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Hilaire Bébian Diarra, commissaire chargé des questions minières
ActuÉconomie

Opérationnalisation du CCAM au Mali : Un nouveau pas de plus vers la souveraineté minière

by Sidi Modibo Coulibaly 8 juin 2026
written by Sidi Modibo Coulibaly 5 minutes read

Depuis l’adoption d’un nouveau Code minier en 2023 qui priorise les intérêts de l’État et des populations, le gouvernement ne cesse de poser des actes allant dans le sens de la mise en œuvre de ce texte rénovateur. La création de diverses structures, comme le Commissariat chargé des activités minières, entre dans ce cadre. Pour son opérationnalisation, cette structure a tenu la première session de son comité technique.

C’était le vendredi 5 juin 2026 à Koulouba, au nouveau siège du Commissariat chargé des Activités minières, en présence du ministre Hilaire Bébian Diarra. Au cours de son adresse, M. Diarra a rappelé les principaux défis auxquels demeure confrontée l’industrie minière malienne : amélioration de la gouvernance, respect des engagements des opérateurs, promotion du contenu local, préservation de l’environnement et accroissement des retombées économiques au profit des populations. 

A signaler que le Comité technique a été institué par le décret du 30 décembre 2025 fixant l’organisation du Commissariat. Il est chargé d’examiner les dossiers techniques et stratégiques, de renforcer la concertation entre les administrations concernées et de formuler des recommandations destinées au Conseil stratégique présidé par le Chef de l’État.

Au regard de son importance, le patron du commissariat chargé des activités minières a précisé que : « La qualité des décisions dépend de la qualité des analyses qui les fondent ». Autrement dit, il a invité les membres du Comité à faire de cette instance un cadre permanent de réflexion et d’anticipation. Dès lors, on peut dire que la tenue de cette première session du comité technique constitue une étape importante dans l’opérationnalisation du CCAM.

Le CCAM, un outil stratégique d’aide à la décision pour le Chef de l’État 

Créé par le Code minier de 2023 pour renforcer la coordination, le suivi et l’évaluation des politiques publiques dans le secteur extractif, le CCAM a pour mission d’assurer la cohérence de l’action publique dans le secteur, d’anticiper les évolutions du marché minier et de proposer les réformes nécessaires à son développement. Rattaché à la présidence de la République, le CCAM contrôle l’application du Code minier, examine les rapports d’activités des titulaires de titres miniers et s’assure du respect des règles. Il propose des stratégies de développement du secteur et des mesures pour l’amélioration de l’industrie minière. 

De façon particulière, il est fortement impliqué dans le suivi du contenu local. En d’autres termes, le CCAM permet aux autorités de faire du secteur minier un levier de souveraineté économique, de création d’emplois et de développement durable, conformément à la Vision Mali 2063 et à la Stratégie nationale d’émergence et de développement durable. En plus du CCAM, il existe d’autres structures créées dans le cadre de la relance du secteur.

SOREM, SOROMA, SPCL, SOPAPIM —SA déjà créées 

Première grande initiative des autorités de la transition dans les secteurs miniers, la SOREM-SA (Société de Recherche et d’Exploitation des Ressources Minérales du Mali) a été créée en 2022. C’est une entreprise d’État aux capitaux 100 % publics. Elle est chargée d’assurer l’étude, la recherche, l’exploitation, le traitement et la commercialisation des substances minérales et des gisements viables dans les périmètres qui lui sont octroyés. Elle est aussi chargée de lever des fonds pour doter l’État malien en devises, car elle va directement exploiter les ressources du sous-sol en les vendant. À ce jour, plusieurs périmètres lui ont été cédés tels que les mines de Morila (région de Bougouni), de Yatela (région de Kayes) et de N’Tahaka (région de Gao). À termes, la SOREM va faire de l’État un capteur majeur dans le secteur.

La SOROMA (Société de la Raffinerie d’Or du Mali) a été créée au cours de la session du conseil des ministres du mercredi 28 mai 2025. L’État détient 62 % du capital et le reste par le partenaire russe « Yadran ». Le lundi 16 juin 2025, il a été procédé à la pose de la première pierre de la raffinerie sur un site de 05 hectares près de l’aéroport international de Bamako. Elle aura la capacité de traiter jusqu’à 200 tonnes d’or par an, soit une augmentation significative par rapport à la capacité de traitement actuelle du Mali, qui est d’environ 50 tonnes. Ce traitement se faisait jusqu’à ce jour par deux installations existantes du pays ne répondant pas aux normes exigées par des organismes internationaux comme la London Bullion Market Association (LBMA), ce qui obligeait les compagnies exploitantes à raffiner leur or à l’étranger.

Créé par le décret n° 2021 — 0190/PT-RM du 31 mars 2021, le SPCL (Secrétariat Permanent du Contenu Local) est chargé de la réception, du traitement et de l’approbation des plans de contenu local soumis par les opérateurs miniers, ainsi que du suivi des indicateurs de performance et de la gestion des programmes de recrutement et de formation des travailleurs locaux. Autrement dit, sa mission principale est d’assurer la mise en œuvre de la politique du pays en matière de contenu local dans le secteur minier. Pour le rendre opérationnel, le gouvernement, par le décret n° 2025 — 0484/PT-RM du 24 juillet 2025, a nommé un Secrétaire permanent du contenu local qui a été présenté, le vendredi 31 octobre 2025, aux acteurs du secteur minier au cours d’une rencontre présidée par le ministre des Mines, Pr Amadou Keïta. 

Lors du conseil des ministres du vendredi 06 février 2026, les autorités ont créé la Société de Patrimoine minier du Mali (SOPAMIM S.A.). C’est une Société anonyme dénommée dont le capital est détenu à 100 % par l’État. Tout comme les autres structures, le Code minier a prévu la création d’une Société de patrimoine en vue de prendre des participations pour son compte, de faire le portage pour les nationaux et de gérer les participations de l’État dans les différentes Sociétés minières. 

Sidi Modibo Coulibaly

8 juin 2026 0 comments
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PUPILLES
A la UnePolitique

Mali : la Maison des pupilles, ou la dette d’une nation envers ses enfants de la guerre

by Sahel Tribune 8 juin 2026
written by Sahel Tribune 6 minutes read

Le 7 juin 2026 — cinq ans jour pour jour après l’investiture d’Assimi Goïta —, une promesse faite aux enfants de soldats tombés au combat s’est transformée en bâtiment, en couloirs, en réfectoire, en terrain de sport. La Maison des pupilles n’est pas une inauguration de plus. C’est l’acquittement d’une dette morale que le Mali devait à ses morts.

Dans les guerres modernes, on compte les morts. Rarement les orphelins. On inaugure des mémoriaux pour les soldats tombés, et on oublie de se demander ce que deviennent leurs enfants — ceux qui grandissent sans père ni mère, avec pour seul héritage la certitude que leurs parents sont morts pour quelque chose. Le Mali a choisi de ne pas oublier. Le 7 juin 2026, la Maison des pupilles a ouvert ses portes.

Une promesse, une date, un bâtiment

Tout commence le 31 octobre 2023, lors de la Journée nationale des Pupilles. Ce jour-là, la directrice de l’Office national des pupilles en République du Mali (ONAPUMA) formule une doléance devant le président de la Transition : ces enfants de soldats morts au combat méritent un lieu qui leur soit propre, un cadre digne, un foyer institutionnel. Assimi Goïta entend l’appel. Il s’engage.

Le 6 février 2024, il pose la première pierre de la Maison des pupilles dans la zone aéroportuaire de Bamako-Sénou. Deux ans plus tard, le 7 juin 2026 — exactement cinq ans jour pour jour après son investiture —, il inaugure le bâtiment achevé. La date n’est pas le fruit du hasard. C’est un choix symbolique délibéré : boucler le cycle de la promesse le jour même où elle avait été initiée, avec un engagement public que tout le pays avait entendu. « J’ai décidé d’allouer les deux tiers du fonds de souveraineté du président aux œuvres sociales et sanitaires, notamment pour faciliter l’accès à l’eau potable et aux soins de santé primaires dans les zones difficiles de notre pays. », déclarait le Général d’armée Assimi Goïta, dans son discours d’investiture, le 7 juin 2021. 

Cinq ans après, la parole a tenu. Et la Maison des pupilles en est la preuve la plus tangible — non pas parce qu’elle est la plus spectaculaire des réalisations, mais parce qu’elle est la plus chargée de sens. Elle dit ce que l’État croit être sa responsabilité envers ceux qui se sont sacrifiés pour lui.

Ce que l’on a construit, et pour qui

Sur plus de 2 hectares dans la zone de Sénou, à Bamako, un complexe complet a été érigé : bâtiments d’hébergement, réfectoire et cuisine, buanderie, espaces de loisirs, terrains de sports, crèches, bibliothèque et médiathèque, auditorium de 300 places, infirmerie, bloc administratif abritant le siège de l’ONAPUMA. Le tout entouré d’un mur de clôture, dans un environnement sécurisé et structuré.

Ce n’est pas un orphelinat. C’est une institution nationale de plein exercice, conçue pour que les pupilles de la République — enfants de militaires, de civils et d’agents de sécurité tombés dans l’exercice de leurs fonctions — trouvent non seulement un toit, mais un projet d’avenir. À l’occasion de la cérémonie d’inauguration, l’ONAPUMA a également reçu deux bus de 65 places, un véhicule 4×4, deux pick-up et dix motos avec casques pour assurer la mobilité de ses équipes.

Ce que dit le conseiller spécial : une promesse tenue au sens littéral

Dans son discours d’inauguration, Aguibou Dembélé, conseiller spécial du président de la Transition chargé des œuvres sociales, a tenu à retracer la généalogie exacte de cet engagement. C’est lors de la Journée nationale des Pupilles du 31 octobre 2023 que la directrice de l’ONAPUMA a formulé la demande. C’est le 6 février 2024 que la première pierre a été posée. C’est le 7 juin 2026 que le bâtiment est inauguré. Trois dates, deux ans de travaux, zéro ajournement.

Dembélé a également rendu hommage à quatre agents des œuvres sociales morts lors d’une mission commandée dans la région de Nara en 2023 — un rappel que le travail social au Mali se fait parfois au péril de la vie, dans des zones où la présence de l’État reste une cible pour les groupes armés. Ce détail, passé inaperçu dans la couverture médiatique, dit quelque chose d’essentiel sur la réalité du contexte dans lequel s’inscrivent ces réalisations. « Cette réalisation que nous admirons tous n’est-elle pas une preuve du souci constant de Son Excellence le Général d’Armée Assimi Goïta de célébrer ceux qui ont consenti le sacrifice ultime pour la nation ? Assurément, oui. », témoigne Aguibou Dembélé. 

Ce que dit le président : la dette minimale d’une nation

Le général d’armée Assimi Goïta lui-même a prononcé des mots d’une sobriété remarquable lors de la cérémonie. Pas de triomphalisme, pas de discours grandiloquent sur la transformation du Mali. Juste une reconnaissance de l’évidence : ce que l’État fait pour les pupilles « n’est que le minimum, n’est qu’une question de justice et surtout d’équité sociale ».

Cette formulation mérite d’être citée et retenue. Un chef d’État qui dit, au moment d’inaugurer un bâtiment qu’il a construit de sa propre poche institutionnelle, que c’est « le minimum » — c’est un chef d’État qui a une conception exigeante de ce que l’État doit à ses citoyens les plus vulnérables. La Maison des pupilles n’est pas dans son discours une faveur accordée, mais une obligation acquittée. « On ne peut pas récompenser tous ceux qui ont consenti le sacrifice ultime. Tout ce que nous sommes en train de faire aujourd’hui pour nos pupilles n’est que le minimum, n’est qu’une question de justice et surtout d’équité sociale. », a indiqué le général d’armée Assimi Goïta. 

Quand un État inaugure une maison pour les enfants de ses soldats morts, il dit ce qu’il croit valoir. Le Mali a dit quelque chose ce 7 juin.

Ce que cela signifie dans le contexte malien

Le Mali est en guerre. Pas métaphoriquement : des soldats meurent chaque semaine dans les régions du nord et du centre. Des civils sont massacrés, des villages brûlés, des familles décimées. Dans ce contexte, prendre soin des orphelins de la guerre — leur donner un lieu, une identité institutionnelle, un avenir structuré — est un acte politique qui dépasse largement le social. C’est un acte de maintien du moral national, une réponse à la question que chaque soldat se pose avant de partir en opération : si je meurs, que deviendront mes enfants ?

La Maison des pupilles répond à cette question. Elle dit : tes enfants ne seront pas oubliés. Ils auront un toit, une école, un médecin, un terrain pour jouer. La nation s’en souviendra. C’est le contrat moral que tout État en guerre doit passer avec ceux qui se battent en son nom.

Que cette promesse soit tenue au Mali de la Transition, dans les conditions que l’on connaît — sanctions économiques partiellement levées, crises sécuritaires persistantes, ressources budgétaires sous pression — est un fait qui mérite d’être nommé. Non pas pour exonérer les autorités de toute critique sur d’autres dossiers, mais pour reconnaître ce qui a été fait quand cela a été fait.

A.D

8 juin 2026 0 comments
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Maison des Pupilles
A la UnePolitique

Mali : cinq ans d’œuvres sociales, ou quand un président choisit son peuple plutôt que son fonds

by Sahel Tribune 7 juin 2026
written by Sahel Tribune 6 minutes read

Le 7 juin 2021, lors de son investiture, le général d’armée Assimi Goïta prenait un engagement inédit : consacrer les deux tiers de son fonds de souveraineté aux œuvres sociales. Cinq ans après, le bilan est là — 533 forages, 75 ambulances, 3 000 lampadaires solaires, des centres de dialyse, une Maison des pupilles. Ce n’est pas de la communication. C’est de la politique.

Il existe, dans la vie politique africaine, des gestes que personne n’attend. Des engagements qui dérogent à la règle tacite du pouvoir : prendre, conserver, redistribuer aux siens. Le 7 juin 2021, lors de son investiture à Koulouba, Assimi Goïta en a accompli un. Ce jour-là, il a décidé que les deux tiers de son fonds de souveraineté — cette manne traditionnellement jalousée par les chefs d’État africains — iraient directement aux populations les plus vulnérables du Mali. Cinq ans plus tard, jour pour jour, le bilan parle.

Le 7 juin 2021 : un engagement insolite

Il faut replacer ce geste dans son contexte pour en mesurer la portée. En juin 2021, le Mali est un pays exsangue. Deux coups d’État en neuf mois, une crise sécuritaire qui dévore des pans entiers du territoire, une économie affaiblie par les sanctions de la CEDEAO qui s’annoncent, des millions de personnes déplacées ou menacées. Les attentes envers le nouveau chef d’Etat sont aussi immenses qu’elles sont incertaines.

Dans ce contexte, Assimi Goïta prend un engagement qui n’était pas attendu des analystes : il affecte les deux tiers de son fonds de souveraineté présidentiel aux œuvres sociales et sanitaires, avec une priorité explicite — faciliter l’accès à l’eau potable et aux soins de santé primaires dans les zones difficiles du pays. Un engagement simple, précis, vérifiable. La rareté de ces trois qualificatifs dans la vie politique africaine mérite d’être soulignée. « J’ai décidé d’allouer les deux tiers du fonds de souveraineté du président aux œuvres sociales et sanitaires, notamment pour faciliter l’accès à l’eau potable et aux soins de santé primaires dans les zones difficiles de notre pays. », déclarait le Général d’armée Assimi Goïta, dans son discours d’investiture du 7 juin 2021.

Cinq ans plus tard, les œuvres sociales ont absorbé l’intégralité du fonds de souveraineté — une décision prise en cours de mandat pour amplifier l’effort initial. Ce passage des deux tiers à la totalité du fonds traduit une trajectoire inverse à celle qu’on observe habituellement dans les régimes de transition : non pas l’accaparement progressif des ressources, mais leur redistribution croissante.

533 forages, 75 ambulances, 3 000 lampadaires : le bilan de cinq ans

Les chiffres du récapitulatif sont éloquents. En cinq ans, 533 forages d’eau potable ont été réalisés sur l’ensemble du territoire national — de Kayes à Kidal —, dont une soixantaine encore en cours de réalisation au moment du bilan. Ce programme a contribué à porter le taux d’accès au service de l’eau potable à 75,4 % en 2026, selon les données du ministère de l’Énergie et de l’Eau, contre des niveaux significativement plus bas en début de mandat.

Nous vous proposons le bilan non exhaustif dans ce digramme : 

Diagramme
Bilan des oeuvres sociales représenté en données. ©Sahel Tribune.

Les oubliés que l’État a retrouvés

Ce qui distingue ces œuvres sociales d’un programme classique de redistribution, c’est la granularité de leur ciblage. On y trouve pêle-mêle des personnes de petite taille, des sourds-muets, des aveugles, des veuves de militaires ou de chauffeurs de citernes, des femmes entrepreneures, des orphelinats, des élèves bègues. Cette liste n’est pas anodine : elle dessine une cartographie de l’invisibilité sociale malienne, les catégories que les politiques publiques classiques ne savent pas atteindre parce qu’elles sont trop petites, trop dispersées, trop peu organisées pour peser dans un processus électoral.

Il y a là une conception particulière du rôle de l’État — celle d’un État qui descend vers ceux que le marché et les institutions habituelles ont laissés de côté, non par populisme mais par calcul de justice sociale élémentaire. Les 400 motos tricycles remises aux personnes handicapées pour soutenir leur mobilité, les 30 séances d’orthophonie offertes à 100 élèves bègues pour faciliter leur insertion scolaire : ce sont des actes d’une politique sociale qui accepte de traiter des cas individuels à l’échelle nationale.

Un État qui soigne les bègues et équipe les aveugles n’est pas un État qui oublie son peuple. C’est un État qui le regarde.

La Maison des pupilles : l’œuvre à portée symbolique

Le 7 juin 2026, pour le cinquième anniversaire exact de l’engagement inaugural, le général d’armée Assimi Goïta inaugure la Maison des pupilles dont la première pierre avait été posée en 2024. Cette infrastructure — qui abrite le siège de l’Office national des pupilles en République du Mali (ONAPUMA), comprend une infirmerie, une bibliothèque, une médiathèque, des bâtiments d’hébergement, un réfectoire, une buanderie, des crèches et des terrains de sport. C’est bien plus qu’un bâtiment.

La Maison des Pupilles vue aérienne.
La Maison des Pupilles vue aérienne.

Elle est la matérialisation d’une dette d’État envers ceux qui ont perdu un parent dans la guerre. Les enfants des soldats tombés au combat ont droit à un espace qui leur est propre, doté de ressources pour leur éducation, leur épanouissement et leur insertion. Dans un pays où les familles de militaires morts au front avaient longtemps été reléguées à la marge des dispositifs de soutien public, cette inauguration est un acte politique de reconnaissance nationale.

Ce que cela dit de la gouvernance malienne

Certains observateurs, habituellement prompts à critiquer les régimes de transition sahéliens, ont tendance à passer ces réalisations sous silence — trop occupés à documenter les ruptures diplomatiques ou les tensions sécuritaires. C’est une erreur d’analyse. La capacité d’un État à maintenir une politique sociale cohérente, continue et mesurable sur cinq ans, dans un contexte de guerre asymétrique, de sanctions économiques et de ruptures diplomatiques majeures, est précisément l’indicateur le plus révélateur de sa solidité institutionnelle.

Le Mali de la Transition n’est pas un pays en ordre. La sécurité reste précaire dans le nord et le centre. L’économie subit des pressions considérables. Les défis humanitaires sont réels. Mais un État qui fore 533 puits en cinq ans, qui déploie 3 000 lampadaires sur les axes urbains de Bamako, qui crée des centres de dialyse dans trois régions et qui inaugure une maison dédiée aux enfants de soldats morts au combat — cet État-là n’a pas renoncé à sa mission fondamentale : être présent là où les populations en ont besoin.

Le 7 juin 2021 était une promesse. Le 7 juin 2026 est un bilan. Entre les deux, 533 forages et des milliers de familles qui ont accès à l’eau, à la lumière, aux soins. C’est, dans un contexte aussi difficile, un résultat qui mérite d’être nommé pour ce qu’il est.

Oumarou Fomba

7 juin 2026 0 comments
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Haricot
A la UneAnalyses

Le sinankunya face au monde moderne : la plaisanterie à cousinage survit-elle en ville ?

by Chiencoro 7 juin 2026
written by Chiencoro 8 minutes read

Au Mali, cette institution pluriséculaire qui permet à des communautés entières de se moquer les unes des autres sans qu’une goutte de sang coule est érigée en valeur cardinale par le Programme National d’Éducation aux Valeurs. Mais entre les embouteillages de Bamako, les smartphones et l’individualisme ambiant, que reste-t-il du pacte ?

La scène se passe à un carrefour de Bamako, côté Lafiabougou. Deux hommes viennent de se rentrer dedans avec leurs motos. Casques inexistants, jurons immédiats. L’un lance le nom de l’autre. L’autre reconnaît une terminaison patronymique. Un silence d’une demi-seconde. Puis les deux éclatent de rire — parce qu’ils sont sinanku, cousins à plaisanterie. Ils se mettent à s’insulter avec une tendresse qui déroute les passants non initiés. La dispute s’évapore. Les motos repartent.

Ce genre de scène existe encore. Mais de moins en moins. Et c’est précisément ce rétrécissement-là qui inquiète les rédacteurs du Programme National d’Éducation aux Valeurs (PNEV) malien, lancé par les autorités de la Transition. Le texte cite le sinankunya parmi les « valeurs existentielles » du pays, aux côtés de la solidarité, de l’hospitalité et de l’honnêteté. Autrement dit : le considère comme un pilier de la cohésion nationale, pas comme un folklore pittoresque.

La question est de savoir si ce pilier tient encore le plafond.

Un pacte sacré déguisé en dérision

Avant de se demander ce qu’il devient, rappelons ce qu’il est. Le sinankunya — ou sanankuya selon les langues — est traduit dans le PNEV comme « parenté à plaisanterie ». La formule est juste mais réductrice. Il s’agit en réalité, selon le document, d’un « pacte d’alliance et de non-agression érigé en lien de parenté, associé à un jeu de dérision mutuelle, chacun se retrouvant en l’autre ». Un traité de paix déguisé en joute verbale.

Ses fondements sont anciens et divers. Entre certains patronymes, l’alliance est héréditaire : les Traoré et les Diarra se charient depuis des siècles, les Coulibaly et les Fomba aussi, les Bozo et les Dogon partagent un cousinage légendaire né des rives du fleuve Niger. Entre certaines communautés, elle est ethnique : Peuls et Bambaras, Soninké et Maures, Sénoufo et Dioula s’y adonnent selon des codes propres, transmis oralement de génération en génération. Elle peut aussi être géographique, entre villages voisins dont l’histoire a forgé des liens d’alliance et de complémentarité économique.

Dans tous les cas, le mécanisme est le même : l’insulte ritualisée est permise, voire obligatoire. « Tu es mon esclave », « vous mangez des lézards », « vous êtes des consommateurs du haricot », « vous n’êtes bons qu’à garder les chèvres » — autant de formules qui, dans un autre contexte, déclencheraient une bagarre, et qui ici appellent une réponse du même tonneau, dans le rire. L’anthropologue Germaine Dieterlen, qui avait étudié ces pratiques chez les Dogon dans les années 1940, avait été frappée par leur capacité à désamorcer les tensions que d’autres sociétés règlent par la violence.

Un amortisseur de conflits à grande échelle

Ce qui fait la spécificité du sinankunya par rapport à d’autres formes de plaisanterie culturelle dans le monde, c’est son ancrage institutionnel. Il n’est pas une blague. C’est un droit et un devoir codifiés, assortis d’obligations précises. Le PNEV le décrit comme « un formidable moyen de médiation sociale, qui participe des mécanismes traditionnels vivants de résolution des conflits à toutes les échelles ». Le mot « vivants » mérite attention — les rédacteurs y croient encore.

Et l’histoire leur donne des raisons d’y croire. Des chercheurs ont documenté des situations de tension intercommunautaire — disputes foncières, palabres entre villages, froissements de prestige — où l’invocation du sinankunya entre protagonistes a suffi à désamorcer ce qui menaçait de dégénérer. L’humour comme soupape. La dérision comme traité de paix. La moquerie comme sauf-conduit diplomatique.

Dans le contexte malien actuel, marqué par des années de crise sécuritaire et une véritable guerre informationnelle, la valeur opérationnelle de ce mécanisme n’est pas seulement symbolique. Elle est potentiellement vitale.

Bamako, broyeuse de pactes

Mais voilà le problème : Bamako n’est pas un village. Et c’est dans les villes que se joue désormais la majorité de la vie sociale malienne. La capitale a quintuplé de population en trente ans. Elle abrite aujourd’hui plus de trois millions de personnes venues de tous les horizons du pays — et au-delà. Dans cet espace urbain saturé, anonyme, où l’on ne sait pas toujours qui est son voisin de palier, encore moins son patronyme, le sinankunya perd sa condition d’existence première : la connaissance de l’autre.

Car le pacte repose sur la reconnaissance. Pour plaisanter avec quelqu’un, encore faut-il savoir qu’on est son sinanku. Or dans les quartiers populaires de Bamako — Banconi, Sogoniko, Yirimadio —, les gens se croisent sans se voir, travaillent ensemble sans jamais apprendre d’où ils viennent. La mobilité sociale brasse les patronymes mais dilue les codes. Un Keïta né à Bamako de parents originaires de Ségou et éduqué dans une école française peut très bien ne jamais avoir appris avec qui sa famille partage un cousinage.

Le PNEV le reconnaît à demi-mot : « l’effritement de l’autorité parentale » et les transformations urbaines ont « sérieusement affecté nos valeurs culturelles fondamentales comme le cousinage, la solidarité et l’entraide ». Le cousinage vient en premier dans la liste. Ce n’est pas un hasard.

Le smartphone ne sait pas jouer à ça

Il y a aussi la question des écrans. Le sinankunya est une pratique de présence physique. Son efficacité sociale tient précisément à ce qu’elle se déploie en public, devant témoins, dans un espace partagé. La plaisanterie prend son sens dans le regard des autres — qui rient, qui valident, qui rappellent les règles si quelqu’un dépasse les bornes.

Or la sociabilité numérique, qui a colonisé une large part du temps social des jeunes Maliens, obéit à d’autres logiques. On ne sait pas encore très bien comment plaisanter sur WhatsApp avec son cousin-à-plaisanterie — surtout quand on n’a jamais appris qu’il l’était. Les mèmes, les GIF, les stories ne véhiculent pas les codes du sinankunya. Et ce qui ne passe pas par les écrans finit, pour une génération entière, par n’exister que vaguement.

Il y a là un paradoxe que les autorités maliennes perçoivent sans toujours savoir comment l’adresser : comment numériser quelque chose qui n’existe que dans le corps-à-corps, dans la voix, dans le geste, dans l’espace commun de la rue ou du marché ?

Résistances et réinventions

Pourtant, le sinankunya n’est pas mort. Loin de là. Il se pratique encore, intensément, dans les cérémonies familiales — mariages, baptêmes, funérailles — où les retrouvailles entre cousins à plaisanterie donnent lieu à des joutes verbales d’une inventivité parfois vertigineuse. Il survit aussi dans certaines professions où la sociabilité est dense : les marchés, les transports en commun, certains milieux associatifs. Des griots en font même une spécialité, rappelant publiquement les alliances lors des grands rassemblements.

Plus surprenant : des formes de sinankunya ont émergé entre groupes ethniques que la crise sécuritaire avait mis en tension. Des initiatives de réconciliation intercommunautaire, notamment dans le centre du Mali, ont délibérément convoqué le mécanisme traditionnel pour créer un espace de parole détendue entre communautés dont les relations s’étaient crispées. La plaisanterie comme thérapie collective. L’insulte ritualisée comme première étape vers le dialogue.

C’est d’ailleurs sur ce terrain-là que le PNEV place ses espoirs les plus explicites : le sinankunya y est présenté non seulement comme un héritage à préserver, mais comme un « instrument vivant de résolution des conflits », mobilisable aujourd’hui à toutes les échelles, du quartier au pays.

Un pari sur la transmission

Le vrai défi n’est pas de défendre le sinankunya contre la modernité. C’est de l’enseigner à une génération qui ne l’a pas reçu naturellement. C’est là que le PNEV tente quelque chose d’ambitieux : intégrer ces mécanismes sociaux traditionnels dans les curricula scolaires, en faire une matière vivante plutôt qu’un chapitre de manuel, et redonner aux griots, aux aînés et aux associations culturelles les moyens de les transmettre.

Le pari est plausible. Des recherches menées dans d’autres contextes africains montrent que les pratiques culturelles de régulation sociale résistent bien mieux qu’on ne le croit à l’urbanisation — à condition qu’elles soient nommées, valorisées, expliquées. Ce qui disparaît, ce n’est pas toujours la pratique. C’est parfois seulement la conscience de ce qu’elle signifie.

Le sinankunya, ça ne s’apprend pas dans un livre. Ça s’apprend en riant. Sans doute. Mais encore faut-il savoir avec qui rire, et pourquoi. Et ça, c’est précisément ce que l’école, la famille et la société ont, depuis quelques décennies, cessé d’enseigner. Le reste viendra peut-être tout seul. 

Chiencoro Diarra 

7 juin 2026 0 comments
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Russie-Afrique : les régions russes veulent renforcer leur présence économique sur le continent

by Sahel Tribune 6 juin 2026
written by Sahel Tribune 3 minutes read

Longtemps pilotée exclusivement depuis Moscou, la coopération entre la Russie et l’Afrique entre dans une nouvelle phase. À Saint-Pétersbourg, la diplomate Tatiana Dovgalenko a confirmé l’intérêt croissant des régions russes pour le continent, ouvrant la voie à une diversification des partenariats économiques, universitaires et industriels à l’approche du troisième sommet Russie-Afrique.

La coopération russo-africaine était jusqu’ici l’affaire de Moscou. Elle pourrait bientôt devenir l’affaire de Kazan, Ekaterinbourg ou Novossibirsk. C’est en substance ce qu’a laissé entendre Tatiana Dovgalenko, directrice du département du partenariat avec l’Afrique au ministère russe des Affaires étrangères, en répondant à une question d’un correspondant de l’African Initiative en marge de la XXIXe édition du Forum économique international de Saint-Pétersbourg, qui se tient du 3 au 6 juin 2026.

La diplomate a confirmé que début avril, le ministère des Affaires étrangères a réuni le Conseil des chefs des sujets de la Fédération — instance rassemblant les gouverneurs des régions russes — dans une session entièrement consacrée au continent africain. Des recommandations concrètes ont été élaborées à l’issue de cette réunion, premier signe institutionnel que la dynamique d’engagement en Afrique dépasse désormais le seul échelon fédéral. « Nous constatons que nos régions et les entreprises régionales sont disposées à s’implanter en Afrique. », a déclaré Tatiana Dovgalenko, directrice du département Afrique, au ministère russe des Affaires étrangères. 

Un intérêt diffus, sans locomotive unique

Interrogée sur les régions les plus actives dans cette dynamique, Dovgalenko a refusé d’en désigner une seule comme « leader ». La réalité est plus complexe et, à certains égards, plus prometteuse : différentes régions russes s’engagent selon des modalités distinctes. Certaines accueillent un grand nombre d’étudiants africains — axe de soft power universitaire comparable à ce que la France ou la Chine pratiquent depuis des décennies. D’autres exportent davantage de biens et de services vers les marchés africains, construisant des relations commerciales directes entre acteurs régionaux russes et partenaires africains.

Cette diversification des vecteurs d’engagement est en soi un signal fort. Elle indique que la relation russo-africaine tend à se structurer en profondeur, au-delà des accords-cadres signés entre gouvernements et des coopérations militaro-sécuritaires qui ont occupé le devant de la scène ces dernières années. Le tissu économique régional russe commence à regarder l’Afrique comme un marché d’avenir, non plus comme un simple terrain de compétition géopolitique.

Vers un troisième sommet Russie-Afrique

Tatiana Dovgalenko a également évoqué la perspective du troisième sommet Russie-Afrique, dont elle attend qu’il « donne un nouvel élan au développement des échanges entre les deux parties ». Les deux premières éditions — Sotchi en 2019 et Saint-Pétersbourg en 2023 — avaient posé les jalons d’un agenda commun ambitieux, mais dont la mise en œuvre concrète reste encore partielle. Un troisième sommet pourrait être l’occasion d’institutionnaliser davantage la dimension régionale de cette coopération.

La diplomate a d’ailleurs exprimé l’espoir qu’une session thématique dédiée aux régions russes et à leur engagement en Afrique soit organisée dans le cadre du prochain Forum économique et humanitaire Russie-Afrique. Une proposition qui traduit la volonté de structurer cet intérêt régional naissant en quelque chose de plus tangible et de plus durable.

Ce que cela signifie pour le continent

Pour les partenaires africains, cette évolution mérite attention. L’implication des régions russes dans la coopération avec l’Afrique ouvre potentiellement des perspectives nouvelles : accords commerciaux directs entre collectivités territoriales, partenariats universitaires décentralisés, implantation d’entreprises régionales russes dans des secteurs variés — agriculture, industrie légère, technologies. Cette diversification des interlocuteurs russes offrira aux États africains une marge de négociation plus large que celle que permettent les grands accords bilatéraux fédéraux.

A.D

6 juin 2026 1 comment
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La voiture comme smartphone sur roues : promesse technologique ou dépendance numérique ?

by Chiencoro 6 juin 2026
written by Chiencoro 8 minutes read

Le rapport Global EV Outlook 2026 de l’Agence internationale de l’énergie révèle une mutation profonde de l’industrie automobile. Désormais, la valeur d’un véhicule ne réside plus seulement dans son moteur ou sa batterie, mais dans son logiciel. Derrière cette révolution se cachent des enjeux de souveraineté, de cybersécurité, d’intelligence artificielle et de contrôle des données qui pourraient redessiner l’équilibre des puissances mondiales.

Quand Tesla a introduit les mises à jour logicielles à distance en 2012, l’industrie automobile a regardé avec condescendance. Dix ans plus tard, ce qui semblait être une curiosité technologique est devenu la nouvelle frontière d’une bataille industrielle et géopolitique majeure. Le rapport annuel de l’Agence Internationale de l’Énergie sur les véhicules électriques, publié en mai 2026, l’établit sans ambiguïté : la voiture est en train de devenir un logiciel. Et qui contrôle le logiciel, contrôle la voiture — et bien davantage.

De la mécanique au système d’exploitation

Pendant des décennies, une automobile était définie par ce qu’elle contenait sous le capot. La sophistication d’un véhicule se mesurait en chevaux, en cylindrée, en couple moteur. Le logiciel n’était qu’un auxiliaire, une couche de confort par-dessus un objet fondamentalement physique.

Ce paradigme est révolu. Le rapport de l’AIE décrit avec précision la mutation architecturale en cours : les constructeurs abandonnent les architectures « distribuées », dans lesquelles chaque fonction — freinage, climatisation, éclairage — possédait son propre calculateur dédié, au profit d’architectures « zonales » centralisées. Quelques puissants ordinateurs de bord remplacent des dizaines d’unités de contrôle électroniques. La complexité du câblage s’effondre. Et surtout, une proportion croissante des fonctions du véhicule est désormais définie, modifiée, améliorée par des lignes de code — sans jamais ouvrir un capot.

Les véhicules à batterie sont en pointe dans cette révolution. Mécaniquement plus simples que leurs homologues thermiques, ils constituent le terrain idéal pour cette digitalisation. À ce jour, tous les modèles dotés d’une architecture zonale complète et de capacités de mise à jour à distance sont des véhicules 100 % électriques, issus principalement des nouveaux entrants du secteur. Ce n’est pas un hasard : Tesla a franchi ce Rubicon en 2017, déclenchant une course que l’industrie traditionnelle peine encore à rattraper. « Les véhicules évoluent vers des plateformes logicielles auxquelles les utilisateurs accèdent comme à un smartphone. », explique l’AIE dans le Global EV Outlook 2026. 

Le smartphone sur roues : une métaphore qui n’en est plus une

L’analogie avec le smartphone n’est plus une figure de style. Elle décrit une réalité commerciale concrète. Les constructeurs développent des modèles économiques fondés sur les « fonctionnalités à la demande » : des capacités dormantes dans le véhicule peuvent être déverrouillées contre abonnement ou paiement ponctuel. La puissance supplémentaire, le chauffage des sièges, les systèmes d’assistance à la conduite avancée — autant de fonctions potentiellement monétisables tout au long de la vie du véhicule.

À l’inverse, les mises à jour logicielles à distance permettent d’améliorer un véhicule après sa vente : corriger des bugs, améliorer l’autonomie, déployer des correctifs de sécurité. Pionnière introduite par Tesla en 2012, cette capacité est désormais un standard attendu. Elle peut aussi, en théorie, prolonger la durée de vie d’un véhicule — ou le rendre obsolète si le constructeur cesse de le maintenir.

Ce modèle n’est pas sans risques pour le consommateur. L’AIE le note avec une sobriété qui mérite d’être soulignée : si les mises à jour logicielles peuvent améliorer l’abordabilité en maintenant le véhicule à jour plus longtemps, la multiplication des fonctionnalités par abonnement pourrait au contraire augmenter le coût total de possession. Le véhicule que vous achetez n’est plus forcément le véhicule que vous possédez réellement.

L’intelligence artificielle : le cerveau de la voiture connectée

Derrière la transformation architecturale se cache une révolution plus profonde encore : l’intégration de l’intelligence artificielle au cœur même du véhicule. L’AIE y consacre un chapitre entier, et ses conclusions sont vertigineuses.

Les systèmes d’aide à la conduite (ADAS) reposent aujourd’hui massivement sur des algorithmes de perception et de décision entraînés sur des milliards de kilomètres de données réelles. La conduite autonome de niveau 4 — sans intervention humaine dans un périmètre défini — est déjà une réalité commerciale dans plus de vingt villes dans le monde, toutes en Chine et aux États-Unis, avec des flottes de taxis robotisés 100 % électriques. En 2025, cette flotte a doublé pour atteindre 8 000 véhicules.

L’IA transforme également la gestion de la batterie : des modèles d’apprentissage automatique, affinés en temps réel grâce aux données collectées sur les véhicules en circulation et déployés via des mises à jour à distance, améliorent l’estimation de l’état de charge, allongent la durée de vie des batteries et optimisent les stratégies de garantie des constructeurs. La voiture apprend. Et ce qu’elle apprend, elle le transmet à l’ensemble de la flotte. « Contrôler le logiciel, c’est contrôler la voiture, les données qu’elle génère, et les services qu’elle rend possibles. », souligne l’AIE dans son rapport.

La bataille pour l’OS : un enjeu géopolitique méconnu

Là où la tribune prend une dimension proprement stratégique, c’est lorsqu’on interroge la question du contrôle. Qui écrit le code ? Qui en est propriétaire ? Qui peut le modifier — ou le désactiver ?

L’AIE le documente : un nombre croissant de constructeurs adoptent des systèmes d’exploitation automobiles dérivés des écosystèmes grand public, comme Android Automotive OS de Google, pour leurs systèmes d’infodivertissement et de navigation. Cette tendance réduit les coûts de développement et accélère le déploiement de fonctionnalités. Mais elle soulève des « questions stratégiques sur la dépendance à l’égard de grands fournisseurs technologiques, la gouvernance des données et le contrôle à long terme de l’interface utilisateur embarquée ».

En d’autres termes : lorsqu’un conducteur européen monte dans une voiture tournant sous Android, c’est Google — entreprise américaine — qui est au cœur de son expérience de mobilité. Ses données de déplacement, ses habitudes de conduite, ses préférences personnelles transitent par des serveurs dont il ne maîtrise ni la localisation ni l’usage.

La réponse des constructeurs est contrastée. Tesla, Toyota et BYD misent sur le développement en interne pour garder la main sur les fonctions clés et les données. D’autres ont opté pour des partenariats — General Motors avec NVIDIA, Renault avec Google. Volkswagen a tenté la voie interne avec sa filiale CARIAD, avant de reculer en 2023 face aux coûts et à la complexité, se tournant vers un partenariat avec le constructeur américain Rivian. Ford a tout simplement abandonné son projet de « véhicule entièrement connecté » en 2025.

La transition vers le véhicule défini par le logiciel n’est ni rapide ni bon marché. Mais ceux qui ne la réussiront pas seront reléguées à assembler du matériel pour des systèmes qu’ils ne contrôlent pas.

La cybersécurité : le talon d’Achille de la voiture connectée

Une voiture connectée est aussi une voiture vulnérable. L’AIE dresse un tableau qui devrait faire réfléchir régulateurs et consommateurs : en 2024, la société spécialisée VicOne a identifié plus de 500 vulnérabilités de cybersécurité dans des véhicules déjà sur le marché. Des chercheurs ont démontré qu’il était possible de prendre le contrôle à distance de la direction et d’autres fonctions critiques d’une Nissan LEAF 2020. En 2015, une Jeep Cherokee avait été piratée à distance, ses freins et son accélération compromis lors d’une démonstration publique.

Les risques vont au-delà du véhicule individuel. Des attaques sans fil ont démontré leur capacité à perturber des sessions de recharge rapide, avec des implications potentielles pour les réseaux électriques. Dans un monde où des flottes entières de véhicules autonomes partagent une infrastructure logicielle commune, une vulnérabilité peut devenir une arme de déstabilisation à grande échelle.

À cela s’ajoute une dépendance structurelle aux chaînes d’approvisionnement en semi-conducteurs, d’une concentration géographique alarmante. Une seule entreprise produit environ 70 % des puces fabriquées pour compte de tiers dans le monde. La pénurie de composants électroniques lors de la pandémie de Covid-19, puis la crise Nexperia en 2025, ont brutalement rappelé à l’industrie automobile sa fragilité. L’Union européenne a réagi avec le Chips Act européen en 2022, mobilisant 15 milliards d’euros de financements publics et privés pour reconstituer une capacité industrielle sur le continent.

Le code est le nouvel acier

Le rapport de l’AIE est un document technique, méticuleux, prudemment factuel. Mais entre ses lignes, une conviction s’impose : la compétition automobile du XXIe siècle ne se joue pas dans les usines de carrosserie ou les fonderies d’acier. Elle se joue dans les laboratoires de machine learning de Shenzhen, de San Francisco et de Munich.

La France et l’Europe ont construit leur puissance industrielle sur la maîtrise du métal et du moteur. Cette compétence reste précieuse, mais elle n’est plus suffisante. Stellantis, Renault, Volkswagen : ces groupes ne doivent pas seulement électrifier leurs flottes. Ils doivent devenir des éditeurs de logiciels, des gestionnaires de données, des opérateurs de services numériques — tout en maintenant l’excellence industrielle qui a fait leur réputation.

La voiture électrique n’est pas une voiture propre. C’est une plateforme numérique mobile. Et dans ce nouveau monde, contrôler le logiciel, c’est contrôler la voiture, les données qu’elle génère, les services qu’elle permet — et, en définitive, les territoires qu’elle traverse.

Chiencoro Diarra 

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Le Général Assimi Goïta
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Mali Kura : ce qu’Assimi Goïta a transformé en cinq ans de refondation

by Sahel Tribune 6 juin 2026
written by Sahel Tribune 10 minutes read

À l’approche des cinq ans de la refondation malienne, retour sur les principales réformes engagées sous Assimi Goïta : sécurité, armée, mines, Constitution, infrastructures, santé, souveraineté économique et refondation de l’État.

En août 2020, le Mali un vent de changement souffle sur le Mali avec le renversement du régime d’Ibrahim Boubacar Kéïta, pour son manque de perspective et sa gouvernance soumise aux injonctions étrangères. Comme le dit si bien un adage : « Qui veut voyager loin doit ménager sa monture. » En mai 2021, le colonel Assimi GOITA a consolidé le pouvoir en prenant véritablement les choses en main et impulsé un nouveau souffle à la patrie en danger. Cinq ans après, que reste-t-il de la promesse de refondation ? Plus qu’on ne le dit. Moins qu’on ne l’espère. Mais assurément davantage que ce que les récits dominants, focalisés sur les ruptures diplomatiques, consentent à documenter.

Sécurité et Défense : une armée reconstruite

Dès son investiture le 7 juin 2021, le chef suprême des Armées a érigé la sécurité comme priorité numéro 1 des actions à mener. Car sans sécurité, point de développement. Son objectif est clair : rétablir l’intégrité du territoire national et déployer l’administration publique partout où c’est nécessaire. C’est dans ce cadre qu’il faut également situer la militarisation de la police et de la protection civile. 

Aujourd’hui, nul ne peut discuter la montée en puissance des Forces armées maliennes et de sécurité. Quand Assimi GOITA prenait le pouvoir en 2021, les FAMA étaient épuisées, sous-équipées, mal formées, moralement atteintes par des années de défaites successives sur fond de de déliquescence de la chaîne de commandement. En 2026, force est de constater que le tableau a radicalement changé.

Sur le plan matériel, la rupture avec la France et le basculement vers de nouveaux partenaires — Russie, Chine, Turquie — ont permis un rééquipement conséquent et accélérée de l’Armée malienne avec un fort impact sur les vecteurs aériens. Des aéronefs de combat et de transports, des troupes, des drones de combats ainsi que des radars de dernière génération, ont été acquis.  En décembre 2025, plus de cent véhicules blindés VN-22 de fabrication chinoise (NORINCO) sont livrés au Mali via le port de Conakry. En janvier 2026, à l’occasion du 65e anniversaire de l’Armée, le Président GOITA remet au Génie militaire des engins lourds de construction, des matériels de franchissement, de déminage et des stations d’épuration d’eau — illustrant une armée qui se veut aussi force de développement.

Grâce à la montée en puissance des FAMa, les deux tiers du territoire autrefois occupés, ont été recouvrés. Pour 2026, l’objectif des autorités maliennes demeure l’intensification des opérations, le renforcement des effectifs et la construction de nouveaux camps dans différentes localités du pays pour ancrer durablement la présence de l’État. Un chantier qui a été ouvert par la pose de la première pierre du camp militaire de Konobougou, dans la région de Ségou. 

L’hôpital militaire de Kati a été rénové et équipé pour répondre aux besoins croissants du personnel en opérations. Le Musée des armées a été inauguré, ancrant dans la mémoire nationale l’histoire militaire du Mali. La Maison des pupilles, dédiée aux enfants de soldats tombés au champ d’honneur, a été construite — geste symbolique mais plein de sens- envers les familles des martyrs. Il faut noter l’écriture en cours de l’histoire militaire du Mali par une équipe d’experts sous la supervision du Conseil de sécurité nationale. Il convient également de noter la construction annoncée d’un mémorial militaire en hommage aux militaires tombés pour la patrie. L’adoption de la Charte nationale pour la paix et la réconciliation nationale avec la création subséquente de l’Observatoire sur les mêmes sujets.  

Mines et souveraineté économique : le grand retournement

Après le secteur de la sécurité, c’est sur le terrain minier que la Transition a produit ses résultats les plus tangibles et les plus durables. En 2023, le gouvernement adopte un nouveau Code minier (Loi n°2023-040 du 29 août 2023) et une loi sur le contenu local dans le secteur minier (Loi n°2023-041). Ces deux textes constituent une rupture réelle avec les pratiques antérieures d’extraversion des richesses du sous-sol malien au détriment des populations qui subissent les dommages de l’exploitation minière.

Le nouveau code fait passer la participation obligatoire de l’État dans les projets miniers de 20 % à 35 % — dont 10 % gratuits, 20 % achetables au prix coûtant durant les deux premières années de production, et 5 % réservés au secteur privé malien. Les clauses de stabilité, qui préservaient les intérêts des compagnies contre toute révision fiscale, sont supprimées. 

En 2024, la première mine de lithium d’Afrique de l’Ouest est inaugurée à Goulamina, dans la région de Bougouni, projetant le Mali comme acteur incontournable du marché des matériaux de la transition énergétique mondiale. Le 3 novembre 2025, le Général GOITA inaugurait à Bougouni la deuxième mine de lithium du Mali, exploitée par la société Les Mines de Lithium de Bougouni SA (LMLB SA), fruit d’un partenariat entre l’État malien, la compagnie britannique Kodal Mining UK Ltd et le groupe chinois Hainan Mining Co. Ltd, filiale de Fosun International. La première production de concentré de spodumène a démarré dès février 2025, et les premiers envois commerciaux ont été expédiés dès la fin de l’année via le port de San Pedro, en Côte d’Ivoire. En mai 2026, les revenus cumulés des trois premiers chargements dépassaient 89 millions de dollars. 

Autre acquis structurel de la réforme minière : la création du Fonds minier de développement local (FMDL), mécanisme de redistribution territoriale des recettes minières destiné à financer directement les collectivités locales des zones d’extraction. Le 12 mars 2026, le gouvernement malien a procédé à la distribution de plus de 18,4 milliards de francs CFA aux collectivités territoriales dans le cadre du Fonds minier de développement local. Pour la première fois dans l’histoire minière récente du Mali, les richesses du sous-sol redescendent vers les populations riveraines des zones minières.

Le 16 juin 2025, le Général Assimi GOITA a posé la première pierre de SOROMA-SA, la toute première raffinerie nationale d’or  à Sénou, en Commune VI de Bamako — fruit d’un partenariat public-privé entre l’État malien, qui détient 62 % du capital, et la société russe Yadran. L’infrastructure, qui s’étend sur cinq hectares, est conçue pour traiter jusqu’à 200 tonnes d’or par an — soit quatre fois la production nationale actuelle — avec des certifications LBMA permettant l’exportation de lingots reconnus sur les marchés internationaux. Ce projet met fin à des décennies d’exportation de minerai brut vers des raffineries étrangères. 

Cadre juridique et institutionnel : le Mali se dote d’un nouveau socle

Parallèlement, la révision du cadastre minier a constitué un chantier de gouvernance majeur.  L’audit du secteur mené en 2023 avait révélé de nombreuses irrégularités dans l’attribution et le transfert des permis — des situations opaques qui avaient permis à certaines compagnies de contourner les obligations fiscales et environnementales de l’État. La mise à jour et la numérisation du cadastre minier permettent désormais une traçabilité accrue des titres miniers, de la phase de recherche à la phase d’exploitation, réduisant les marges d’opacité qui avaient coûté à l’État malien entre 300 et 600 milliards de FCFA d’irrégularités selon les cabinets Inventus et Mazars. 

En plus de ces réformes majeures, il convient de rappeler aussi que le 18 juin 2023, les Maliens ont adopté par référendum une nouvelle Constitution, approuvée à 96,91 % des suffrages exprimés. Ce texte consacre plusieurs avancées : officialisation des langues nationales aux côtés du français, renforcement des pouvoirs du Président, création d’un Sénat, reconnaissance des autorités traditionnelles. C’est l’acte fondateur du Mali Kura — le Mali nouveau. Ce texte fondamental fut adopté le 22 juillet 2023 par le Conseil National de Transition et promulgué par le Président de la Transition.

Sur le plan pénal, un nouveau Code pénal et un nouveau Code de procédure pénale ont été adoptés, modernisant un arsenal juridique pas toujours adapté à la complexité des besoins de justice ressentis par les justiciables. Le Programme national d’éducation aux valeurs (PNEV) — ancré dans la Charte de Kurukanfuga et les manuscrits de Tombouctou — a été lancé pour refonder le lien civique et patriotique. 

Économie et infrastructures : construire malgré les crises

La Transition a hérité d’une économie fragilisée par les sanctions de la CEDEAO (janvier à juillet 2022), la dépréciation des devises et la crise alimentaire sahélienne. Dans ce contexte difficile, plusieurs chantiers ont été engagés.

La centrale solaire de Safo, en construction depuis mai 2024, fait partie d’un programme avec Sanankoroba et Tiakadougou-Dialakoro, destiné à réduire le déficit énergétique chronique du pays. Des modules de formation en énergie solaire ont été introduits dans l’enseignement supérieur, anticipant les besoins en compétences d’une économie en transition énergétique. L’Université de Sikasso a été créée — dont la Faculté des sciences agronomiques et vétérinaires est en cours d’opérationnalisation — offrant pour la première fois à la troisième ville du pays une institution universitaire de plein exercice.

Les routes Koulikoro et Kati sont en cours de rénovation, désenclavant des bassins de production agricole et industrielle. La COMATEX (Compagnie malienne de textile) et l’UMPP (Usine malienne des produits pharmaceutiques) ont été relancées, ravivant deux fleurons industriels qui symbolisaient le projet d’indépendance économique du Mali depuis l’époque de Modibo KEITA. Des centres de formation professionnelle ont été ouverts pour répondre à la demande d’emploi des jeunes. Le Pacte de stabilité sociale et de croissance, adopté en août 2023 pour la période 2023-2027, a structuré les relations entre l’État et les syndicats autour de l’équité salariale, du dialogue social et de l’amélioration des conditions de travail. L’une des avancées majeures dans ce cadre constitue d’ores et déjà l’augmentation du salaire des fonctionnaires de l’État et des Collectivités territoriales. Il faut rappeler aussi la vision Mali 2063 — un document prospectif — pour l’émergence du Mali dans les quarante prochaines années. 

Santé et social : l’État qui prend soin

Les hôpitaux de district ont bénéficié d’investissements en équipements, notamment dans des zones où la crise sécuritaire avait fragilisé l’offre de soins. Des centres de dialyse ont été créés ou équipés, répondant à un besoin sanitaire croissant dans un pays où les maladies rénales chroniques progressent. L’INPS a maintenu ses prestations — plus de 2,1 milliards de FCFA d’allocations familiales versées entre janvier et mai 2026 — témoignant de la continuité de la protection sociale malgré les turbulences.

Le Centre d’intelligence artificielle et de robotique du Mali — l’un des premiers du genre en Afrique de l’Ouest — est en construction, signal d’une volonté de ne pas laisser le Mali à l’écart de la révolution technologique mondiale. Les œuvres sociales du Président de la Transition — kits alimentaires, motos pour personnes handicapées, soutien aux familles de martyrs, aux familles démunis — ont maintenu un lien de proximité entre l’institution présidentielle et les populations les plus vulnérables.

Il convient de rappeler aussi la construction et l’équipement de divers établissements scolaires à travers le pays. Aussi, le 10 novembre 2025, le Général d’Armée Assimi GOITA a posé la première pierre du Projet présidentiel d’urgence hospitalière au Centre de santé de référence de Korofina, dans la Commune I de Bamako, donnant le coup d’envoi d’un programme de modernisation sanitaire d’envergure nationale. Le projet prévoit la construction de 15 nouveaux hôpitaux à travers le pays et la transformation des Centres de santé de référence des sept arrondissements du district de Bamako en hôpitaux de district. Il s’inscrit dans la continuité des États généraux de la santé de décembre 2024, qui avaient mis en lumière la nécessité de rapprocher les soins des populations et d’améliorer la qualité des services médicaux à l’échelle nationale. 

Ce chantier de la refondation et de la souveraineté est loin d’être achevé. La refondation, si elle devait être autre chose qu’un slogan, supposerait des choix difficiles : sur la gouvernance, sur la réconciliation des communautés déchirées par des années de conflit. Mais elle est en cours et se poursuit de plus belle. Cela mérite bien d’être dit.

A.D

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