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Emmanuel Macron lors de la conference de presse du mardi 16 fevrier 2021
Sécurité

Suspension des opérations militaires conjointes : la France entre cynisme et déni d’assistance

by Sahel Tribune 4 juin 2021
written by Sahel Tribune 3 minutes read

À quel jeu joue la France au Mali ? Pourrait-on légitimement se demander. Entre cynisme et opportunisme et déni d’assistance, le masque de la France n’est plus loin de tomber au Mali. Sinon comment comprendre que la décision de suspension des opérations militaires conjointes que la France et le Mali menaient pour lutter contre le terrorisme dans la zone des trois frontières soit annoncée par le représentant diplomatique français sans que celui-ci ne soit à même de donner, ne serait-ce qu’un petit bout de papier officiel en guise de preuve ? Y aurait-il un manque de rigueur dans la conduite des affaires diplomatiques ou serait-ce simplement la preuve d’un mépris pour les autorités de la Transition ?

Des rumeurs

En tout état de cause, cette supposée décision de suspension est bien loin d’arriver à point nommé pour qui connaît et comprend l’étendue et les conséquences sécuritaires de la crise malienne. Sous prétexte d’une démarcation vis-à-vis des autorités de la Transition pour des jugements de valeur dont la prise en compte ne favoriserait nullement la stabilité du Mali ainsi que la cohésion de ses forces de défense et de sécurité.

Le cas récent du Tchad n’est-il pas riche en enseignements pour que la France soit plus compréhensive face à celui du Mali ?

Manifestement, l’intention de la France d’induire les autorités maliennes en erreur ne semble plus faire de doute tant elle s’obstine à entretenir la rumeur sur un sujet aussi sensible et important que cette suspension annoncée. Par-delà les démarches de l’Ambassadeur de France au Mali, M. Joël Meyer, d’ailleurs non appuyées de courrier officiel, d’autres voix officieuses de la France, certainement émises à dessein, font croire à une suspension des opérations militaires conjointes sur le terrain entre les forces maliennes et françaises, intervenant par excellence dans les zones les plus sensibles du théâtre des opérations.

Clarifier sa position

Comme le dit si bien un adage, « c’est dans les moments difficiles que l’on reconnaît ses vrais amis ». À l’analyse, un fait demeure constant. C’est bien la volonté de la France d’entretenir la rumeur dans le but de pousser les autorités maliennes à se prononcer publiquement sans document officiel de suspension. Plus grave, et à éviter à tout prix, c’est la prétention de la France de se tenir « prête » pour d’éventuelles urgences contrairement à l’esprit de planification et de coordination pour le succès de toute opération militaire.  

À l’impossible nul n’étant tenu, le Mali saura néanmoins se relever et faire face à son destin devant l’histoire, quitte à bénéficier de l’accompagnement militaire d’autres partenaires stratégiques. Bien que nous n’en soyons pas à ce niveau pour l’instant, cette option pourrait bien être envisageable, comme le désire d’ailleurs une bonne frange de la population malienne.

L’heure de vérité semble donc sonner pour la France qui doit plus que jamais clarifier sa position face au Mali.

Correspondance particulière

4 juin 2021 0 comments
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Féminicide
Opinion

Féminicide : à l’origine d’un mot pour mieux prévenir les drames

by Sahel Tribune 3 juin 2021
written by Sahel Tribune 8 minutes read

À Mérignac, à Hayange, l’actualité nous rappelle tous les jours ou presque le drame du féminicide, dont ont été victimes au moins 90 femmes en France pour la seule année 2020. Si le terme s’est aujourd’hui fait une place dans le débat public, pour qualifier des meurtres de femmes parce qu’elles sont femmes, il a mis du temps à s’imposer.

Le mot féminicide est entré pour la première fois dans un dictionnaire français, Le Petit Robert, en 2015, et a été hissé sur le podium de la lexicographie en 2019, devenant le mot de l’année, mais la réalité qu’il décrit ne date pas du XXIᵉ siècle.

Pendant des siècles, il a été occulté par les termes « crime passionnel », « drame de la séparation », « tragédie conjugale » ou encore « drame de la jalousie », autant d’expressions qui ont contribué à dédouaner les auteurs de crime et à ignorer que l’immense majorité des victimes étaient des femmes.

Vocable vagabond

La première apparition du mot féminicide reste incertaine. Il semble bien que le terme a été utilisé pour la première fois dans la seconde moitié du XIXe siècle. Dans Le Monde illustré, journal hebdomadaire, évoquant aussi bien l’explosion d’une mine de charbon que le quotidien d’un pêcheur à la ligne, Jules Lecomte, en février 1863, lance une formule neuve : le « lacet féminicide », suggérant que les femmes mettent la corde au cou des hommes, les bridant, les corsetant et les dominant. Une acception complètement à l’opposé de la définition actuelle du mot.

Par la suite, il apparaît, de manière presque inattendue, dans des périodiques. Ainsi, Le Rappel, dans une livraison du 31 octobre 1887, évoque les « fusillades conjugales et le féminicide », mais ici, si le mot est bien associé à la violence, il désigne une femme qui tire au revolver sur une autre femme avant de retourner l’arme contre elle. Il est difficile ensuite de suivre le cheminement du féminicide qui n’est pas alors une notion mais un vocable vagabond.

Très proche, le femmicide est lui attesté dès le début du XVIIe siècle dans une pièce de théâtre due à Paul Scarron, Jodelet souffleté ou les Trois Dorothée, joué pour la première fois en 1646 sur la scène du théâtre de l’Hôtel de Bourgogne à Paris. Le texte remanié en 1652 porte désormais comme titre Le Jodelet duelliste. Il s’agit d’une comédie. Le valet Jodelet dit à Don Félix, dès la scène I de l’acte I : « Là vos yeux travaillant à faire femmicide ». Le personnage rêve, comme un homme possessif, de brutaliser une femme.

Le femminicide s’apparente ici aussi au burlesque. Avec une double consonne le mot se retrouve encore au début du XIXe siècle sous la plume de Frédéric Soulié et Léo Lespès dans l’épilogue du Veau d’Or, publié dans la seconde moitié du XIXe siecle, puis finit par disparaître.

L’« uxoricide » ou le meurtre de l’un des époux

Quant au féminicide, il n’est pas loin de connaître le même sort. Dans une feuille confidentielle, Le Parti ouvrier, daté du 6 octobre 1888, on peut lire : « Fou-homicide – il faudrait dire féminicide ». L’auteur veut dire qu’il serait préférable d’utiliser fou-féminicide plutôt que fou-homicide.

Dix ans plus tard, La Petite Presse du 4 juillet 1899 parle d’un orateur féminicide se livrant à un véritable réquisitoire contre les femmes. L’idée de violence physique n’est pas automatique. C’est ainsi que Hubertine Auclert, la suffragiste qui montait presque « toute seule à l’assaut des préjugés », condamne, dans Le Radical daté du 17 novembre 1902, un projet de loi concernant le divorce, qu’elle qualifie de « loi féminicide ». Mot sans date certifiée de baptême, féminicide disparaît pratiquement à partir du début du XXe siècle et ne désigne pas le meurtre d’une femme par son mari.

Il est vrai que du côté des juristes, un autre mot, dont l’usage n’est pas systématique, désigne depuis le XVIIe siècle certains crimes dans la sphère conjugale : uxoricide (du latin uxor, uxoris, épouse). Dans un livre, traduit de l’allemand, Sur la noblesse et excellence du sexe féminin (Heinrich Cornelius Agrrippa von Nettesheim, 1537), un passage concerne les époux qui tuent leur femme.

Pierre François Muyart de Vauglans, un des juristes les plus importants de la fin du XVIIIᵉ siècle, lui consacre un développement dans Les Lois criminelles de France dans leur ordre naturel, publié en 1780. Il cite Étienne V, pape du VIIe siècle qui se désole de l’atrocité des conséquences du crime d’uxoricide et exige l’expiation du mari pendant tout le reste de son existence.

« Inacceptables attentats contre la personne humaine »

Au lendemain de la Révolution française et de la codification napoléonienne, l’uxoricide ne figure pas dans le code pénal. Cependant on le retrouve dans certains traités et articles spécialisés, mais il semble désuet, promis à une extinction rapide, même s’il apparaît sous la plume de César Lombroso, criminologiste italien, inventeur du « criminel-né », en 1887. Il ne désigne plus seulement le meurtre de la femme mariée, mais, indifféremment, celui de l’un des époux.

Quant au féminicide, il resurgit beaucoup plus tard, en 1976, lors de la tenue, du 4 au 8 mars, à Bruxelles, du Tribunal international des crimes contre les femmes. Simone de Beauvoir n’a pu faire le déplacement mais a envoyé un texte dénonçant les « inacceptables attentats contre la personne humaine ».

Vingt-six pays sont représentés et des journalistes en rendent compte. Un article de Ouest-France souligne : « À cette occasion est apparu un nouveau mot, féminicide » (numéro daté du 5 mars 1976). L’anthropologue Diana Russel, qui l’utilise pour la première fois en public, a confié qu’elle l’avait découvert en 1974, apprenant que la romancière américaine Carol Orlock préparait un livre qu’elle allait intituler ainsi.

Outil de qualification juridique

Le mot fémicide quant à lui apparaît en 1992 dans un ouvrage collectif non traduit en français, Femicide : The Politics of Women Killing dirigé par Diana Russell, Jill Radford et Jane Caputi. Le livre recense les meurtres commis contre des femmes en raison de leur sexe et met en lumière l’existence d’un « continuum des violences masculines contre les femmes » dont le point ultime est la mise à mort.

Si le mot ne fit pas l’effet d’une déflagration, il chemina à un rythme inégal en fonction des aires culturelles et politiques. C’est au Mexique, au début des années 2000, sous l’impulsion de l’anthropologue Marcela Lagarde y de los Rios, que le mot prend de l’épaisseur dans le contexte du pays et particulièrement à propos des assassinats de masse à Ciudad Juárez. À la tête d’une Commission d’enquête parlementaire, elle traduit le mot en espagnol : feminicidio.

L’intention est d’opérer une distinction avec homicide et d’en faire un outil spécifique de qualification juridique. C’est alors une manière de reconnaître leur particularité et de souligner l’impunité des auteurs. En Amérique latine, coexistent les deux termes – féminicidio et femicidio –, comme le souligne Ana Carcedo qui a coordonné une vaste enquête sur les meurtres de femmes en Amérique centrale de 2000 à 2006. Le mot est alors largement utilisé par les féministes sur tout le continent, puis par les diverses agences gouvernementales et internationales.

Ainsi l’Organisation des Nations unies, plus exactement l’Assemblée générale, avait émis le vœu de définir précisément les violences à l’égard des femmes. Il faut attendre la création de l’ONU femmes en 2010 pour que deux ans plus tard le terme de féminicide soit adopté.

Faire advenir une prise de conscience collective

De manière emblématique, le 12 mars 2013, Michelle Bachelet, ancienne présidente du Chili, devenue directrice exécutive de l’ONU Femmes, prononce un discours important. À son auditoire, elle indique :

« Nous sommes ici pour discuter de la plus extrême manifestation de violence à l’égard des femmes : les meurtres motivés par des préjugés basés sur le genre, également appelés “fémicides”. Nous sommes ici pour discuter des meurtres de femmes commis simplement parce qu’elles sont des femmes. »

Pour l’ONU comme pour l’OMS, le féminicide ou le fémicide, est un concept-outil permettant de sensibiliser l’opinion publique internationale et de faire advenir une prise de conscience collective.

Celle-ci vient à la faveur de la vague #MeToo à l’automne 2017 à la suite de l’affaire Weinstein qui secoue le milieu cinématographique hollywoodien. Les « briseuses de silence » livrent de courts témoignages sur les réseaux sociaux témoignant des regards, des viols, des agressions, des brimades, des injures… La réalité massive d’un phénomène social d’ampleur planétaire explose aux yeux et aux oreilles de tous.

Les médias s’en font l’écho, l’opinion publique s’en empare. Le seuil de l’inacceptable est franchi. Il prend d’abord la forme d’une comptabilité macabre, égrainée sur les réseaux sociaux, à la radio ou dans les journaux, des femmes tuées sous les coups de leur conjoint, forme ultime de la domination masculine. Désormais, elles ont un nom et un visage, elles s’appellent Alexia Daval, Marie Trintignant, Magali Blandin ou Chahinez Boutaa Daoud à Mérignac en mai 2021. Victimes d’un crime de propriétaire et de défaillances de la société, incapable de les protéger.

Lydie Bodiou, Maîtresse de conférence en histoire ancienne, Université de Poitiers et Frederic Chauvaud, Professeur d’Histoire contemporaine, Université de Poitiers

Cet article est republié à partir de The Conversation sous licence Creative Commons. Lire l’article original.

The Conversation
3 juin 2021 0 comments
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Ces images ne montrent pas l'effet d'un soi-disant produit chimique introduit au Mali
Les démystificateurs du Sahel

#FactCheck: ces images ne montrent pas des victimes d’un produit toxique au Mali

by Chiencoro 2 juin 2021
written by Chiencoro 2 minutes read

Depuis plusieurs jours, un enregistrement vocal accompagnant deux images vole la vedette dans des groupes WhatsApp au Mali. Ces images faisant croire les effets d’un soi-disant produit toxique introduit sur le marché malien sont hors contexte.

« Depuis le vendredi, une quantité importante d’un produit toxique, ressemblant à du sucre, a été importée dans notre pays. Cette poudre contient un produit chimique nuisible à la santé humaine et peut conduire à la mort si elle atteint notre organisme », explique-t-on dans un message vocal accompagnant deux images partagées dans plusieurs groupes WhatsApp au Mali, depuis le week-end dernier. Des images montrant d’une part plusieurs corps disposés côte à côte, et d’autre part, un enfant avec la bouche boursouflée et remplie de pustules.

Infection buccale
Un enfant souffrant d’une infection buccale pris comme victime d’un soi-disant produit toxique sur le marché malien. Cette image est détournée de son contexte.

« Infection buccale due au papillomavirus »

Sur l’image ci-dessus on peut lire ce message sous forme de mise en garde : « Faites attention au sucre en poudre que vous consommez ces derniers temps-ci. Des individus mal intentionnés ont mis sur le marché un sucre mortel dont la composition exclusivement chimique contient des produits toxiques. » L’auteur du même message poursuit : « La source est découverte mais plus de 50 tonnes de ce poison sont déjà libérés sur le marché ». On retrouve le même message sur ce site, depuis 2013.

Selon une vérification de Agence France Presse (AFP), l’enfant sur la photo souffre d’une « infection buccale due au papillomavirus ».

L’auteur de l’enregistrement vocal indique que l’information a été donnée par la Radio France internationale (RFI), sans préciser l’émission ni le jour où la diffusion a été faite. Sauf que nous n’avons trouvé aucune publication de ce média français à ce sujet.

Des images détournées

A travers des recherches d’image inversée, nous avons retrouvé la même image montrant des corps sans vie disposés côte à côte sur plusieurs pages Facebook comme ici ou là ou encore ici. Toutes ces images font référence au Nigéria. Cette page donne plus de précisions : « Des photos des funérailles de 40 morts ont été organisées dans la ville de Ngaski dans l’État de Kebbi ». Des personnes décédées à la suite d’un « accident de bateau », précise la même source.

Toutes ces images ont été détournées de leur contexte pour faire croire une complicité contre le Mali à un moment où plusieurs manifestations ont eu lieu pour demander le départ de la France.

Fousseni Togola


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2 juin 2021 0 comments
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Le président francais Emmanuel Macron assiste depuis l'Elysée a Paris au sommet sur le climat organise par visioconference le 22 avril 2021
Politique

Situation politique au Mali : de quoi la France a-t-elle peur ?

by Chiencoro 2 juin 2021
written by Chiencoro 4 minutes read

Depuis le coup de force au Mali, le 24 mai 2021, ayant conduit à la démission du président et du Premier ministre de Transition, le 26 mai, le président français, Emmanuel Macron multiplie les sorties sur la situation politico-sécuritaire dans ce pays. Il va jusqu’à menacer de se retirer de ce territoire si jamais les nouvelles autorités doivent céder face à « l’islamisme radical ».

Juste après l’arrestation de Bah N’daw et Moctar Ouane par le colonel Assimi Goïta et ses hommes, la France a convoqué une réunion d’urgence du Conseil de sécurité des Nations Unies (ONU) sur le Mali. Une réunion qui s’est tenue à huis clos, le mercredi 26 mai. Une rencontre à la suite de laquelle le Conseil de sécurité a condamné l’arrestation du président et du Premier ministre de Transition et a appelé à leur libération tout en demandant le retour des militaires dans leurs casernes et la reprise immédiate de la transition menée par des civils.

« Au Tchad, les choses sont claires »

La même semaine, dimanche 30 mai, les chefs d’État des pays membres de la Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO) se sont réunis à Accra, au Ghana, sur la même situation politique. À part la suspension du Mali des institutions de l’organisation, aucune autre sanction n’a été prise contre le Mali par cette organisation régionale.

A s’en tenir à la France, la communauté internationale ainsi que la Cédéao iront au-delà des simples condamnations. L’ex-colonisateur n’arriverait pas à digérer ce nouveau coup de force qu’elle a appelé « un coup d’État dans un coup d’État ». Chose qu’elle a jugée « inacceptable ». Elle menaçait même de prendre des sanctions ciblées et de se retirer du Mali.

Au Journal de dimanche (JDD), le 31 mai dernier, le locataire de l’Élysée confiait : « [ndlr] Je ne resterais pas aux côtés d’un pays où il n’y a plus de légitimité démocratique ni de transition ». Et d’être on ne peut plus clair quant à la tentation à l’islamisme radical : « L’islamisme radical au Mali avec nos soldats sur place ? Jamais de la vie ! Il y a aujourd’hui cette tentation au Mali. Mais si cela va dans ce sens, je me retirerai ». Selon ses précisions dans les colonnes du JDD, s’il soutient la transition militaire au Tchad, c’est parce que les cas sont différents. « Au Tchad, les choses sont claires. Nous venons au secours et en soutien d’un État souverain pour qu’il ne soit pas déstabilisé ou envahi par des groupements rebelles et armés. Mais nous demandons la transition et l’inclusivité politique », a-t-il précisé.

Cette situation tchadienne est-elle vraiment différente du cas malien ? Pourquoi autant d’inquiétudes du côté de la France pour cette transition dirigée par un militaire au Mali ? La France voit-elle des intérêts menacés ?

Une peur justifiable ?

Depuis ce coup de force du 24 mai, des regroupements ont eu lieu dans la capitale malienne ainsi que dans certaines régions pour appeler la Russie au secours et demander le départ des troupes françaises du Mali. Des mouvements qui viennent donner plus de force aux mouvements de protestation, déjà existants, contre la politique de la France au Mali, notamment le mouvement « Yèrèwolo debout sur les remparts », qui demande depuis un certain temps une coopération avec la Russie. Un mouvement auquel appartient Adama Diarra alias Ben le cerveau, membre du Conseil National de Transition (CNT). Les putschistes, actuellement au pouvoir, sont également considérés comme des hommes très proches de la Russie.

La montée en puissance de ces mouvements opposés à la présence militaire française sur le sol malien pourrait bien servir de justificatif aux réactions du président Emmanuel Macron. À ce titre, il conviendrait de se demander pourquoi ce pays a si peur de perdre le Mali. En menaçant de quitter ce pays de son gré, le locataire de l’Élysée oublierait-il que c’est le Mali qui lui a fait appel ? N’avait-il pas fait comprendre que le départ de la France se ferait à la demande des autorités maliennes qui lui ont fait appel ? D’ailleurs, le sommet de clarification de Pau, en janvier 2020, n’avait d’autres objectifs que de consulter les dirigeants des pays du sahel sur la poursuite de cette opération militaire française dans la région.

À travers ces réactions émotives, la France risque de fortifier les plus récalcitrants contre sa politique au Mali voire au sahel. En un mot, la France aurait des intérêts sur le sol malien dont elle a peur de perdre.

Fousseni Togola

Source: maliweb.net

2 juin 2021 1 comment
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Moussa Faki Mahamat, président de l'Union africaine
Politique

Mali : l’Union africaine appelle à « la mise en place d’une transition civile »

by Sahel Tribune 2 juin 2021
written by Sahel Tribune 2 minutes read

Suite au nouveau coup de forces perpétré le 25 mai par le Colonel Assimi Goita et les siens, l’Union africaine, tout en suspendant le Mali, le mardi 1er juin, de toutes les institutions de l’organisation, appelle à la mise en place d’une transition civile. Tout le contraire de l’organisation sous régionale beaucoup plus conciliante.

Contrairement à la CEDEAO, l’Union africaine sanctionne le Mali. « Conformément aux instruments normatifs pertinents de l’UA, décide de suspendre immédiatement la République du Mali de toute participation à toutes les  activités de l’Union africaine, de ses organes et institutions, jusqu’à ce que l’ordre  constitutionnel normal soit rétabli dans le pays », renseigne le communiqué Conseil de paix et de sécurité (CPS) de l’Union africaine (UA), daté  du mardi 1er juin

A la différence de la CEDEAO, beaucoup plus conciliante, le CPS de l’UA « exhorte vivement les militaires maliens à retourner d’urgence et sans condition dans  leurs casernes et à s’abstenir de toute nouvelle ingérence dans les processus politiques au  Mali ». Aussi, contrairement à l’organisation ouest africaine, qui ne fait plus du départ du colonel Goïta de la présidence de la transition une exigence,  l’UA appelle clairement à la mise en place d’une transition dirigée par des civils.

Faute, l’organisation panafricaine menace « d’imposer des  sanctions ciblées et d’autres mesures punitives à l’encontre de tout trouble-fête de la  transition actuelle ». Cette décision du CPS de l’UA constitue un échec diplomatique pour la junte au pouvoir qui vient d’essuyer un sérieux revers. La conséquence immédiate de cette décision est l’éviction des membres désignés par le Conseil national de transition (Cnt) devant siéger au parlement panafricain.

Ce qui met de facto fin aux ambitions de Aïchata Cissé dite Chato, elle qui était candidate à la présidence du parlement panafricain. L’ex député de Bourem voit ainsi son rêve brisé. A titre de rappel, elle avait été désignée au Cnt en remplacement de l’Imam Oumarou Diarra, démissionnaire avec comme seul objectif être présidente du parlement panafricain. Un objectif désormais hors de portée  avec la  suspension du Mali par le Conseil paix et sécurité de l’Union africaine.

Abdrahamane SISSOKO

Source: Maliweb.net

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Jean Yves Le Drian
Politique

Situation politique au Mali : la France attachée au respect du calendrier des élections

by Bakary FOMBA 1 juin 2021
written by Bakary FOMBA 2 minutes read

Le 26 mai dernier, le Président et le Premier ministre de la transition malienne ont démissionné. Suite à ces événements, la CEDEAO a organisé le 30 mai 2021, un sommet extraordinaire à Accra, au Ghana, lors duquel le Mali a été suspendu des instances de cette organisation régionale.

Tout en condamnant ce coup de force au Mali, la France prend acte de la suspension du Mali des institutions de la CEDEAO, décidée lors du sommet extraordinaire des chefs d’État et de gouvernement, le 30 mai, indique le ministre de l’Europe et des Affaires étrangères, Jean-Yves Le Drian dans une déclaration du 31 mai 2021.

Toutefois, « la France partage la priorité absolue accordée par la CEDEAO à l’organisation de l’élection présidentielle au 27 février 2022 dans les conditions strictes énoncées par les chefs d’État et de gouvernement dans le communiqué du 30 mai », évoque M. Le Drian dans sa déclaration. La France dit également appuyer la mise en place par la Cédéao d’un mécanisme de suivi et du respect de la période de transition. Dans sa déclaration, M. Le Drian n’a pas manqué à souligner que « le respect de ces paramètres, vérifié par la CEDEAO, est la condition du maintien de l’engagement des partenaires et de l’accompagnement de la transition. »

Après avoir salué la médiation menée par la CEDEAO et pris note des délibérations des chefs d’État et de gouvernement de cette organisation régionale, notamment la suspension du Mali de ces institutions, l’Union européenne affiche son soutien particulier quant au maintien du calendrier des élections présidentielles du 27 février 2022, selon les termes définis par la CEDEAO, indique le Haut Représentant/Vice-Président Josep Borrell de l’Union européenne dans une déclaration du 31 mai 2021.

Bakary Fomba

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Colonel Assimi Goita, président de la transition malienne
Opinion

« Rectification » de la transition : de l’intelligence politique pour relever le défi de la stabilité

by Sahel Tribune 1 juin 2021
written by Sahel Tribune 3 minutes read

Le Mali démarre la deuxième phase de la transition devant poser les jalons du Mali nouveau. Pour relever ce défi herculéen, le nouveau président de transition souhaite avoir avec lui le principal mouvement de contestation, le M5-RFP. Un souhait qui concorde avec l’exigence de la Cédéao.   

L’instabilité politique et institutionnelle serait-elle devenue atavique au Mali ? En moins d’une année, deux coups d’État. Après la chute du régime Ibrahim Boubacar Kéïta, le 18 août 2020, une transition de dix-huit (18) mois avait été installée, mais qui tombe comme un château de cartes juste après neuf (9) mois d’existence. D’une transition dirigée par des civils, comme l’avait exigé la Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest (Cédéao) après le départ d’IBK, le Mali se retrouve finalement dans une transition dirigée par un militaire, après l’arrestation de Bah N’daw et Moctar Ouane, le 24 mai, puis leur démission, le 26 mai 2021. 

Ce que vaut le M5 à la Primature

Déclaré président de Transition, le 28 mai, par la Cour constitutionnelle du Mali, le colonel Assimi Goita nommera dans les prochains jours son Premier ministre, poste auquel Dr Choguel Kokala Maiga, président du Mouvement du 5 juin-Rassemblement des forces patriotiques (M5-RFP), a été proposé. Cette proposition est déversement appréciée. Néanmoins, ne faudrait-il pas croire que la nomination du président du parti Mouvement patriotique pour le renouveau (MPR) pourrait être gage de stabilité dans ce pays ?

Lors du sommet extraordinaire des chefs d’État de la Cédéao, le 30 mai 2021, sur la situation politique au Mali, l’Organisation ouest-africaine, en suspendant le Mali de ses institutions, a exigé la nomination immédiate d’un Premier ministre civil et la formation d’un gouvernement inclusif.

En plus de cette exigence de la Cédéao, faut-il rappeler que depuis le 5 juin, date de création du M5-RFP, ce mouvement hétéroclite cristallise les tensions au Mali en déstabilisant les pouvoirs en place avec toujours des revendications sur la table. La non-prise en compte de ses revendications a entraîné la chute d’IBK et peut être également citée parmi les causes du départ de l’ex-président de transition, Bah N’Daw, et son Premier ministre, Moctar Ouane.

Le M5-RFP avait dix-sept (17) points de revendication, dont le départ du Premier ministre ainsi que la dissolution du Conseil national de transition (CNT) qu’il juge « illégal et illégitime ». Des doléances auxquelles Bah Ndaw n’a pas pu donner satisfaction.

Quelle chance pour la renaissance ?

Au stade actuel des choses, la nomination du président du Comité stratégique du M5 à la tête de la deuxième institution pourrait contribuer au retour de la stabilité et à la poursuite de l’exécution normale du programme de la transition, devant conduire à la tenue des élections en 2022.

En ayant le M5-RFP avec elle, le président de Transition se trouve une caution morale, se sauve la tête et se rassure de pouvoir conduire ce processus à bon port. La stabilité, comme l’a dit le nouveau président, reste l’objectif de la nouvelle équipe. Cette stabilité serait difficile si le M5, qui se voit comme le principal acteur de ce processus, se sent toujours écarté. Il convient également de tenir compte des autres classes sociales et politiques lors des consultations pour la formation de la nouvelle équipe gouvernementale. 

Après la mise en place de la nouvelle équipe gouvernementale, il faudrait songer rapidement au remembrement du CNT, afin que le M5 soit convaincu que la « rectification » est bien en cours. Pour réussir cette transition en relevant le défi herculéen de la stabilité, les nouvelles autorités doivent travailler avec les autres classes sociales et politiques.

Fousseni Togola

Source: maliweb.net

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