux sont les pays africains en quête de voie pour se développer. Le professeur de philosophie malien, Mikailou Cissé explique que la prospérité tant recherchée ne sera qu’un mirage tant que les Africains n’auraient pas réussi à couper les ponts avec l’Occident.

L’Afrique fait face à une déstabilisation profonde. Dans toutes les zones géographiques du vieux continent, le peuple cherche désespérément son chemin. Ce peuple peine toujours à trouver la quiétude qu’il cherche depuis la découverte de son continent par le reste du monde. L’interconnexion avec l’extérieur, qui est en principe un facteur de développement pour un continent, n’a été qu’une source de malheur pour l’Afrique.

Une interconnexion problématique

La connexion avec le monde extérieur a été peu bénéfique pour l’Afrique. Elle lui a conduit à la perte de ses valeurs au profit de celles d’autrui. La paupérisation à laquelle on assiste aujourd’hui dans ce continent a commencé depuis au début de cette interconnexion.

La concentration du pouvoir entre les mains d’une minorité de personnes travaillant pour leurs propres intérêts et contre ceux des autres, les conflits intercommunautaires et/ou intracommunautaires sans cause connue se sont accentués dans ce continent avec cette interconnexion.

L’Afrique d’aujourd’hui n’est autre que ce que les hommes venus d’ailleurs ont voulu qu’elle soit. Elle n’est que l’œuvre des Occidentaux. C’est eux qui ont façonné un nom pour elle ainsi qu’à tout ce qui peut permettre de l’identifier.

Des indépendances peu significatives

L’émerveillement des Africains après le départ des colonisateurs n’a été que de courte durée. Les plus avertis parmi le peuple d’Afrique se sont vite rendu compte de la métamorphose dans la méthode d’exploitation du continent. Tous les peuples ont été renommés. Des frontières artificielles ont été tracées entre les peuples qui vivaient ensemble en harmonie. Les fleuves, les lacs, les montagnes, les langues, les royaumes, les communautés, les noms de famille ont tous été changés.

L’occidentalisation de la vie des Africains, qui est autant décriée de nos jours, n’est autre que la réussite du combat de l’ex-colonisateur.

Nous comprenons donc que le départ des colonisateurs n’a constitué que le début d’une nouvelle forme de mainmise de l’Europe sur l’Afrique. Certes, le continent a été remis à ses fils, mais l’Occident a toujours la possibilité de le manipuler depuis l’extérieur selon son bon vouloir.

L’assimilation est complète

La culture occidentale s’est bien implantée sur le continent. Les oppresseurs sont certes partis, mais ils n’ont pas emporté leurs cultures. Ils ont tout formaté. Ils n’ont rien laissé dans la conscience des Africains qui puisse leur permettre de se reconstruire assez aisément. Tout ce qui permet d’identifier une culture ou une communauté a été effacé. Ils ont tout pris et tout emporté. Tout ce que nous avons aujourd’hui comme culture, savoir théorique, savoir pratique, savoir-être sont occidental. Il n’y a rien d’africain en Afrique.

Le système de gouvernance et d’enseignement que nous avons dans nos pays est un exemple parfait pour montrer que les Occidentaux ont jusqu’à présent la mainmise sur le continent. L’occident est la référence sur tous les sujets. C’est la preuve que l’ex-colonisateur poursuit ses actions de formatage. Les fils du continent ont quasiment perdu toute leur identité.

Les conclusions du Sommet des chefs d’État des pays du G5 Sahel en février 2021 confirment bien que les Africains ne sont que des marionnettes entre les mains des anciens colonisateurs.

L’Occidentalisation est devenue une norme. Tout ce que les Européens font chez eux est à imiter en Afrique. Les décisions qui concernent le vieux continent sont prises par l’ex-colonisateur. La présence des forces étrangères sur les côtes africaines, dans les points stratégiques, est également une preuve.

Peut-on se développer dans une telle situation ?

Non. Aucun peuple ne peut occuper une place dans le concert des nations sans avoir entre ses mains sa destinée. Le rejet de la culture européenne et ses valeurs est une condition sine qua non pour les Africains de se faire une place dans le monde. Il pourrait être l’ultime solution aux maux dont souffrent les peuples africains.

L’acte paraît simple en-soi, mais difficile à accomplir. N’importe quel leader ne peut pas le réaliser. Ce rejet demande un autre type d’homme africain. Un homme qui n’a rien à voir avec l’Africain actuel. Ce nouvel Africain est celui capable de résister aux Européens.

Il est connu de tous que l’ex-colonisateur possède une haine viscérale contre les leaders intelligents de son ancien fief. Il l’a montré à chaque fois qu’il a senti la découverte de sa politique par certains d’entre eux. La récente descente sur la Lybie confirme bien cet aspect. À l’unanimité, les anciens colons se sont dressés sur le chemin de Mouammar Kadhafi. La France semble être leur soutien ultime. L’ONU qui, en principe, est une organisation qui œuvre pour la paix entre les peuples, l’égalité des hommes, l’indépendance des États n’a quasiment rien fait pour éviter que la Lybie ne soit pas détruite par Sarkozy. 

Se passer de l’Occident pour prospérer

Certains pourraient trouver l’hypothèse que nous allons avancer comme surréaliste, mais c’est tout à fait le contraire. Les Africains peuvent faire développer leur continent sans avoir besoin du soutien des Occidentaux. Les Japonais l’ont prouvé chez eux. L’attitude qu’ils ont adoptée pour se mettre sur pied après les bombardements des Américains sur Hiroshima et Nagasaki le prouve à suffisance. La situation dans laquelle se trouve l’Afrique aujourd’hui, les peuples japonais et chinois étaient dans la même situation pendant un moment de leur histoire.

L’état actuel de la Chine peut bien servir d’exemple pour les habitants du vieux continent. Ce pays autrefois divisé, soumis aux autres peuples, a montré au monde qu’avec détermination, tout peuple peut se défaire des chaînes de l’exploitation et se prendre en charge.

Les Chinois doivent être une référence pour les Africains. À l’instar des Chinois, les Africains doivent se dresser comme un seul homme pour faire face à leurs oppresseurs. Ils doivent élaborer des visons qui prennent en compte leur propre aspiration. C’est ce qui permettra à ce continent d’avoir une place dans le monde.

L’exemple de la Corée du Nord en est également une illustration parfaite. Elle a su faire face aux oppresseurs et se frayer une place parmi les nations respectées.

Un combat qui demande du sacrifice

Le rejet des valeurs occidentales demande un sacrifice de la part des peuples d’Afrique. Ce combat peut être plus dur que celui mené par les Algériens lors de l’accession à l’indépendance. Ce combat serait plus dur que la lutte menée par Nelson Mandela et ses compagnons pour mettre fin à l’apartheid. Pour que ce combat soit effectif, il est nécessaire que les Africains forment un bloc uni. 

La liquidation de certains leaders de ce combat de libération pourrait en résulter comme on a coutume d’en assister en Afrique. La disparition brutale de certains pères de l’indépendance dans des pays africains en est un exemple. Tout compte fait, l’Africain d’aujourd’hui est comme « l’homme » que le philosophe allemand Nietzsche décrit dans son livre magistral « Ainsi parlait Zarathoustra ». Il doit être un pont pour une nouvelle génération.  

Mikailou CISSE

Les opinions avancées dans ce texte ne constituent nullement la position de Phileingora

7 mars 2021 0 comments
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Exploitation sexuelle des enfants en ligne
Sécurité

La covid-19, un facteur aggravant l’exploitation sexuelle des enfants

by Bakary FOMBA 6 mars 2021
written by Bakary FOMBA 2 minutes read

Les Nations unies ont procédé à la présentation du rapport sur les « effets du coronavirus sur les différentes formes de vente et d’exploitation sexuelle d’enfants », mardi 2 mars 2021. Au cours de cette cérémonie, l’ONU a recommandé aux gouvernements du monde de créer un système de protection fondé sur les droits afin de prévenir ou atténuer les risques accrus de violence, de maltraitance, de négligence et d’exploitation des enfants lors de situations d’urgence nationale ou de crise de santé publique, comme la pandémie de Covid-19.

Les médias sociaux, ayant une influence considérable sur la vie des enfants, constituent un nouvel espace pour ses êtres, constamment connecté sur Internet. Toute chose qui comporte d’énormes risques en cette période de pandémie de Covid-19. Un an après son apparition, « la pandémie de Covid-19 a eu et va continuer d’avoir un effet dévastateur sur toute une génération d’enfants », a alerté mardi une experte de l’ONU.

Impact de la pandémie sur la pédocrimialité    

Selon Mama Fatima Singhateh, experte de l’ONU, la recrudescence de la violence contre les enfants et les nouvelles formes d’exploitation et d’abus sexuels, tant en ligne que hors ligne, pendant et après les mesures de confinements, menacent d’éroder davantage la situation de millions d’enfants dans le monde, qui sont déjà dans une situation socio-économique précaire. « L’augmentation de l’activité en ligne des personnes à la recherche de matériel pédopornographique, en raison du temps accru passé à l’intérieur, a aggravé les schémas déjà existants d’exploitation sexuelle en ligne et de cyberintimidation des enfants », a détaillé l’experte onusienne lors de la présentation d’un rapport sur les « effets du coronavirus sur les différentes formes de vente et d’exploitation sexuelle d’enfants. »

Des ressources financières et humaines limitées

« Nous savons qu’une telle crise d’une telle ampleur s’accompagne généralement d’un effondrement des structures de protection sociale », a laissé entendre Mme Singhateh, relevant que la pandémie de Covid-19 a provoqué une crise socio-économique qui, jusqu’à présent, a aggravé les inégalités flagrantes existantes entre les enfants vulnérables. Toute chose qui, selon Mme Singhateh, a entrainé « une amplification de leurs risques de vente, de traite, d’exploitation et d’abus sexuels. »

Malgré la création, ou le renforcement des services de protection sociale pour les enfants par de nombreux pays du monde, Mme Singhateh regrette que les ressources financières et humaines soient souvent limitées. Une situation qui handicape les efforts de lutte contre l’exploitation des enfants et la prise en soin des victimes. Ce n’est pas tout. L’experte onusienne a également fait valoir que le manque de données fiables nuit aussi à la visibilité des problèmes et empêche l’élaboration de réponses et de mesures préventives adéquates.

Bakary Fomba

6 mars 2021 0 comments
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Un manifestants pro Sonko lors des heurts avec les forcs de lordre le 4 mars 2021 a Dakar. Leo Correa AP SIPA
Opinion

Situation socio-politique au Sénégal : au-delà de la personne d’Ousmane Sonko

by Chiencoro 6 mars 2021
written by Chiencoro 5 minutes read

L’ébullition du front social au Sénégal, intervenue suite à l’affaire Ousmane Sonko, est à analyser au-delà de la personne de ce principal opposant politique du président sénégalais Macky Sall. Elle est non seulement la preuve de la faillite d’un système démocratique en Afrique, mais constituerait également une porte ouverte à toutes les possibilités au Sénégal.

Des heurts, des violences, des attaques contre des supermarchés, des stations-service, des bâtiments administratifs. La plupart des commerces fermés, les écoles aussi bien que les banques. Les signaux de certaines chaînes de télévision coupés. Le bilan : 4 morts, des blessés, des arrestations et plusieurs dégâts matériels. Voilà l’image que le Sénégal communique au monde entier depuis quelques jours : la violence comme mode d’expression démocratique.

Faillite d’un système

Toutes ces violences, qui font suite à l’affaire Ousmane Sonko, le principal opposant du président sénégalais Macky Sall, pour « troubles à l’ordre public et participation à une manifestation non-autorisée » le 3 mars, alors qu’il se rendait au palais de justice de Dakar à la suite d’une accusation de viol sur la masseuse Adji Sarr, soulèvent de véritables problématiques autour de la gouvernance démocratique en Afrique. Elles sont la preuve d’un manque de confiance aux institutions démocratiques, notamment judiciaires que les citoyens assimilent généralement, dans les démocraties du continent, à la majorité au pouvoir.

Dans la quasi-totalité de ces démocraties du continent, tout est mesuré à l’aune d’intérêts politiques. Des combats qui conduisent le plus souvent à la volonté de détruire des adversaires politiques par tous les moyens légitimes et illégitimes.

Pour le problème Ousmane Sonko au Sénégal, c’est cet aspect que tente de montrer Me Bamba Cissé : « C’est un scandale, l’objectif est d’emprisonner Ousmane Sonko pour l’éliminer des listes électorales en vue de l’élection présidentielle de 2024 ». Le magazine Jeune Afrique fait la même remarque en rapportant que M. Sonko voit cette cabale contre lui comme la mise en œuvre d’« un “complot politique” ourdi par le président Macky Sall pour l’écarter du jeu politique. »

Une telle conception, une fois qu’elle s’empare des partisans d’un homme politique, ne peut que conduire à ces genres de scène inqualifiable en démocratie. Nos gouvernants ont fait de la politique une arène d’anéantissement d’adversaires par la violence au lieu de privilégier plutôt le débat d’idées.

Manque de confiance, instrumentalisation

Dans un tel contexte de manipulation des citoyens où règne déjà un manque de confiance de ces citoyens au pouvoir judiciaire qu’ils assimilent au régime politique en place, la démocratie ne peut que mourir à petit feu. Ces situations ne sont que la preuve de la faillite d’un système de gouvernance étatique.

Les citoyens des pays démocratiques africains peinent de plus en plus à voir le fossé séparant le pouvoir législatif de l’exécutif ou de ces deux pouvoirs du pouvoir judiciaire. Le peuple est balloté entre des vents contraires. Il est instrumentalisé par des adversaires politiques en défense d’intérêts personnels qui le poussent à sacrifier tout ce qui a été construit avec l’argent du contribuable.

Ce qui se passe au Sénégal, et dont des cas similaires ont eu lieu dans d’autres pays du continent, est l’Illustration parfaite non seulement de ce manque de confiance au pouvoir judiciaire, qui ne semble plus être caractérisé par l’impartialité, mais aussi de l’instrumentalisation du peuple qui se lève et détruit ses propres biens pour généralement la satisfaction d’intérêts d’hommes en quête de plus de popularité.

Porte ouverte à toutes les possibilités

Le danger de cette scène de « violence politique », pour emprunter une expression de Alioune Tine (président du Think-Tank Afrikajom Center), à laquelle on assiste au Sénégal est la fragilisation du territoire. Une ouverture qui pourrait profiter aux terroristes qui pourraient en profiter pour étendre leurs tentacules à ce pays sahélien.

Rappelons que le moindre divorce entre les autorités politiques et les citoyens est une opportunité pour ces hommes armés de gagner la confiance des populations. Ce qui se passe au centre du Mali, Ségou et Mopti, est une illustration parfaite de cette situation.

Les États africains réussiront difficilement la stabilisation tant que les autorités politiques n’auront pas mis un peu d’eau dans leur vin en privilégiant plus les intérêts de la nation au détriment de leurs intérêts « égoïstes ». En effet, dans la démocratie, les violences sont généralement le fruit d’un manque de confiance installé à la suite de plusieurs années d’injustice, d’inégalité, de mauvaise gouvernance ou de corruption constatées par le peuple.

La course aux intérêts politiques, dans une certaine phase de l’histoire d’un pays, peut compromettre tout l’avenir de la nation.

Le Sénégal, à travers ces scènes de violence, qui se poursuivent, vient d’ouvrir la porte à toutes les possibilités. Macky Sall a tout intérêt à trouver une solution rapide à cette crise qui a pris des proportions assez inquiétantes. En attendant, rapportons ces propos du sociologue et philosophe français, Edgar Morin, sur son compte Twitter : « La réflexion sur le monde d’aujourd’hui ne peut s’émanciper d’une réflexion sur l’histoire universelle. Les périodes calmes et de prospérité ne sont que des parenthèses de l’histoire. Tous les grands empires et civilisations se sont crus immortels et tous ont disparu ».

Fousseni Togola

6 mars 2021 0 comments
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Santé

Lutte contre le rotavirus : des partenaires de la santé plaident en faveur des enfants en situation d’urgence

by Bakary FOMBA 5 mars 2021
written by Bakary FOMBA 3 minutes read

Les partenaires de la santé se félicitent de la disponibilité du vaccin antirotavirus, à bas prix, permettant de protéger les enfants vivant dans des camps de déplacés ou dans d’autres situations d’urgence contre les maladies diarrhéiques graves. 

Selon les estimations de l’OMS, en 2013, près de 215 000 enfants âgés de moins de 5 ans meurent chaque année d’infections à rotavirus, ce virus contagieux qui peut causer une inflammation de l’estomac et des intestins et qui touche principalement les bébés et les jeunes enfants. « Chaque jour dans le monde, des enfants meurent parce qu’ils sont affaiblis par la diarrhée. C’est l’un des plus grands meurtriers de jeunes enfants au monde », souligne Rachel Cumminigs, directrice de l’équipe de santé publique humanitaire de Save the Children.

Cette maladie peut être évitée grâce à la vaccination. L’ONG Médecins Sans Frontières (MSF), Save the Children, l’UNICEF et l’Organisation mondiale de la Santé (OMS), grâce à un accord de prix historique avec le fabricant, GSK, se félicitent de l’opportunité de mettre le vaccin antirotavirus à la disposition d’un plus grand nombre d’enfants vivant dans des crises humanitaires.

« Des maladies potentiellement mortelles »

« Nous nous félicitons de cet engagement des fabricants et espérons qu’il constituera un pas vers la disponibilité de plus de vaccins à l’avenir à des prix abordables », a déclaré Dr Kate O’Brien, directrice de la vaccination, des vaccins et des produits biologiques à l’OMS. Elle trouve inaccessible que des enfants « ne soient pas vaccinés contre des maladies dévastatrices comme le rotavirus en raison du manque de disponibilité ou des coûts élevés ».

« L’argent ne devrait jamais être une barrière entre la vie et la mort », a laissé entendre la directrice de l’équipe de santé publique humanitaire de Save the Children

Sauver les enfants vivant dans des camps de réfugiés

Le mécanisme humanitaire facilite l’accès aux vaccins pour les organisations humanitaires travaillant dans des pays touchés par des situations d’urgence, où l’accès et les prix ont par ailleurs été un goulot d’étranglement. « Le Mécanisme humanitaire a déjà augmenté le nombre d’enfants qui peuvent recevoir des vaccins vitaux, mais pour atteindre son plein potentiel et sauver plus de vies, MSF appelle les fabricants à engager des vaccins supplémentaires et à permettre aux enfants en situation d’urgence humanitaire d’accéder également aux vaccins », a déclaré Miriam Alia, référente en matière de vaccination et de réponse aux épidémies à MSF. Selon ses précisions, dans n’importe quelle partie du monde, les enfants doivent avoir accès aux « vaccins vitaux ».

Pour sa part, Robin Nandy, conseiller principal de l’UNICEF et chef de la vaccination, souligne qu’il est important d’élargir « la portée et l’étendue de la couverture vaccinale parmi les communautés touchées par les crises humanitaires ». Cela afin d’atteindre plus « d’équité en matière de vaccination au cours de la prochaine décennie ». Ce n’est pas tout, il souligne que « ces communautés sont les plus touchées par la morbidité et la mortalité évitables et ont souffert de manière disproportionnée des perturbations des programmes en raison de la pandémie [covid-19 ndlr] ».

Toutefois, pour rendre plus de vaccins disponibles par le biais du mécanisme, y compris les vaccins contre la typhoïde, le papillomavirus humain et d’autres vaccins contre le pneumocoque et le rotavirus, des engagements supplémentaires sont recherchés de la part des fabricants, a-t-on souligné.

À titre de rappel, le mécanisme humanitaire a été fondé en 2017 grâce à un partenariat entre les Nations Unies et les Organisations de la société civile (MSF, Save the Children, l’UNICEF et l’OMS) afin d’améliorer l’accès aux vaccins dans les situations d’urgence par les organisations de la société civile dans des pays qui ne sont pas autrement éligibles au soutien de Gavi.

Bakary Fomba

5 mars 2021 0 comments
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Arrivee des vaccins
Santé

Vaccin anti-covid : le Mali vient de recevoir un premier lot de 396 000 doses

by Chiencoro 4 mars 2021
written by Chiencoro 3 minutes read

Le Mali a reçu, ce vendredi 5 mars 2021, sa première dose de vaccin contre la covid-19. Ce premier lot qui a été réceptionné à l’aéroport international président Modibo Kéïta de Bamako-Senou intervient dans le cadre de la Facilité Covax.

396 000 doses, c’est précisément la quantité de vaccins contre la covid-19 que le Mali a reçu ce vendredi 5 mars 2021. La réception de ce premier lot de vaccins fait du Mali le premier pays du Sahel central à recevoir des vaccins contre la COVID-19 en Afrique de l’Ouest.  « Le pays est à féliciter. C’est un moment de fierté au regard de la mobilisation logistique massive déployée qui permettra au gouvernement de transporter, stocker et conserver les vaccins dans les conditions optimales de sécurité », selon Sylvie Fouet, représentante UNICEF.

« Des lieux de stockage apprêtés »

C’était le 25 février 2021 que la division approvisionnement de l’UNICEF à Copenhague, en Allemagne, et le laboratoire indien AstraZeneca avaient signé « un accord à long terme pour l’approvisionnement du vaccin covid-19 dans le cadre de la Facilité Covax ». Selon les précisions du spécialiste de la communication de l’UNICEF Mali, Ismail Ishaq Maïga , « cette facilité permet à l’ensemble des pays surtout avec des revenus faibles, d’avoir un accès équitable aux vaccins sans tenir compte de leur capacité financière ».

Notons que grâce à cet Accord, l’UNICEF, ainsi que ses partenaires d’approvisionnement, « dont l’Organisation Panaméricaine de la Santé (OPS), recevront jusqu’à 170 millions de doses de vaccins au bénéfice de 85 pays », précise-t-on dans un communiqué de l’UNICEF.

Pour le stockage de ces vaccins que le Mali vient de réceptionner, depuis le niveau central, jusqu’au niveau des centres de santé communautaires, l’UNICEF appuiera le gouvernement malien, a précisé le spécialiste de la communication du Fonds des Nations unies pour l’enfance avant de rassurer : « Des lieux de stockage sont apprêtés pour assurer la conservation dans des conditions optimales.  10 chambres froides de 40 m3 chacune ont été acquises et installées au niveau central. Dix (10) autres dépôts régionaux ont été dotés de générateurs de secours par l’UNICEF ». Ce n’est pas tout, « au niveau des dépôts des Centres de Santé communautaires (CSCom) dans les districts, 251 réfrigérateurs solaires additionnels sont fournis et installés et 288 autres arriveront bientôt ».

Les cibles prioritaires

Selon le gouvernement malien, les agents de première ligne à savoir les professionnels de la santé, ensuite les personnes avec les maladies chroniques telles que le diabète, l’hypertension, la tuberculose…. la 3e catégorie des cibles concerne les personnes âgées de plus de 60 ans, seront les cibles prioritaires. « Ces premières doses seront déployées à Bamako », précise notre source.

Le representant de l’Organisation mondiale de la santé (OMS) au Mali, Jean-Pierre Baptiste s’est réjoui de l’arrivée de ce premier lot: « Je félicite le Gouvernement Malien et souhaiter plein succès au processus de vaccination ».

La date pour le démarrage des vaccinations sera bientôt communiquée par le ministère de la Santé et du Développement social.  

Fousseni Togola

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Cenou
Éducation

Forum sur l’insécurité en milieu scolaire et universitaire : des progrès enregistrés par le CENOU dans la mise en œuvre

by Chiencoro 4 mars 2021
written by Chiencoro 5 minutes read

Le Centre national des œuvres universitaires (CENOU) progresse dans la mise en œuvre des recommandations du forum national sur l’insécurité en milieu scolaire et universitaire du Mali. Plusieurs avancées sont enregistrées dans la gestion du transport, des parkings ainsi que de la cour des universités voire des campus universitaires.  

La mise en œuvre des recommandations du forum sur l’insécurité en milieu scolaire et universitaire se poursuit et des progrès sont enregistrés dans divers secteurs. Au Centre national des œuvres universitaires (CENOU), le directeur général, Colonel-major Ousmane Dembélé a laissé des instructions aux agents aussi bien qu’aux chefs de service de sa structure pour la bonne application des différentes mesures issues de ce forum. Il les a invités surtout au respect des textes, qui lui semble primordial pour la réussite de la mise en œuvre des différentes recommandations.

Des cartes disponibles pour tous les étudiants

Selon Kassoum Diakité, chef du service transport du CENOU, « l’État a fait d’énormes sacrifices pour rendre le transport accessible aux étudiants ». Il revient alors à chacun de jouer sa partition pour le bien-être et la satisfaction des étudiants. C’est pourquoi des campagnes de sensibilisation ont été menées auprès des étudiants pour les inciter à se procurer de la carte de transport qui ne coûte que 7200 FCFA, l’année.

Les guichets de distribution de cartes ont été démultipliés afin de rendre l’accès à ces cartes plus facile aux étudiants. Une initiative du directeur du CENOU qui a porté ses fruits. Du 17 janvier 2021 à nos jours, près de 2000 cartes de transport ont été enlevées, se réjouit le chef du service transport.

M. Diakité explique que dans la même dynamique, un nombre important de bus a été mis à la disposition des étudiants afin de leur éviter d’être en retard aux cours. 

Cette carte de transport a été instaurée en vue de rendre non seulement le travail plus aisé aux billeteurs et aux chauffeurs lors des embarquements, mais aussi aux étudiants, qui paient leur transport en paiement unique pour toute l’année. Selon M. Diakité, cette carte est disponible pour tous les étudiants, « sans aucune distinction ».

Des bus pour tous les étudiants, dans les mêmes conditions

Si jadis, des membres de l’Association des élèves et étudiants du Mali (AEEM) ne se procuraient pas de cette carte, aujourd’hui, « la plupart d’entre eux » s’en procurent, se réjouissent des chauffeurs du CENOU.

Cet achat des cartes de transport par les membres de l’AEEM n’est autre que le fruit de la détermination des agents du CENOU à mettre en œuvre les recommandations du forum sur l’insécurité en milieu universitaire. Un forum qui recommande le désengagement de l’AEEM de la gestion de plusieurs œuvres universitaires.

« Aucun étudiant n’entre dans le bus sans être en détention d’une carte de transport », explique M. Diakité pour souligner le combat du directeur du CENOU et ses agents pour l’égalité et l’équité dans le milieu universitaire.

Des brebis galeuses résistent

Malgré tous les efforts, des brebis galeuses au sein de l’AEEM ont du mal à admettre la mise en œuvre des mesures issues du forum. Des chauffeurs expliquent qu’ils sont le plus souvent confrontés à « l’indélicatesse » de certains membres du syndicat estudiantin qui refusent toujours de suivre le même rang que les autres étudiants. D’autres vont jusqu’à vouloir obliger les chauffeurs à offrir pour eux les portes arrière du bus, nous précisent-ils avant de lancer cet appel : « Nous demandons le déploiement d’agents de sécurité sur les lieux d’embarquement afin de nous protéger ». 

Selon M. Diakité, des instructions ont été données dans ce sens : « J’ai demandé au contrôleur itinérant de me décliner l’identité de tout étudiant qui fera le forcing pour entrer dans le bus. Nous allons rendre compte à la hiérarchie pour que des dispositions puissent être prises ». Il précise que l’accès aux bus est équitable à tous les étudiants et dans les mêmes conditions.

La joie des étudiants

La mise en œuvre des recommandations du forum n’est pas seulement au niveau du transport, mais également dans la gestion des parkings universitaires, du campus voire de la cour des universités.

À l’université de Kabala, avec le désengagement de l’AEEM de la gestion du parking, les étudiants se réjouissent de la baisse du tarif de stationnement, qui quitte 100 FCFA pour 50 FCFA. « On peut dire Alhamdulillah. Maintenant nous payons le parking à 50 FCFA. Je dis merci aux autorités de la transition », indique un étudiant de la Faculté des Lettres et des Sciences du langage (FLSL) qui a requis l’anonymat.

Mais sur la colline de Badalabougou, cette mesure n’est pas encore entrée en vigueur, d’après le parqueur Balla Sidibé qui indique que les discussions sont en cours afin de décider des mesures à prendre. Ce parking de l’ex-flash ne relève pas du CENOU, mais des administrations universitaires.  

« Nous remercions Bah N’Daw et son équipe »

Ce n’est pas seulement les étudiants qui se réjouissent de la restriction du pouvoir de l’AEEM. Des vigiles de l’université de Kabala soulignent le retour de plus de sécurité dans cet espace depuis que la mise en œuvre des recommandations a commencé. « Il ne passait pas de jour sans que nous voyions un membre de l’AEEM se quereller avec un étudiant, dans la cour ou dans le campus. Mais aujourd’hui, la plupart des membres de ce comité passent inaperçus », explique un gardien de l’université de Kabala avant qu’un autre précise que jadis, « chaque soir, on pouvait entendre des coups de feu tirés par des membres de l’AEEM ». Mais aujourd’hui, plus rien de cela n’est observable dans ce milieu, rassure-t-il.

Les vigiles se réjouissent également de la destruction du hangar qui servait de lieu de regroupement pour des membres de l’AEEM à l’intérieur de la cour de l’université de Kabala. « Nous remercions Bah N’Daw et son équipe qui ont réussi à poser les jalons de la sécurisation de l’espace universitaire », précise un gardien de cette université avant de formuler le souhait que l’application de ces mesures ne se limite pas à la période de la transition.

Fousseni Togola

4 mars 2021 0 comments
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Porccho Marguerite a droite Naomi a gauche 1
Éducation

Adolescents et TIC : Musodev lance un projet d’« alphabétisation numérique » à l’endroit de 60 jeunes filles

by Chiencoro 3 mars 2021
written by Chiencoro 2 minutes read

Musodev, l’association pour la promotion des femmes par les TIC, a tenu dans ses locaux à Baco-Djicoroni une conférence de presse, mercredi 3 février 2021. Objectif : lancer la première édition de « TEEN AND ICT » (Adolescents et TIC), un projet de Musodev visant l’« alphabétisation numérique des adolescentes ». Un projet sélectionné à la suite d’un appel à candidatures.

Financé par le fonds Pananetugri, le premier fonds féministe d’Afrique de l’Ouest, ce projet de Musodev vise à former en six mois, 60 jeunes jeunes filles aux nouvelles technologies de l’information et de la communication (TIC). Ces jeunes filles seront réparties en 4 groupes de 15 personnes afin de leur assurer une formation de qualité.

Donner aux jeunes filles une éducation de qualité

Selon Porcho Marguerite Sogobo, présidente de Musodev, ce projet a pour ambition d’« informer, sensibiliser et initier les adolescentes lycéennes à l’informatique, à l’utilisation positive d’internet ». Ce n’est pas tout, elle précise également qu’à travers ce projet, Musodev entend aider ces adolescentes de 13 à 20 ans à une meilleure utilisation de certains outils technologiques liés aux violences basées sur le genre et à la santé sexuelle et reproductive.

Ce projet vise également à sensibiliser les jeunes filles afin de les mettre à l’abri des harcèlements en ligne. Pour ce faire, ce projet éveillera leur conscience sur les dangers de certaines pratiques en lignes, explique la présidente de Musodev.

Naomi Coulibaly, chargée du projet Teen and ICT, explique que ce projet donnera l’opportunité aux jeunes filles de connaître leur corps, d’exprimer leur opinion sur la sexualité et la planification familiale, de prendre les décisions qu’elle juge utiles pour elles-mêmes. Elle leur permettra d’avoir « une éducation de qualité ».

Moins de filles dans les séries scientifiques

Porcho Marguérite Sogobo justifie le bien-fondé de cette initiative par la baisse du taux de jeunes filles dans les séries scientifiques au Mali. « Selon les données du ministère de l’Éducation nationale, ce taux a chuté de 53 % en 1997 à 11 % en 2016 », a-t-elle rappelé. D’où l’importance pour elle d’encourager les filles dans les séries scientifiques.

Les participantes à cette session de formation seront sélectionnées à la suite d’un appel à candidatures qui sera bientôt lancé par Musodev.

Le Fonds Pananetugri est le premier fonds féministe d’Afrique de l’Ouest, dirigé et administré par des jeunes filles et jeunes femmes (JFF). Il est destiné à soutenir le développement organisationnel et institutionnel des groupes et des organisations de JFF dans le cadre de la mise en œuvre d’actions novatrices et fédératrices en vue d’un changement social profond en faveur des JFF. Ce fonds servira également à accompagner les organisations de JFF trop éloignées des fonds classiques de par sa flexibilité.

Fousseni Togola

3 mars 2021 0 comments
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