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Aminata Coulibaly, présidente de l’Association ABSI
A la UneOpinion

Aminata Coulibaly, présidente de l’Association ABSI : « Servir cette humanité discrète, c’est donner un sens plus profond au Ramadan »  

by Ibrahim Kalifa Djitteye 13 mars 2026
written by Ibrahim Kalifa Djitteye 6 minutes read

À l’occasion du mois sacré de Ramadan, Aminata Coulibaly, présidente de l’Association Bénévole pour la Solidarité Inclusive (ABSI), revient sur l’engagement de son organisation en faveur des plus vulnérables. Entre dignité, fraternité et partage, elle explique comment l’ABSI transforme la spiritualité en actions concrètes. Dans cet entretien, elle évoque les défis, les témoignages marquants et l’importance d’une solidarité inclusive qui ne laisse personne de côté.

Sahel Kunafoni : Pouvez-vous présenter brièvement l’ABSI et sa mission principale ?

Aminata Coulibaly : L’ABSI est une association humanitaire à but non lucratif qui œuvre pour l’inclusion sociale et l’égalité des chances. Sa mission est d’accompagner les personnes vulnérables à travers des actions concrètes, en veillant à ce que personne ne soit laissé de côté. L’association agit comme un acteur de proximité, en créant des initiatives qui renforcent la dignité et le respect de chacun. ABSI incarne une vision de solidarité inclusive où chaque geste compte, qu’il s’agisse d’un repas partagé, d’un soutien moral ou d’une présence bienveillante, rappelant que la dignité humaine est universelle.  

SK : Qu’est-ce qui vous a motivée à vous engager dans la solidarité inclusive, en particulier pendant le Ramadan ?

Aminata Coulibaly : Le Ramadan est un mois de spiritualité et de partage, mais aussi un moment où les inégalités se révèlent avec force. Ce qui m’a motivé, c’est de constater que certaines personnes n’ont pas la chance de rompre le jeûne dans un cadre digne ou auprès de leurs proches. La solidarité inclusive consiste à aller vers ceux qu’on ne voit pas toujours, ceux que la rupture trouve en chemin. Servir cette humanité discrète, c’est donner un sens plus profond au Ramadan : transformer la foi en actes concrets qui réchauffent les cœurs et rapprochent les individus.  

S.K: Comment percevez-vous le rôle de ceux qui nourrissent les autres sans rompre eux-mêmes (restaurateurs, bénévoles, vendeurs) ?

Aminata Coulibaly : Ces personnes sont de véritables héros du quotidien. Leur geste est à la fois discret et puissant, car ils sacrifient leur confort pour que d’autres puissent rompre le jeûne dans la dignité. Ils incarnent une générosité silencieuse qui fait battre le cœur du Ramadan. Leur rôle est essentiel : ils rappellent que la solidarité ne se mesure pas seulement par des paroles, mais par des actes concrets. En nourrissant les autres, ils deviennent les gardiens d’une humanité partagée, où l’altruisme prime sur l’individualisme et où la cohésion sociale se renforce par des gestes simples.  

S.K : Quelles valeurs de solidarité et de partage se dégagent de cette pratique selon vous ?

Aminata Coulibaly : La fraternité est la première valeur qui se dégage : partager un repas, c’est créer un lien humain fort. Ensuite vient la dignité, car offrir à l’autre la possibilité de rompre le jeûne dans des conditions respectueuses est un acte profondément humain. Ces valeurs dépassent le cadre religieux et rappellent que nous sommes tous liés par une même humanité. Elles nous invitent à voir dans chaque geste de solidarité une responsabilité collective. Le Ramadan devient alors un moment où la foi se traduit en actes sociaux, renforçant la cohésion et l’unité au sein de la communauté.  

S.K : Quelles actions spécifiques l’ABSI met en œuvre pour soutenir les plus vulnérables durant le Ramadan ?

Aminata Coulibaly : Cette année, l’ABSI organise la 5e édition de l’Opération Ramadan. Nous distribuons des repas chauds dans les communes V et VI de Bamako, avec un objectif de 600 repas offerts. L’action vise à offrir non seulement de la nourriture, mais aussi un cadre de fraternité et de dignité pour ceux qui rompent le jeûne loin de leurs proches. Chaque repas distribué est un symbole d’attention et de solidarité. À travers cette initiative, nous voulons rappeler que personne ne doit être oublié, et que la rupture du jeûne doit être un moment partagé.  

S.K : Quels sont les principaux défis rencontrés dans l’organisation de ces initiatives (logistiques, financiers, humains) ?

Aminata Coulibaly : Les défis sont multiples et touchent plusieurs aspects. Sur le plan financier, mobiliser des fonds pour couvrir les repas, le transport et le matériel reste une tâche ardue, surtout sans partenaire officiel et avec des ressources provenant essentiellement de jeunes étudiants. La logistique est également complexe : organiser la cuisine, assurer la distribution sur plusieurs sites et maintenir une coordination efficace. Enfin, il y a le défi humain : motiver et gérer une équipe de bénévoles sur deux jours, garantir leur présence et leur énergie. Malgré ces obstacles, l’engagement collectif et la foi nous permettent de relever le défi chaque année.  

S.K : Quels retours ou témoignages marquants avez-vous reçus des bénéficiaires de ces actions ?

Aminata Coulibaly : Les retours sont souvent émouvants et donnent tout leur sens à notre engagement. L’an dernier, des accompagnants de patients à l’hôpital nous ont confié : « Vous nous avez rappelé que nous ne sommes pas seuls. Qu’Allah vous récompense. » Les médecins et infirmières de garde ont également exprimé leur gratitude, soulignant que peu de gens pensent à eux à l’heure de la rupture. Ces témoignages nous rappellent que la solidarité doit être inclusive et que chacun, qu’il soit patient ou soignant, mérite de partager ce moment sacré. Ce sont ces paroles qui nourrissent notre détermination.  

S.K : Quel message souhaiteriez-vous adresser aux citoyens à l’occasion du Ramadan pour renforcer la solidarité inclusive ?

Aminata Coulibaly : La solidarité n’a pas de prix, mais elle a un visage, notamment celui de la personne à côté de vous, de celle qui tend la main, de celle qui jeûne loin des siens. Le Ramadan est l’occasion d’ouvrir nos yeux et nos cœurs, car un repas partagé, un sourire ou un geste comptent autant qu’une grande action. J’invite chacun à voir dans la solidarité inclusive une responsabilité commune. C’est en multipliant ces gestes simples mais sincères que nous construisons une société plus humaine et plus fraternelle, où personne ne se sent oublié ou exclu.  

Interview réalisée et transcrite par Ibrahim Kalifa Djitteye 

13 mars 2026 0 comments
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Harcèlement au travail
ActuInvestigations

En Afrique de l’Ouest, la violence au travail sort de l’ombre

by Fousseni TOGOLA 12 mars 2026
written by Fousseni TOGOLA 3 minutes read

Un rapport de 57 pages publié le 10 mars 2026 par l’Organisation internationale du travail (OIT) lève le voile sur un phénomène largement sous-documenté. Il s’agit de la violence et le harcèlement dans le monde du travail en Afrique de l’Ouest. ce rapport s’intitulé « Rendre visible l’invisible : comprendre et combattre la violence et le harcèlement au travail dans trois pays d’Afrique de l’Ouest », le document s’appuie sur des recherches menées entre 2022 et 2024 au Burkina Faso, en Côte d’Ivoire et au Sénégal.

Insultes, pressions psychologiques, humiliations, harcèlement sexuel ou menaces physiques. Dans de nombreux secteurs professionnels, ces violences restent fréquentes mais rarement signalées. Selon les chercheurs mobilisés par l’OIT, la plupart des victimes préfèrent se taire par peur de perdre leur emploi ou de subir des représailles.

Le rapport souligne que ces violences touchent particulièrement les travailleurs les plus vulnérables, notamment les femmes, les jeunes salariés, les employés du secteur informel ou les travailleurs domestiques. Dans ces milieux, l’absence de mécanismes de plainte efficaces ou de protections sociales renforce le sentiment d’impunité.

Les femmes particulièrement exposées

Les femmes apparaissent comme les premières victimes de ces pratiques, notamment dans les secteurs où les relations hiérarchiques sont très marquées. Le harcèlement sexuel constitue l’une des formes de violence les plus répandues, souvent banalisée ou minimisée dans les environnements professionnels.

Les chercheurs notent également que la frontière entre espace professionnel et sphère privée reste floue dans certains secteurs, ce qui accentue les risques d’abus de pouvoir et de pressions sur les salariées.

L’étude met en lumière plusieurs secteurs où ces violences sont plus fréquentes : les services domestiques, le commerce informel, certaines activités industrielles ou encore les services de sécurité privée. Dans ces milieux, la précarité de l’emploi et la dépendance économique rendent les travailleurs particulièrement vulnérables.

Le rapport insiste également sur le rôle des normes sociales et culturelles, qui peuvent parfois contribuer à banaliser certaines formes de harcèlement ou à décourager les victimes de porter plainte.

Des lois encore peu appliquées

Si plusieurs pays de la région ont adopté ces dernières années des textes pour lutter contre la violence et le harcèlement au travail, leur application reste souvent limitée. Les dispositifs de signalement sont encore peu connus et les procédures judiciaires jugées longues ou difficiles d’accès.

L’OIT rappelle pourtant que la convention internationale sur la violence et le harcèlement dans le monde du travail — adoptée en 2019 — offre un cadre juridique pour mieux protéger les travailleurs.

Au-delà des atteintes individuelles, ces violences ont également un coût pour les économies nationales. Baisse de productivité, absentéisme, stress et dégradation du climat de travail : les conséquences peuvent affecter durablement les entreprises et les administrations.

Pour l’OIT, rendre visible ces violences constitue donc une étape essentielle pour les combattre. Le rapport recommande notamment de renforcer les dispositifs de plainte, de sensibiliser les employeurs et d’améliorer la formation des institutions chargées de faire respecter le droit du travail.

Dans une région où le travail informel reste majoritaire, la lutte contre la violence et le harcèlement au travail apparaît ainsi comme un défi majeur pour la protection des travailleurs et l’amélioration des conditions de travail.

F. Togola 

12 mars 2026 0 comments
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Remise de chèques géants du fonds minier
A la UneÉconomie

Fonds minier de développement local : l’État redistribue les revenus miniers

by Chiencoro 12 mars 2026
written by Chiencoro 4 minutes read

Au Mali, l’or est au cœur de l’économie, mais ses retombées profitent rarement aux territoires qui en portent les impacts. En lançant la redistribution du Fonds minier de développement local, le président de la transition, le général d’armée Assimi Goïta, promet de transformer la richesse du sous-sol en projets concrets pour les communes.

Au palais de Koulouba, les flashes des photographes crépitent tandis que d’imposants chèques symboliques sont brandis devant les caméras. Ce jeudi 12 mars 2026, le président Assimi Goïta préside une cérémonie à forte portée politique : la remise des premiers financements du Fonds minier de développement local à neuf communes du pays. Une initiative qui, selon les autorités, doit marquer une nouvelle étape dans la redistribution des richesses issues de l’exploitation minière.

Dans la salle, autour du chef de l’État, se tiennent le Premier ministre, le président du Conseil national de transition et plusieurs membres du gouvernement, dont les ministres en charge des Mines, de l’Économie et de l’Administration territoriale. Tous viennent assister au lancement officiel d’un mécanisme censé rapprocher les retombées du secteur minier des territoires qui en subissent les impacts.

Un fonds alimenté par l’exploitation minière

Pour l’exercice 2025, le Fonds minier de développement local représente plus de 18,4 milliards de francs CFA, a précisé le ministre d’État chargé de l’Économie et des Finances, Alousséni Sanou.

Le mécanisme repose sur un principe simple : prélever 0,75 % du chiffre d’affaires des entreprises titulaires de titres miniers d’exploitation et des bénéficiaires d’autorisations industrielles de substances de carrière. Ces ressources sont ensuite redistribuées aux collectivités territoriales afin de financer des projets de développement.

La répartition adoptée prévoit que la moitié des fonds revienne aux communes directement affectées par l’activité minière, tandis que 25 % sont destinés aux autres collectivités situées dans les zones minières. Les 25 % restants sont répartis entre les collectivités territoriales des autres régions du pays.

Pour le gouvernement, cette clé de distribution répond à un objectif de « justice territoriale », dans un pays où l’exploitation des ressources naturelles est souvent perçue comme profitant davantage à l’État central qu’aux populations locales.

Une promesse issue des Assises de la refondation

La mise en place du fonds s’inscrit dans les engagements pris à l’issue des Assises nationales de la refondation, vaste processus de consultations lancé par les autorités de transition pour redéfinir les priorités politiques du pays.

« Nous sommes très heureux et très satisfaits d’avoir concrétisé ce vœu du peuple malien », a déclaré Assimi Goïta devant la presse à l’issue de la cérémonie.

Pour les autorités, l’enjeu dépasse la simple redistribution financière. Il s’agit aussi de transformer la richesse minière en moteur de développement local, dans un pays où l’or constitue l’une des principales ressources économiques.

Des projets structurants pour les communes

Les premières communes symboliquement bénéficiaires proviennent de plusieurs régions : Kayes, Koulikoro, Sikasso, Bougouni, Kita, Tombouctou, San, Gao et Kidal. Le fonds sera réparties entre les 819 communes que compte le Mali.

Pour les élus locaux, ces financements représentent une opportunité attendue de longue date. Yéhia Ha Konta, maire de la commune rurale d’Alafia dans la région de Tombouctou et porte-parole des bénéficiaires, a salué une initiative qui, selon lui, permet enfin aux collectivités de tirer profit des richesses de leur sous-sol.

Ces ressources devraient notamment servir à financer des projets structurants : infrastructures locales, services sociaux de base ou initiatives économiques susceptibles de créer de l’emploi dans les territoires.

Promesse de contrôle et lutte contre la corruption

Conscientes des risques de détournement, les autorités assurent avoir mis en place un dispositif de contrôle à plusieurs niveaux. Trois instances doivent suivre l’utilisation des fonds : un comité communal, un comité régional et un comité national.

« Un changement notoire devrait être observé dans la vie des communes », a affirmé Assimi Goïta, estimant que ce mécanisme pourrait « donner un nouveau visage aux communes ».

Le chef de l’État a également prévenu que tout manquement dans la gestion des fonds donnerait lieu à des poursuites judiciaires, dans le cadre de la lutte contre la corruption engagée par les autorités de transition.

Dans un pays où l’or constitue l’un des principaux moteurs économiques, la question de la redistribution des revenus miniers est devenue un enjeu central. Les populations des zones d’exploitation dénoncent régulièrement les impacts environnementaux et sociaux des activités minières sans en percevoir les bénéfices.

Avec le Fonds minier de développement local, le gouvernement espère répondre à ces critiques et réconcilier exploitation des ressources naturelles et développement territorial.

Chiencoro Diarra 

12 mars 2026 0 comments
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AIGE
ActuPolitique

Mali : l’AIGE célèbre la Journée internationale des droits des femmes et appelle à poursuivre le combat pour l’égalité

by Sahel Tribune 12 mars 2026
written by Sahel Tribune 3 minutes read

À Bamako, l’Autorité indépendante de gestion des élections (AIGE) a célébré le 9 mars la Journée internationale des droits des femmes à travers une conférence et des échanges consacrés à l’histoire du combat pour l’égalité. L’événement a été l’occasion pour les responsables de l’institution de saluer la contribution des femmes au fonctionnement de l’Autorité et de rappeler que la promotion de leurs droits demeure un enjeu central pour les sociétés contemporaines.

À l’occasion de la Journée internationale des droits des femmes, l’Autorité indépendante de gestion des élections (AIGE) du Mali a organisé, le 9 mars à Bamako, une cérémonie de commémoration destinée à mettre à l’honneur les femmes et à rappeler l’histoire de leur lutte pour l’égalité. L’événement, tenu dans la salle « Démocratie » de l’institution, a réuni les responsables de l’Autorité ainsi que l’ensemble de son personnel autour d’une conférence et d’échanges consacrés aux droits des femmes.

Animée par Mme Bintou Samaké et modérée par Mme Nana Sanou, la rencontre s’est déroulée en présence du président de l’AIGE, des membres du Collège, du secrétaire général et de nombreux agents de l’institution, précise l’AIGE dans un communiqué.

Un hommage au rôle des femmes dans l’institution

Dans son intervention, le président de l’AIGE a salué l’engagement et la contribution des femmes au sein de l’institution électorale. Il a rappelé que la célébration du 8 mars s’inscrit dans une longue histoire de mobilisation internationale en faveur de l’égalité des droits et de la justice sociale.

Selon lui, cette journée ne doit pas être perçue uniquement comme un moment symbolique, mais aussi comme une occasion de sensibilisation et de réflexion sur les défis qui persistent en matière d’égalité entre les femmes et les hommes.

Il a également exprimé sa reconnaissance envers les femmes de l’AIGE pour leur professionnalisme et leur implication dans le fonctionnement de l’institution. Il a aussi souligné leur rôle dans la consolidation des processus démocratiques.

Retour sur l’histoire du 8 mars

La conférence organisée à cette occasion a retracé les grandes étapes de l’histoire de la Journée internationale des droits des femmes, depuis les premiers mouvements revendicatifs pour les droits civiques et sociaux jusqu’aux avancées contemporaines en matière d’égalité.

Les intervenantes ont notamment évoqué les combats menés à travers le monde pour l’accès des femmes à l’éducation, au travail, à la participation politique et à la reconnaissance de leurs droits fondamentaux.

Une séance d’échanges avec le public a permis d’approfondir ces questions et d’aborder les enjeux actuels liés à la promotion des droits des femmes dans les institutions et dans la société.

Une célébration placée sous le signe de la convivialité

L’événement s’est déroulé dans une atmosphère conviviale, marquée par la présence de nombreuses participantes vêtues de tenues commémoratives aux couleurs de la journée.

Après plusieurs interventions et discussions, la rencontre s’est achevée aux alentours de midi, laissant place à des échanges informels entre les participants.

À travers cette célébration, l’AIGE a souhaité rappeler l’importance de poursuivre les efforts en faveur de l’égalité et de la reconnaissance du rôle des femmes, au sein des institutions comme dans la société malienne.

A.D

12 mars 2026 0 comments
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Vente de Bissap
ActuÉconomie

Aminata, vendeuse de bissap : « Je gagne plus en une soirée de ramadan qu’en une semaine ordinaire », 

by Ibrahim Kalifa Djitteye 12 mars 2026
written by Ibrahim Kalifa Djitteye 4 minutes read

Pendant le mois de ramadan, Bamako change de rythme. Les rues s’animent, les carrefours deviennent des marchés improvisés. Jus de bissap, gingembre, boissons gazeuses ou non gazeuses, citrons, dattes et glaces remplissent les bassines et glacières. Les vendeuses profitent de l’arrêt des véhicules pour écouler leurs produits. L’économie informelle prend toute son ampleur, portée en grande partie par des femmes et jeunes filles qui trouvent là une opportunité unique.  

Au feu tricolore de Garantiguibougou, en Commune V du District de Bamako, l’ambiance est particulière. Les vendeuses s’installent dès la fin d’après-midi, alignant leurs bouteilles de jus sur des tables improvisées. « Ici, les gens n’attendent pas longtemps. Dès que le feu est rouge, ils achètent rapidement », explique Mariam, vendeuse de jus. Pour elle, ce carrefour est une chance de gagner sa vie et de fidéliser une clientèle pressée.  

Les dattes, quasi-indispensables, pour rompre le jeûne, sont vendues en grande quantité. « En dehors du Ramadan, je vends quelques fruits, mais c’est seulement ce mois-ci que je peux gagner assez pour payer la scolarité de mes enfants », confie Aïssata, vendeuse de dattes rencontrée près du Monument Sogolon. 

Les carrefours stratégiques

À Kalaban-Coura, en Commune V du district de Bamako, sur la route de l’aéroport, les vendeuses de jus attirent une foule pressée. Gingembre et bissap sont les stars, mais certaines proposent aussi des boissons gazeuses et non gazeuses. « Pendant le Ramadan, je vends jusqu’à cent bouteilles par jour. C’est une activité temporaire, mais elle me permet de soutenir ma famille », raconte Fanta, jeune vendeuse.  

Le ramadan est aussi l’occasion pour de nombreuses femmes de se lancer dans la pâtisserie. Beignets, gâteaux locaux et petites douceurs envahissent les trottoirs. « Je prépare des beignets chaque soir et mes enfants m’aident à les vendre. Les clients ne manquent pas », explique Mariam, mère de famille croisée à Sabalibougou qui ajoute que c’est une activité autant économique que familiale.  

À Sabalibougou, en Commune V du district de Bamako, sur la rive droite du fleuve Niger, les vendeuses de bouillies attirent une foule régulière. Les odeurs de friture et de boissons sucrées envahissent l’air. « Les clients savent que je suis là chaque soir, ils viennent directement », raconte Kadidia, vendeuse de bouillie qui souligne que sa régularité lui assure une clientèle fidèle et un revenu stable durant le mois sacré.  

Diversité des produits proposés

Les bouillies et laits caillés complètent l’offre. Ces préparations, profondément ancrées dans la culture locale, sont consommées chaque soir. « Les dattes sont le produit que les clients recherchent le plus. Grâce à cette demande, je parviens à écouler mon stock chaque jour », raconte Abdoulaye, vendeur de dattes.

La vente de glace est une nouveauté qui attire de plus en plus de clients. Les jeunes filles proposent des sachets glacés, souvent parfumés au citron ou au gingembre. « Les enfants adorent la glace et les adultes aussi. Je peux vendre des dizaines de sachets en une heure », explique Aminata, vendeuse de glace. 

Les consommateurs sont au cœur de cette dynamique. « En quittant le boulot, de temps en temps, je m’arrête pour payer ce qui manque à la maison. Aujourd’hui, je me suis arrêté pour acheter des dattes », témoigne Mamadou, salarié dans une société privée. 

Un mois de vitalité économique

À l’intersection de l’Hôtel Olympe et du Monument Sogolon, les vendeuses profitent du flux constant de passants. Les clients descendent parfois de moto ou de voiture pour acheter en vitesse. « Je gagne plus en une soirée de Ramadan qu’en une semaine ordinaire », confie Aminata, vendeuse de bissap qui estime que ce lieu stratégique lui assure des revenus rapides et réguliers.  

Le Ramadan représente aussi une opportunité pour les jeunes filles. Beaucoup s’y lancent pour la première fois, découvrant le commerce et l’autonomie financière. « Je suis étudiante, mais pendant le Ramadan je vends du gingembre. Cela m’aide à payer mes frais de cours », explique Awa, jeune vendeuse. Son expérience illustre la fonction éducative et formatrice de ces activités.  

Cette période témoigne d’une vitalité économique et sociale remarquable. Bien qu’éphémères, ces activités offrent des opportunités de revenus, renforcent la convivialité et valorisent les savoir-faire locaux. « Sans le Ramadan, je n’aurais pas cette chance de vendre et de rencontrer autant de monde », conclut Mariam, vendeuse de jus.

Ibrahim Kalifa Djitteye 

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ministre de l'Enseignement supérieur et de la Recherche scientifique
A la UneÉconomie

Mali : le gouvernement crée une Brigade spéciale des Mines pour lutter contre l’orpaillage illégal

by Chiencoro 12 mars 2026
written by Chiencoro 3 minutes read

Sous la présidence du chef de l’État, le général d’armée Assimi Goïta, le Conseil des ministres a validé, ce mercredi 11 mars 2026, des projets de texte présentés par le ministre des Mines dans le cadre d’une stratégie visant à mieux encadrer un secteur aussi crucial pour l’économie du pays.

Face à la montée de l’exploitation minière illégale et du trafic de ressources naturelles, les autorités maliennes ont décidé de renforcer leur arsenal de contrôle. Réuni le 11 mars au palais de Koulouba, le Conseil des ministres a adopté des textes portant création d’une Brigade spéciale des Mines, une nouvelle structure chargée de la police judiciaire dans le secteur minier et de la sécurisation des sites d’exploitation.

Un secteur stratégique fragilisé

Au Mali, l’industrie minière – dominée par l’or – constitue l’un des piliers de l’économie nationale et une source majeure de recettes d’exportation. Mais ce secteur est confronté à une série de défis persistants, notamment la prolifération de l’orpaillage clandestin, l’exploitation illégale de sites aurifères, le trafic de substances minérales ou encore l’usage de produits chimiques interdits.

Ces activités illicites s’accompagnent souvent d’importants dommages environnementaux. Dégradation des sols, pollution des cours d’eau et destruction de la faune et de la flore figurent parmi les conséquences régulièrement dénoncées par les autorités et les organisations environnementales.

À ces risques écologiques s’ajoutent des préoccupations sécuritaires dans certaines zones minières, où la présence de réseaux criminels et l’afflux de milliers d’orpailleurs compliquent la gestion des sites.

Une criminalité minière plus structurée

Malgré le renforcement du cadre juridique et les opérations de répression menées depuis 2020 par les ministères en charge des Mines et de l’Environnement, les autorités constatent que les infractions liées au secteur minier persistent et prennent parfois un caractère organisé.

Selon le communiqué du Conseil des ministres, la création d’une structure spécialisée à compétence nationale s’imposait pour faire face à l’ampleur du phénomène.

La nouvelle Brigade spéciale des Mines sera dotée de pouvoirs de police judiciaire. Elle aura notamment pour mission d’enquêter sur les infractions minières, de participer à la protection des sites d’exploitation – notamment les zones d’orpaillage – et de contribuer à l’application des mesures de sécurisation et de préservation de l’environnement.

Renforcer le contrôle des sites miniers

Les textes adoptés précisent également les modalités d’organisation et de fonctionnement de cette unité, appelée à renforcer les dispositifs existants de surveillance et de répression.

L’objectif affiché par les autorités est de mieux protéger les ressources naturelles du pays tout en garantissant un cadre d’exploitation plus sécurisé pour les acteurs légaux du secteur.

Dans un contexte où l’or représente la principale richesse minière du Mali, la mise en place de cette brigade spécialisée s’inscrit dans une volonté plus large de l’État de reprendre la main sur un secteur stratégique, souvent marqué par la concurrence entre exploitation industrielle, artisanale et réseaux clandestins.

Avec cette nouvelle structure, Bamako espère ainsi limiter les pertes économiques liées aux trafics, réduire les impacts environnementaux et restaurer l’autorité publique sur les zones minières du pays.

Chiencoro Diarra 

12 mars 2026 0 comments
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Mamou Daffé, ministre de l'Artisanat, de la Culture, de l'Industrie hôtelière et du Tourisme,
A la UneSeko ni Donko

Mali : la réhabilitation de Yambo Ouologuem est-elle en marche ?

by Sahel Tribune 11 mars 2026
written by Sahel Tribune 3 minutes read

Plus d’un demi-siècle après le scandale qui avait brisé sa carrière internationale, l’écrivain malien Yambo Ouologuem, premier Africain lauréat du prix Renaudot en 1968, revient au cœur du débat intellectuel. À travers la projection nationale du documentaire Yambo Ouologuem, la blessure, réalisée par le cinéaste sénégalais Kalidou Sy, les autorités maliennes entendent rouvrir le dossier d’une figure majeure et controversée de la littérature africaine. Entre mémoire, réhabilitation et souveraineté culturelle, Bamako tente de redonner toute sa place à l’auteur du Devoir de violence.

Le gouvernement malien entend remettre en lumière l’une des figures les plus controversées et marquantes de la littérature africaine. Réuni en Conseil des ministres le mercredi 11 mars 2026 au palais de Koulouba, sous la présidence du chef de l’État, le général d’armée Assimi Goïta, l’exécutif a été informé de l’organisation prochaine d’une tournée nationale de projection d’un film documentaire consacré à l’écrivain Yambo Ouologuem.

Prévue du 26 au 31 mars 2026, cette tournée portera sur le documentaire intitulé « Yambo Ouologuem, la blessure », réalisé par le cinéaste sénégalais Kalidou Sy. L’œuvre propose une relecture critique du parcours de cet auteur malien majeur, dont la carrière a été profondément marquée par une polémique internationale.

Une figure littéraire majeure

Selon le ministre de l’Artisanat, de la Culture, de l’Industrie hôtelière et du Tourisme, qui a présenté la communication au Conseil des ministres, ce film s’inscrit dans une démarche de réhabilitation et de mise en perspective historique d’une figure centrale du patrimoine intellectuel malien.

Yambo Ouologuem demeure l’un des écrivains africains les plus marquants du XXᵉ siècle. Son roman « Le Devoir de violence », publié en 1968, avait remporté le prestigieux prix Renaudot, faisant de lui le premier écrivain africain à obtenir cette distinction. Mais le succès fut rapidement assombri par des accusations de plagiat, qui conduisirent à une mise à l’écart durable de l’auteur sur la scène littéraire internationale.

Retiré au Mali pendant de longues années, Ouologuem est resté une figure à la fois célébrée et controversée, suscitant de nombreux débats sur la place de la littérature africaine dans l’espace éditorial mondial.

Le documentaire de Kalidou Sy entend ainsi revenir sur cette trajectoire complexe et sur l’héritage intellectuel de l’écrivain.

Une initiative culturelle dans un contexte de refondation

Pour les autorités maliennes, cette initiative s’inscrit dans une dynamique plus large de valorisation du patrimoine culturel national. Dans un contexte que le gouvernement décrit comme celui d’une « refondation » et d’une affirmation de la souveraineté culturelle du Mali, la mise en lumière des grandes figures intellectuelles du pays est donc un enjeu symbolique.

Ce projet — qui vient dans le contexte de « l’année de l’éducation et de la culture » —  vise notamment à restaurer une lecture historique nuancée du parcours de Yambo Ouologuem et à contribuer à la promotion de l’image culturelle du Mali.

La tournée de projection sera organisée sous la coordination du Centre national de la cinématographie du Mali (CNCM), placé sous la tutelle du ministère de la Culture.

Les autorités prévoient notamment l’organisation logistique des projections dans différentes localités, un appui technique à la diffusion du film, la mobilisation d’acteurs culturels, universitaires et intellectuels autour de débats et d’échanges.

Au-delà de la simple projection du film, les organisateurs ambitionnent ainsi de créer des espaces de réflexion sur l’héritage littéraire malien et africain. Cette tournée pourrait également relancer le débat sur la place de Yambo Ouologuem dans l’histoire de la littérature africaine, plus de cinquante ans après l’affaire qui avait bouleversé sa carrière.

A.D

11 mars 2026 0 comments
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