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Formation journalisme culturel
A la UneSeko ni Donko

Réseau Kya – RJPIC – AJDEC – IKAM : une synergie pour renforcer le journalisme culturel  

by Ibrahim Kalifa Djitteye 10 mai 2026
written by Ibrahim Kalifa Djitteye 4 minutes read

Un séminaire thématique sur « Communication et Journalisme culturel en temps de crise » s’est tenu le vendredi 8 mai 2026 au Mémorial Modibo Keïta de Bamako. La cérémonie d’ouverture a été présidée par M. Alamouta Dagnoko, représentant du ministre de l’Artisanat, de la Culture, de l’Industrie hôtelière et du Tourisme, M. Mamou Daffé, en présence du Président de la Maison de la Presse, M. Bandiougou Danté, de la Directrice du Mémorial Modibo Keïta et de nombreux journalistes culturels.  

Ce séminaire a été initié par le Réseau Kya, en partenariat avec le Réseau des Journalistes pour la Promotion des Initiatives Culturelles (RJPIC), l’Alliance des Journalistes pour le Développement de la Culture (AJDEC) et l’Institut Kôrè des Arts et Métiers (IKAM). Les organisations étaient représentées respectivement par M. Djibril Guisse, M. Assane Koné, M. Kéba Daffé, ainsi que la Directrice du Mémorial Modibo Keïta.  

Une initiative collective pour la culture

Les travaux ont porté sur la critique d’art, présentée par M. Alexy Kalembry. Il a rappelé que la critique est un genre journalistique à part entière, qui consiste à analyser, interpréter et évaluer les productions artistiques. Elle doit dépasser le simple compte rendu et contribuer à éclairer, valoriser et structurer le champ culturel. La critique d’art doit être considérée comme un outil de réflexion et de construction culturelle.  

M. Kalembry a insisté sur le rôle de la critique dans l’éducation du public et la promotion du Maaya, les valeurs sociales maliennes. Il a souligné que les hommes de culture ont toujours été des moteurs de développement et que, dans le contexte actuel, la critique doit renforcer la cohésion et la résilience culturelle. La critique devient ainsi un instrument de consolidation sociale et culturelle.  

La critique d’art comme levier

Il a également rappelé les principes fondamentaux qui doivent guider la critique : l’honnêteté intellectuelle, la rigueur, l’argumentation et le respect. Ces valeurs permettent d’éviter les dérives et garantissent une pratique professionnelle et éthique, respectueuse des artistes et du public. La critique constructive doit être perçue comme une contribution positive au développement culturel et comme un outil de dialogue.  

La rencontre a mis en garde contre les erreurs fréquentes : confondre critique et résumé, tomber dans la complaisance excessive, pratiquer la destruction systématique ou recourir aux attaques personnelles. Les participants ont convenu qu’une critique constructive doit éclairer et faire progresser, plutôt que diviser ou fragiliser la cohésion communautaire. La critique doit être un levier de paix et de dialogue.  

Journalisme culturel et cohésion sociale

Le séminaire a également abordé le journalisme culturel, présenté comme un domaine qui dépasse largement la simple couverture d’événements artistiques. Dans le contexte malien, marqué par fragilité et résilience, il doit répondre à trois enjeux : informationnel, éthique et narratif. Le journalisme culturel doit être un vecteur de cohésion sociale et de mémoire collective, capable de renforcer les liens communautaires.  

Sur le plan informationnel, le journalisme culturel doit lutter contre la désinformation. Sur le plan éthique, il doit éviter la stigmatisation. Sur le plan narratif, il doit produire des récits constructifs qui valorisent les initiatives positives et renforcent la cohésion sociale. Le journalisme culturel doit être un journalisme de paix, porteur de stabilité et de dialogue, au service des communautés.  

Le rôle du journaliste culturel en crise

Le Dr Hamadou Sanogo est intervenu sur le thème du journalisme culturel en période de crise au Mali. Il a montré l’importance de valoriser les identités à l’ère de la bataille numérique et de préserver la mémoire collective par des récits culturels porteurs de paix. Il a insisté sur la responsabilité des journalistes dans la construction d’un discours culturel apaisé et rassembleur.  

Il a conclu que la culture est la mémoire vivante des peuples et que le journaliste culturel en est la voix. Dans un contexte de crise, les mots doivent être mieux contrôlés afin d’éviter la désinformation et la mésinformation. Le séminaire a ainsi permis de rappeler que le journalisme culturel doit contribuer à la cohésion nationale et à la consolidation de la paix, en s’appuyant sur des récits constructifs.

Ibrahim Kalifa Djitteye 

10 mai 2026 0 comments
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Guerre de l'information
ActuLes démystificateurs du Sahel

Guerre de l’information : comment les médias sont devenus des instruments de pouvoir

by Chiencoro 10 mai 2026
written by Chiencoro 5 minutes read

Du Sahel aux capitales occidentales, la liberté de la presse se fracasse sur les mêmes écueils : le pouvoir politique, l’argent et les agendas cachés. La suspension de neuf médias français au Niger par les autorités de la transition en mai 2026 n’est que le dernier épisode d’une guerre de l’information qui ne dit pas son nom — et dans laquelle aucun camp ne peut se prévaloir d’une innocence totale.

Au Niger, neuf médias français viennent d’être suspendus par décret. France 24, RFI, l’AFP, TV5 Monde, Jeune Afrique — des noms familiers à des millions d’Africains — rayés des écrans et des ondes du jour au lendemain. Les autorités militaires invoquent des contenus « menaçant l’ordre public ». RSF crie à la censure. Mais derrière ce bras de fer sahélien se joue quelque chose de beaucoup plus vaste : la bataille mondiale pour le contrôle du récit.

Car le Niger n’est pas seul. Au Mali, au Burkina Faso, ces mêmes médias sont suspendus depuis des mois, accusés de traitement tendancieux de l’actualité. Et si ces régimes militaires sont souvent épinglés par les organisations de défense de la presse, une question plus inconfortable mérite d’être posée : les médias qu’ils censurent sont-ils eux-mêmes entièrement libres ?

L’information comme terrain de guerre

En septembre 2022, Emmanuel Macron l’a dit sans détour devant ses ambassadeurs : la France est engagée dans une « guerre informationnelle » en Afrique. Il a explicitement mentionné France Médias Monde — RFI, France 24 — comme instrument stratégique pour contrer « les narratifs russe, chinois ou turc » sur le continent. Cette déclaration, passée relativement inaperçue en Europe, a résonné comme une confirmation dans de nombreuses capitales africaines.

Elle a surtout mis en lumière une réalité que les analystes des médias décrivent depuis des décennies : l’information n’est jamais neutre. Elle est le produit de rapports de pouvoir, de stratégies d’influence, de logiques économiques et politiques qui conditionnent ce qui est dit, ce qui est tu, et surtout, comment les faits sont présentés.

Des médias pris en étau entre politique et argent

Le linguiste Noam Chomsky et Edward Hermann, dans la Fabrication de l’information : de la propagande médiatique en démocratie, l’avaient théorisé bien avant l’ère numérique : les médias jouent fréquemment « le rôle de serviteurs et de propagandistes des puissants groupes qui les contrôlent et les financent ». Cette influence ne s’exerce pas nécessairement par des injonctions directes. Elle opère de manière structurelle, à travers la sélection du personnel éditorial, l’intériorisation de normes professionnelles compatibles avec les intérêts dominants, et la dépendance aux annonceurs.

En France, le journaliste Laurent Mauduit dresse un constat similaire dans Main basse sur l’information : contrairement à d’autres grandes démocraties où la presse appartient à des groupes de presse, les médias français sont souvent la propriété de marchands de béton, de marchands d’armes ou de grands groupes industriels, tous entretenant des relations de proximité avec le pouvoir. Une concentration qui, selon Edwy Plenel, produit un « journalisme de gouvernement » et une « presse d’industrie » — deux phénomènes qui érodent l’autonomie éditoriale et brouillent la frontière entre information et communication stratégique.

Ce constat ne concerne pas que la France ou les États-Unis. Au Mali, entre 2010 et 2021, certains médias ont pratiqué ouvertement ce que l’on peut appeler la « marchandisation de l’information » : la menace de publier un article compromettant devenait un levier de pression, monnayable contre le silence. L’information cessait d’être un service public pour devenir une ressource stratégique dans les luttes d’influence.

Le fact-checking, nouveau front de la guerre des récits

Face à cette crise de confiance, le fact-checking avait été présenté comme le remède miracle contre les récits manipulés, la désinformation et ses dérivés. Malheureusement, il n’y échappe pas non plus. La Plateforme africaine des fact-checkers francophones (PAFF) le documente : dans plusieurs pays d’Afrique francophone, des institutions liées aux gouvernements, des ONG ou des acteurs politiques ont créé des rubriques de vérification pour « légitimer des récits officiels ou censurer des voix dissidentes, sous couvert de lutte contre la désinformation ».

Le philosophe Benoît Labourdette va plus loin, estimant que présenter le fact-checking comme méthode d’établissement d’une vérité absolue est « la pire chose qui soit arrivée au journalisme ». Car le simple choix du sujet à vérifier, des experts à interroger, des données à retenir est déjà un acte partial. L’impartialité du vérificateur est, en ce sens, un idéal inaccessible — et parfois un masque commode.

Sortir du labyrinthe

Faut-il pour autant sombrer dans le cynisme et tout rejeter ? Non. Mais il faut changer de méthode. Plutôt que de confier aux seuls professionnels le soin de distinguer le vrai du faux, c’est l’esprit critique du citoyen qu’il faut cultiver. Gaston Bachelard le rappelait : la connaissance progresse par rupture avec les préjugés, non par accumulation naïve d’informations. Karl Popper y ajoutait que tout savoir est provisoire, toujours susceptible d’être réfuté et corrigé.

Dans un monde où l’information est devenue, selon les mots du philosophe Gilles Deleuze, « un système de contrôle » — un ensemble de mots d’ordre que l’on est invité à croire, ou du moins à faire semblant de croire — la seule défense durable reste la raison critique exercée par chacun. Ni les médias, ni les fact-checkers, ni les gouvernements ne peuvent se substituer à ce travail individuel.

La suspension de médias au Niger est une atteinte à la liberté de la presse. Mais l’instrumentalisation de cette même presse au service d’agendas géopolitiques est, elle aussi, une atteinte au droit fondamental des citoyens à une information fiable. Ces deux vérités ne s’annulent pas : elles s’éclairent mutuellement.

Chiencoro Diarra 

10 mai 2026 0 comments
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Soutien de la France aux terroristes
A la UneEnquête

Mali : la France joue-t-elle avec le feu en soutenant les rebelles touaregs ?

by Sahel Tribune 10 mai 2026
written by Sahel Tribune 5 minutes read

Des révélations sur des liens entre rebelles touaregs, renseignement ukrainien et anciens légionnaires relancent les accusations du Mali contre la France dans la crise sécuritaire au Sahel.

Depuis le 25 avril 2026, le Mali vit au rythme d’une offensive d’une ampleur inédite. Le Front de Libération de l’Azawad (FLA), coalition des mouvements rebelles touaregs et arabes, et le JNIM — branche officielle d’Al-Qaïda au Sahel — ont engagé des attaques coordonnées sur plusieurs fronts simultanément : Kidal, Gao, Mopti, et jusqu’aux abords de Bamako. Cette alliance de circonstance, aussi surprenante que redoutable, leur permet la facilité de mobilité et la multiplication des attaques terroristes. 

Des ex-légionnaires dans l’ombre du conflit

C’est dans ce contexte explosif que le journaliste Georges Malbrunot, du Figaro et de RTL, a levé un coin du voile. Selon une source sécuritaire française, des unités du renseignement militaire ukrainien — le GUR — opèrent en coordination avec les rebelles touaregs. Parmi elles, quelques dizaines d’ex-légionnaires ukrainiens francophones, anciens membres de la Légion étrangère française, déployés pour former, conseiller et appuyer militairement les forces du FLA.

La France, officiellement chassée du Mali entre 2022 et 2023, continue donc d’agir en sous-main, en jouant sur le vivier de militaires ukrainiens passés par ses rangs. Le schéma répond à une logique d’intérêts croisés : les rebelles touaregs cherchent à affaiblir les autorités maliennes de la transition; Kiev et Paris, eux, veulent faire mordre la poussière aux militaires russes de l’Africa Corps.

Ce n’est d’ailleurs pas une première. Dès le début de l’année 2025, le renseignement ukrainien avait proposé aux autorités françaises un plan détaillé pour déloger les autorités de la transition  du Sahel (Mali, Burkina Faso et Niger) et faire reculer l’influence russe. Paris avait alors décliné, ne souhaitant pas apparaître, même de manière déguisée. Cette fois, le verrou est levé.

Un jeu de billard à plusieurs bandes

Le « paravent ukrainien » offre à la France un avantage décisif : ne pas coopérer directement avec des djihadistes classés organisations terroristes, tout en entretenant des liens historiques bien connus avec les Touaregs, qui revendiquent l’indépendance de leur région. En clair : soutenir techniquement — notamment en matière de transmissions — des rebelles alliés de circonstance à Al-Qaïda, sans en assumer officiellement la responsabilité.

Problème : le JNIM n’est pas un groupe local anodin. Il s’inscrit dans une mouvance terroriste qui a revendiqué ou inspiré des attentats à Madrid, Londres, Paris et Nice. En cherchant à affaiblir le régime pro-russe de Bamako, Paris prend le risque de renforcer, même indirectement, un ennemi stratégique de premier ordre.

Wassim Nasr, journaliste à France 24 et spécialiste des mouvements jihadistes, a reconnu sur X une aide ukrainienne limitée au FLA en 2024, tout en démentant que cette aide soit toujours active et en rejetant tout lien entre la France et le JNIM. Les autorités françaises, elles, sont restées muettes. Le ministère des Armées s’est borné à indiquer que si des militaires ukrainiens avaient quitté la Légion étrangère pour servir l’Ukraine « de la manière qu’ils jugent utile », Paris n’avait pas d’autre commentaire à formuler. Un silence éloquent.

La logique du moindre mal

Pourtant, le Mali a saisi le Conseil de sécurité de l’Organisation des Nations unies, en août 2022, en vue de présenter les preuves du soutien de la France aux groupes terroristes évoluant sur son territoire, notamment par la fourniture de renseignements et d’équipements. Dans une correspondance datée du 16 août et signée par le ministre malien des Affaires étrangères, Abdoulaye Diop, le Mali a sollicité la tenue d’une réunion d’urgence afin d’examiner la situation sécuritaire du pays. Mais rien ne fut fait. 

En 2024, le gouvernement du Mali a annoncé la rupture immédiate de ses relations diplomatiques avec l’Ukraine, invoquant une « implication reconnue et assumée » de Kiev dans les affrontements survenus fin juillet à Tinzaouatene, dans la région de Kidal, entre les Forces armées maliennes, les rebelles du CSP-DPA et des groupes affiliés à al-Qaïda. Dans un communiqué relayé par le porte-parole du gouvernement, l’actuel Premier ministre, le général Abdoulaye Maïga, les autorités maliennes affirmaient que cette implication a été mise en évidence par une vidéo publiée par l’ambassade d’Ukraine à Dakar, dans laquelle le responsable du renseignement militaire ukrainien, Andriy Yusov, se félicitait d’avoir fourni des informations aux rebelles avant les combats, tandis que l’ambassadeur Yurii Pyvovarov y exprimait son soutien. La diffusion de cette séquence a conduit les autorités sénégalaises à convoquer l’ambassadeur ukrainien pour lui rappeler ses obligations de retenue et de non-ingérence, avant que la vidéo ne soit retirée des réseaux sociaux.

Les autorités maliennes ont toujours soutenu que la crise sécuritaire sur leur espace est créée et soutenue par des acteurs extérieurs avec l’appui d’acteurs intérieurs tel que les derniers évènements en date du 25 avril dernier le prouvent. Les investigations du Tribunal militaire de Bamako ont permis d’établir les faits : « Les investigations menées ont permis, à ce stade, d’établir un faisceau d’éléments solides relatifs à la complicité de certains militaires, militaires radiés ou en instance de radiation de l’effectif, notamment leur participation à la planification, à la coordination et à l’exécution des attaques sus indiquées avec l’implication notoire de certains hommes politiques, dont le Docteur Oumar Mariko. », lit-on dans le communiqué du 1er mai du Procureur de la République près le tribunal militaire de Bamako  

En hiérarchisant ses ennemis — les Russes avant les jihadistes — la France s’expose à une accusation lourde : celle d’avoir, au nom du pragmatisme géopolitique, contribué à l’expansion territoriale et logistique d’une organisation affiliée à Al-Qaïda, dans l’une des régions jugées les plus instables du monde.

La froide réalité du terrain a parfois ses propres règles. Elle a rarement ses propres garde-fous.

Oumarou Fomba 

10 mai 2026 0 comments
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Mobilisation générale des Maliens
A la UnePolitique

Mobilisation patriotique : le peuple malien uni derrière ses forces armées

by Chiencoro 9 mai 2026
written by Chiencoro 4 minutes read

Un grand rassemblement patriotique s’est tenu ce samedi 9 mai au Stade Mamadou Konaté de Bamako pour soutenir les Forces armées maliennes et les autorités de la Transition. L’événement, présidé par le Général de brigade Issa Ousmane Coulibaly, ministre de l’Administration territoriale et porte-parole du Gouvernement, a marqué un moment fort d’unité nationale. Le peuple malien s’est mobilisé pour réaffirmer sa solidarité et sa confiance envers ses institutions.  

Face aux défis sécuritaires qui secouent le pays, un mouvement de solidarité inédit s’est étendu à travers toutes les régions. L’appel à l’unité lancé à Bamako a trouvé un écho puissant dans les villes et villages du Mali. Ce rassemblement, organisé dans un esprit de recueillement et de détermination, a témoigné d’une volonté commune de résister à la peur et de défendre la stabilité nationale après les attaques du 25 avril.  

Une mobilisation nationale pour la souveraineté malienne

Ces attaques, qui ont visé plusieurs positions stratégiques, ont coûté la vie au ministre de la Défense et des Anciens combattants, le Général d’armée Sadio Camara. Malgré cette perte douloureuse, le peuple est resté debout. « Nous ne céderons pas à la peur », ont affirmé les participants. L’événement a servi de catalyseur pour renforcer le lien de confiance entre les citoyens et leurs défenseurs, dans un esprit de résilience et de courage collectif. 

Le stade était plein à craquer, animé par la présence massive des jeunes et des femmes. La cérémonie a débuté par l’exécution de l’hymne national, en présence de plusieurs ministres et invités de marque. Le griot Bourama Soumano a ouvert les interventions en exaltant la grandeur du pays et de ses dirigeants, rappelant que « la victoire est au bout de l’effort et ensemble, nous vaincrons », avant de ponctuer son discours d’un intermède musical. 

Les jeunes et les femmes en première ligne

Par ailleurs, Ibrahim Cissé, président du Conseil National des Jeunes du Mali, a salué la mobilisation citoyenne observée sur tout le territoire. Revenant sur les événements du 25 avril, il a insisté sur le fait que « l’unité malienne est la meilleure réponse face au terrorisme ». Il a encouragé un volontarisme accru dans le recrutement au sein des Forces de défense et exhorté les populations à collaborer étroitement avec les FAMa par le partage d’informations.  

Mme Kouyaté Goundo Sissoko, représentante de la CAFO, a pris la parole pour exprimer la solidarité des femmes. Elle a déploré les attaques coordonnées et appelé à la résilience. « Nous sommes tous des militaires », a-t-elle déclaré, exhortant chaque Malien à ne pas céder à la peur, car c’est ce que recherchent les terroristes. Elle a invité à la vigilance, à la concorde et au don de soi pour préserver la paix et la stabilité.  

Les leaders communautaires appellent à la responsabilité

Le Coordinateur des Chefs de quartiers, Seydou Sangaré, a prié pour le repos des âmes des disparus tout en réaffirmant la souveraineté du Mali au sein de l’Alliance des États du Sahel. Il a salué le leadership du Général d’armée Assimi Goïta et mis en garde contre la mauvaise utilisation des réseaux sociaux. « Les médias doivent diffuser une information responsable », a-t-il insisté, appelant à la prudence et à la cohésion nationale.  

Le discours du Général de brigade Issa Ousmane Coulibaly a constitué le point culminant de la journée. Le ministre a souligné qu’à travers cette épreuve difficile, « le Mali reste uni et souverain ». Il a dénoncé les attaques du 25 avril, qualifiées de lâches, et félicité le peuple pour sa dignité et son courage. Transmettant les salutations du Président de la Transition, Assimi Goïta, et du Premier ministre Abdoulaye Maïga, il a rendu hommage à la résilience des Maliens.  

Fidélité et engagement du peuple malien

Face aux campagnes de désinformation venues de l’extérieur, le ministre a opposé la vérité et la solidarité. Il a affirmé que « le Mali n’acceptera jamais que son destin soit écrit par d’autres que les Maliens eux-mêmes ». Avec émotion, il a ajouté : « Nous ne pleurons pas nos héros, nous les célébrons », rappelant que leur sacrifice oblige la nation pour l’éternité. Il a appelé à un soutien indéfectible envers ceux qui défendent le pays.  

En outre, le Général Coulibaly a souligné que lorsque « le Mali se lève comme un seul homme, c’est toute l’Afrique qui l’observe avec fierté ». Cette journée de mobilisation patriotique restera gravée dans la mémoire collective comme un symbole d’unité, de courage et de fidélité à la nation. Le peuple malien, uni derrière ses forces armées, a réaffirmé son engagement à défendre la patrie et à préserver la souveraineté nationale.

Ibrahim Kalifa Djitteye 

9 mai 2026 0 comments
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Mairie de la commune II
A la UneÉconomie

Bamako : le Vérificateur Général révèle 124,9 millions de FCFA d’irrégularités dans la gestion de la Commune II

by Sahel Tribune 9 mai 2026
written by Sahel Tribune 4 minutes read

Le Bureau du Vérificateur Général (BVG) vient de rendre public un rapport accablant sur la gestion financière de la Commune II du District de Bamako, portant sur les exercices 2022 à 2025. Au total, 124 991 972 FCFA d’irrégularités financières ont été constatées, auxquelles s’ajoutent de nombreux manquements administratifs révélateurs de défaillances profondes dans la gouvernance de cette collectivité.

L’une des irrégularités les plus graves portes sur un contrat de concession signé le 29 mars 2022 entre le Maire de la Commune II et une société privée, portant sur la digitalisation de la collecte des taxes et redevances de la mairie ainsi que la constitution d’une base de données.

Selon les vérificateurs, ce contrat a été conclu sans évaluation préalable, sans l’avis obligatoire de l’Unité des Partenariats Public-Privé, sans autorisation du Conseil Communal, sans approbation du Gouverneur du District de Bamako et sans l’avis conforme de la Direction Générale des Marchés Publics. En clair : la totalité des procédures légales a été ignorée. Fait aggravant, lors des séances contradictoires, la Commune a déclaré ne disposer d’aucune information sur ce contrat.

Un avantage indu de 7,5 millions de FCFA accordé au Receveur-Percepteur

En décembre 2023, l’agent chargé d’expédier les affaires courantes a ordonné le paiement de 7 527 377 FCFA au Receveur-Percepteur, à titre de remise de 4 % sur les patentes de l’année 2021. Or, le recouvrement de la patente relève exclusivement des services des Impôts — et non de la Perception communale.

Ce mandat irrégulier a néanmoins été visé par le contrôleur financier le 23 décembre 2023 et exécuté le 27 décembre de la même année. Le BVG a transmis ce dossier au Procureur de la République financier.

9,1 millions non remboursés à l’ANICT

En 2022, l’Agence Nationale d’Investissement des Collectivités Territoriales (ANICT) avait conclu avec la Commune II une convention de financement de 20 320 500 FCFA pour la construction d’un centre secondaire d’état civil à l’hippodrome. Une première tranche de 9 144 225 FCFA avait été versée.

Les travaux n’ont jamais été réalisés. En octobre 2023, le Gouverneur du District de Bamako a prononcé l’annulation de la convention et ordonné la restitution des fonds. À la date de clôture des travaux de vérification, le remboursement n’avait toujours pas été effectué.

Mariages célébrés, recettes escamotées : 77 millions de FCFA non recouvrés

La vérification a mis en lumière une pratique alarmante dans les centres secondaires d’état civil : les régisseurs de recettes n’appliquaient pas les tarifs officiels lors de la célébration des mariages.

Sur un montant total de 151 985 000 FCFA de recettes reconstituées sur la base des tarifs en vigueur, seuls 74 510 500 FCFA ont été effectivement encaissés. L’écart non recouvré s’élève à 77 474 500 FCFA — soit plus de la moitié des recettes attendues envolées.

30 millions de fonds scolaires non justifiés

Les Comités de Gestion Scolaire (CGS) ont reçu des fonds d’Appui Direct à l’Amélioration des Rendements Scolaires (ADARS) pour un montant total de 30 845 870 FCFA sur les années 2023, 2024 et 2025. Aucun justificatif de dépense n’a pu être fourni aux vérificateurs.

Des dysfonctionnements administratifs en cascade

Au-delà des irrégularités financières, le rapport révèle une série de manquements administratifs qui fragilisent l’ensemble du système de contrôle interne de la Commune :

  • Archives en désordre : la Commune n’a pu fournir aucun document relatif à l’installation du centre d’attraction « Luna-Park », et les pièces justificatives des marchés ne sont pas organisées conformément à la réglementation.
  • Régisseurs sans serment ni caution : plusieurs régisseurs exercent leurs fonctions sans avoir prêté serment devant un tribunal ni constitué la caution obligatoire.
  • Commission d’appel d’offres irrégulière : la Délégation Spéciale a créé une commission unique pour l’ensemble de l’exercice 2025, au lieu d’une commission par marché comme l’exige la loi.
  • Pas de contrôle des régies : le Receveur-Percepteur a lui-même reconnu n’avoir réalisé aucun contrôle sur la comptabilité des régisseurs, contrairement à ses obligations légales.
  • Pas de plan de trésorerie : aucun document de pilotage financier n’a été élaboré.
  • Pas d’états financiers produits : ni bilan, ni compte de résultat, ni tableau de flux de trésorerie n’ont été établis pour les exercices contrôlés.
  • Versements de recettes hors délai : des régisseurs ont attendu jusqu’à trois semaines avant de reverser les recettes au Receveur-Percepteur, au lieu des trois jours réglementaires.

Le Vérificateur Général a transmis l’ensemble de ces faits au Président de la Section des Comptes de la Cour Suprême et au Procureur de la République financier pour suites à donner.

Une Commune sous délégation spéciale depuis fin 2023

Pour rappel, le Conseil Communal de la Commune II a été dissous le 23 novembre 2023. Une Délégation Spéciale de sept membres a été mise en place en août 2024, dont le mandat a depuis été prorogé. La Commune est actuellement dirigée par un agent chargé d’expédier les affaires courantes.

Le BVG souligne que la mission a constitué une occasion de sensibiliser les responsables communaux aux exigences de la bonne gouvernance, et appelle à une mise en œuvre rigoureuse de l’ensemble des recommandations formulées. Sans cela, avertit le rapport, l’équilibre financier de la Commune et la qualité des services aux habitants sont en péril.

Oumarou Fomba 

9 mai 2026 0 comments
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pilules contre la dysfonction érectile
A la UneSanté

Trafic pharmaceutique : pourquoi les pilules de l’érection dominent le marché noir

by Sahel Tribune 8 mai 2026
written by Sahel Tribune 5 minutes read

L’opération Pangea XVIII d’INTERPOL, menée en mars 2026 dans 90 pays, révèle une vérité que beaucoup préfèrent taire : les médicaments contre la dysfonction érectile arrivent en tête des produits pharmaceutiques illicites les plus saisis dans le monde, devant même les antibiotiques et les analgésiques. Un marché gris florissant, dopé par internet et la désinformation.

Il y a quelque chose de révélateur dans les chiffres que vient de publier INTERPOL. Parmi les 6,42 millions de doses de produits pharmaceutiques non approuvés ou contrefaits interceptées lors de l’opération Pangea XVIII, menée du 10 au 23 mars 2026 dans 90 pays, la catégorie la plus saisie n’est pas celle des drogues dures, ni même celle des antibiotiques. Ce sont les médicaments contre la dysfonction érectile : 682 317 doses confisquées à travers le monde. Devant les sédatifs (620 949), les analgésiques (502 611) et les antibiotiques (465 473).

Médicaments contre la dysfonction érectile
Interpol, l’agence policière intercontinentale, a saisi cette année pour 15,5 millions de dollars de produits contrefaits au niveau mondial, dominé par les pilules contre la dysfonction érectile. ©capture d’écran.

Un chiffre qui dit long sur les nouvelles anxiétés d’une planète hyperconnectée, où la performance — y compris sexuelle — est devenue une injonction sociale autant qu’un marché.

Le Viagra de contrebande, symptôme d’un monde sous pression

La domination des médicaments contre la dysfonction érectile dans les statistiques d’INTERPOL n’est pas un hasard. Elle traduit une réalité socio-économique profonde : la demande mondiale pour ces produits explose, mais l’accès légal reste freiné par la prescription médicale obligatoire, le coût élevé des traitements de marque et, dans de nombreux pays, la persistance d’un tabou culturel autour de la sexualité masculine.

Résultat : des millions d’hommes se tournent vers internet, où des milliers de sites — souvent opérés depuis des zones grises juridictionnelles — proposent du sildénafil, du tadalafil ou leurs génériques à prix cassé, sans ordonnance, livrés discrètement à domicile. L’opération Pangea XVIII a permis de démanteler ou de perturber environ 5 700 sites web, pages de réseaux sociaux et canaux en ligne utilisés pour commercialiser ces produits illicites.

Le problème n’est pas seulement juridique. Ces médicaments, lorsqu’ils sont fabriqués en dehors de tout contrôle sanitaire, peuvent contenir des dosages erronés, des substances de substitution ou des contaminants dangereux. Les risques cardiovasculaires sont réels, en particulier pour des patients qui s’auto-médicamentent sans bilan médical préalable.

Les médicaments amincissants et le mirage GLP-1

Mais la dysfonction érectile n’est plus seule à structurer ce marché de l’apparence et de la performance. Une nouvelle catégorie monte en puissance : les médicaments GLP-1, développés à l’origine pour traiter le diabète de type 2 — le sémaglutide (Ozempic) et le tirzepatide en tête — et désormais massivement détournés pour la perte de poids.

La demande est telle que des réseaux criminels ont flairé le filon. En Thaïlande, un raid dans une clinique esthétique a conduit à la saisie de plus de 300 flacons de ces substances, stockés pour être distribués à des clients ayant passé commande via des plateformes en ligne. Les versions illicites, souvent fabriquées en Asie du Sud-Est, se vendent pour aussi peu que 10 dollars l’unité — contre plusieurs centaines de dollars pour les produits officiels. Dans certains lots contrôlés, les vérificateurs ont retrouvé de la sibutramine, une molécule interdite dans de nombreux pays en raison de son association avec des crises cardiaques et des accidents vasculaires cérébraux.

Le Royaume-Uni en tête, l’Afrique en ligne de mire

Sur le plan géographique, le Royaume-Uni arrive en tête des pays ayant effectué les plus grandes saisies avec 2,12 millions de doses interceptées — un résultat qui reflète autant la vigueur des contrôles douaniers britanniques que l’ampleur du marché illicite qui les alimente. La Colombie (1,47 million) et l’Australie (752 617) complètent le podium.

Côté africain, le tableau est différent — et plus préoccupant. Si le Burkina Faso figure à la quatrième place mondiale avec 430 360 doses saisies, les produits interceptés sur le continent sont d’une autre nature : analgésiques, antibiotiques et antipaludiques de qualité inférieure ou contrefaits, vendus dans des marchés informels à des populations qui n’ont pas les moyens d’accéder aux circuits pharmaceutiques officiels. La Côte d’Ivoire a ainsi saisi une tonne entière d’ibuprofène contrefait sur un seul véhicule. Au Cameroun, des milliers de flacons d’antipaludiques falsifiés ont été interceptés.

La France, avec 109 748 doses saisies, ferme le classement des dix premiers pays — une présence dans ce palmarès peu enviable qui illustre que nul pays développé n’est à l’abri de ce trafic.

L’ivermectine, des parasites aux théories complotistes

L’opération Pangea XVIII a également mis en lumière un phénomène inquiétant : le retour en force des antiparasitaires, et notamment de l’ivermectine et du fenbendazole — un vermifuge vétérinaire — dans les saisies mondiales. Une tendance que les enquêteurs n’avaient plus observée à cette échelle depuis les pics de la pandémie de Covid-19.

L’explication tient en un mot : désinformation. Des communautés en ligne, principalement anglophones mais de plus en plus multilingues, font la promotion de ces substances comme des « traitements alternatifs contre le cancer », au mépris des avertissements répétés des agences sanitaires. Commercialisés en « kits de traitement », ils contournent les réglementations en se présentant comme des compléments de santé. L’Australie, la Nouvelle-Zélande, Singapour, les États-Unis et le Royaume-Uni ont tous signalé des saisies importantes.

INTERPOL tire la sonnette d’alarme

Au total, l’opération Pangea XVIII aura mobilisé les forces de l’ordre de 90 pays, conduit à 269 arrestations, démantelé 66 groupes criminels et généré 392 enquêtes. Les marchandises saisies sont valorisées à 15,5 millions de dollars.

Pour le secrétaire général d’INTERPOL, Valdecy Urquiza, le message est sans ambiguïté : « Les faux médicaments ne sont pas seulement une fraude — ils mettent des vies en danger. Les criminels exploitent les lacunes de surveillance en ciblant les personnes à la recherche d’un traitement rapide ou abordable. Les conséquences peuvent être graves, voire mortelles. »

Lancée il y a près de vingt ans, l’opération Pangea reste l’un des rares dispositifs de coopération policière véritablement mondiaux dans ce domaine. Mais face à l’essor du commerce en ligne et à la sophistication croissante des réseaux criminels, la course entre trafiquants et autorités sanitaires est loin d’être terminée.

Oumarou Fomba 

8 mai 2026 0 comments
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Des équipements de la Force Unifiée AES
A la UneOpinion

Mali : comprendre la nouvelle nature de la guerre au Sahel

by Mikailou Cissé 8 mai 2026
written by Mikailou Cissé 4 minutes read

Au Sahel, la lutte contre le terrorisme ne se limite plus à un affrontement militaire classique. Elle s’inscrit désormais dans une conflictualité complexe mêlant enjeux sécuritaires et recompositions géopolitiques. Au cœur de cette dynamique, le Mali et l’Alliance des États du Sahel (AES) apparaissent comme un laboratoire des transformations contemporaines de la guerre.

La guerre antiterroriste menée par les États du Sahel ne relève plus des schémas classiques de la conflictualité enseignés dans les doctrines militaires traditionnelles. Elle s’impose désormais comme un phénomène global, où s’entrecroisent dynamiques sécuritaires, crises de légitimité, tensions socio-économiques et recompositions géopolitiques, le tout structuré autour d’un enjeu central : la souveraineté.

Dans cet environnement instable, le Mali, au cœur de l’Alliance des États du Sahel (AES), ne constitue pas seulement un théâtre d’opérations, mais un espace révélateur des mutations contemporaines de la guerre.

Le déplacement du centre de gravité de la menace

L’évolution récente du conflit met en évidence un déplacement du centre de gravité de la menace. Longtemps confinée aux zones rurales et aux espaces périphériques, l’action des groupes armés s’oriente désormais vers les centres urbains et les lieux de pouvoir.

Cette dynamique traduit une stratégie de pression diffuse : il ne s’agit plus prioritairement de conquérir des territoires, mais de fragiliser l’État dans ses fonctions essentielles. En perturbant la continuité institutionnelle, en érodant la crédibilité des autorités et en exacerbant les fractures sociales, ces groupes visent une désorganisation progressive du corps politique.

Face à cette évolution, les autorités maliennes ont réaffirmé la primauté de la sécurité et de l’intégrité territoriale, notamment à travers les orientations issues du Conseil supérieur de la défense nationale du 29 avril 2026.

Une réponse militaire nécessaire mais insuffisante

Les opérations menées par les Forces armées maliennes (FAMa), en coordination avec la Force unifiée de l’AES, témoignent d’une reprise d’initiative. Sécurisation des axes routiers, escortes de convois et neutralisation de groupes armés indiquent une adaptation progressive à une menace mobile et durable.

Cependant, cette montée en puissance militaire, bien que nécessaire, ne saurait suffire. La nature du conflit impose un changement de cadre d’analyse : il ne s’agit plus d’une confrontation linéaire entre armées régulières et groupes irréguliers, mais d’une guerre diffuse visant les structures profondes des sociétés.

En s’attaquant aux économies locales, aux mécanismes de régulation sociale et au lien de confiance entre populations et institutions, les groupes armés déplacent le champ de bataille vers le tissu social lui-même.

Le rôle stratégique des autorités traditionnelles et religieuses

Dans ce contexte, les légitimités traditionnelles et religieuses apparaissent comme des acteurs stratégiques de premier plan. Ancrées dans les communautés et dotées d’une autorité sociale souvent antérieure à l’État moderne, elles jouent un rôle essentiel dans la régulation des conflits locaux et la cohésion sociale.

Leur affaiblissement a, dans certaines zones, facilité l’implantation des groupes armés. À l’inverse, leur réintégration dans les dispositifs de stabilisation peut contribuer à restaurer l’autorité et à reconstruire le lien social.

La reconnaissance de leur rôle dans le cadre institutionnel constitue une avancée, mais leur efficacité dépendra de leur intégration opérationnelle dans les politiques publiques territoriales.

L’AES, une tentative de réponse régionale

À l’échelle régionale, la mise en place de la Force unifiée de l’AES marque une inflexion stratégique significative. En mutualisant les moyens militaires, en coordonnant le renseignement et en harmonisant les opérations, le Mali, le Burkina Faso et le Niger entendent dépasser les limites des réponses strictement nationales.

Cette dynamique traduit une volonté de réappropriation collective de la sécurité, fondée sur une souveraineté assumée et partagée.

Cependant, cette recomposition s’inscrit dans un environnement géopolitique complexe. Les États sahélo-sahariens évoluent dans un espace traversé par des rivalités d’influence, des intérêts économiques divergents et des alliances fluctuantes.

Une stabilisation qui dépend aussi du lien social

La stabilité d’un État repose sur un équilibre constant entre capacité militaire, solidité institutionnelle et cohésion sociale. Or, dans le contexte sahélien, cette cohésion est devenue un espace central de confrontation.

Les groupes armés ne ciblent plus uniquement les forces de défense : ils exploitent les fractures sociales, attisent les tensions communautaires et installent une insécurité durable.

Ainsi, la guerre au Sahel ne peut être comprise à travers les seules catégories du terrorisme ou de la conflictualité classique. Elle se situe à l’intersection du militaire, du politique et du social.

Sa résolution suppose une approche intégrée, combinant action sécuritaire, gouvernance territoriale, mobilisation des légitimités locales et coopération régionale. C’est de cette articulation, plus que de la seule intensité des opérations militaires, que dépendra la stabilisation durable du Mali et de l’ensemble de l’espace sahélien.

Mikaïlou Cissé 

8 mai 2026 0 comments
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