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Elections locales au Sénégal
ActuAnalyses

[Tribune] Démocratie en Afrique : comment faut-il expliquer la panne ?

by Sahel Tribune 6 janvier 2023
written by Sahel Tribune 7 minutes read

Aux yeux du monde, c’est l’Afrique, surtout francophone, qui a plus de mal à intégrer la démocratie dans ses habitudes politiques, analyse Ezo Alliman, étudiant en 2e cycle de Philosophie, au Burkina Faso. Selon ses explications, les crises sociopolitiques, remarquées dans la plupart de nos États africains dits démocratiques, témoignent de cette panne de la démocratie sur le continent. Par contre, ailleurs, la démocratie se voit être flexible et convoitée par les populations.

Confrontés à des crises politiques intempestives, les pays démocratiques de la zone francophone d’Afrique ont beaucoup de mal à intégrer ce système politique importé. La démocratie, le modèle occidental s’adapte difficilement aux réalités de ces pays africains, qui en sont aujourd’hui de grandes victimes, en raison des nombreuses crises qui les éclaboussent à chaque fois qu’il est question d’élections ou d’une grande prise de décision touchant l’avenir de toute la nation.

Le sens étymologique du mot « démocratie » nous suggère les termes grecs démos, « le peuple » et Kratos, « le pouvoir ». Elle est née en Grèce au cours d’une insurrection populaire au Vème siècle av. J.-C. Le peuple de la cité athénienne désirait plus de justice, de liberté et d’égalité, de la part de leurs dirigeants monarchiques.

De l’autocratie à la démocratie

Par extension donc, la démocratie est un système politique de gouvernance électif avec un multipartisme à l’appui. Ceci permet donc au peuple d’exercer son pouvoir par l’entremise de ses représentants, gage de la direction qu’il aimerait donner à son destin.

Pour notre part, il ya de quoi à faire une brève genèse de la démocratie en Afrique, par lequel nous pourrons dresser par la suite, un bilan de la pratique démocratique sur ce continent.           

Il est généralement prêché que les années 1990 ont été un tournant décisif pour le continent africain, surtout en matière de politique. En effet, on a assisté à l’évangélisation et à la conversion de certains États africains, francophones pour la plupart, à la nouvelle croyance politique occidentale qu’est la démocratie.

On pourrait se rappeler le discours du président François Mitterrand à la Baule où au cours du sommet Françafrique du 20 juin 1990, il exhorte voire persuade ses homologues africains à se joindre au projet et au pari français : la valorisation des égalités dans le monde par la seule démocratie. Alors que dans les trente dernières années, le système politique africain était autocratique, administré par des leaders africains. Par exemple, Houphouët Boigny (en Côte d’Ivoire) et Ahmed Sékou Touré (en Guinée Conakry) étaient tous issus, dans leur pays respectif, de ce qu’on appelle le parti unique.

La paupérisation des valeurs cardinales africaines

Peut-on dire aujourd’hui que la démocratie a arrangé les Africains ? Il est triste de répondre à cette interrogation par la négative. La démocratie en Afrique, qui était censée valoriser l’égalité, la liberté entre les populations et par là, les conduire au développement, a plutôt divisé profondément les peuples et mis en péril leurs systèmes de développement.

Cette division des peuples s’est plus alimentée avec les diversités culturelles et ethniques qui minent ce continent. Pourtant toute diversité culturelle est une richesse à exploiter. Il va s’en suivre à travers le multipartisme, des élections tribales conduisant à des crises ethniques, fratricides du fait de leur caractère simulacre et basé sur la recherche effrénée des intérêts égoïstes.

À cet effet, l’on verra la paupérisation des valeurs cardinales africaines telles que l’entraide, le respect des anciens, la primauté de la famille élargie sur la famille nucléaire. Puisque par le suffrage universel, les coups de billets de banque et la soif du pouvoir se sont emparés des cœurs. Avec de telles circonstances, il est logique de ne pas espérer le développement de ces États.

Ayons le courage de jeter un coup d’œil sur les milliards de francs CFA qui sont déployés pour organiser simplement des élections dans ces États africains. Qu’avons — nous en retour le plus souvent ? Eh bien ! Ce sont les malheurs de guerres et de crises de tout genre que nous récoltons, tant bien même que les candidats favoris et toujours gagnants à ces élections sont connus de tous. On a d’un côté, une soi-disant expression des libertés du peuple et d’un autre côté, le gaspillage de milliards de francs CFA parfois mêmes emprunter aux bailleurs de fonds, à la communauté internationale. Alors que cet argent pouvait servir à améliorer énormément les conditions d’existence des populations.

Les crises sociopolitiques, connues dans certains des États africains sous l’égide des élections dites « démocratiques » expliquent ce gaspillage d’argent. À titre d’illustration, rappelons nous de la crise ivoirienne de 2010, qui a complètement plongé le pays dans la désolation après des élections organisées à coup de milliards : perte de vie humaine grandissante, blessés, déplacement forcé des populations, boycott du scrutin, asphyxie économique par la destruction des biens et infrastructures, la fissuration du tissu social, etc.

Un autre exemple, les heurts du 28 novembre 2017 entre la police et des sympathisants de l’opposition, qui ont eu lieu à Nairobi, la capitale du Kenya. Comme raison, les manifestants s’indignaient contre l’investiture du président Uhuru Kenyatta, réélu pour un deuxième mandat.

Conserver ses liens coloniaux avec ses colonies africaines

Au vu de ce qui précède, il n’est pas paranormal de dire que la démocratie en Afrique est une bombe à retardement. Une telle acceptation est rendue possible par un élan d’humilité et de lucidité de tout sujet raisonnable, désirant s’élever au-dessus de la dictature de la peur et des apparences de ce monde.

Dire que la démocratie en Afrique, est un personna non grata, ne voudrait pas dire qu’elle est mauvaise comme système politique. La preuve, elle marche bien ailleurs. Bien au contraire, nous sommes dans une perspective de critique spatio-temporelle. Autrement dit, ce n’est nullement la démocratie en tant que concept que nous décrions, mais la démocratie du point de vue de son application contextuelle par un peuple dont l’histoire politique ne cadre pas avec le modèle occidental, notamment la démocratie à la française.

C’est fort de cela que l’universitaire et diplomate, Pierre Jacquemot, soutient avec force que « la démocratie est un modèle imposé par l’Occident à la fin de la période coloniale », lit-on sur franceinfo. Pourquoi ? Sûrement que l’Occident ne pouvait s’empêcher de conserver ses liens coloniaux avec ses colonies africaines, par ce que le docteur Kwame N’Krumah appelle le néocolonialisme.

La dictature du peuple pour le peuple

Pour notre part, ce qui serait mieux pour l’Afrique, est un système politique ayant à sa tête des leaders qui ont une vision tout en étant « près ou loin du peuple dans une dictature du peuple pour le peuple », disait le président guinéen Ahmed Sékou Touré. Il est vrai que certains trouveront nos propos trop crus, acerbes et même machiavéliques. Mais qu’ils sachent que cette dynamique n’est pas aussi loin du credo tant convoité par la démocratie française : la notion d’égalité entre les êtres et la valorisation de leur dignité.

La dynastie qui dirige le Qatar, créée les conditions du bonheur et la valorisation des qatariens. Tout le monde y est heureux et certaines populations du tiers monde les envient. Ils ont énormément progressé aux yeux du monde. Il y a aussi le cas de la Chine, du Singapour, du Maroc…

En réalité, il serait bien aisé de reconnaître que l’Afrique a besoin des dirigeants rationnels et vertueux et non seulement des textes rationnels à vocation moralisatrice, sans quoi, son déclin approchera de plus en plus. L’Union africaine a donc de quoi se mettre sous les dents.

Ezo Alliman, étudiant en 2e cycle de Philosophie

6 janvier 2023 0 comments
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journee mondiale de la liberte de la presse celebration des lydialudiccom 2454097
ActuSécurité

Liberté de la presse : le Mali régresse face à ses voisins du Sahel

by Mohamed Camara 5 janvier 2023
written by Mohamed Camara 4 minutes read

Le Mali perd sa place de 99e en 2021, pour se jauger un accablant classement de 111e sur 180 pays, dans le classement mondial 2022 de la liberté de la presse par le Reporter sans frontière. Beaucoup de ses voisins sahéliens restent résilients et dynamiques dans le cadre du respect de la liberté d’informer, même si le tableau est un peu sombre dans la sous-région.

Le Mali a fait son baptême de feu dans la pluralité des médias à partir de la chute du régime dictatorial de Moussa Traoré en 1991. Le pays concentre aujourd’hui plus de 120 journaux, 500 radios au moins, des dizaines de chaînes de télévision, y compris dans les régions. Ces organes de presse viennent rivaliser avec les médias publics, ORTM (audiovisuels) et ESSOR (Presse écrite).

« La dégradation de la situation sécuritaire, conjuguée au durcissement de la junte arrivée au pouvoir en 2020, compromet la sécurité et l’accès des journalistes aux informations », analyse le RSF dans son rapport.

Le Niger, premier rang sahélien

La région du Sahel, regroupant certains pays ouest-africains et une partie de l’Afrique centrale, peine toujours à desserrer l’étau du terrorisme qui l’annihile depuis presque une décennie. Marqué par une crise sécuritaire dramatique, l’exercice du métier de l’information est très compromettant. Ce qui s’illustre par le kidnapping du journaliste français Olivier Dubois, enlevé au nord du Mali depuis avril 2021, et qui se trouve toujours dans la geôle des jihadistes. Deux journalistes espagnols ont été tués au Burkina Faso (41e). Il s’agit de Claude Verland et son confrère. Ajouté à cela, la suspension de la Radio France Internationale (RFI) au Mali et au Burkina Faso, par les militaires au pouvoir.

Selon le classement RSF, le Burkina Faso, 37e en 2021, se positionne à la 41e place, alors que le pays des Hommes intègres était récemment considéré comme un champion du continent en matière de respect de la liberté de presse. Il régresse dans son rang, mais reste dynamique et résilient contrairement à son voisin malien qui a fait une chute spectaculaire en moins d’une année.

Tous deux dirigés par des militaires issus de coups d’État, le résultat du Burkina résulte de la montée de l’insécurité, et l’instabilité politique liée aux putschs qui font peser de sérieux risques en matière de sécurité et d’accès à l’information pour les journalistes.

Le Niger empoche le premier rang du classement sahélien en se positionnant de nouveau 59e en 2022. Malgré la baisse encourageante d’atteinte à la liberté de la presse, la crise sécuritaire qui sévit dans la région a un impact significatif sur la sécurité et l’accès à l’information pour les journalistes.

Le Tchad fait des progrès

Le Tchad, quant à lui, se positionne au 104e rang, alors qu’il occupait en 2021, le 123e. Il reste donc l’un des pays le plus résilient et dynamique dans la région sahélienne, nonobstant la situation politique et sécuritaire très instable, qui fait peser de sérieux ennuis à l’exercice du journalisme. La mort d’Idriss Deby Itno en avril 2021 n’offre pour l’instant aucune nouvelle issue pour la démocratisation du pays.

Malgré son statut d’État islamique, la Mauritanie aussi reste résiliente en matière de liberté de la presse, elle se classe 97e en 2022 en perdant sa place de 94e en 2021. Depuis la dépénalisation des délits de presse, il y’a une décennie, les journalistes peuvent travailler dans des conditions moins répressives, tout en vivant dans une grande précarité, comme au Mali.

Le Sénégal aussi régresse

La Côte d’Ivoire reste la plus dynamique parmi ses voisins ouest-africains, en progressant de la 66e place en 2021, à la 37e en 2022. Elle dispose d’un paysage médiatique parmi les plus politisés et polarisés d’Afrique de l’Ouest. Toutefois, certains journalistes ne sont pas épargnés par les attaques et agressions.

Le pluralisme des médias est bien réel en Guinée et les journalistes jouissent d’une certaine liberté de ton, contrairement à sa sœur malienne. Occupant le 109e rang en 2021, la Guinée progresse en 2022 pour occuper le 84e rang du classement mondial de RSF.

Le nouveau régime militaire issu également du coup d’État de septembre 2021 est fortement attendu au tournant sur les questions concernant la liberté de la presse.

Quant au Sénégal, qui est un modèle de démocratie, la plus stable en Afrique de l’Ouest francophone, il a perdu énormément au bout d’une année. Du 49e rang en 2021, il se retrouve au 73e en 2022. Un résultat moins encourageant. Cela résulte du pluralisme médiatique entiché par une domination farouche de la politique dans le traitement de l’information, notamment par les journaux.

Mohamed Camara

5 janvier 2023 0 comments
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Faure Gnassingbé au Mali
ActuPolitique

Mali-d’Ivoire : Faure Gnassingbé chez le colonel Assimi Goïta et Alassane Ouattara

by Chiencoro 5 janvier 2023
written by Chiencoro 2 minutes read

Le président togolais, Faure Gnassingbé, a commencé sa première visite diplomatique de l’année par le Mali et la Côte d’Ivoire.

Le président Assimi Goïta a reçu, ce mercredi 4 janvier 2023, la visite de son homologue de la République togolaise, Faure Essozimna Gnassingbé, médiateur dans la crise ivoiro-malienne. Crise née de l’arrestation, puis l’inculpation et ensuite la condamnation de 49 soldats ivoiriens, accusés par Bamako d’être des « mercenaires ».

Le mémorandum d’accord

Accueilli à sa descente d’avion par le chef suprême de la diplomatie malienne, Faure Gnassingbé a eu des échanges avec les autorités maliennes. Mais rien n’a filtré de cette discussion.

Dans un communiqué, la présidence togolaise indique que cette visite d’amitié et de travail avait pour objectif de discuter de la coopération entre le Mali et le Togo ainsi que des sujets d’intérêt commun, notamment la paix, la sécurité et l’intégration sous-régionale.

Il faut noter que c’est la première fois, depuis le déclenchement de la crise entre le Mali et la Côte d’Ivoire, deux pays voisins, que Faure Essozimna Gnassingbé effectue, une visite officielle au Mali. Il avait toujours envoyé des émissaires, notamment son ministre des Affaires étrangères, pour faciliter le dialogue entre Abidjan et Bamako. Une médiation qui a abouti, le 22 décembre 2022, à la signature d’un mémorandum d’accord entre le Mali et la Côte d’Ivoire.

Les 46 regagneront bientôt la Côte d’Ivoire

La justice malienne a condamné à 20 ans de réclusion criminelle, les 46 soldats détenus à Bamako. Ils ont été déclarés coupables d’« attentat et complot contre le gouvernement », « atteinte à la sûreté extérieure de l’État », « détention, port et transport d’armes et de munitions de guerre (…) ayant pour but de troubler l’ordre public par l’intimidation ou la terreur », selon le procureur général Ladji Sara cité dans un communiqué.

Grâce aux actions diplomatiques, trois soldats femmes ont été libérés en septembre dernier. À l’issue du procès dont le verdict est tombé, le vendredi dernier, elles ont été condamnées à la peine de mort par contumace pour les mêmes motifs que les 46 autres.

Dans son traditionnel message à la nation, à l’occasion du Nouvel An, le président ivoirien, Alassane Ouattara, a rassuré de la libération très prochaine du reste de ses soldats, toujours en détention au Mali. « Les 46 autres soldats regagneront bientôt le sol ivoirien », a-t-il indiqué dans son allocution.

Faure Essozimna Gnassingbé aurait ainsi pris son bâton de pèlerin afin de tenter de concilier les deux pays pour une sortie rapide de cette crise, qui n’a que trop duré. Du Mali, il s’est rendu chez le président ivoirien Alassane Ouattara, avec lequel il a eu également des échanges sur les mêmes sujets que son homologue malien de la transition.

Chiencoro Diarra

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Noix de Cacao
Actu

Développement économique : 2022, une année de progrès pour la Côte d’Ivoire

by Bakary FOMBA 4 janvier 2023
written by Bakary FOMBA 2 minutes read

Dans son traditionnel message à la Nation, à l’occasion du Nouvel An, le président ivoirien, Alassane Ouattara, a déclaré, samedi 31 décembre 2022, que l’année 2022 a été une année de « progrès et de solidarité » pour la Côte d’Ivoire. Cela, malgré un contexte régional et international difficile.

Il n’échappe à personne que l’année 2022 a été́ marquée par un contexte difficile tant sur le plan régional qu’international. En plus des conséquences de la pandémie de Covid-19, le monde a dû faire face aux impacts négatifs de la crise en Ukraine. Toute chose qui a entrainé une réduction considérable du pouvoir d’achat des populations. Malgré tout, la Côte d’Ivoire semble avoir pu s’en sortir, en maintenant le pouvoir d’achat des populations. En tout cas, c’est ce que le président Ouattara a fait savoir dans son adresse à la Nation, à l’orée du Nouvel An. « Nous avons fait le choix d’être aux côtes de chacune et de chacun d’entre vous, en luttant contre la cherté́ de la vie, pour contenir le taux d’inflation dans notre pays à un niveau parmi les plus faibles dans le monde », a-t-il déclaré.

Le président Ouattara a également annoncé des mesures fortes allant dans ce sens pour l’amélioration des conditions de vie des citoyens ivoiriens. Il s’agit notamment du plafonnement temporaire du prix de plusieurs denrées de première nécessité́ telles que l’huile, le sucre, la viande de bœuf ainsi que les subventions de l’État pour contenir les prix du carburant et du pain. Ce n’est pas tout. À travers une revalorisation salariale qui est effective depuis le mois d’août 2022, le chef de l’État ivoirien a aussi fait part de l’augmentation du pouvoir d’achat des « fonctionnaires » ivoiriens, y compris les forces de défense et de sécurité́. Selon ses précisions, ces agents recevront également, dès la première semaine de janvier 2023, une prime exceptionnelle de fin d’année.

Consolider le dispositif institutionnel et opérationnel

Tout en évoquant la prise de mesures d’augmentation des pensions des retraités des secteurs tant publics que privés, Alassane Ouattara a tout de même annoncé dans son discours, la hausse des prix du cacao ainsi que le maintien de celui de la noix de cajou.

Concernant les travailleurs du secteur privé, il a rappelé la revalorisation du SMIG, qui passera de 60 000 F CFA à 75 000 F CFA à compter de janvier 2023.

Pour rappel, la bonne gouvernance et la lutte contre la corruption figuraient au nombre des priorités des autorités ivoiriennes pour l’année 2022. Cependant, pour la consolidation du dispositif institutionnel et opérationnel de gouvernance en Côte d’Ivoire, le président Ouattara appelle à continuer sur cette lancée.

Bakary Fomba

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Reporter sans frontière
ActuSécurité

Liberté de presse : 1668 journalistes tués en 20 ans, dont 57 en 2022

by Mohamed Camara 4 janvier 2023
written by Mohamed Camara 4 minutes read

Dans un rapport publié en ce début d’année 2023, le Reporter sans Frontière dévoile le chiffre macabre des journalistes tués dans l’exercice de leur métier d’informer, courant ces deux dernières décennies (2003-2022).

1668 journalistes tués en 20 ans, soit 80 par an en moyenne, c’est le chiffre dévoilé par le Reporter sans Frontière dans son bilan des journalistes décédés au cours de ces deux dernières décennies. 20 ans singulièrement meurtriers pour ces hommes et femmes au service du droit d’informer.

Liquidation, meurtre, guet-apens, décès en zone de combats, blessure mortelle, d’après le RSF, bon nombre de journalistes ont subi ces atrocités au cours de ces deux dernières décennies. Avec un total de 1787 journalistes tués le RSF indique que l’année 2000 détient le triste record de chiffres de journalistes succombé au cours de l’exercice de leur métier.

« Derrière les chiffres, il y’a les visages, la personnalité, le talent et l’engagement de celles et ceux qui ont payé de leur vie, leur collecte d’information, leur recherche de la vérité et leur passion du journalisme », a déclaré M. Christophe Deloire, secrétaire général de RSF.

2012 et 2013, 2022 les années record de ces dernières décennies

Les années 2012 et 2013 ont été bouleversées par des chiffres records jamais atteints pendant la dernière décennie, notamment avec un chiffre accablant de 144 et 142 homicides de journalistes. Ce qui était lié particulièrement au conflit syrien. Une accalmie a progressivement suivi ces années endeuillées, jusqu’en 2019 où le chiffre le plus bas fut atteint.

D’après le bilan annuel de RSF, la défunte année 2022, a été la période la plus meurtrière de ces 4 dernières années, avec 57 journalistes tués.

Les endroits risqués et dangereux

Selon le bilan de ces deux dernières décennies, 80 % des victimes se répartissent dans 15 pays. 578 tués au total en 20 ans, l’Irak et la Syrie sont les pays où l’on énumère le nombre le plus élevé. Ils concentrent à eux seuls plus d’un tiers des reporters tués, devant l’Afghanistan, le Yémen et la Palestine. La Somalie pour l’Afrique.

La Russie détient le record macabre en Europe, avec le plus grand nombre des journalistes tués pendant ces 20 dernières années, d’après le RSF dans son bilan annuel. Le rapport précise que depuis l’accession de Vladimir Poutine au pouvoir, « les atteintes y compris mortelles à la liberté de la presse y ont été systématiques ». Ce qui peut être illustré par la liquidation emblématique d’Anna Politkovskaïa, le 07 octobre 2006.

La guerre en Ukraine se positionne en deuxième place de cette liste macabre européenne. D’après RSF, 8 journalistes ont été tués depuis l’invasion russe en Ukraine. La France n’est pas mise en marge de cette liste. Elle occupe le quatrième du rang, lié à la tuerie de Charlie Hebdo à Paris en 2015.

Zone de Guerre et zone de paix

La dernière décennie a été marquée par des conflits armés où les journalistes ont couru les plus grands dangers dans les zones où les armements lourds retentissaient. Sur 686 homicides commis en 2014, 335 sont effectués dans les zones de combats ( Syrie, Afghanistan, Yémen…) avec des années notamment meurtrières : 94 tués en 2012 ; 92 en 2013 ; 64 en 2014 ; 52 en 2015 ; et 53 en 2016.

Une statistique qui baisse en 2019, toujours selon le rapport annuel de RSF. La mortalité dans les zones de combat s’est stabilisée en dessous de 20 victimes par an. En outre, en raison de la baisse des conflits et des initiatives préventives des rédactions mise en œuvre.

« En deux décennies, il y’a plus de journalistes tués en zones de paix qu’en zones de guerre », selon le RSF.

Avec un chiffre de 47,4 au sommet de palmarès en 2022, le continent américain est actuellement l’endroit le plus dangereux pour les journalistes. Ce qui justifie la mise en place d’une politique de protection spécifique. Quatre pays de ce continent font partie des 15 pays les plus dangereux, notamment, le Mexique, le Brésil, la Colombie et le Honduras. Les Philippines sont en tête de liste des pays asiatiques, avec 100 journalistes tués depuis début 2003, suivies par le Pakistan avec 93 et 58 en Inde.

Les Femmes Reporters

Si le plus grand nombre des journalistes tombés dans l’exercice de leur fonction sont des hommes, il ressort de cela que leurs consœurs ne sont pas épargnées par cette épidémie. Depuis 20 ans, selon RSF, 81 femmes journalistes ont été tuées, soit 4,86 % des homicides de journalistes.

Depuis 2012, 52 ont été tuées, singulièrement après des enquêtes sur le droit des femmes. En 2017, 10 victimes féminines ont été enregistrées, contre 64 hommes tués. Un pourcentage record de 13,5 % de la mortalité totale.

Notons que dans son bilan annuel des exactions contre les journalistes dans le monde, le Reporter sans frontières (RSF) enregistre en 2022 un record de « 533 journalistes en détention. Le nombre de journalistes tués dans le monde, 57, repart à la hausse. En outre, 65 journalistes sont otages et 49 portés disparus ».

Mohamed Camara

4 janvier 2023 0 comments
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Camion rempli de céréales renversé
Actu

Interdiction de sortie de céréales : qu’en est-il du camion renversé ?

by Sahel Tribune 3 janvier 2023
written by Sahel Tribune 2 minutes read

Un camion transportant 1000 sacs de mil, quittant le Burkina Faso pour le Sénégal, s’est renversé à Diboli, à la frontière Mali-Sénégal, la semaine dernière. Dans une vidéo, devenue virale sur les réseaux sociaux, des internautes font croire que le véhicule contenait des céréales d’origine malienne. Ils estiment qu’il s’agit d’une violation de l’interdiction de sortie des céréales en République du Mali.

Dans une circulaire en date du 21 décembre 2022, la direction générale des douanes du Mali a suspendu l’exportation et la réexportation des céréales. « En raison des difficultés d’approvisionnement des populations en denrées alimentaires, le gouvernement a décidé de la mise en œuvre de certaines mesures de sauvegarde, au nombre desquelles la suspension jusqu’à nouvel ordre de l’exportation et de la réexportation des céréales sur toute l’étendue du territoire national », lit-on dans la circulaire de la direction générale des douanes.  

Au Mali, selon des explications de la présidence du Mali, pour une production annuelle de 9 millions de tonnes, les besoins de consommation des Maliens se chiffrent à seulement quatre millions cinq cent mille tonnes. Le pays devrait donc être à l’abri de toute crise alimentaire. C’est pourquoi « Il est indispensable de mettre en place, avec tous les partenaires du domaine, un système efficace de gestion des stocks », indiquait la présidence dans une publication du 20 décembre.

La direction générale des douanes a donc précisé que le véhicule qui s’est renversé, « immatriculé AA461EB/TH1385K est rentré au Mali par le bureau des Douanes de Heremakono disant transporter 50 Tonnes de mil d’origine Burkina Faso à destination du Sénégal ». Les soldats de l’économie malienne ont tenu à préciser que la procédure réglementaire de transit a été scrupuleusement respectée et qu’il ne s’agit pas de céréales maliennes.

L.R

3 janvier 2023 0 comments
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Alassane Ouattara
ActuSécurité

Alassane Ouattara : « Les 46 autres soldats regagneront bientôt le sol ivoirien »

by Sahel Tribune 3 janvier 2023
written by Sahel Tribune 1 minutes read

Alors que Bamako a prononcé son verdict contre les soldats ivoiriens, accusés d’être des « mercenaires », Abidjan essaie de calmer la tension. Dans son traditionnel message à la nation, à l’occasion du Nouvel An, le président ivoirien, Alassane Ouattara, a rassuré de la libération très prochaine du reste de ses soldats, toujours en détention au Mali. « Les 46 autres soldats regagneront bientôt le sol ivoirien », a-t-il indiqué dans son allocution.

Pourtant, à la veille de ce discours, la justice malienne a annoncé, vendredi 30 décembre 2022, la condamnation de ces 46 militaires ivoiriens à 20 ans de réclusion criminelle.  

Ils ont été déclarés coupables d’« attentat et complot contre le gouvernement », « atteinte à la sûreté extérieure de l’État », « détention, port et transport d’armes et de munitions de guerre (…) ayant pour but de troubler l’ordre public par l’intimidation ou la terreur », selon le procureur général Ladji Sara cité dans un communiqué.

Grâce aux actions diplomatiques, trois soldats femmes ont été libérés en septembre dernier. À l’issue du procès dont le verdict est tombé, le vendredi dernier, elles ont été condamnées à la peine de mort par contumace pour les mêmes motifs que les 46 autres.

Cette condamnation fait rater l’équation de ceux qui avaient vu dans la signature du mémorandum d’accord du 22 décembre 2022, entre la partie malienne et la partie ivoirienne, comme un signe avant-coureur de la fin de la crise ivoiro-malienne. Néanmoins, nombreux étaient désormais les observateurs qui gardaient un grand espoir sur le discours de Nouvel An du président malien de la transition, pour décanter la situation, à travers une grâce présidentielle.

En attendant, les « mercenaires » ivoiriens restent toujours détenus au Mali.

La rédaction

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